Adoption d’un décret portant organisation des enseignements post-primaire et secondaire

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 07 mai 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 13 H 57 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

Lire le conseil des ministres en cliquant sur le lien ci-dessous: CONSEIL DES MINISTRES N°15 DU 07 MAI 2026

Afrique, lève-toi !

Notre histoire se raconte sur une page de chair tracée au fer

Le dos du captif noir arbore les cicatrices du triste sacrifice

La cuirasse de ses paumes porte les stigmates du travail forcé

Quatre siècles de sueur et de sang, vingt millions de déportés !

Notre histoire est une tache noire marquée au fer triangulaire

Notre histoire est une cache de treize siècles de traite orientale

La colonisation nous a apporté la foi qui se dévoie de la voie des pères

Les indépendances nous ont enfilés la camisole de l’aisance en transe

Le discours de La Baule retentit avec la tape à l’épaule de la métropole

Désormais nous sommes en démocratie comme nos « ancêtres” »d’antan

Plus de trente ans après, nous courons après le mirage du développement

Avec le faix de la dette qui défait nos têtes bien-pensantes mal tenues

« La démocratie est un luxe pour les Africains », dira le maître à penser

Les urnes sont transparentes, les isoloirs sont intimes, les bulletins sûrs

Seuls les résultats porteront la marque du potentat en costume cravate

Au nom de la démocratie, il briguera deux, trois, quatre, voir cinq mandats

Sur la pudeur d’une Constitution violée et souillée s’érige un président hué

Et quand tonnent les bruits de botte, retentit le chant du coq qui se fourvoie

La Communauté internationale s’en mêle à tête démêlée pour éviter la guerre

Et sauver ses intérêts enfouis à cent pieds sous terre ou à ciel ouvert

La traversée du désert a trop duré et l’Afrique a enduré le supplice des temps

Il est temps de se lever comme un seul homme et changer le cours de l’histoire

L’Afrique accuse l’ère de la ruse qui s’use et refuse d’être le dindon de la farce

Afrique riche, lève-toi et marche sans béquille et crie ton identité avec fierté !

Clément ZONGO

clmentzongo@yahoo.fr

Alain Edouard Traoré, diplomate et ancien ministre de la Communication: « La Grande guerre patriotique est la pierre angulaire de la diplomatie russe »

Demain samedi 9 mai 2026 marque la célébration du 81e anniversaire de la victoire de la Russie (ex-Union des Républiques socialistes soviétiques) sur l’Allemagne nazie lors de la seconde guerre mondiale. Alain Edouard Traoré, diplomate, ancien ministre de la Communication et ancien directeur général de l’Institut des hautes études internationales (INHEI) évoque, entre autres, dans cette interview accordée à Sidwaya, la portée diplomatique de la Grande guerre patriotique sur la scène internationale et le mérite de la Russie de la victoire sur le nazisme.

Sidwaya (S) : Que représente la Grande guerre patriotique dans la diplomatie russe ?

Alain Edouard Traoré (A.E.T) : La Grande guerre patriotique a une importance vraiment majeure dans la diplomatie russe et dans la présence internationale de la Russie, à travers le monde. C’était une guerre singulière et il faut arriver à comprendre même l’origine de cela. En réalité, quand on prend un pays comme la Russie, sa présence internationale aujourd’hui n’est pas apparentée à la présence internationale des autres pays développés ou d’Europe de l’Est. Eux, ils ont quasiment envahi le monde à travers des politiques coloniales alors qu’au niveau de la Russie, ce ne fut pas le cas. La Russie a été plusieurs fois victime d’agressions et de guerres. Les Russes en ont ressenti, en fait, comme une volonté de détruire la nation russe. Donc, leurs réactions par rapport à cette guerre ont été envisagées comme une guerre patriotique. C’est-à-dire que le peuple russe se levait comme des patriotes pour défendre leur patrie. Mais, avant la Grande guerre patriotique, il y a eu la guerre patriotique. Lorsque Napoléon, en 1812, a attaqué la Russie, c’était le même cas. Avec près de 600 000 hommes, Napoléon a essayé d’envahir la Russie jusqu’à Moscou. Mais, les troupes napoléoniennes ont été défaites totalement. Et sur les 600 000 hommes, il n’est resté que 50 000 hommes. Et c’était la fin en réalité, voire la chute de Napoléon. En 1812, les Russes ont appelé cette guerre : la guerre patriotique. Justement, lors de la seconde guerre mondiale, c’était le même cas. C’est-à-dire que la seconde guerre mondiale pour les Occidentaux a commencé en 1939. Mais la Russie n’était pas concernée jusqu’en 1941. Et à cette période, on a parlé de Grande guerre patriotique. C’était la mobilisation de l’ensemble de la nation russe pour faire face à l’envahisseur nazi et hitlérien. Voilà en réalité l’origine de la Grande guerre patriotique.

S : La diplomatie russe fait la différence entre la Grande guerre patriotique (1941-1945) et la seconde guerre mondiale en général ? Qu’elles en sont concrètement les raisons ?

A.E.T : Les raisons sont toutes simples. Du point de vue russe et du point de vue des faits, les Russes n’étaient pas, ou l’Union soviétique à l’époque, n’était pas engagée dans une guerre géostratégique de partage d’intérêts ou autres. Les Soviétiques étaient chez eux, menant leur révolution tranquillement avec Staline à la tête jusqu’au jour où ils ont été attaqués par les troupes nazies, en 1941. Donc, pour eux, la guerre qui se déroulait entre l’Allemagne nazie et la France et les autres pays ne les concernait pas directement. Ils n’étaient pas impliqués.  Donc leur guerre a commencé à partir de 1941. Et à partir de 1941, ce n’est pas qu’ils ont fait quelque chose pour mériter cette guerre. Ce n’est pas qu’ils sont rentrés dans les alliances. Hitler a attaqué l’Union soviétique avec toutes ses troupes mobilisables possibles. Et cette guerre aussi, les russes n’ont pas la même perception que les Occidentaux.  Parce que l’attaque de Hitler même cachait aussi la volonté de l’ensemble des pays européens de détruire l’Union soviétique en tant que pays communiste. Donc quelque part, il y avait une guerre sourde dans la vraie guerre. C’était des alliances de circonstances où l’Union soviétique se trouvait alliée avec les Américains et les Européens pour combattre les troupes nazies. Mais en réalité, l’Europe occidentale de l’époque ne voyait pas d’un bon œil la révolution qui se déroulait en Union soviétique. Donc, c’est pourquoi, d’un point de vue de la diplomatie russe, la guerre commence en 1941. Et la guerre est patriotique. Parce qu’en fait, la guerre était une volonté de détruire la révolution soviétique, de détruire la nation russe et de détruire l’Etat soviétique à l’époque. Donc, voilà en réalité ce qui fonde véritablement leur perception. Et ils ont totalement raison parce que ce sont les faits tels que ça se présente à la nation russe, à la nation soviétique de l’époque.

S : Quel est le poids du passé lourd en termes de morts (des millions de morts) sur le schéma russe des relations internationales de nos jours ?

