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Une crise en gestation à la mine d’or de Youga ?
Une crise en gestation à la mine d’or de Youga ?
La situation serait critique à la mine d’or de Youga (BMC/Youga). De ce qui est parvenu à Kantigui, une partie du personnel et la direction générale de la mine ne sont pas en odeur de sainteté. Dans les faits, le personnel dénonce le non renouvellement des contrats de travail arrivés à terme et des mises à la retraite pour «diminuer les charges de personnel». Alors que dans le même temps, de nouveaux recrutements d’expatriés se feraient avec des Contrats à durée indéterminée (CDI) contre des Contrats à durée déterminée (CDD) pour la plupart des nationaux. En réponse à ces préoccupations, les plaignants auraient été traités de «xénophobes». La source de Kantigui a même précisé que le Syndicat des travailleurs de la géologie, des mines et des hydrocarbures est entrée dans la danse pour attirer l’attention des premiers responsables de la mine sur un «manque de communication» et une «interruption inexpliquée» des rencontres périodiques entre le personnel et l’administration. Le syndicat redoute un conflit et appelle la direction générale à engager des débats francs avec le personnel pour trouver des solutions. Pour sa part, Kantigui espère que la mine qui a été secouée par une crise pendant la Transition en 2015 ne va pas retomber dans ces travers. Il appelle donc les différentes parties à privilégier le dialogue pour trouver un terrain d’entente.
Conclave de la SOBROL en novembre prochain
La Société burkinabè d’oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico faciale (SOBROL) organisera, les 28 et 29 novembre 2019 à Ouagadougou, son 7e congrès. Selon la source de Kantigui, 300 congressistes venant du Burkina Faso et d’ailleurs discuteront des nouvelles pratiques en ORL et chirurgie cervico-faciale. Au programme de cette rencontre, il y aura des conférences, des symposiums et des communications axés sur les surdités, les cancers ORL et les pathologies naso-sinusiennes. Kantigui souhaite plein succès aux travaux de ce congrès qui permettront un échange d’expériences, aussi bien dans le domaine de la prise en charge curative que dans la prévention des pathologies.
Déchets miniers à ciel ouvert à Kari : les populations s’inquiètent, Endeavour mining rassure
Les déchets de l’exploration minière du groupe Endeavour mining dans la commune de Houndé, déversés à ciel ouvert inquiètent les populations. Celles-ci s’interrogent sur les effets néfastes de ces déchets sur le plan sanitaire
et environnemental. Sidwaya a enquêté.
A Kari, village situé à une quinzaine de kilomètres de la commune de Houndé, sous un soleil de plomb, des ouvriers de l’entreprise Endeavour mining munis de gants et de chaussures de sécurité sont à la manœuvre, ce mardi 21 mai, dans le cadre d’une exploration minière. Ils manient des sacs remplis de tas de terre censés contenir des traces d’or. Entreposés à l’air libre, sur une surface d’environ un hectare et demi, ces sacs attirent l’attention. Sur les lieux, les vrombissements d’un camion rempli des mêmes résidus se font entendre. Le conducteur vide le contenu. Ces «ordures» inquiètent les populations qui s’interrogent sur les conséquences de ces déchets sur l’environnement et leur santé. Endeavour mining rassure qu’il s’agit du sable pulvérisé non toxique même si, elle ne dévoile pas les produits utilisés dans le traitement du contenu des sacs. Toutefois, un ouvrier de l’entreprise ayant requis l’anonymat affirme que les résidus occasionnent des brûlures à la main. «Une fine odeur se dégage des sacs. Nous l’aspirons chaque jour. Nous soupçonnons que ces éléments sont néfastes pour la santé. Vu que nous n’avons pas d’autres travaux, nous sommes obligés de subir pour ne pas être dans la rue», martèle-t-il.
Incinérer les déchets
Le paysan Mohamed Traoré, un quarantenaire qui a son champ à proximité du lieu de stockage des sacs, avoue ne pas avoir l’esprit tranquille. «Je me sens impuissant face à tout cela. Les déchets sont déposés près d’une colline et les ruissellements d’eau se dirigent vers les bas-fonds où nous nous approvisionnons en eau et abreuvons nos animaux», dit-il. Pour lui, ces dépôts pourraient contenir du cyanure et autres produits toxiques. Même son de cloche chez Abdramane Gnanta, un fermier qui dit avoir peur de contracter des maladies dues à ces déchets. «Les enfants trainent sur les lieux et nous craignons pour leur sécurité», se plaint-il.
