Condamné à 18 ans pour grand banditisme

A.K est un orpailleur âgé de 30 ans et père de 5 enfants. Il a comparu, le 24 novembre 2023, devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour grand banditisme, vol aggravé et évasion. Selon la narration des faits du parquet, A.K a braqué sur un site d’orpaillage avec une arme à feu, les occupants et les a dépouillés de leurs appareils de détection d’or et des téléphones portables.

Il a remis ces objets à un de ses complices et a quitté les lieux. Mais l’un des orpailleurs qui a suivi toute la scène à partir d’une cachette a reconnu le complice et a alerté les autres orpailleurs qui l’ont arrêté. C’est d’ailleurs lui qui a indiqué aux enquêteurs le lieu de résidence de A.K. Alors interpellé, celui-ci a été placé en garde-vue dans un commissariat de police. Mais il a réussi à s’évader en passant par la fenêtre du violon. Dans sa fuite la nuit, et sous une pluie, A.K a volé les habits d’un père de famille dans lesquels se trouvait la somme de 60 000 FCFA.

Devant les juges, A.K a nié les faits à lui reprocher, reconnaissant seulement avoir volé un portable. Il est revenu par la suite sur ses mots pour dire qu’il a opéré le braquage pour pouvoir obtenir de l’argent et payer les 100 000 F CFA exigés pour exploiter l’or sur le site d’orpaillage. Le parquet a reconnu A.K coupable de grand banditisme, de vol aggravé et d’évasion. En répression, il a demandé de le condamner à 50 ans de prison ferme pour grand banditisme, 2 ans pour évasion et à une amende ferme de 10 millions F CFA. Le tribunal a été plus clément. Il a ramené la peine à 15 ans ferme, celle de l’évasion à 3 ans, soit 18 ans à passer à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso et a fixé l’amende à 500 000 F CFA ferme.


Il comparait « n » fois pour vente frauduleuse de parcelles

A.D, âgé de 38 ans et employé de commerce est bien connu des tribunaux. Déjà condamné en 2019 et en 2022 pour vente frauduleuse de parcelle et sans avoir fini de purger sa peine, A.D était encore devant le TGI de Bobo-Dioulasso, ce 24 novembre 2023, pour répondre des mêmes faits. Comme à ses habitudes, il a vendu une parcelle qui ne lui appartenait pas et à l’insu du propriétaire Z.G, âgé de 68 ans.

A.D et ses complices ont réussi à faire établir une carte d’identité burkinabè au nom du propriétaire. Avec les références de la parcelle et la nouvelle CNIB au nom de Z.G, le prévenu est parvenu à convaincre l’acquéreur, J.F.S, un promoteur immobilier, que le propriétaire lui a confié la parcelle pour vendre. L’acheteur pour lever le doute, s’est lui-même rendu à la mairie où, après vérification, il lui a été confirmé que les documents de la parcelle qu’il détenait sont authentiques. J.F.S a alors acheté la parcelle à trois millions F CFA et l’a revendue à une autre personne A.B.

Quelques mois après, Z.G s’est rendu sur sa parcelle et a découvert une plaque avec un numéro de téléphone. Il a appelé aussitôt et son interlocuteur lui a fait savoir qu’il a payé la parcelle avec J.F.S qui lui a dit avoir acquis la même parcelle avec A.D. En prison pour une vente de parcelle, A.D a été entendu pour cette nouvelle affaire de terrain. A la barre A.D a soutenu mordicus qu’il n’a pas vendu de parcelle à J.F.S. Avis contraire de J.F.S et son témoin qui ont confirmé que A.D a bien vendu la parcelle. Ils ont brandi une attestation de vente comme preuve. Confus, le vendeur de parcelle a fini par reconnaitre les faits et a même ajouté qu’il a trouvé une autre parcelle au dernier acquéreur A.B pour le dédommager. Le parquet ayant écouté les différentes parties, a requis contre A.D, 5 ans de prison et une amende de 300 000 F CFA, le tout ferme. Le tribunal donnera son verdict le 1er décembre 2023. En attendant de connaitre son sort, A.D reviendra probablement devant les tribunaux pour répondre encore de stellionat car d’autres dossiers de vente de parcelle le concernant sont dans les tiroirs du procureur.