A.E.T : Il faut s’appesantir vraiment sur les pertes que l’Union soviétique à l’époque (actuelle Russie) a connues au cours de cette Grande guerre patriotique. On évalue entre 27 millions à 30 millions de morts. C’est énorme. Et pourquoi ? Gratuitement en réalité. Il n’y avait pas de raison. Il n’y avait aucune raison. Et en cela, c’est un poids énorme. Et les troupes nazies sont arrivées jusqu’à Stalingrad. Elles ont détruit en fait une bonne partie des infrastructures de l’Union soviétique de l’époque, au point que Staline était obligé avec son armée et son industrie de se redéployer vers la zone plus à l’Est du pays pour reconstituer des industries, des armements et puis mener leur guerre. Ça, c’est le premier aspect. Et le deuxième aspect, personne n’a aidé l’Union soviétique. Ce n’est pas comme le cas de la France ou de l’Espagne où les Américains ont apporté leurs soutiens. Il n’y a pas eu d’autres troupes qui sont venues les aider pour se libérer en réalité des attaques des troupes nazies. Du coup, du point de vue diplomatique, cette guerre, en réalité, a jeté les bases et les fondements de toute la vision internationale future de l’Union soviétique et de la Russie d’aujourd’hui. Donc, cette guerre est un fait marquant à tout point de vue : aux plans politique, économique et des relations internationales de la Russie. Et c’est vraiment une pierre angulaire de la diplomatie russe.

S : Quand on parle de diplomatie, il y a plusieurs volets : politique, économique, culturel, etc. Quel est l’impact de la victoire russe de mai 1945 dans la diplomatie culturelle et la sauvegarde de la mémoire collective à l’extérieur ?

A.E.T : Je crois qu’avant véritablement cette Grande guerre patriotique, on connaissait l’Union soviétique à cause de la Révolution, de Lénine, de Staline, du mouvement communiste, du soutien international. Cette guerre est venue davantage renforcer la présence culturelle de l’Union soviétique à l’époque et de la Russie d’aujourd’hui, héritière de l’Union soviétique. Et à travers le monde, par cette guerre et cette victoire, on a appris à mieux connaître la Russie. La victoire à la Grande guerre patriotique a permis à la Russie, culturellement, de s’implanter à travers le monde. Non seulement d’abord au niveau de l’Europe de l’Est, avec une présence beaucoup plus marquée, mais au-delà de cela, à travers tout un sillon de relations avec les mouvements d’émancipation à travers le monde. Donc la Russie petit à petit a pu entrer dans nos pays et a offert des bourses et des études. On a découvert une Russie techniquement forte, scientifiquement évoluée, culturellement évoluée, au point où quasiment à travers le monde, les pays en développement, à l’époque on parlait du tiers monde, tout le monde partait pour aller se former à toutes sortes de disciplines et s’éduquer. 

Le défile du 9 mai en Russie marque sa souveraineté vis-à-vis des autres pays occidentaux.

Culturellement, cela a permis une expansion de la Russie à travers le monde de manière globale, mais spécifiquement à travers les pays du tiers monde et les pays en développement. Car, la Russie a vraiment offert, je dirais, des alliances et des appuis en termes culturels, d’éducation, de formation universitaire et scientifique. En réalité, vous voyez, c’est dommage que ceux qui nous avaient colonisés nous aient confinés dans leur monde. Et donc, on avait Dieu qu’eux. Mais justement, à la suite de la seconde guerre mondiale et de l’expansion de l’influence soviétique à travers le monde, on a découvert qu’on peut aller se former en Russie. Et qu’au plan ingénieur, au plan technique, ils ont les meilleurs ingénieurs. Et que vous savez très bien qu’ils ont été les premiers à envoyer des hommes dans l’espace, etc. Ce sont des choses qu’on ne connaissait pas. Mais, effectivement, la victoire soviétique a permis à l’Union soviétique à l’époque et à la Russie aujourd’hui, qui en est l’héritière, d’avoir une place plus marquée et marquante dans le monde et dans les relations internationales, et même au plan culturel avec nos pays et nos Etats.

S : Quels sont les enjeux diplomatiques de 1945, que représente le décalage entre la signature de Reims le 7 mai et celle de Berlin le 8 mai (9 mai, heure de Moscou) ?

A.E.T : C’est extrêmement important. Si je caricature, le 7 mai à Reims, les pays occidentaux ont signé l’armistice pour « leur seconde guerre mondiale ». Et le 8 mai, 9 mai à l’heure de Moscou, les Soviétiques ont imposé la défaite allemande par rapport à l’agression qu’ils ont subie à travers la Grande guerre patriotique. Donc, pour moi, le 8 mai et le 7 mai, c’est une affaire des pays européens qui arrivent à mettre fin à « leur seconde guerre mondiale ».  Mais, le 8 mai et le 9 mai, c’est la Russie qui impose la défaite allemande du fait de l’agression, donc c’est la victoire de leur Grande guerre patriotique. Et ce n’est pas une simple question de schématique. Parce que la guerre n’a pas été vécue de la même façon. Les Soviétiques ont vécu la guerre de manière beaucoup plus atroce. Ils étaient chez eux et ont été attaqués par la vague la plus puissante de l’armée allemande. Et ce qu’ils ont perdu, même la France envahie n’a pas perdu le dixième. Vous comprenez ? Et donc quand on parle de la seconde guerre mondiale, à l’école ou autre, on ne voit que l’impact en France. Vous comprenez ? Vichy, Normandie, etc. Mais ils sont très loin d’avoir subi l’impact que l’Union Soviétique à l’époque a vécu.  Donc, il était important pour l’Union Soviétique de marquer le coup et de montrer en réalité que le 7 mai n’est pas une affaire de l’Union Soviétique, mais, le 8 mai. Il fallait que l’Allemagne accepte signer pour dire qu’elle a perdu par rapport à son agression vis-à-vis de la Russie. Donc, ce sont deux visions totalement différentes et les Russes ont totalement raison. Je dirais qu’il y avait une guerre dans la guerre. Ce sont les alliances stratégiques qui ont fait que l’Union Soviétique, les Etats-Unis, l’Angleterre et la France se retrouvent du côté des alliés. Mais, en réalité, même à l’intérieur de cette alliance, les pays occidentaux, l’Allemagne, l’Angleterre, les Etats-Unis et la France, en fait, ne voyaient pas d’un bon œil, la révolution soviétique qui se déroulait de l’autre côté. Tant que cette seconde guerre mondiale pouvait détruire ce système, c’était l’aubaine. Sauf que les armées soviétiques se sont montrées redoutables, au point d’être les premières à rentrer à Berlin. Il faut vous souvenir que les troupes occidentales ne sont pas arrivées à Berlin. Ce sont les troupes soviétiques qui sont arrivées à Berlin et qui ont occupé Berlin. Du coup, elles ont imposé qu’on vienne signer à Berlin, dans la capitale, l’armistice et la défaite allemande.

S : Quelle était l’importance diplomatique d’une cérémonie à Berlin pour l’URSS ?

A.E.T : Oui, comme je l’ai dit, Reims n’a pas d’importance pour les Russes. Reims, c’est la libération de la France par les troupes alliées, anglaises, américaines, qui viennent aider la France à se libérer sur le front Ouest. Mais cela représente quoi, en réalité, pour les Russes ? Pas grand-chose. Et il fallait marquer le coup. Donc, pour la diplomatie, aujourd’hui on en parle. Il fallait amener l’ensemble des belligérants, mais surtout les Allemands, dans leur capitale, pour signer et accepter leur défaite.  Donc, c’est un symbole diplomatique très fort qui demeure aujourd’hui. Reims, c’est loin de l’Allemagne. Pour les Européens, c’est la fin de la seconde guerre mondiale. C’est beaucoup plus sous la libération de la France par les troupes occidentales. Mais, le 9 mai à Berlin, c’est totalement différent. On amène le coupable sur son terrain pour qu’il reconnaisse sa défaite chez lui, devant ses compatriotes. Du point de vue diplomatique, c’est un fait majeur. Et je pense que les Soviétiques, à l’époque, ont eu raison d’imposer cela. Et au regard aussi de la guerre sur le front Est que les Européens ont tendance à minimiser, parce qu’ils n’en parlent pas assez. Il fallait un acteur de cette envergure pour donner toute l’importance en termes de symbolique politique et diplomatique pour l’histoire. Et je crois que c’est ce que les Soviétiques ont fait. L’Union Soviétique a alors montré toute une puissance et est arrivée à imposer effectivement sa vision et l’ordre des choses de cette époque-là.