Selon le chef de terre de Houndé, Kalifa Bognana, les déchets ne doivent pas être exposés à l’air libre, car cela peut appauvrir la terre et diminuer ainsi sa productivité. Pour lui, la société minière pouvait les incinérer ou au cas échéant, creuser un grand trou pour les stocker. Le Secrétaire général (SG) du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) de la section provinciale de Tuy, Pierre Somé, lui, également estime que la structure doit mettre en place une procédure de destruction de déchets.
«Elle devrait avoir dans ses programmations un procédé d’incinération. Des mesures doivent être prises afin de ramasser ces déchets et suivre la procédure de destruction», conseille-t-il. Pour lui, aucun déchet ne doit être à la surface de la terre. «Le déchet au sens connoté renvoie à ce qui n’est pas bien. Sur le plan sanitaire, toxique ou pas, tout déchet est un élément pouvant favoriser certaines pathologies cutanées ou respiratoires dues à la poussière», explique le spécialiste de santé.
En plus, argue M. Traoré, l’air contrarié, l’entreprise mène des activités de recherches dans les champs en creusant des forages .«Après, les terres restent inexploitables», soupire-t-il. Dans la même veine, M. Gnanta pense que les terres se dégradent de jour en jour. Interrogé sur le problème des déchets et l’exploitation des champs, le SG de la mairie de Houndé, Maxime Bako, trouve ahurissant la quantité de déchets produits.
Des échantillons prélevés pour analyse
A ses dires, les responsables de l’exploration minière ont été interpellés, mais rien n’y fit. Il rappelle que l’entreprise avait déguerpi des orpailleurs en mars dernier, pour avoir accès à son périmètre autorisé par l’Etat. «Cela a même fait l’objet d’une question du député maire de la commune de Houndé, Boureima Dissan Gnoumou, à l’Assemblée nationale», se souvient-il. De l’avis du SG, la police municipale a été sur les lieux. Il y a eu, à l’entendre, un bras de fer qui n’a toutefois pas produit de changement. Pouvez-vous certifier que les éléments sont toxiques ? En réponse à cette question, M. Bako assure que la mairie ne dispose pas de service compétent pour de telles analyses. Joint au téléphone, le directeur régional de l’environnement, Sami Dabiré, soutient que des échantillons ont été prélevés pour analyse au laboratoire. «Je ne peux pas me prononcer sur la dangerosité des déchets sans le rapport d’analyse. Nous attendons les résultats», indique-t-il. A en croire également M. Bako, la mairie a été déjà interpellée par les populations pour une probable contamination d’un puits à Kari. En effet, elles ont constaté une substance huileuse sur la surface de l’eau les empêchant de boire. Endeavour mining a alors rejeté toute hypothèse de contamination, en affirmant qu’une analyse faite au laboratoire du centre à Ouagadougou atteste que l’eau du puits n’est pas contaminée.
L’appui des autorités demandé
Pour l’entreprise, il y avait seulement un corps étranger. En tous les cas, poursuit le SG, le liquide précieux n’était plus consommable. «Des voix plus autorisées doivent se saisir de la question pour la protection de l’environnement», préconise-t-il. En ce qui concerne l’exploitation des terres, le SG trouve qu’en milieu rural, l’activité principale étant l’agriculture, la recherche doit se mener tout en permettant aux producteurs de cultiver leur champ. Cependant, dit-il, ce qui n’est pas tolérable c’est de gêner l’autre dans ses activités. Et au paysan, Mohamed Traoré, de revenir à la charge en insistant qu’il s’agit d’une exploitation anarchique des terres. Il affirme d’ailleurs ne pas comprendre pourquoi la recherche se poursuit dans son champ après maints recours auprès des autorités de la région.
