Contrôle des forces de police: la quintessence des missions expliquées

La Coordination nationale de contrôle des forces de police (CONACFP) a animé une conférence de presse, le mercredi 6 mai 2026, à Ouagadougou, afin de faire connaitre l’institution du grand public.

La Coordination nationale de contrôle des forces de police (CONACFP) veut mieux se faire connaitre. A cet effet, elle a organisé une conférence dans la matinée du mercredi 6 mai 2026, à Ouagadougou. Selon son coordonnateur, le colonel Kanou Coulibaly, la CONACFP a été créée par décret n° 2016-1282/PRES/PM/MATDSI/MINEFID/MTMUSR du 30 décembre 2016. Son organisation et fonctionnement sont régis par l’arrêté n°2023-0630/MATDS/CAB/CONACFP du 02 juin 2023.

Aux termes de son décret de création, a-t-il dit, la CONACFP est compétente sur tous les postes de contrôle routier situés sur le territoire national tenus par les personnels de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale, de la Police municipale et de l’Office national de la sécurité routière (ONASER). Il a indiqué que la structure a   pour mission de lutter contre les pratiques corruptives et les autres formes de mauvaises pratiques, de contrôler la qualité des prestations des postes de contrôle routier. En plus, de son avis, elle doit contribuer à l’efficacité des dispositifs sécuritaires des postes.

Le colonel Kanou Coulibaly a ajouté qu’elle doit diffuser des meilleures pratiques en matière de contrôle de police et élaborer des supports d’information, de sensibilisation, de formation et d’opération. Au titre de l’assistance, il a déclaré que la CONACFP réceptionne et traite des plaintes et des dénonciations, conduit des investigations administratives.  « En 2025, grâce aux mesures prises, la CONACFP a atteint l’objectif qui lui a été assigné en réduisant les plaintes et dénonciations de 36,8% au lieu de 25% fixé », a souligné le colonel Coulibaly. Et elle contribue à fluidifier le trafic routier et faciliter la libre circulation des personnes et des biens. 

Au sujet de la saisine, il a informé que la CONACFP peut être saisie par toute personne victime ou témoin de mauvaises pratiques à l’occasion du contrôle routier par les moyens de contact physique avec la structure à l’immeuble Pyramide abritant le ministère de la Sécurité, sis Avenue de l’Indépendance, à Ouagadougou. De plus, les dénonciateurs peuvent appeler gratuitement au numéro vert 1020, ou contacter la coordination par WhatsApp au 70 20 07 32.  La Coordination nationale de contrôle des forces de police peut être saisie par courrier postal au 01 BP 6466 Ouagadougou 01.  En outre, l’animateur du point de presse a fait savoir que la CONACFP peut s’autosaisir.

Evariste YODA

Participation à la SNC 2026: la délégation des Tannounyan dresse un bilan satisfaisant

Au soir de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), la délégation de la région des Tannounyan dresse un bilan positif de sa participation. Selon le directeur régional de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, Yacouba Goro, avec qui nous nous sommes entretenus, il y a motif de satisfaction, avec des prix glanés dans le palmarès officiel tout comme en prix spéciaux.

Les lampions se sont éteints sur la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC) dans l’après-midi, du samedi 2 mai 2026, à Bobo-Dioulasso. A l’heure du bilan, la région des Tannounyan se félicite de sa participation et des résultats engrangés par ses ambassadeurs à la biennale culturelle. C’est du moins l’avis du Directeur régional de la communication, de la culture, des arts et du tourisme (DRCAT) des Tannounyan, Yacouba Goro, que nous avons interrogé au retour de la SNC. Cette édition, a-t-il fait remarquer d’entrée, a connu une forte mobilisation de la région et également des résultats prometteurs en matière de cohésion sociale et de talents artistiques. « Nous avons engrangé près d’une dizaine de prix en arts du spectacle et en sports traditionnels », a confié Yacouba Goro.

Au-delà des prix, ce qui est à retenir comme points essentiels à travers la participation de la région, aux yeux de M. Goro, c’est la manifestation de la vitalité culturelle de la région, avec 104 participants à ces phases finales. « Les artistes et troupes sélectionnés lors des semaines régionales de la culture ont confirmé la vitalité du patrimoine culturel de la région », a-t-il indiqué. Aussi, a poursuivi le DRCAT, la participation de certaines zones de la région aux compétitions est la preuve, si besoin en était, de la résilience et de la cohésion sociale. « La participation des troupes de Ouangolodougou illustre la résilience culturelle et le rôle de la culture comme ciment social », a témoigné Yacouba Goro.