S : On voit aujourd’hui que la Russie est une grande puissance aux côtés des Etats-Unis dans le concert des nations. La victoire de 1945 a-t-elle été favorable au système diplomatique russe au point de conférer aujourd’hui à la Fédération de Russie ce statut de puissance ?

A.E.T : Absolument ! Vous savez, on aime dire que le monde actuel est ressorti de la seconde guerre mondiale, pour utiliser le jargon qui est le nôtre. C’est la fin de la seconde guerre mondiale qui a cristallisé l’ordre international actuel, qui se manifeste par quoi ? Par l’ONU, par le Conseil de sécurité, par les mouvements même qui ont suivi après. Tout le monde savait qu’à l’époque, la Révolution soviétique était le principal soutien de tous les mouvements d’émancipation des peuples à travers le monde, la Chine, le Vietnam, et un peu partout. La victoire soviétique a permis de renforcer la présence soviétique et de raffermir son soutien. Et si, d’aventure, la guerre ne s’était pas soldée par la victoire soviétique, je ne suis pas sûr que le processus de décolonisation qu’on a connu avec les indépendances, avec la confédération de Bandung et tout ce qui a suivi, allait connaître la même histoire.

Le diplomate et ancien ministre de la Communication, Alain Edouard Traoré : « Un pays comme la Russie mérite d’être connu au-delà de ce qu’on nous a toujours dit la concernant ».

Déjà, l’Union Soviétique a imposé sa vision de l’ordre international, déjà aux négociations pour la création de l’ONU, les alliances. Donc, on peut dire que la victoire soviétique, à l’époque, a été le ferment de l’ordre international actuel. Et justement, cette victoire a permis à l’Union Soviétique d’être une alliance unie, d’être membre permanent de l’ONU mais aussi d’utiliser toute sa force, toute sa puissance et toute son influence pour soutenir les mouvements d’autodétermination à l’époque, tout en impulsant le processus de décolonisation. Tout le monde est d’accord que la défaite allemande et l’affaiblissement des puissances coloniales, avec la seconde guerre mondiale et la Grande guerre patriotique ont favorisé, en réalité, le processus de décolonisation des anciennes colonies. Et pour précipiter les choses en 1960, les mouvements en Algérie, en Indochine, ont été soutenus par cette influence soviétique et la révolution soviétique à l’époque. Donc, voilà comment est-ce que cette victoire, cette guerre, a révélé ce pays. En réalité, son influence s’est raffermie avec la victoire lors de la Grande guerre patriotique.

S : Il y a eu beaucoup de conférences qui ont jalonné la fin de la seconde guerre mondiale, notamment celle de Yalta et de Potsdam. Est-ce que les négociations de l’après-guerre lors de ces rencontres des dirigeants soviétiques et occidentaux n’ont pas été dictées par la victoire russe de 1945 ?

A.E.T : Oui, absolument. Yalta, c’est en février 1945 et Potsdam, en juillet 1945. On avait déjà signé la défaite allemande. Et déjà en février, l’Union Soviétique avait une position de force militaire sur le terrain. Et c’est cette position de force qui a dicté les choses. Et Staline n’était pas un homme d’Etat à se laisser faire. Tout le monde sait que Staline a imposé sa vision des choses aux autres pays. Quand on prend de 1945 jusqu’aux années 1970, l’Union Soviétique est entrée dans une phase dite de guerre froide. D’un côté, on avait l’Union Soviétique et de l’autre : la France, les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Angleterre. La Chine n’était pas encore cette puissance d’aujourd’hui. Donc l’Union Soviétique était quasiment seule et tenait la dragée haute à l’ensemble des pays occidentaux, avec une sphère d’influence à travers le monde. Et je pense que c’est cette influence qui a prévalu. Mais, ce dictat-là vient déjà des négociations de Yalta et de Potsdam. A Yalta, comme à Potsdam, Staline a véritablement imposé sa vision de l’ordre des choses. Et d’ailleurs, l’occupation de l’ensemble de la partie d’Europe de l’Est, la Pologne et autres, ce sont des choses qu’il a imposées et que les pays occidentaux n’ont pas pu empêcher.  L’ordre international tel que dessiné au sortir du second conflit mondial a été influencé par la victoire russe à la Grande guerre patriotique. Et en ce moment, véritablement, l’Union Soviétique est une puissance digne de ce nom. Donc ils ont imposé à l’Allemagne nazie une défaite, démantelé l’Allemagne et occupé l’Europe de l’Ouest à souhait. Même, la configuration des Nations unies de l’époque est sortie légitimement de ces conférences.

S : Peut-on dire que la victoire des alliés est une victoire soviétique ?

A.E.T : Quelque part, on peut le dire, oui. Et là aussi, les Russes ont totalement raison. Vous et moi, depuis l’école primaire, le collège, comment on a perçu la seconde guerre mondiale ? C’est plus tard, de par notre propre culture générale, qu’on se rend compte du lourd tribut que l’Union Soviétique a payé dans le cadre de cette guerre. En réalité, la diplomatie soviétique telle qu’elle s’est exprimée n’était que l’expression de la réalité militaire. C’est cette victoire qui, aujourd’hui, est portée par tout le monde. Et d’ailleurs, la guerre froide qui a pris place tout de suite, a montré que les pays européens n’étaient pas satisfaits totalement de l’issue de la seconde guerre mondiale et de l’ordre qui était établi. Et donc, je pense que cette victoire diplomatique est totalement avérée et l’Europe occidentale n’avait pas le choix véritablement que de l’accepter.

S : Diplomatiquement, quelle est la plus-value du défilé de la victoire de mai 1945, à Moscou ?

A.E.T : Le défilé de mai à Moscou est un élément important de la « soft power » russe. C’est un élément important de la diplomatie russe. C’est un défilé qui cristallise l’histoire et qui mobilise la conscience du monde autour de cette histoire. Rappelez-vous qu’en 2025, il y avait près de 31 chefs d’Etat à ce défilé à Moscou dont le Président Xi Jinping de Chine, Lula da Silva du Brésil et d’autres. Et chaque année, c’est un cadre de rencontre majeur pour la diplomatie russe. C’est le lieu de négociations, de convergence, de vision, surtout dans un monde qui, aujourd’hui, évolue beaucoup. Par exemple, cette année, nous sommes face à plusieurs situations. Une guerre qui se mène en Iran et en Ukraine. Un monde qui est totalement défiguré. Le Moyen-Orient bouge toujours. On n’arrive pas à stabiliser le monde. J’imagine que le 9 mai prochain, les invités vont en parler. Donc, le défilé est devenu un sommet qui est rentré dans l’histoire aujourd’hui. C’est un sommet qui est porté annuellement et c’est le lieu pour la diplomatie russe, effectivement, de parler du monde, des équilibres du monde, de dessiner les alliances, d’envisager les relations internationales, etc. C’est un fait majeur, c’est un acte majeur pour la diplomatie russe. C’est un élément essentiel pour les Russes.