Au début, raconte le jeune agriculteur, mine serrée, la société a proposé une contrepartie de 100 000 F CFA à l’hectare afin de faire des recherches dans les champs. «Après mon opposition, elle a augmenté à 200 000 F CFA. Somme que je n’ai pas voulue, car par hectare je peux récolter 60 sacs de maïs. Des onze propriétaires terriens que nous formions, dix ont accepté les 200 000 F CFA. Des forces de l’ordre ont donc été envoyées chez mon père pour me dissuader. Je me suis toujours opposé et finalement la société a proposé 300 000 F CFA l’hectare. Vu la pression, j’ai fini par accepter», se remémore-t-il. Selon lui, il sort toujours perdant après calcul. En plus, déclare-t-il, le champ n’est plus cultivable, en témoignent les multiples trous et les zones dallées. Sourcils froncés, il affirme laisser le champ en l’état pour que cela serve de témoignage un jour.
A l’en croire, certains chefs de terre et conseillers ont été corrompus. «La société a argumenté que dans le Code minier, il n’y a pas de réparation de terre. On lui a alors suggéré de se référer au Code civil», a témoigné M. Traoré. D’un air nostalgique, il fait savoir qu’avant l’exploitation de la terre, les productions agricoles étaient meilleures. Il estime qu’avec son champ qui fait onze hectares, il pouvait récolter 560 à 570 sacs. Cette année, avec l’occupation de six hectares et demi de terre par la société minière, il a eu 205 sacs.
«Nous perdons 3200 hectares de terre»
«J’avais pour habitude de me procurer une parcelle après chaque récolte. Malheureusement, cette année, il m’est impossible de le faire. Nous perdons 3200 hectares de terres cultivables à Kari. Houndé n’est plus une zone de référence dans la production du coton. J’interpelle encore les autorités pour un changement de système», suggère-t-il. Le maire rappelle aussi que sur le mode de déguerpissement, la mairie a reçu des plaintes, surtout venant des fermiers. «Ces derniers entretenaient une parfaite relation avec les orpailleurs qui ont été chassés sans préavis», dit-il. A ce niveau, Ousséni Ouédraogo, ex-orpailleur expulsé de la zone, fait savoir qu’il est au chômage depuis le déguerpissement. «Nous étions plus de 3000 ouvriers à travailler sur le site.
Ce qui est alarmant en plus du déguerpissement, nous ne pouvons pas exploiter nos champs à cause des fouilles qui s’y font. Comment allons-nous vivre avec nos multiples familles», se questionne-t-il. Et d’ajouter que si l’on prive un homme du minimum pour vivre, c’est que l’on veut le tuer et il y va de son honneur de lutter pour ne pas périr. Le chef de terre confie que lors d’une réunion, les responsables miniers avaient promis que ceux qui seront dans leur périmètre seraient dédommagés. «Les propriétaires des terres ont été trompés. Normalement, ils devraient évaluer la production des paysans par an avant de les rémunérer, et ce, pendant cinq ans. Ce qui n’a pas été fait. Avant l’installation de la mine, ils nous avaient promis que nos fils seront prioritaires en matière d’embauche, mais nous avons été leurrés», précise-t-il. Le chef de Houndé, Kako Bognana, lui, affiche une volonté d’apaiser les cœurs. «Je souhaite que la population et la société minière travaillent de commun accord pour le rayonnement du village», plaide-t-il.
Mariam SOMDA
Lutte contre l’Insécurité : le rôle et la place de la communication discutés à l’ISTIC
Les étudiants de l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC), ont organisé à Ouagadougou, du 23 au 25 mai 2019 une rencontre d’échanges sur la situation sécuritaire dans le cadre de leurs 72 heures.
