L’Autorité nationale de coordination du foncier (ANCF) a initié une session de formation sur la Réorganisation agraire et foncière (RAF) au profit des magistrats de l’ordre administratif, du 4 au 7 mai 2026 à Koudougou. Il s’est agi de permettre aux acteurs de la justice de s’approprier les nouvelles dispositions de la RAF.
La nouvelle loi sur le foncier adoptée le 21 octobre 2025, consacre l’affirmation de la propriété exclusive de l’État sur l’ensemble du domaine foncier au Burkina Faso. Pour le Secrétaire Technique de l’Autorité nationale de coordination du Foncier, M. Sibiri HÉBIÉ, le magistrat est un acteur clé dans la gestion foncière enclenchée par la Révolution Progressiste Populaire. « Il était de bon ton de venir vers ce personnel très important afin de les capaciter à la compréhension et à l’utilisation des nouveaux termes consacrés et des nouvelles innovations que comporte cette nouvelle législation », a-t-il indiqué.
Cet atelier a réuni les magistrats des juridictions administratives issus des Tribunaux administratifs, les Cours administratives d’appel et du Conseil d’État. Les modules essentiels ont porté sur l’ossature de la loi, le contentieux de la gestion foncière, les mécanismes d’indemnisation liés à l’expropriation, et les procédures d’exécution des décisions de justice.
Selon le Premier Président du Conseil d’État, Édilbert SOMÉ, les innovations que comporte cette loi ont retenu l’attention des participants. « L’expropriation a fait l’objet d’une nouvelle réglementation qui sort carrément de ce que nous connaissions, pour la rendre plus facile au profit de l’intérêt général. Nous retenons que ce qui doit nous préoccuper, c’est comment l’État peut, effectivement à partir de la terre, assurer la sécurité, le bien-être du peuple burkinabé », a-t-il souligné.
Pour la présidente de chambre à la Cour administrative d’appel de Ouagadougou, Mme Salimata Carole RAMDÉ, cette formation de l’ANCF était attendue. « Au quotidien nous ne faisons qu’appliquer des textes de loi ; donc cette formation est d’une utilité certaine et c’est le lieu de remercier l’ANCF pour cette rencontre », a soutenu la magistrate.
Direction de la communication de la Présidence du Faso
Dakar (Sénégal), 7 Mai 2026 – En partenariat avec la Fondation Galien, Galien Africa a lancé l’Appel à candidature pour la sixième édition du Prix Galien Afrique qui consacre l’excellence et l’innovation. Les dossiers de candidature devront être soumissionnés en ligne sur www.prixgalienafrique.com.
Depuis cinq ans, le Prix Galien Afrique a pour but de primer les chercheurs, les institutions et industries pharmaceutiques du secteur public ou du secteur privé ayant mis au point des initiatives, des services, des produits pharmaceutiques, biotechnologiques, de phytothérapie, de diagnostic, des dispositifs médicaux et des solutions digitales récemment introduits sur le marché africain.
Quatre prix peuvent être décernés :
Le meilleur produit pharmaceutique,
Le meilleur produit de tradithérapie,
Le meilleur produit biotechnologique,
la meilleure technologie médicale ou solution digitale (dispositif médical, de diagnostic, esanté, télémédecine, dossier patient, etc.).
Chaque Prix est doté d’une bourse de 20 000 000 FCFA (Vingt Millions de Francs Cfa), soit environ 30 000 USD (Trente Mille US Dollars).Ils seront attribués pour les produits, initiatives et services très probants ou prometteurs, dans le domaine des découvertes et thérapies innovantes aux services de l’humanité et de la santé animale et environnementale. Le Prix Galien Afrique récompense les sciences pharmaceutiques qui améliorent la condition humaine, animale et environnementale, principalement sur la base de deux critères : Innovation et/ou découverte Impact sur le continent africain.
Depuis 2018, le Forum Galien Afrique est organisé à Dakar et abritera cette année la sixieme édition du Prix Galien Afrique. Cette neuxième édition du Forum Galien Afrique se tiendra du 8 au 11 Décembre 2026 autour du thème : « Santé mentale en Afrique : équité et intégration dans les soins de santé primaires – où en sommes-nous ? ».