Le directeur régional pense déjà à de futures échéances plus réussies, mais pour ce faire, un travail devrait être fait, à l’en croire. Il a laissé entendre qu’il faut, entre autres, procéder au renforcement de la détection précoce des talents, arriver à reconstituer, former et structurer des associations culturelles et les encourager à plus de professionnalisme. Un point également non négligeable, aux dires de M. Goro, c’est la mobilisation des ressources locales. « Il faut que les acteurs au niveau local acceptent d’investir davantage dans la culture pour plus de vitalité », a-t-il lancé.

A l’endroit des ambassadeurs de la région à cette SNC, tout en les encourageant pour leur engagement, Yacouba Goro a dit être fier d’eux. « J’ai une fierté pour les lauréats et les participants. Leur présence a contribué au succès de cette fête et ils sont tous des vainqueurs pour moi », a-t-il reconnu. La deuxième place en musique traditionnelle instrumentale, pool jeune, la 3e place en ballet pool jeune, la première place en théâtre, et la première et la troisième place en lutte traditionnelle pool adulte dames, deuxième catégorie, sont, entre autres, les prix remportés par les artistes et sportifs des Tannounyan à la biennale.

Alpha Sékou BARRY

alphasekoubarry@gmail.com

RDC : Les implications d’une sanction

Les déboires de l’ancien Président de la République démocratique du Congo(RDC), Joseph Kabila, ne finiront pas de sitôt. C’est, du moins, ce que l’on est enclin à dire sur l’actualité de cette personnalité politique d’Afrique centrale. Ce, au regard des sanctions diverses qui « tombent » sur lui, non seulement dans son pays mais également, à travers le monde. La dernière en date et qui cristallise l’attention des uns et des autres, est sa condamnation par l’Organisme américain chargé des sanctions économiques (OFAC).

Joseph Kabila est accusé par cette instance d’avoir contribué à l’instabilité en République démocratique du Congo, corrélativement à ses soutiens présumés ou avérés aux rebelles du M23 qui occupent l’Est du pays. Ces sanctions qui ont été prises jeudi dernier prévoient le gel de tous les avoirs qu’il pourrait détenir aux Etats-Unis. Elles interdisent également aux citoyens et entreprises américaines d’entretenir des relations commerciales avec lui.

On se rappelle que l’ancien chef d’Etat a été condamné à mort par contumace, le 30 septembre 2025, par la Haute Cour militaire de la RDC, pour des faits de trahison, de participation à un mouvement insurrectionnel et de crimes de guerre. A tort ou à raison, Joseph Kabila serait le cerveau de la coalition AFC/M23 visant à déstabiliser le régime actuel du Président Felix Tshisekedi. Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement de la RDC a salué les sanctions américaines, les considérant comme le « reflet d’une vérité longtemps étouffée par le cynisme diplomatique ». En revanche, elles ne l’ont pas été du côté des soutiens de Joseph Kabila qui, en désespoir de cause, estiment qu’elles sont « profondément injustifiées » et motivées par des considérations politiques et fondées sur des accusations sans fondements.

Qu’à cela ne tienne, des milliers de militants de la majorité présidentielle ont investi, ce lundi, en début de semaine, les artères de la capitale Kinshasa pour afficher leur approbation des mesures prises par les Etats-Unis à l’encontre de l’ancien chef de l’Etat. Notons aussi que dans cette crise qui secoue depuis des années la RDC, Washington a déjà imposé des sanctions au Rwanda, son voisin, dans le but de faire respecter les accords de paix qui, de tout temps, sont restés lettre morte entre les belligérants.

A l’analyse, désormais sur la liste noire de l’OFAC et condamné à mort dans son propre pays, il n’est pas exagéré de dire que l’avenir politique de Joseph Kabila se trouve compromis. C’est là, toutes les implications des récentes sanctions. Contraint à un exil forcé et à un risque d’arrestation s’il rentre dans son pays, Joseph Kabila semble n’être plus que l’ombre de lui-même avec une influence qui se délite. C’est donc à un tournant critique de son parcours politique qu’il se trouve présentement avec des lendemains incertains. Il reste maintenant à espérer ces dernières évolutions de la situation socio-politique puissent contribuer à apaiser le crépitement des armes sur le terrain des hostilités dans l’Est de la République démocratique du Congo pour le bonheur des habitants de cette partie du continent. C’est cela que le peuple congolais, qui souffre le martyr du fait de la cupidité de certains politiques, a besoin.

Soumaïla BONKOUNGOU

Province de la Tapoa: Diapaga ravitaillée en vivres et non-vivres

Un important convoi de près de trois cents camions contenant des vivres et des non vivres a été escorté par les Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), dans la nuit, du 4 au 5 mai 2026, jusqu’à Diapaga, dans la province de la Tapoa, a constaté l’AIB.