Le Burkina Faso est confronté à une insécurité depuis quelques années plombant le développement socio-économique du pays. C’est dans ce contexte que les étudiants de l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC) ont échangé lors de leurs «72 heures » sur la situation du pays et partager leurs idées avec des personnes ressources et des camarades venus d’autres établissements. La rencontre avait pour objectif de réfléchir sur les défis sécuritaires du Burkina Faso et sur le rôle et la place des professionnels de l’information et de la communication dans la lutte contre le terrorisme au Burkina. «Cette année, nous avon,s de façon collégiale, décidé de focaliser toute l’attention sur la situation de l’heure au Burkina, en s’interrogeant sur le rôle et la place des professionnels de l’information et de la communication dans le contexte actuel de notre pays, dominé par les attaques de tous genres par des groupes armés et récemment marqué par des conflits intercommunautaires», a déclaré le délégué de l’ISTIC, Gnarkité Dah. Le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo, s’est réjoui de se retrouver dans ce creuset, qui permet d’avoir des professionnels aguerris de l’information et de la communication. Il a remercié les étudiants pour le choix porté sur la thématique de la sécurité. «Il est très important que nous soyons face à l’insécurité, au terrorisme et aux conflits intercommunautaires. Pour cela, il faut que nous nous demandions comment éradiquer la violence et faire régner la paix, le vivre-ensemble et la cohésion sociale pour le développement de notre pays», a souhaité le ministre. Il a invité les étudiants à acquérir suffisamment les connaissances car, la communication qu’elle soit orale ou écrite, est un levier important pour la société.
Jean SAWADOGO (Stagiaire)
Mobilisation des recettes : le FMI présente ses options au Burkina
Une délégation du Fonds monétaire international, conduite par le directeur adjoint du département Afrique, Dominique Desruelles, a eu une séance de travail avec le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, le mardi 28 mai 2019.
Les options pour combler le gap dans la mobilisation des recettes intérieures, améliorer l’efficacité des dépenses publiques ont été passées en revue au cours d’une rencontre entre le chef du gouvernement, Christophe Joseph Marie Dabiré, et une délégation du Fonds monétaire international (FMI), dans la soirée du mardi 28 mai 2019, à Ouagadougou. «Nous savons que le Plan national de développement économique et social (PNDES) est mis en œuvre dans un contexte de risques sécuritaires accrus dont il faut tenir compte. Ainsi pendant la séance, nous avons discuté particulièrement de diverses options pour trouver des marges de manœuvre supplémentaires afin de faire face aux dépenses prioritaires, qu’il s’agisse des investissements, de la sécurité ou de la question sociale», a confié le chef de la délégation du FMI, Dominique Desruelles, par ailleurs directeur adjoint du département Afrique. Il a indiqué que le FMI a pour rôle de proposer différentes options aux autorités et il leur revient de choisir celles qui leur conviennent et de les annoncer le moment approprié.
«Notre démarche consiste à identifier les leviers devant permettre d’accroître les dépenses d’investissement. Dans certains pays, il faut élargir l’assiette fiscale en supprimant par exemple des exemptions qui n’ont plus lieu d’être, tandis que pour d’autres, il faut améliorer l’efficacité de la dépense publique. En tout état de cause, ce sont les autorités qui décident de la démarche la plus adaptée», a-t-il poursuivi.
Prenant part à la séance de travail, le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, a déclaré que le Burkina Faso et le FMI sont d’accord pour estimer le taux de croissance à 6% en 2019 contre les projections de 6,20% antérieurement annoncées. «Le fonds a noté que nous avons pu mobiliser les 430 milliards FCFA mais qu’il y a des actions à mener pour combler le gap de 26 milliards FCFA», a-t-il ajouté. Le ministre a annoncé que le FMI s’est engagé à accompagner le plan proposé par les autorités pour résorber ce gap et accroître les recettes. La partie burkinabè doit également améliorer l’efficacité de la dépense publique.
Le Fonds monétaire international est une des institutions de Bretton Woods, créé en 1944. Il accorde des prêts aux pays qui connaissent des difficultés. Mais il exige en contrepartie des réformes parfois drastiques aux pays en crise.
Nadège YE
Haro sur ces tintamarres !
La cartographie des lieux de réjouissance au Burkina Faso pousse à un dilemme. Comment parvenir à concilier repos et vacarme? Trouver réponse à cette question, reviendra à marier l’eau et le feu. Il y a toujours une primauté de l’un sur l’autre. Ainsi, le vacarme ou pour être plus précis, les nuisances sonores créent des désagréments sans nul autre pareil dans nos cités. Les sources de ces nuisances se créent chaque jour avec ou sans autorisation de la mairie au nom plus ou moins évocateur. C’est tellement rentable que depuis peu, des domiciles privés sont transformés en lieu de réjouissances permanentes sans tenir compte de la quiétude du voisinage. Personne ne fait la différence entre une buvette, un bar, un dancing et même une boîte de nuit. Tous jouent à fond de la musique quel que soit le temps, et surtout l’heure.