Le Forum Galien Afrique, offre une plateforme d’échanges scientifiques de haut niveau sur des questions d’intérêt commun, les priorités de notre continent pour les africains et par les africains. Il réunit des Prix Nobel, des Leaders politiques, des experts, des chercheurs, des étudiants, des médecins, des socio-anthropologues, des biologistes, des innovateurs, des investisseurs, des organisations internationales, la société civile, le secteur privé, etc.
Les dépôts de candidature sont faits uniquement par voie électronique sur la base du formulaire disponible à l’adresse web : www.prixgalienafrique.com
Contact : communication@forumgalienafrique.com
Le nouveau secrétaire général des Editions Sidwaya, Jean Marie Toé, a été installé par la directrice générale, Assetou Badoh, jeudi 7 mai 2025 à Ouagadougou.
Dans la vie des entreprises, les transitions marquent un tournant décisif. Le média, Les Editions Sidwaya ne déroge point à cette règle universelle. En effet, le jeudi 7 mai 2026, à travers une cérémonie empreinte de solennité et de reconnaissance, Jean-Marie Toé a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions de secrétaire général des Editions Sidwaya par la directrice générale, Assetou Badoh. Il remplace à ce poste Noufo Enok Kindo, nommé directeur général de l’Agence d’information du Burkina (AIB).
Désormais aux commandes de la coordination des activités des directions administratives et techniques des Editions Sidwaya, Jean-Marie Toé est confiant quant à la réussite de la mission à la fois exigeante et exaltante à lui confiée par la hiérarchie. « Je mesure pleinement les responsabilités qui en découlent, c’est pourquoi je prends ici l’engagement de travailler avec loyauté, rigueur et esprit d’équipe aux côtés de la directrice générale avec l’accompagnement des directeurs et l’implication de l’ensemble du personnel de la Maison commune », a-t-il confié. Parmi ses priorités il a annoncé la mise en œuvre réussie du programme d’activités 2026 des Editions Sidwaya, notamment, l’adoption d’un plan stratégique, outil essentiel pour renforcer la performance et la visibilité de notre institution.
Continuité et engagement
Les membres du comité de direction et les agents ont été témoins de la transition administrative au sein de la Maison commune.
Pour la directrice générale des éditions Sidwaya, Assetou Badoh, l’installation du SG, au-delà de son caractère protocolaire, marque une étape importante dans la vie de la Maison commune. « Elle traduit la volonté des plus hautes autorités de renforcer la gouvernance administrative des institutions. Toute chose qui permet de relever avec efficacité les défis actuels du secteur de la presse écrite au Burkina Faso », a-t-elle poursuivi. La DG a souligné que Jean Marie Toé a su démontrer une solide capacité de management, un sens aigu de l’organisation et un engagement constant pour le professionnalisme et l’éthique journalistique, à travers ses fonctions précédentes de directeur de l’Ouest, puis de directeur des rédactions des Editions Sidwaya. Elle l’a encouragé à œuvrer avec méthode, engagement et esprit d’équipe, pour aporter une valeur ajoutée significative à la gouvernance des Editions Sidwaya.
Jean-Marie Toé, alors directeur des rédactions, a été nommé en Conseil des ministres du 16 avril 2026 secrétaire général des éditions Sidwaya.
Présent au Burkina Faso depuis quelques jours, l’un des fils du reggaeman, Bob Marley, Roham Marley a mis à profit ce séjour pour visiter le Mémorial Thomas-Sankara, jeudi 7 mai 2026.
Le fils de la légende mondiale du reggae, Bob Marley, Roham Marley, veut mieux connaître l’histoire du Père de la Révolution burkinabè d’août 1983.A cet effet, présent au pays des Hommes intègres, il s’est rendu, dans l’après-midi du jeudi 7 mai 2026, pour une visite du Mémorial Thomas-Sankara.Cette sortie a eu lieu sous l’égide de la direction générale de Faso Tourisme.
Après avoir participé au cérémonial d’hommage militaire mensuel dédié à Thomas Sankara, Roham Marley, en compagnie du directeur général de Faso Tourisme, Soulaïmane Kagoné, a visité tous les pans du Mémorial Thomas-Sankara. Toute chose qui lui a permis de redécouvrir et de comprendre l’intérêt de l’infrastructure. « Je renoue avec mon histoire. Je me sens chez moi. Et, c’est l’occasion, pour moi, d’apprendre cette histoire », a confié Roham Marley, à l’issue de l’incursion. Il a ajouté être heureux d’avoir l’occasion de participer au cérémonial militaire dédié à l’un des panafricanistes du continent de ses aïeux.