S : La Russie doit inspirer beaucoup de pays qui ont connu la domination ?

A.E.T :  Je pense qu’il est bon pour nous qui sommes restés pendant longtemps colonisés par un pays assujetti et puis dominé et ne connaissant du monde que ce qu’il y a de connu, que nous puissions nous ouvrir pour connaître le reste du monde. Un pays comme la Russie mérite d’être connu au-delà de ce qu’on nous a toujours dit la concernant, pour mieux découvrir le pays et voir ce que ce pays peut nous offrir. C’est un grand pays avec beaucoup de ressources et il faut qu’on se découvre davantage culturellement pour pouvoir diversifier davantage notre diplomatie. Donc, je salue une telle vision de creuser, de découvrir un tel élément extrêmement important parce qu’il y va de soi aussi de l’ouverture même intellectuelle de notre diplomatie pour mieux connaître le monde, mieux le comprendre et mieux tisser les intérêts de notre pays avec le reste du monde.

Interview réalisée par Boukary BONKOUNGOU

CONSEIL DES MINISTRES – Adoption d’un décret portant organisation des enseignements post-primaire et secondaire

Le Président du Faso, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a présidé ce jeudi 7 mai 202, l’hebdomadaire Conseil des ministres, qui a examiné et adopté plusieurs dossiers et pris d’importantes décisions pour la bonne marche de la Nation et pour l’amélioration des conditions de vie des populations, conformément à la Révolution Progressiste Populaire (RPP), selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, M. Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO.
Pour le compte du ministère de la Justice, le Conseil a adopté un décret portant désignation et modalités de désignation des membres des instances traditionnelles de règlement des différends. Selon le Ministre chargé de la Justice, Me Edasso Rodrigue BAYALA, ce décret fait suite à la révision de la Constitution du 30 décembre 2023, instituant le recours aux mécanismes traditionnels de règlement des différends à côté de la justice classique et de l’adoption de la loi instituant Faso Bu Kaoré le 14 janvier 2026.
« L’adoption de ce décret qui porte désignation, modalités de désignation des membres des instances traditionnelles, permet d’opérationnaliser, en réalité, la loi », indique le Ministre BAYALA. Selon lui, le décret va se conformer aux us et coutumes dans nos sociétés et permettre d’amorcer la phase pilote dans les localités déjà parcourues pour la mise en place de ces instances.
Pour le compte du ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, le conseil a adopté un décret portant organisation des enseignements post-primaire et secondaire.
Selon le Ministre Pr Moumouni ZOUNGRANA, ce décret s’inscrit dans la vision de la Révolution Progressiste Populaire qui souhaite un décloisonnement de notre système éducatif en brisant les barrières qui existent entre les types d’enseignement.
« C’est dans ce sens que la part belle est réservée désormais à la formation professionnelle avec l’initiation au métier, mais aussi et surtout la promotion des classes polyvalentes », soutient le Ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique.
Ce décret introduit des innovations comme la prise en charge juridique du post-primaire, la permission accordée à toute structure éducative de disposer de l’enseignement général, de l’enseignement technique et professionnel et de la formation professionnelle.
Direction de la communication de la Présidence du Faso

Stop au trafic d’enfants : La vigilance de la SOTRACO porte ses fruits

​Le professionnalisme des agents a permis d’éviter le pire sur la ligne Tiogo, dans la région de Nando.
​Grâce à leur flair et à leur vigilance constante, nos agents de sécurité ont intercepté un couple suspect accompagné de quatre enfants, âgés de 9 à 14 ans.
​Suite à une investigation immédiate, il a été établi que ces mineurs faisaient l’objet d’un trafic en direction de la Guinée. Si l’individu de sexe masculin a réussi à prendre la fuite, la dame interpellée a reconnu les faits, tout en prétendant que les parents des enfants étaient informés de ce voyage.
​La SOTRACO a immédiatement réagi en identifiant et en contactant les parents des enfants pour suite à donner.
​La Direction Générale de la SOTRACO tient à ​Féliciter ses agents pour leur professionnalisme qui a permis de stopper ce convoi tragique.
Elle lance un appel à chaque parent à une vigilance accrue concernant les déplacements et les fréquentations de leurs enfants.
La sécurité est l’affaire de tous. Si vous observez un comportement suspect dans les bus, n’hésitez pas à le signaler immédiatement à nos agents.
​Protéger nos enfants, c’est préserver notre avenir !
Service communication / SOTRACO

Promotion de la cohésion sociale: la foi au service de la paix

Investis d’une « mission divine », les leaders religieux œuvrent inlassablement depuis des décennies, pour une société de paix et de cohésion sociale au Burkina Faso. A travers prêches, homélies, initiatives et discours en faveur d’une société de paix, ces « hommes de Dieu » sèment dans les cœurs des citoyens, les graines de l’amour, du pardon, de la tolérance et du vivre-ensemble. Dans un contexte de défi sécuritaire, ils façonnent leurs fidèles en artisans de paix, renforcent les liens de fraternité entre les filles et fils du Burkina. Reportage !

En ce vendredi 6 mars 2026, alors que le soleil décline sur Ouagadougou, la place de la Nation se transforme en un creuset de fraternité. Des centaines de fidèles chrétiens et musulmans s’y sont donné rendez-vous depuis quelques semaines pour rompre ensemble le jeûne musulman et le carême chrétien. Il est 18 heures. Les tables se garnissent de jus, de fruits, de dattes, de galettes, de gâteaux …, tandis que sourires, accolades et civilités s’échangent dans une atmosphère chaleureuse.

18h15, l’appel du muezzin retentit. Tous réunis autour d’un idéal commun, la paix, musulmans, catholiques et protestants partagent le verre de l’union et de la fraternité, sous les regards empreints de fierté de plusieurs leaders religieux. Jean de Dieu Sawadogo ne cache pas sa joie de voir toutes ces personnes venues de divers horizons pour promouvoir la cohésion sociale. « C’est une très bonne initiative de voir des fidèles catholiques, protestants et musulmans, et leurs leaders se retrouver pour partager ce repas dans une ambiance fraternelle. Réunir toutes les confessions religieuses autour d’une même table est la preuve que le Burkina est indivisible », se réjouit-il. Ce grand rassemblement interconfessionnel témoigne, selon lui, de l’efficacité des discours de paix portés par les leaders religieux. A travers prêches, paroles saintes et actions de sensibilisation, renchérit-il, ces derniers ont su cultiver l’amour et la concorde dans les cœurs, des plus jeunes aux plus âgés. « Ces dernières années, avec l’évolution des réseaux sociaux, certains messages ne sont pas de nature à unir les Burkinabè. Des leaders religieux ont donc eu des discours rassembleurs. C’est cela qui se manifeste actuellement », lance-t-il, tout joyeux.

Le coordonnateur de l’UFCD, François Paul Ramdé : « dans nos localités, les gens respectent toujours les catéchistes, imams, pasteurs. Donc, nous avons exploité cette richesse pour assurer la quiétude dans les villages ».