Au voisinage de se trouver de quoi se boucher les oreilles. Bonnes gens, expliquez comment comprendre que l’on ouvre dans un quartier, parfois derrière la chambre à coucher d’un citoyen, un lieu où la musique est distillée sans aucun égard pour les résidents ? Personne n’est contre ceux qui font de la réjouissance quotidienne une activité lucrative d’où ils tirent l’essentiel de leurs ressources. Là où le bât blesse, c’est lorsque cette action entraîne de force les voisins, joue contre leur épanouissement et peut aussi entraîner une baisse de leur rendement. Que peut la puissance publique pour atténuer une action qui n’est pas sans conséquence sur la santé des citoyens ?
Il est difficile pour le cerveau de tenir d’affilée 24 heures sans repos. Pendant que vous fonctionnez la journée, eux, ils se reposent allègrement pour venir vous perturber la nuit. S’ils acceptaient partager la poire en deux ou en trois, en insonorisant leur business, et arrêtant toute musique, ou de concert avec le voisinage en s’offrant le weekend pour leur agape, personne ne trouvera à redire. Dans une société exposée au risque de maladies de toutes formes, si l’intrusion des nuisances pouvait être règlementée, bien de secteurs se porteraient mieux. Il est vrai que les tenanciers de ces lieux payent des taxes, qu’ils contribuent à embaucher des jeunes, qu’ils participent à l’effort de développement. Mais tout de même pas en sacrifiant la santé d’autres citoyens. Ailleurs, dans certains pays, à partir de 22h, la ville fonctionne sans musique.
Ou, s’il y a de la musique, c’est bien d’une musique adaptée, douce et suave qui accompagne le voisinage dans son repos. Pas de tintamarre qui tonne jusqu’à réveiller des sourds. Notre problème à nous, c’est le «je m’en fous» de l’autre qu’accompagne bien souvent «il ne sait pas qui je suis». Erreur, tu n’es qu’un pauvre, une charogne dès lors que le souffle te quitte. Il faut espérer qu’un jour la compréhension prévaudra pour harmoniser un vivre-ensemble où chaque maillon est important. Déjà avec les gros porteurs, le moment où la compréhension entre différents acteurs prendra le dessus n’est certainement pas loin. Espérons, ce jour aussi, où à partir d’une certaine heure, les tenanciers de lieux de réjouissance vont consentir à couper ou du moins à réduire la musique afin de permettre aux voisins de respirer, est proche. Loin de nous d’imaginer une société sans musique, car elle accompagne certaines de nos actions en période de joie ou de peine.
Jean Philippe TOUGOUMA
Filière coton : des cotonculteurs menacent de boycotter la campagne
Les cotonculteurs membres de l’Organisation démocratique des jeunes (ODJ) ont animé une conférence de presse, le mardi 28 mai 2019 à Ouagadougou, pour informer d’un boycott de la campagne cotonnière en cas de non satisfaction de leur plateforme revendicative par le gouvernement.
Des producteurs de coton, militants de l’Organisation démocratique des jeunes (ODJ), se préparent à boycotter la campagne cotonnière qui s’annonce, si le gouvernement ne satisfait pas leur plateforme revendicative dans les meilleurs délais. C’est du moins ce qu’a laissé entendre le vice-président de l’ODJ, Mahomed Traoré, au cours d’une conférence de presse, tenue le mardi 28 mai 2019 à Ouagadougou. Selon ses explications, la plateforme adoptée en mars dernier et transmise aux autorités est jusque-là restée sans suite. Elle comporte, a-t-il fait savoir, trente-quatre points de revendication, dont les plus importants sont le relèvement du prix d’achat du coton à 500 FCFA au moins et la dissolution de l’Union nationale des producteurs de coton (UNPCB), des Unions provinciales de producteurs de contons (UPPC) et des Unions départementales de producteurs de coton (UDPC).