Il a déclaré que le capitaine Thomas Sankara demeure une référence du panafricanisme du continent noir. Son combat, de son point de vue, n’a pas seulement été pour le Burkina Faso mais pour l’Afrique et le peuple noir. « En Rastafari, nous chantons l’Afrique et l’unité africaine. Et, voir que les héros africains sont mis à l’honneur et qu’ils ne sont pas oubliés nous réconforte grandement », a-t-il souligné. Par ailleurs, Roham Marley a remercié les autorités burkinabè, notamment le Président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, pour l’accueil chaleureux dont il a fait l’objet depuis son arrivée. Le séjour de Roham Marley au Burkina, en rappel, s’inscrit dans le cadre d’une mission précurseur pour l’organisation d’un concert caritatif.
Le directeur de cabinet, représentant le ministre de la Santé, Dr Adjima Combary, a présidé la cérémonie de fin de formation de la 18e cohorte des agents formés en épidémiologie de terrain de première ligne au Burkina Faso, jeudi 7 mai 2026 à Ouagadougou.
25 agents formés en épidémiologie sont aptes à agir en cas de menace sanitaire au Burkina Faso. En effet, le Burkina Faso, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’appui des Etats-Unis d’Amérique a entrepris depuis janvier 2026 la formation de ses agents de surveillance en épidémiologie. Et ce, dans le cadre de la mise en œuvre du programme de Formation en épidémiologie de terrain de première ligne (FETP Frontline). La cérémonie de graduation de cette 18e cohorte a eu lieu le jeudi 7 mai 2026 à Ouagadougou. Composée de médecins, d’ingénieurs en sciences infirmières, de techniciens d’élevage, de contrôleurs des eaux et forêt, d’un technologiste biomédical, d’un inspecteur de l’environnement et d’un infirmier militaire, la formation a allié entre autres, la théorie, l’investigation, la collecte et l’audit de données sur le terrain, des analyses approfondies des problèmes de qualité des données et des séances de sensibilisation au profit d’agents de santé.
Le représentant des gradués appelés dans le jargon ‘’les résidents’’, Raymond Mangou, a indiqué que désormais les gradués forment un réseau de compétences engagées au service du Burkina Faso. « La fin de cette formation marque le début d’une responsabilité qui est celle de mettre en pratique les connaissances acquises pour rester vigilants face aux menaces sanitaires et contribuer à la santé de la population », a-t-il déclaré. M. Mangou a rassuré de leur engagement à être des acteurs de première ligne au service du Burkina.
Le représentant du ministre de la Santé, Dr Adjima Combary, a traduit sa reconnaissance aux partenaires du Burkina qui ont œuvré à la mise en œuvre de ce programme.
L’officier en charge du bureau de la représentation de l’OMS, Dr Minzah Etienne Pékélé a rappelé que le programme FETP Frontline vise à accompagner les Etats dans le développement de systèmes de santé résilients, capables de prévenir et répondre efficacement aux urgences de santé publique. Au Burkina, a-t-il justifié, cette nécessité est d’autant plus importante dans le contexte marqué par la persistance des maladies à potentiel épidémique. « La formation de ces agents marque une avancée importante dans le renforcement de la résilience du système de santé. Elle contribue à une détection plus précoce des menaces sanitaire et une riposte plus efficace sur le terrain », a-t-il souligné.
Quant au représentant de l’ambassadeur des Etats-Unis au Burkina, Dr Anicet Dahourou, il a indiqué que son pays est fier de soutenir une telle initiative. Il a, de ce fait, appelé les gradués à jouer un rôle déterminant dans la protection de la santé publique. « Mobilisez vos compétences pour renforcer la surveillance épidémiologique et contribuez avec des réponses rapides dans la recherche des solutions aux problèmes de santé », les a-t-il exhortés. Dr Dahourou a réaffirmé l’engagement des Etats-Unis à accompagner le Burkina Faso pour le développement d’agents de santé compétents et engagés.
Le représentant du ministre de la Santé, Dr Adjima Combary, a traduit sa reconnaissance aux partenaires du Burkina qui ont œuvré à la mise en œuvre de ce programme qui, depuis dix ans, a permis la graduation de plus de 500 agents. Ces chiffres, a-t-il précisé, traduisent une avancée significative et constituent une force pour le pays dans la gestion intégrée et efficace des crises sanitaires.