Ce jour-là, Odile Kéré a aussi décidé de rompre son 17e jour de carême avec ses frères et sœurs à la place de la Nation. « Je suis heureuse de voir autant de monde réuni. Cela prouve qu’on peut communier, vivre ensemble sans problème. C’est une bonne initiative parce qu’elle permet véritablement de vivre la cohésion sociale, de forger positivement les mentalités, de renforcer davantage les liens qui nous unissent parce que nous sommes tous les enfants de la même patrie », affirme-t-elle. A l’instar de Jean de Dieu Sawadogo, elle attribue sa bienveillance envers autrui aux messages de paix et d’amour qui, culte après culte, ont forgé sa personnalité. « De nos jours, ces leaders religieux, à travers leurs

actes quotidiens, nous donnent l’exemple. Nous voyons les prêtres, les pasteurs, les imams qui communient ensemble. Nous suivons leur exemple », précise Mme Kéré. Convaincue de l’influence des leaders religieux, elle les appelle à poursuivre sans relâche leur mission de promotion de la paix, afin de bâtir une société où l’amour demeure le bien le mieux partagé.

« Nous sommes tous les fils de Dieu »

Distiller le message d’amour pour son prochain, le curé de la paroisse Sacré-Cœur de Dapoya et secrétaire général de la Commission épiscopale du dialogue interreligieux, l’abbé Albert Etienne Kaboré, en a fait son combat de tous les jours. A ses nombreux fidèles, ce vendredi 10 avril 2026, il a encore prêché la paix pour le Burkina et dans les cœurs de tous. « Nous invitons nos fidèles à tisser des relations d’amitié et de fraternité dans leur quartier avec tous les musulmans. Nous invitons les jeunes à travailler ensemble, à partager les moments de joie et de peine dans les quartiers. Il le faut car, c’est le dialogue qui va nous donner la paix », laisse entendre l’homme de Dieu. Pour cette « mission divine », la Conférence épiscopale Burkina-Niger a aussi décidé de faire de la promotion de la paix et du vivre-ensemble son cheval de bataille. « Au sein de la Conférence épiscopale Burkina-Niger, nous avons initié la semaine nationale du dialogue interreligieux. Au cours de cette semaine, dans les 15 diocèses du Burkina Faso et deux du Niger que sont Maradi et Niamey, les paroisses, les Communautés chrétiennes de base (CCB) des deux pays, des prières, des matchs de football, des panels, des concerts avec les artistes des autres religions pour chanter la paix et la fraternité, sont organisés », explique l’abbé Kaboré. En apothéose, fait-il savoir, il y a la grande messe du dimanche où sont conviés les leaders religieux musulmans, protestants et des adeptes de la religion traditionnelle. « A la messe, ils prennent la parole pour un témoignage et nous partageons un repas ensemble. Ce sont des actions concrètes de fraternité entre musulmans et chrétiens », affirme-t-il.

Pour le directeur exécutif de l’URCB, Moussa Bambara, pour « déradicaliser » les mentalités, il faut que les véritables leaders religieux acceptent de donner de la voix pour la promotion de la paix.

Depuis 22 ans, le guide religieux et cheik Soufi Moaz ne cesse de prêcher pour la paix et l’entente entre les communautés au Burkina. De son périple à travers le monde, il dit avoir compris qu’il doit donner un coup de pouce pour changer les mentalités. Alors, au nom de la communauté internationale des Soufis, il a pris son bâton de pèlerin pour sillonner les confins du pays, afin de contribuer à renforcer la paix et à lutter contre l’extrémisme violent. De Dori à Ouahigouya en passant par Gourcy, Yako, Kaya …, il a un seul message : paix et union entre les communautés. « Partout où je passe, je vais à l’église pour informer le curé que je suis venu parler de paix, de tolérance, d’acceptation de l’autre comme les prophètes nous l’ont enseigné. Je leur demande donc de se joindre à moi pour que nous parlions aux brebis pour qu’elles sachent la vérité avant que d’autres personnes ne viennent les manipuler », relate-t-il. Son combat est l’union entre tous les fils du Burkina. « Notre objectif est qu’il y ait la paix entre les humains, qu’ils s’acceptent et puissent vivre ensemble. Au-delà de nos différences religieuses et ethniques, nous sommes tous les fils de Dieu. Nous sommes les fils d’Adam et Eve », insiste-t-il.

Une harmonie sociale

Le cocktail de messages bibliques et coraniques axés sur la paix porte des fruits, soutient le cheik Soufi Moaz. « A Dori, il m’a été rapporté qu’à Noël, des cheiks musulmans se sont déplacés pour souhaiter une bonne fête au prêtre. L’émir de Dori m’a également rapporté que les jeunes ont fait une forte délégation pour lui demander de me dire de revenir encore prêcher, car, ma venue a permis de démolir les barrières religieuses entre eux et les autres communautés », se réjouit-il.

Selon l’imam des mosquées du Cercle d’études, de recherches et de formation islamiques (CERFI) et de l’Association des élèves et étudiants musulmans au Burkina (AEEMB), Tiego Tiemtoré, plus qu’une religion, l’islam est un code de vie qui codifie les rapports dans la verticalité avec Dieu et dans l’horizontalité avec toutes les créatures de Dieu, qu’elles

Selon l’imam des mosquées du CERFI et de l’AEEMB, Tiego Tiemtoré, les mosquées constituent des écoles où l’on éduque les citoyens à être des musulmans exemplaires.

soient humaines, végétales ou animales. De ce fait, affirme-t-il, les leaders religieux, sur la base du Coran et de la tradition prophétique, transmettent un message de paix, d’amour, d’unité, de cohésion. Et ce, à travers les mosquées qui constituent des écoles où l’on éduque les citoyens à être des musulmans exemplaires. C’est pourquoi, explique-t-il, le premier message transmis aux communautés est de dire que l’Islam est certes, une religion, mais aussi une spiritualité, une éducation. « Beaucoup pensent que l’Islam se limite juste à la prière. Non. La prière n’est qu’un élément parmi tant d’autres. Il faut prier, mais il faut également avoir de bons comportements, de bons caractères. Donc, nous essayons de montrer la globalité du message musulman qui est d’éduquer un individu et faire de lui un être serviable à sa communauté », relate-t-il. Et de soutenir que l’éducation doit permettre à l’individu d’être plus utile à sa communauté à travers la lumière de la foi. Ce message, poursuit-il, est transmis dans toutes les mosquées pour qu’un musulman ne soit pas bagarreur, colérique, nerveux. « Au moyen de l’enseignement, le musulman s’éduque petit à petit. Il s’élève pour devenir meilleur et dans la positivité », précise l’imam Tiemtoré. A ses dires, l’Islam attache une grande importance à la pacification de la cité et aux bons rapports entre les croyants. « Voilà pourquoi dans le Coran, le mot paix revient plusieurs fois. La prière musulmane se termine par « Asalam Aleykoum » parce qu’on souhaite la paix aux gens », affirme-t-il.

Des architectes de la confiance sociale

A la place de la Nation tous ont prié pour une société de paix …

Acteurs clés dans la société, le rôle des leaders religieux dans la consolidation du vivre-ensemble est très déterminant, reconnaît Clarisse Rouamba, une fidèle. Leurs messages ont façonné sa vie et ses relations envers son voisinage. Régulateurs de la vie sociale, pour elle, les hommes de Dieu ont semé dans son cœur l’amour et l’entraide envers son prochain. « Ces paroles divines m’ont beaucoup impactée dans ma vie quotidienne. Certains prêches m’ont édifiée et m’ont permis de donner plus d’amour aux autres », témoigne-t-elle. Leur combat pour un Burkina de paix est salutaire, estime Mme Rouamba. « Même sans salaire, l’œuvre de Dieu qu’ils accomplissent à travers leurs messages pour l’amour du prochain, la solidarité et la paix est inquantifiable », insiste-t-elle. Lucie Ouadeba, quant à elle, avoue que depuis qu’elle met en pratique les enseignements religieux, elle cohabite en parfaite harmonie dans la société. « Cela m’a permis de savoir que nous devons vivre en paix et en harmonie là où nous nous trouvons », dit-elle.