L’organisation exige également des audits des structures faîtières des cotonculteurs de la société des fibres textiles (SOFITEX), de Faso Coton et de la Société cotonnière du Gourma (SOCOMA). En sus, elle exige la mise aux arrêts et le jugement des auteurs de malversations constatées dans la gestion de ces structures. Pour M. Traoré, seule la satisfaction de ces revendications pourra conduire à la sortie de crise que traverse actuellement la filière. Mais, il a fait cas de la «mauvaise foi» du gouvernement qui, pour lui, n’est pas du genre à rassurer les producteurs.
En effet, il a affirmé que les intrants servis aux paysans durant la campagne 2017-2018 étaient de mauvaise qualité. A la suite de cette affirmation du conférencier, les journalistes ont voulu savoir si l’ODJ a mené des études sur la question avant de tirer cette conclusion. Répondant à la préoccupation des hommes de média, le vice-président de l’ODJ a fait comprendre que les champs constituent les meilleurs laboratoires.
«Depuis des années, c’est la première fois que nous avons des intrants d’une aussi mauvaise qualité comme ceux de la campagne 2017-2018», a-t-il affirmé. En outre, les journalistes ont demandé le point de vue des conférenciers sur la gouvernance actuelle des structures faîtières des producteurs. Sur ce sujet, le vice-président de l’ODJ a crié à une politisation de celles-ci. «Ce n’est pas à l’Etat de créer des structures et forcer les paysans à y adhérer.
L’initiative doit venir des paysans eux-mêmes», a dit Mahomed Traoré. Dans votre plateforme revendicative, vous exigez le relèvement du prix d’achat du coton à 500 F CFA. Est-ce que l’ODJ maitrise tous les paramètres de fixation du prix du coton pour faire une telle proposition? Répondant à cette interrogation, M. Traoré a confié que sa structure s’est appuyée sur les comptes d’exploitation des champs pour proposer ce prix. Un prix qui, selon elle, va permettre aux producteurs de vivre de leur labeur.
Arnaud Fidèle YAMEOGO (Stagiaire)
44 ans de la CEDEAO : des acquis mais aussi des défis à relever
Dans le cadre des activités commémoratives du 44e anniversaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le ministère de l’Intégration et des Burkinabè de l’extérieur et le Centre de développement de la jeunesse et des sports de ladite organisation ont organisé un panel sur le bilan des politiques communautaires, le 28 mai 2019, à Ouagadougou.
Quarante-quatre ans après sa création, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) veut, d’une part, faire le point des progrès réalisés en matière d’intégration sous-régionale ; et, d’autre part, identifier les défis à relever pour une CEDEAO des peuples. A cet effet, le ministère de l’Intégration et des Burkinabè de l’extérieur, le Centre de développement de la jeunesse et des sports (CDJS) de la CEDEAO ont organisé, dans le cadre du 44e anniversaire de l’institution, un panel sur le bilan des politiques communautaires, le 28 mai 2019, à Ouagadougou. Deux communications sur la «libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO : état des lieux, enjeux et perspectives, 40 ans après l’adoption du protocole» et «la place de la jeunesse dans les projets et programmes de développement de la CEDEAO » étaient au centre des échanges. Selon le représentant permanent de l’organisation sous régionale au Burkina Faso, Mohamed Diakité, la CEDEAO, après quatre décennies d’existence, a accompli d’importants progrès.
Il s’agit, entre autres, de la libre circulation des biens et des personnes, la suppression effective des visas dans l’espace communautaire, la mise en place du passeport CEDEAO à l’exception du Cap-Vert, la création des postes juxtaposés de contrôle, a-t-il précisé. En dépit de ces avancées, l’intégration souffre encore des tracasseries, du nombre élevé des barrages sur les routes, la non-reconnaissance de certains documents communautaires, les perceptions irrégulières des tarifs prescrits, etc., a souligné le communicateur. A ces obstacles, s’ajoute le phénomène du terrorisme que connaÎt la région.
«On note également que la situation sécuritaire actuelle constitue un obstacle à la libre circulation des personnes et des biens », a fait savoir le ministre en charge de l’Intégration, Paul Robert Tiendrebeogo. Mais pour le ministre, l’espoir d’une CEDEAO des peuples est permis au regard de la forte volonté politique et de l’engagement des différents acteurs. Pour atteindre cet objectif, la CEDEAO, a expliqué M. Diakité, doit venir à bout de l’hydre terroriste, lever tous les obstacles à la libre circulation et parvenir à une meilleure coordination avec les autres organisations sous régionales.