Le traditionnel cérémonial d’hommage militaire au Président Thomas Sankara et à ses compagnons s’est déroulé pour la septième fois le jeudi 7 mai 2026 au pied du Mémorial Thomas-Sankara.
Au fil des mois, la Nation reste fidèle aux hommages militaires mensuels rendus à la mémoire du capitaine-président Thomas Sankara et à la Révolution démocratique et populaire (RDP). Le jeudi 7 mai 2026, les tambours et trompettes militaires de la fanfare de la Gendarmerie nationale ont resonné à la place du Mémorial Thomas-Sankara, situé au quartier Dapoya de Ouagadougou. Sonnerie aux morts et protocole militaire dédié à la relève de la garde républicaine tel qu’assuré sous la RDP ont marqué l’hommage. Le cérémonial a été assuré par le groupement d’escorte et d’honneur dont la cavalerie et l’escadron d’escorte de la Gendarmerie nationale.
Le cérémonial militaire a été assuré par le groupement d’escorte et d’honneur de la Gendarmerie nationale.
Cette septième cérémonie d’hommage était placée sous la présidence du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo.Il a fait savoir que Thomas Sankara est un repère, une étoile polaire qui doit guider l’action des jeunes générations. Selon le ministre d’Etat, Emile Zerbo, cet acte solennel d’hommage et de recueillement vise à pérenniser l’héritage, les idéaux et la vision du père de la Révolution d’août 1983. Il a salué la forte mobilisation de ses collaborateurs du département et des services déconcentrés du ministère. Il a invité l’ensemble des Burkinabè à renfoncer la discipline, promouvoir l’esprit républicain, afin de mener à bien la Révolution progressiste populaire (RPP) proclamée par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
« Ce cérémonial n’est pas un simple moment de souvenirs il enseigne la droiture, la probité, la dignité, révolution l’intégrité et la souveraineté retrouvée pour bâtir un Burkina Faso libre, fort et prospère », a assuré le patron de l’administration territoriale. A l’entendre, le capitaine Thomas Sankara demeure le plus grand modèle des Burkinabè, une référence de tous les instants car, dit-il, il voulait et a toujours voulu d’un Burkina Faso souverain, indépendant, fier et prospère. Le combat de Thomas Sankara, a expliqué Emile Zerbo, n’était pas seulement pour le Burkina Faso mais pour l’Afrique et le peuple noir. Son idéal, ajoute-t-il, était de prôner la solidarité, l’unité et la combativité du peuple noir, de l’affranchir des chaînes de l’esclavage.
Une visite guidée du Mémorial a mis fin à l’acte solennel d’hommage à Thomas Sankara.
Aujourd’hui, selon le ministre Zerbo, ce flambeau est porté par le capitaine Ibrahim Traoré et la RPP actuellement en marche au « pays des Hommes intègres ». Le ministre a également évoqué le cas de l’initiative populaire « Ma brique pour Sankara », portée par le comité international Mémorial Thomas-Sankara. Au passage, il a exhorté les Burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur ainsi que les amis du Burkina Faso à accompagner par des contributions la campagne lancée en octobre 2025 et qui va permettre à chaque citoyen d’apporter sa touche à l’érection du Mémorial dédié à l’ancien Président Thomas Sankara et ses 12 compagnons tués le 15 octobre 1987.
A l’occasion de la célébration du 9-Mai, marquant la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie en 1945, les regards se tournent à nouveau vers ce que les Russes appellent la « Grande guerre patriotique ». Pour Imhotep Lianhoué Bayala, chercheur en histoire et culture africaine, militant des causes souverainistes et membre fondateur du mouvement « Deux heures pour Kamita », cette page de l’histoire russe résonne fortement avec les défis actuels du Burkina Faso et des pays du Sahel. Selon lui, l’expérience russe constitue un modèle de résistance nationale capable d’inspirer les peuples africains engagés dans des combats de souveraineté.
Pour Bayala Lianhoué Imhotep, la « Grande guerre patriotique » renvoie avant tout à « l’appel à la patrie » lancé par Joseph Staline en juin 1941, lorsque les troupes allemandes avançaient vers Moscou dans le cadre de l’opération Barbarossa pendant la Seconde guerre mondiale. Face à cette invasion, explique-t-il, le peuple russe aurait puisé dans son histoire une énergie collective fondée sur la défense de la nation. « Les Russes ont convoqué leur mémoire historique. Ils se sont souvenus de la résistance contre Napoléon Bonaparte en 1812. Ils ont compris que ce qui avait permis de stopper l’invasion française pouvait être réactivé face à Hitler », soutient-il.