C’est aux environs de 19 heures que ces camions, chargés de riz, de mil, de maïs, de médicaments et d’autres produits de première nécessité, ont fait leur entrée dans la ville. Parti de Fada N’Gourma le 12 avril 2026, le convoi a mis 22 jours pour rallier Diapaga, défiant l’insécurité afin de ravitailler cette partie du Burkina Faso. Dès 16 heures, ce 4 mai, une marée humaine, massée le long de la route nationale n°19, axe reliant Kantchari à Diapaga, est sortie pour rendre un hommage aux FDS et aux VDP, saluant leur courage, leur détermination, leur engagement et leur professionnalisme, qui ont permis de déjouer les embuscades, les Engins explosifs improvisés (EEI) et autres menaces.

…dans une liesse populaire.

Malgré les risques, les forces engagées ont assuré l’acheminement du convoi, faisant du ravitaillement de Diapaga une priorité nationale. A travers des slogans favorables au Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à son gouvernement, à la Confédération des États du Sahel (AES), ainsi qu’aux FDS et aux VDP, chaque camion entrant dans la ville a été accueilli comme une victoire.

Ce mardi 5 mai 2026, l’ambiance se poursuit dans les artères de Diapaga, pendant que les camions procèdent au déchargement des marchandises dans les boutiques. Les populations espèrent que les commerçants éviteront toute spéculation ou hausse abusive des prix, au regard des efforts consentis pour assurer ce ravitaillement. Avant Diapaga, des localités telles que Namoungou, Tanwalbougou et Matiacoali dans la province du Gourma, ainsi que Kantchari dans la Tapoa, ont également été approvisionnées.

Agence d’information du Burkina

Un voleur « patenté» écope de 36 mois d’emprisonnement ferme

M.S était face à la chambre correctionnelle du TGI de Dédougou, mardi 5 mai 2026. Il est poursuivi pour vol d’environ une dizaine de téléphones, une arme à feu de fabrication locale et des munitions, des numéraires de près de 100 000 FCFA et bien d’autres matériels appartenant à plusieurs victimes à qui il a rendu visite nuitamment. Les faits se sont produits dans la nuit, du 16 au 17 mars 2026, et bien antérieurement à Solenzo, province des Banwa. Le prévenu a reconnu les faits qui lui sont imputés. Avant tout propos, il a confié que c’était par erreur que ces vols ont été perpétrés. Il a laissé (…)

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Kamélé FAYAMA

Yacouba BELEM    

Code du travail au Burkina Faso : Le projet de loi adopté par les députés de l’Assemblée législative du Peuple.