Des projets pour les jeunes
L’appropriation des politiques et du droit communautaire, à travers des actions d’information et de sensibilisation, s’avère également nécessaire, a-t-il recommandé. L’avènement de la monnaie unique (prévue théoriquement pour entrer en circulation en 2020), de la carte biométrique CEDEAO, l’engagement individuel et collectif constituent des signaux forts pour une intégration économique plus utile aux populations. Abordant la seconde communication du panel, le directeur du CDJS/CEDEAO, Njoaguani Francis Chuks, a fait savoir que son institution met en œuvre des projets et programmes sportifs et d’emploi en faveur des jeunes ouest-africains.
A titre illustratif, entre 2007 et 2017, le CDJS a renforcé les capacités de 1305 jeunes en froid-climatisation, mécanique-automobile, électricité-bâtiments, agro-sylvo-pastorale dans les centres de formation professionnelle de Songhaï de Porto-Novo (Benin), de Ziniaré (Burkina Faso) et Soufouroulaye (Mali). Le centre dispose également d’une plateforme en ligne, Crowdfunding, permettant aux jeunes de 18 à 35 ans de l’espace CEDEAO de bénéficier d’un financement participatif (dons directs ou participation au capital) de leurs projets de création d’entreprises, a indiqué M. Njoaguani. Autres initiatives en faveur de la jeunesse ouest-africaine, le panéliste a cité le programme volontaire et le programme d’entreprenariat et de mentorat jeunes (EYEP) à travers un concours de plans d’affaires. Les lauréats pouvant bénéficier des subventions de 5 à 10 mille dollars et des prêts de 10 à 25 mille dollars.
Mais pour plus d’impact des projets communautaires, le communicateur a invité les jeunes à savoir défendre leurs intérêts, à s’orienter davantage vers l’auto-emploi. Quant à la CEDEAO, elle doit réviser ses politiques en matière de jeunesse et des sports, a-t-il recommandé.
Mahamadi SEBOGO
Crises pastorales dans le Sahel : la FAO lance un projet de résilience
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé un atelier de lancement du projet «Renforcer la résilience des populations pastorales et agropastorales transfrontalières dans les zones prioritaires du Sahel», le mardi 28 mai 2019, à Ouagadougou.
Le Burkina Faso fait face à des conflits pastoraux et agropastoraux récurrents. Une situation quelque peu aggravée par des crises sécuritaires qui affectent les moyens d’existence et le vivre-ensemble des populations. Les mêmes réalités sont vécues par le Mali et le Niger. Ces informations données par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) justifient la mise en œuvre du projet «Renforcer la résilience des populations pastorales et agropastorales transfrontalières dans les zones prioritaires du Sahel», dans les trois pays cités plus haut.
Il est financé à hauteur de 9 millions d’euros par l’Union européenne, soit 2,5 millions d’euros (1 milliard 639 millions 937 mille cinq cents F CFA) pour le Burkina Faso. Lors du lancement de ce projet, le mardi 28 mai 2019, le représentant par intérim de la FAO, Lofti Allal a fait savoir qu’il couvre la période d’octobre 2018 à mars 2021. Il a précisé que ce sont les provinces du Soum, du Séno, de l’Oudalan et du Yagha dans la région du Sahel, celles du Loroum et du Yatenga dans la région du Nord et la province de la Komondjari dans la région de l’Est, qui sont concernées. Lofti Allal a espéré que d’ici à la fin du programme, les décideurs et les agropasteurs utilisent les informations générées par le système de suivi, d’analyse et de diffusion des données pastorales dans les prises de décision pour anticiper et mitiger les crises. « Le projet ambitionne améliorer les moyens d’existence des ménages pastoraux et agropastoraux afin de les adapter au changement climatique », a soutenu M. Allal.