Pour Sidi Mohamed Guigma, expert en éthique et déontologie et ambassadeur de paix, les prêches et initiatives interreligieuses des leaders religieux constituent un puissant levier de cohésion sociale et un modèle vivant de coexistence pacifique. En soutenant les autorités dans la préservation de la paix, ils deviennent des architectes de la confiance sociale, rappelant que la paix est une construction partagée, une responsabilité collective qui se nourrit de reconnaissance mutuelle et de solidarité. Au niveau de la cohésion, soutient-il, ils agissent comme des tisseurs de liens sociaux, permettant aux communautés de rester unies malgré les tentatives de division. Enfin, sur le plan de la résilience, leur action contribue à développer une immunité sociale : la société burkinabè apprend à résister aux menaces, à transformer l’anxiété en vigilance constructive et à préserver la paix comme

…et rompu le jeûne ou le carême dans la joie.

une ressource partagée. « En rassemblant les communautés autour de valeurs universelles, les leaders religieux jouent le rôle de catalyseurs de confiance collective, transformant la diversité en une ressource relationnelle et la solidarité en une énergie réparatrice », précise l’ambassadeur de paix.

Des comités locaux de paix

Réunis au sein de l’Union fraternelle des croyants de Dori (UFCD), les leaders religieux se sont engagés à être des lumières pour la paix à travers le Burkina. Leurs paroles, leurs actes portent de bons fruits. C’est dans cette dynamique que l’Union a mis en place le réseau des leaders religieux et communautaires « Voix modérée ». « Nous avons mobilisé des leaders au-delà du Sahel parce qu’ils sont mus par cette mission de paix par leurs paroles dans les prêches et leur manière d’être », indique le coordonnateur de l’UFCD, François Paul Ramdé.

Le président de la FEME, Vincent Ilboudo invite chaque Burkinabè à être un artisan de paix, de pardon et de tolérance.

En 2014, rappelle-t-il, des comités locaux de paix ont été aussi mis en place pour renforcer, outre le dialogue interreligieux, le dialogue social. Constitués de volontaires des différentes composantes de la société (femmes, jeunes …) autour de l’imam, du catéchiste ou du pasteur, ils mènent des concertations pour « éteindre » les différends. « Dieu veut plus l’union que les divisions. C’est comme un arbre à palabres que nous avons ressuscité. Dans nos localités, les gens respectent toujours les catéchistes, imams, pasteurs et autres leaders. Donc, nous avons exploité cette richesse pour assurer la quiétude dans les villages. Ces comités locaux avec les leaders religieux ont permis de prévenir énormément de conflits, d’éteindre de gros différends qui auraient pu dégénérer. Ils nous ont permis de mettre en place un dispositif global qui va jusqu’à la prévention des conflits agropastoraux », témoigne-t-il.

Le PCA de l’URCB, Naaba Kaongo de Zagtouli : « En tant que leaders religieux et coutumiers, nous devons être des modèles de cohésion sociale, des promoteurs de la paix entre les différentes religions
».

Née de la volonté des hautes autorités, de la Fédération des églises et missions évangéliques du Burkina (FEME), de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB), de la Conférence épiscopale Burkina-Niger et de la haute autorité coutumière, l’Union des religieux et coutumiers du Burkina pour la promotion de la santé et le développement (URCB) travaille pour sa part à promouvoir le dialogue interreligieux. Elle a pour objectif d’intervenir sur les questions de développement. Selon son directeur exécutif, Moussa Bambara, les initiatives de l’Union en faveur de la paix sont nombreuses sur toute l’étendue du territoire national. Actuellement, dit-il, elle met en œuvre le projet Djama béog neré (l’avenir radieux pour tous, en langue mooré) basé sur la résilience des communautés et la promotion des voix de paix. Dans sa composante communication et culture, précise-t-il, l’ambition est d’avoir des leaders, champions de la promotion de la paix dans les différentes communautés, qui donnent de la voix dans les médias pour attirer l’attention et appeler les jeunes à changer de comportement. « Les Burkinabè aiment la musique et la culture. Donc, nous utilisons également la culture comme un vecteur de promotion d’un discours de paix », fait savoir Moussa Bambara. Il cite également des ateliers de dialogue interreligieux lors desquels chaque composante élabore un document de plaidoyer qui montre comment sa religion ou sa composante peut promouvoir la culture de la paix, mais aussi sa vision sur l’acceptation des autres composantes. « Nous élaborons ensemble un plan d’actions. Chaque leader, à savoir  pasteur,  prêtre,  catéchiste,  imam et le prêcheur, retourne dans sa communauté pour assurer la transmission de ces valeurs de paix », explique-t-il. Pour lui, il est nécessaire que ces autorités incarnent véritablement la morale.

Bannir les messages de haine sur les réseaux sociaux

Malheureusement, déplore Moussa Bambara, certaines personnes s’excitent sur les réseaux sociaux pour se donner une popularité numérique, mais en réalité, ils ne sont pas des leaders. « Or, beaucoup de leaders  prônent la paix. Seulement quelques individus occupent le champ des médias sociaux et donnent l’impression que les leaders religieux sont un problème du Burkina. Alors que la religion a toujours été une solution pour le

Depuis 22 ans, le guide religieux
Cheik Soufi Moaz ne cesse de
prêcher pour la paix et l’entente
entre les communautés au Burkina.

Burkina », reconnaît M. Bambara. Chaque fois que le pays a eu des difficultés dans sa marche, se souvient-il, les leaders religieux et chefs coutumiers sont intervenus pour non seulement appeler à la paix et à l’apaisement, mais aussi pour prier pour le retour de la sérénité. Pour lui, un leader religieux, c’est d’abord une personne qui a le savoir et qui est portée par des structures crédibles avec un discours suffisamment responsable. « Il faut certainement un régulateur pour essayer d’assainir l’espace public. Pour ceux qui n’ont pas une organisation solide, que l’Etat également puisse les accompagner à avoir cette organisation, de sorte à discipliner tous ceux qui pourraient éventuellement intervenir au nom des leaders religieux », propose le directeur exécutif de l’URCB.

Pour « déradicaliser » ces personnes, pense-t-il, il faut que les véritables leaders religieux acceptent de donner de la voix pour la promotion de la paix. C’est dans cette dynamique que le cheik Soufi Moaz s’est engagé avec ses pairs à prôner la parole de Dieu, l’acceptation de l’autre, le vivre-ensemble conformément aux paroles des livres saints. « Les leaders religieux doivent appeler les gens à la tolérance et multiplier les sensibilisations pour éradiquer la haine, les dénigrements, les bagarres … La religion, c’est deux choses : adorer ton Seigneur et respecter ton prochain. Un musulman n’a pas le droit d’enseigner la haine. Même une simple injure est interdite », insiste-t-il. En plus d’enseigner la parole de Dieu, les leaders religieux doivent être des exemples pour la société et bannir les messages de haine, confesse Soufi Moaz. C’est pourquoi, la FAIB a créé en son sein le Centre d’écoute du discours islamique (CEDI) pour auditionner les prédicateurs qui enfreignent les règles de « bien parler » dans la Nation. « Quand le discours n’est pas normal, l’intéressé est interpellé puis auditionné par la Fédération. Il y a même des sanctions prévues pour ceux qui n’acceptent pas de rentrer dans les rangs. Nous travaillons à avoir une carte des prédicateurs et n’importe qui ne le sera pas », fait-il savoir. Il compte d’ailleurs sur la FAIB pour « discipliner » les prédicateurs avec un message central qui est celui que la religion doit conduire à la paix, à la cohésion. « Que les prêches,