Il enlève un enfant et prend 3 ans de prison ferme

D.P, orpailleur âgé de 23 ans, a comparu, le mardi 14 novembre 2023, au tribunal correctionnel de Gaoua pour des faits de tentative d’enlèvement de mineur. Les faits remontent, le 7 octobre 2023, à Galgouli, village situé dans la commune rurale de Kampti. Ce jour-là, le prévenu est aperçu avec un enfant de 4 ans par un individu. Après des échanges l’individu en question a émis des doutes sur la paternité de D.P sur le bambin. En voulant mieux comprendre, le prévenu, à court d’argument, prend ses jambes au cou, et s’en est suivi une course-poursuite.

D.P est arrêté puis conduit à la police. Alors qu’à la police, le prévenu avait reconnu les faits ; devant les juges, il se ravive en niant tout en bloc. Il dit ne pas se souvenir des faits. A la question d’un juge de savoir, la raison de cette tentative d’enlèvement, le prévenu s’est dédit en affirmant qu’il voulait juste que l’enfant lui montre le chemin car il s’était égaré. « Ce jour-là, je m’étais rendu dans le village et j’avais beaucoup bu, donc je cherchais le chemin pour rentrer chez moi », a-t-il soutenu.

A la question de savoir s’il avait l’habitude de consulter les marabouts. Il reconnait consulter souvent un marabout du nom P.O. « Il me donnait des produits pour m’encenser afin d’avoir plus d’or. Généralement, mes sacrifices se faisaient à base de haricot, de riz que je remettais aux mendiants », a-t-il fait savoir, tout en insistant qu’il n’a jamais eu l’intention de faire un sacrifice humain. Contrairement à la version du prévenu, le témoin a déclaré que le prévenu n’était pas ivre. « Il savait ce qu’il faisait », a-t-il ajouté. Pour lui, son intention était d’envoyer l’enfant chez le marabout.

Le jour de son arrestation, il avait reconnu, foi du témoin. Pour le procureur du Faso, D.P connait bien Galgouli où il a l’habitude de chercher l’or. Pour lui, de la procédure à l’enquête préliminaire, il reconnait les faits, seulement rien ne prouve que c’était pour faire un sacrifice humain. A la barre, il reconnait les faits même s’il soutient qu’il était ivre. Pour le parquet, l’infraction de tentative d’enlèvement est caractérisée.

Selon lui, il n’y a aucune circonstance atténuante pour le prévenu car le fait d’enlever un enfant est un acte grave. De ce fait, il a requis 5 ans d’emprisonnement ferme et une amende de 500 000 F CFA ferme. Pour sa défense, le prévenu a demandé la clémence du tribunal. Finalement, le tribunal correctionnel de Gaoua l’a condamné à 5 ans de prison dont 3 ans ferme et une peine d’amende de 500 000 F CFA assortis de sursis.


6 mois de prison avec sursis pour un « faux pharmacien »

I.O cultivateur, âgé 49 ans, polygame (marié à deux femmes) et père de 10 enfants, a comparu devant le Tribunal correctionnel de Gaoua, le mardi 14 novembre 2023. I.O, était prévenu pour exercice illégal de profession de pharmacien, de contrebande et de vol. Devant les juges, I.O, a reconnu sans détour les faits. En effet, le prévenu a été appréhendé, le 3 novembre 2023, en possession d’une grande quantité de produits pharmaceutiques à Gaoua.

« C’est au Ghana, je partais chercher ses produits. C’était ma deuxième fois que je rentrais dans ce pays pour chercher les produits pharmaceutiques », affirme-t-il devant le tribunal. Le prévenu dit être au courant que cette pratique était illégale. Etes-vous pharmacien ? A cette question du juge, le prévenu reconnait n’avoir jamais reçu une formation pour acheter, ni pour vendre les produits pharmaceutiques.

C’est pourquoi, il a demandé la clémence du tribunal. Son statut matrimonial constitue une circonstance atténuante selon le parquet. Par conséquent, le ministère public a requis 6 mois d’emprisonnement et 500 000 F CFA, le tout assortis de sursis. En répression, le tribunal a suivi le parquet dans ses réquisitions.

Adamana DRABO

Boudayinga J-M. THIENON

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