Selon lui, cette guerre ne fut pas uniquement une affaire d’armée professionnelle, mais celle d’un peuple entier mobilisé pour préserver son territoire et sa dignité. « La Russie a compris qu’une guerre gagnée est une guerre qui implique toutes les composantes du peuple », affirme-t-il. Le chercheur estime que plusieurs éléments ont permis au peuple soviétique de résister malgré les pertes humaines immenses. Il évoque notamment « le sens des intérêts stratégiques nationaux », « l’amour illimité de la patrie » et « le refus de l’humiliation ». Pour lui, la défense du territoire russe a dépassé la seule dimension militaire. « Les Russes ont accepté tous les sacrifices possibles, y compris les blocus alimentaires, énergétiques et logistiques qui ont causé des millions de morts », rappelle-t-il. Il souligne que l’Union soviétique aurait perdu environ 26 millions de personnes durant la guerre.
Dans l’imaginaire russe, poursuit Imhotep Lianhoué Bayala, la célébration annuelle du 9-Mai représente bien plus qu’une victoire militaire. Elle symboliserait le refus de la capitulation, la défense de l’intégrité territoriale et la préservation de l’indépendance nationale. « Toute l’Europe avait pratiquement capitulé face aux hordes hitlériennes. La Russie, elle, a refusé de céder malgré le coût humain colossal », explique M. Bayala. Selon lui, cette victoire est également liée à la protection des ressources stratégiques russes. Il estime que l’Allemagne nazie convoitait les immenses richesses naturelles soviétiques afin d’alimenter son industrie de guerre. « La Russie célèbre chaque 9 mai le triomphe de la résistance contre toute tentative de pillage et de domination », affirme-t-il.
Des similitudes entre les sacrifices russes et les efforts des Burkinabè
Pour le chercheur, l’appel de la patrie lancé par Staline a permis au peuple russe de défendre leur pays.
Pour le militant souverainiste, cette expérience historique peut inspirer le Burkina Faso dans le contexte actuel de lutte contre le terrorisme et de quête d’indépendance totale. « La Russie nous montre qu’il n’existe pas d’adversité insurmontable lorsqu’un peuple décide de défendre sa souveraineté », soutient-il. Le dirigeant du mouvement « Deux heures pour Kamita » voit des similitudes entre la mobilisation soviétique durant la Seconde guerre mondiale et l’implication croissante des populations burkinabè dans l’effort de défense nationale, notamment à travers les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et le recrutement prochain de réservistes.
« La guerre de libération n’est pas uniquement l’affaire de militaires professionnels. C’est la mobilisation de tout un peuple », affirme-t-il. A l’en croire, la Russie a démontré qu’une nation pouvait utiliser « toutes les ressources possibles », y compris la géographie, le climat ou la mobilisation populaire, pour résister à une menace existentielle.
Imhotep Lianhoué Bayala estime également que le rapprochement entre la Russie et plusieurs pays africains repose sur une mémoire historique favorable à Moscou. Il rappelle que l’Union soviétique avait soutenu plusieurs mouvements indépendantistes africains durant la période coloniale. « Les populations africaines n’ont pas à reprocher à la Russie des crimes coloniaux ou esclavagistes comme ceux commis par certaines puissances occidentales », soutient-il. Selon lui, cette perception explique en partie la popularité croissante de la Russie auprès d’une partie de la jeunesse africaine, notamment dans les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Le chercheur appelle enfin les autorités et les sociétés civiles africaines à approfondir leur connaissance des stratégies russes de défense et de mobilisation populaire. « Nous devons apprendre de la diversité des stratégies de résistance développées par la Russie. Il faut renforcer la volonté de se battre par la connaissance de l’histoire et des méthodes de lutte », plaide-t-il.
Pour M. Bayala, le Burkina Faso est engagé dans « un processus de libération totale » encore inachevé, mais dont l’issue peut être favorable si le peuple reste uni autour de l’idéal souverainiste. « Nous pouvons aussi rêver du destin russe. Non pas parce que les Russes sont plus beaux, mais parce que leur courage historique nous enseigne qu’un peuple déterminé peut préserver sa souveraineté », conclut-il.