Pour l’ambassadeur de paix, Sidi
Mohamed Guigma, les initiatives
interreligieuses des leaders religieux
constituent un puissant levier
de cohésion sociale.

les sermons … soient des vecteurs, des viatiques pour éduquer les populations et non diviser et dénigrer », souhaite-t-il. Pour lutter contre cette forme de radicalisation, il faut beaucoup de discipline individuelle et collective, estime-t-il. « Tout musulman qui parle doit se rappeler que sa parole doit éduquer et apporter du bien. Cette éthique de la parole, la Fédération en a fait son cheval de bataille. Elle invite tous les prédicateurs à se rassurer que ce qu’ils vont dire sera utile à la communauté qui les écoute », relate-t-il. De son avis, la paix est extrêmement importante pour toutes les nations. C’est dans cette optique que la FAIB s’est aussi engagée à former les prédicateurs pour endiguer le discours belliqueux dans les mosquées… « En interne, il y a un travail de réforme, d’éducation, de discipline qui est conduit par la Fédération pour que les musulmans puissent être à la hauteur des attentes, des espérances de notre pays », confesse-t-il.

Semer les graines de l’amour

Pour renforcer les ponts du vivre-ensemble et construire une société de paix, il faut l’amour, le pardon, la tolérance et la vraie foi en Dieu, affirme le secrétaire général de la Commission épiscopale du dialogue interreligieux, l’abbé Albert Etienne Kaboré. « Le Burkina est un don de Dieu pour les filles et fils  du pays. Nous avons la solidarité, la chaleur humaine. Nous devons nous aimer les uns les autres et nous pardonner mutuellement. Que tous les Burkinabè se reconnaissent filles et fils  de la Nation et, main dans la main, œuvrons à construire un Burkina pour pouvoir vivre dans la paix », conseille-t-il. Depuis des décennies, la FEME œuvre pour une société de paix. Fidèle à son engagement, à travers ses cultes, elle a semé les graines de l’amour, de la tolérance et du

Odile Kéré appelle les leaders religieux
à poursuivre sans relâche
leur missio

vivre-ensemble dans les cœurs des Burkinabè. Son président, Vincent Ilboudo, estime que tous les Burkinabè doivent s’aimer dans leur différence. Car, la cohésion sociale, c’est le vivre-ensemble harmonieux et paisible. Alors, chaque Burkinabè doit être un artisan de paix, de pardon et de tolérance. Les religieux et coutumiers, rappelle le Président du conseil d’administration (PCA) de l’URCB, Naaba Kaongo de Zagtouli, sont des acteurs clés dans la promotion de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Et la chefferie coutumière a toujours milité aussi dans cette dynamique en travaillant en grande intelligence avec les autres leaders du Burkina. « Personnellement, je participe à la prière de Tabaski et de Ramadan. Je fais la messe de Noël avec les chrétiens. Sur invitation des pasteurs, je participe à des cultes. Tout cela dans le but de promouvoir une bonne cohésion entre les différentes communautés religieuses et la chefferie coutumière », clarifie-t-il. « En tant que leaders religieux et coutumiers, nous devons être des modèles de cohésion sociale, des promoteurs de la paix entre les différentes religions. Il nous faut prôner un discours d’incitation à la paix et à la cohésion sociale », préconise Naaba Kaongo. L’imam Tiego Tiemtoré est de cet avis. Egalement, il conseille de toujours accentuer les messages de pacification et d’insister sur la nécessité de vivre ensemble. A l’unanimité, tous pensent que les filles et fils du Burkina doivent s’unir pour une société empreinte de paix, de cohésion sociale et de vivre-ensemble.

Abdel Aziz NABALOUM

emirathe@yahoo.fr


Lutter contre toutes formes d’extrémisme

Le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité n’est pas en marge de la lutte contre les messages de haine et de division diffusés dans l’espace public via les réseaux sociaux, notamment des vidéos de prêche de certains religieux. Dans un communiqué en date du 20 mai 2026, le ministre d’Etat, Emile Zerbo, a rappelé que ces messages clivants et insultants mettent à mal la cohésion sociale et compromettent l’esprit de dialogue et de tolérance qui règne au sein des communautés burkinabè qui ont toujours vécu ensemble en parfaite harmonie. Il a alors rappelé les responsables des communautés à plus de responsabilité dans les prises de parole publiques et à se départir de toute forme de radicalisme et d’intolérance. Il a également exhorté l’ensemble des parties, à privilégier l’acceptation mutuelle dans la différence pour un vivre-ensemble pacifique. Le ministre a invité aussi les populations à se départir des discours de violence et de haine ainsi que de toutes autres formes d’expression d’intolérance religieuse au sein de l’opinion. Et, toute personne, sans exception, qui au nom d’une quelconque religion se livrera à de telles pratiques sera punie conformément aux textes en vigueur. Le ministère en charge des libertés publiques, a enfin rassuré qu’il assumera pleinement son rôle régalien de protection de la liberté de culte pour tous les citoyens et pour toutes les confessions religieuses dans leur diversité.

A.A.N


Un projet de guide sur le discours alternatif

Pour prévenir les discours haineux et la radicalisation au Burkina, la FAIB a élaboré un projet de guide sur le discours alternatif qui a été remis, le 7 juillet 2025, au ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, en présence de ses homologues chargés de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo et de la Sécurité, Mahamadou Sana.

Selon le président d’alors du présidium de la FAIB, l’imam Boubacar Yugo, ce guide a pour ambition de rétablir le vrai sens de l’Islam, « trop souvent déformé par des discours extrémistes ». « Ce que ces hommes font au nom de l’Islam n’est pas de l’Islam. Peut-être sont-ils égarés. Nous avons produit un document enrichi de versets coraniques et de hadiths, pour démontrer que leur violence ne repose sur aucune base religieuse », a-t-il déclaré. Il a fait savoir qu’il est possible de vivre sa foi tout en œuvrant au développement du pays, sans céder aux appels à la violence. « Nous appelons les frères égarés à revoir leur position. L’Islam ne prône pas la violence. Il est une religion de paix et de cohésion », a insisté l’imam Yugo. Face à la montée des propos haineux sur les réseaux sociaux, l’imam Boubacar Yugo, a également lancé un appel à la retenue et à la responsabilité, à l’endroit des musulmans et de tous les Burkinabè, quelle que soit leur confession. Il a affirmé que l’Islam n’a pas été révélé pour diviser, mais pour rapprocher les humains. Et d’insister qu’il est temps d’arrêter les messages haineux. « Ce n’est pas islamique. Ce n’est pas constructif », a-t-il insisté.

A.A.N

Vol inaugural du Hadj 2026: 342 pèlerins s’envolent pour la Terre sainte

Les premiers pèlerins burkinabè ont décollé de l’aéroport international de Ouagadougou pour l’Arabie saoudite au petit matin du mercredi 6 mai 2026. Au nombre de 342, ils accompliront le 5e pilier de l’Islam en Terre sainte.