De nombreux cas de conflits enregistrés
De l’avis du ministre des Ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou, de nombreux cas de conflits entre éleveurs et agriculteurs ont été enregis-trés avec de graves conséquences comme les dégâts des cultures, l’abattage sauvage d’animaux et dans les pires des cas, des pertes en vie humaine. «La situation s’est particulièrement aggravée dans la partie Nord et Est avec l’insécurité liée à la présence des groupes terroristes», a déclaré M. Koutou pour prouver l’importance d’un tel projet porté par la FAO. Cependant, il a rappelé que le gouvernement burkinabè, conscient de ces situations, met en œuvre avec l’appui de ces partenaires techniques et financiers, des programmes et projets d’urgence et d’amélioration de la résilience dans le domaine pastoral en faveur des populations. Lesquels projets d’urgence se matérialisent par des appuis divers en semences améliorées, cultures maraîchères, capitalisation du bétail, alimentation et santé des animaux, le cash transfert, les infrastructures hydrauliques…
C’est pourquoi il a invité l’équipe de mise en œuvre du projet, à travailler étroitement avec tous les acteurs terrain impliqués et avec les autres programmes intervenant dans la même problématique. «Ce n’est qu’à ce prix que nous viendrons à bout de l’insécurité alimentaire et les crises pastorales», a-t-il dit. De son côté, le représentant du chef de la délégation de l’Union européenne, Eric Pitois, a souhaité qu’en dépit du contexte sécuritaire, les acteurs usent de stratagèmes pour exécuter ce projet. Car, de son opinion, ce financement est l’une des contributions de l’UE aux efforts du gouvernement burkinabè pour l’amélioration des conditions de vie des populations confrontées à l’insécurité et aux conséquences des conflits intercommunautaires.
Gaspard BAYALA
Téléprocédures eSINTAX : de nouvelles fonctionnalités pour plus de facilité
La direction générale des impôts a lancé, le mardi 28 mai 2019 à Ouagadougou, les nouvelles fonctionnalités de sa plateforme de téléprocédures eSINTAX. Accessibles à partir du mois de juin, elles vont offrir des services administratifs aux contribuables.
Après la télédéclaration et le télépaiement des taxes et impôts sur la plateforme de téléprocédures eSINTAX, la direction générale des impôts introduit de nouvelles fonctionnalités qui offrent des services fiscaux aux contribuables. Il s’agit de la demande de remboursement de crédit TVA, la délivrance des attestations de situation fiscale, la délivrance des certifications de chiffre d’affaires, la consultation de l’ensemble des arriérés, l’enregistrement des marchés mais aussi le paiement des impôts et taxes par mobile money ou en espèces dans le réseau des banques partenaires. Le directeur général des impôts, Adama Badolo a fait savoir que l’introduction de ces fonctionnalités entre dans le cadre de l’engagement de la régie des impôts de dématérialiser le processus de recouvrement et de paiement des impôts et taxes.
A l’écouter, ces innovations répondent aux besoins des contribuables d’obtenir des documents administratifs. Le Secrétaire général du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, Dr Seglaro Abel Somé s’est réjoui de l’intérêt qu’a suscité eSINTAX depuis son lancement en avril 2018. A ce jour, a-t-il relevé, 950 contribuables ont adhéré et plus de 60% des recettes fiscales de la DGI sont désormais déclarées et payées en ligne. «Après avoir offert les possibilités aux contribuables de télédéclarer et télépayer leurs impôts sur internet grâce à ce portail, la DGI élargit ses offres de services digitaux avec de nouveaux modes de paiements et de services», a laissé entendre Dr Somé. Selon lui, l’opérationnalisation des nouveaux services fera de la DGI une direction de référence dans l’administration publique et améliorera la qualité de service aux usagers dans les prochains mois.
Il a encouragé la DGI à initier et conduire une vaste campagne de communication afin que ces nouvelles fonctionnalités soient connues de tous les contribuables. A ce propos, le premier responsable de la DGI a promis que des sessions de formation vont être organisées. Par ailleurs, il a confié que la DGI est dans une dynamique de transformation digitale afin d’offrir aux contribuables des services novateurs, simples, intuitifs, sécurisés et adaptés au monde d’aujourd’hui. A ce titre, elle développera dans les mois à venir une application mobile (mSINTAX) et installera des bornes intelligentes bSINTAX dans tous les centres des impôts permettant à tous les contribuables de consulter leur situation fiscale.
Joseph HARO