Plus de 9500 Burkinabè doivent se rendre en Arabie saoudite pour le hadj de cette année. 23 vols sont prévus à cet effet.  Le premier contingent de Ouagadougou a décollé, ce mercredi 6 mai 2026, de l’aéroport international de Ouagadougou autour de 3H. A bord, on dénombrait 342 pèlerins. Le vol inaugural de Bobo Dioulasso interviendra plus tard le 7 mai 2026. Awa Sawadogo est à son premier voyage vers l’Arabie saoudite où elle accomplira un des piliers de l’Islam. « C’est une joie immense parce que je ne le croyais pas. Ce n’est pas parce que j’ai plus de foi que les autres, c’est un appel de Dieu. C’est une grâce », a-t-elle dit tout en souhaitant que chaque Burkinabè ait les moyens pour aller visiter cette Terre sainte.

Abdourahmane Maïga, après une tentative vaine en 2025, s’apprête à embarquer cette fois-ci. Une fois là-bas, a-t-il promis, il priera pour que la paix revienne au Burkina Faso.

Avant leur décollage, les pèlerins ont reçu les félicitations du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo. Il était accompagné du président de la communauté musulmane du Burkina Faso, El hadj Moussa Kouanda et de l’ambassadeur de l’Arabie saoudite au Burkina, Saad Misfer Ahmed Almimoni. Le diplomate saoudien a dit la fierté de son pays de recevoir ces pèlerins burkinabè et a rassuré que toutes les dispositions sont prises pour la réussite du hadj.

Quant au ministre d’Etat, Emile Zerbo, il a rappelé que le hadj, 5e pilier de l’Islam est très important pour tout musulman. « Il est donc important de marquer notre présence auprès de nos frères qui partent à l’étranger et leur prodiguer des conseils. Au nom des plus hautes autorités du pays et au nom du chef de l’Etat, nous leur souhaitons un bon hadj », a-t-il laissé entendre. Il a invité les pèlerins, à suivre les consignes qui leur seront données par les responsables.

« Nous sommes des Burkinabè, nous allons pour prier. Pour ce faire nous devons éviter les comportements qui vont entacher l’image de notre pays », a-t-il souligné. M Zerbo a également appelé les Burkinabè à cultiver la solidarité entre eux. « Vous êtes tous des Burkinabè. Quand quelqu’un est en difficulté, il faut l’aider et le soutenir », les a-t-il exhortés. Il a souhaité enfin que chaque pèlerin prenne des précautions pour sa santé. « Vous partez dans un endroit que vous ne connaissez pas. Dès que vous avez des difficultés de santé, il faut vite vous approcher de l’équipe médicale qui sera sur place avec vous. Depuis un certain nombre d’années, nous perdons des pèlerins pendant le hadj. Nous ne souhaitons pas que cela se reproduise cette année », a-t-il conclu.

Adama SEDGO

Développement endogène: le projet Ngourdam Pro-ARIDES lancé pour renforcer la résilience agropastorale

La gouverneure de la région du Nazinon, Massadalo Yvette Nacoulma, a officiellement lancé, le mardi 5 mai 2026, à Bindé (province du Zoundwéogo), le projet Ngourdam Pro-ARIDES (2025-2029), destiné à renforcer la résilience des ménages agropastoraux face aux effets conjugués du changement climatique et de la crise sécuritaire.

Le lancement du projet Ngourdam Pro-ARIDES (2025-2029) s’est tenu en présence du conseiller technique du ministre délégué chargé des Ressources animales, Jean Simporé, ainsi que des autorités administratives et coutumières, des partenaires techniques et financiers et de nombreux acteurs du monde pastoral. Mis en œuvre par l’Organisation néerlandaise de développement (SNV) avec l’appui financier de la Direction du développement et de la coopération Suisse (DDC), le projet « Ngourdam », qui signifie « source de vie » en fulfuldé, s’étendra sur 45 mois, de décembre 2025 à août 2029. Il vise à toucher 35 000 ménages, soit plus de 60 000 bénéficiaires individuels.

Selon le représentant de la directrice pays de la SNV, Samuel Bacyé, le projet entend améliorer durablement les conditions de vie des populations agropastorales en renforçant leur capacité d’adaptation aux chocs climatiques et sécuritaires. Il s’articule autour de trois axes majeurs : la sécurisation des ressources pastorales, la valorisation des productions animales et le renforcement de la résilience des communautés à travers la promotion de pratiques agroécologiques innovantes et adaptées.

Le représentant de la Coopération suisse, Salifou Saré, a pour sa part, insisté sur l’importance d’une approche intégrée pour soutenir les moyens d’existence des communautés rurales vulnérables. Dans son allocution, l’autorité régionale a salué l’engagement des partenaires et invité les bénéficiaires à une appropriation effective du projet afin d’en garantir l’impact. La cérémonie de lancement a été ponctuée par des présentations techniques et des témoignages d’acteurs ayant bénéficié du programme précédent, MODHEM+/DDC (2021-2025).

Ces interventions ont mis en lumière les effets positifs enregistrés, notamment en matière d’autonomisation économique des femmes et d’amélioration des revenus des ménages. En marge de l’atelier, les participants ont effectué une visite de terrain dans le village de « Kaibo-Sud V4 », où ils ont pu constater l’utilisation de biodigesteurs par des bénéficiaires, illustrant les acquis en matière d’innovation et de développement durable. A travers ce projet, les partenaires de mise en œuvre entendent renforcer l’accès aux ressources pastorales, créer des opportunités économiques et contribuer à la sécurité alimentaire dans les zones d’intervention.

Roland OUEDRAOGO

(Collaborateur)

Légende

1. La gouverneure de la région du Nazinon, Massadalo Yvette Nacoulma, a remercié au nom du gouvernement, les partenaires techniques et financiers pour l’avènement du projet. (Gouverneure)

2. Les acteurs se sont engagés à faire du projet Ngourdam, une réussite. (Photo de famille).

Voir ph dossier Lancement projet……… Mac Lazare

Ouagadougou: une usine de fabrication illicite d’huiles démantelée

Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité en général et la criminalité urbaine en particulier dans la ville de Ouagadougou, le Commissariat central de police de la ville de Ouagadougou (CCPO), appuyé par le Commissariat de police de l’arrondissement (CPA) 12, ont démantelé un réseau qui s’adonnait à la transformation illicite d’huiles dans une zone d’habitation spontanée (zone non lotie) de la capitale.

Il ressort des investigations menées que le mode opératoire du groupe consistait à se ravitailler en résidus des usines de fabrication d’huile de graines de coton auprès des entreprises de fabrication d’huile de la place, situées dans la zone industrielle de Kossodo. Une fois ces résidus obtenus, il procédait à leur traitement à l’aide de l’acide citrique monohydrate et à la chaleur pour les débarrasser des impuretés en vue prétendent-ils, de les revendre aux fabricants de savon. Lorsque le groupe trouvait un client, il faisait appel à un conducteur de tricycle qui se chargeait du transport pour la livraison de la marchandise.

Grâce à la collaboration des populations, les enquêteurs ont réussi à appréhender deux membres actifs du groupe et saisir plusieurs objets dont un tricycle et plus d’une soixantaine de bidons d’huile de 20 litres. La Police nationale réitère ses remerciements aux citoyens qui œuvrent inlassablement aux côtés des forces de sécurité pour combattre l’insécurité urbaine sous toutes ses formes. Elle les invite à demeurer toujours vigilants autour d’eux tout en continuant de dénoncer les cas suspects aux numéros verts mis à leur disposition que sont les 17, 16 et 1010. La Police nationale, une force publique au service des citoyens !

Police nationale