Les députés de l’Assemblée législative du Peuple (ALP) ont adopté, en séance plénière ce mercredi 6 mai 2026 à Ouagadougou, le projet de loi portant Code du travail au Burkina Faso. La séance, présidée par le Président de l’ALP, Dr Ousmane BOUGOUMA, s’est tenue en présence du Ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias TRAORE, accompagné de ses collaborateurs. Adoptée à l’unanimité par les 59 députés votants, cette loi s’inscrit dans la vision du gouvernement de doter le pays d’un instrument juridique moderne, apte à favoriser la création d’emplois, à valoriser le capital humain, à renforcer la productivité des entreprises et à accroître leur compétitivité au service de la souveraineté nationale. Les travaux ont débuté par la présentation du rapport du projet de loi par la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH). Par la suite, la Commission des finances et du budget (COMFIB) ainsi que la Commission du genre, de la santé, de l’action sociale et humanitaire (CGSASH) ont chacune livré leurs rapports, ouvrant la voie au débat général. Ce débat a permis aux députés d’interroger la CAGIDH et le gouvernement sur divers aspects du nouveau code. Le Ministre Mathias TRAORE a apporté des réponses aux préoccupations soulevées, précisant que le nouveau Code du travail, structuré en 10 titres, 30 chapitres et comportant 441 articles, introduit plusieurs innovations majeures. Ces innovations portent notamment sur : -la limitation du nombre de renouvellements du contrat de travail à durée déterminée (CDD). En effet, le CDD ne peut pas être renouvelé plus de deux fois avec le même travailleur. Il ne peut être conclu un CDD plus de trois fois avec le même travailleur dans la même entreprise de façon continue ou discontinue ; -l’encadrement de l’exercice des activités de travail temporaire à travers, entre autres, la limitation de la durée de mise à disposition d’un travailleur à un an, la fixation du principe d’égalité de rémunération entre le travailleur temporaire ou intérimaire et celui de l’entreprise utilisatrice ayant la même qualification professionnelle et occupant le même emploi et la limitation des cas dans lesquels une entreprise utilisatrice peut recourir au travail temporaire ; -l’institution et l’encadrement du télétravail eu égard aux nouvelles formes d’organisation du travail et tenir compte de l’évolution des nouvelles technologies et de la Covid 19 ; -le relèvement du montant des dommages et intérêts de 18 mois à 24 mois de salaire pour les travailleurs afin de limiter les abus en matière de licenciement ; -le relèvement du seuil pour faire appel en cas de jugement de 200 000 FCFA à 1 000 000 FCFA pour limiter les abus en matière d’appel ; -l’amélioration de la procédure de la gestion des conflits collectifs de travail à travers la fixation d’un délai de trois mois au conseil d’arbitrage pour rendre la sentence arbitrale afin d’accélérer la procédure et lever les restrictions du droit de grève et l’instauration du pourvoi en cassation en cas du refus d’une des parties ; -l’encadrement de l’embauche des travailleurs non nationaux à travers l’autorisation préalable du service public d’emploi pour tout employeur qui veut recruter un travailleur non national non-résident, l’obligation de disposer d’un permis de travail et l’obligation de viser le contrat de travail du non national non résident avant tout début d’exécution du contrat de travail ; -la prise en compte du harcèlement moral et la redéfinition du harcèlement sexuel en milieu de travail pour permettre la poursuite judiciaire des personnes coupables de tels actes ; -l’harmonisation de la durée du contrat de travail à durée déterminée à deux ans pour les nationaux et les non nationaux pour lever la discrimination qui défavorisait les travailleurs nationaux ; -l’obligation de renouveler le visa du contrat de travail à durée indéterminée du travailleur non national non résident tous les deux ans afin de mieux surveiller le recours à l’expertise étrangère ; -la reconnaissance de la force majeure comme une cause de mise en chômage technique et non une cause de suspension systématique sans solde du contrat de travail ; -l’augmentation de la durée de la période de suspension de six à dix mois du contrat du travailleur détenu qui n’a pas commis de faute professionnelle pour mieux protéger les travailleurs dans cette situation ; -l’augmentation de la durée du repos pour allaitement de 14 mois à 15 mois au profit de la femme salariée pour une harmonisation avec la durée du repos pour allaitement de la femme fonctionnaire ; -l’augmentation de la durée maximum des permissions exceptionnelles de dix (10) à quinze (15) jours pour des événements à caractère social touchant le travailleur ; -l’institution du prélèvement volontaire à la source des cotisations syndicales appelées check-off ou précompte syndical pour faciliter le recouvrement des cotisations des syndicats ; -la mise en place du Comité de sécurité et santé au travail à partir de vingt-cinq (25) travailleurs au lieu de trente (30) pour améliorer la sécurité et la santé au travail d’un plus grand nombre de travailleurs. Tout en saluant les députés de l’ALP pour avoir donné leur quitus à ce projet de loi, le Ministre des Serviteurs du Peuple a réaffirmé l’engagement de son département à assurer la vulgarisation de la loi dans l’ensemble des régions du pays. Source : DCRP/ MSP

FESTIMA : Dédougou se prépare à célébrer la 17e édition

La 17e édition du Festival international des masques de Dédougou (FESTIMA) va se tenir du 11 au 18 mai 2026 dans la cité de Bankuy. L’information a été donnée par l’Association pour la sauvegarde des masques (ASAMA) à l’occasion d’une conférence de presse tenue au siège de la structure à Dédougou, le mardi 5 mai 2026. La ville de Dédougou, dans la région de Bankui, se prépare à vibrer au rythme du Festival international des Masques de Dédougou (FESTIMA). Il se déroulera du 11 au 18 mai prochain. L’information a été portée à la connaissance des hommes de médias, le mardi 5 mai 2026 à l’occasion d’un point de presse animé par les premiers responsables de l’Association pour la sauvegarde des masques (ASAMA) au siège de la structure à Dédougou. Cette 17e édition du festival est placée sur le thème « FESTIMA, 30 ans au service de la tradition du masque : bilan et perspectives ». Elle se veut un cadre de réflexion pour mieux préserver le masque. C’est pourquoi l’édition 2026 compte faire la part belle à la réflexion à travers l’organisation d’un colloque international qui va se dérouler du 12 au 13 mai 2026. Il va se pencher sur les formes, les fonctions et les manifestations du masque. En plus du colloque, la 17e édition du FESTIMA va connaitre une foire marchande qui va s’étaler sur toute la durée de la manifestation. Quant à la cérémonie d’ouverture qui va marquer le lancement officiel des prestations des différentes sociétés de masques, elle interviendra le 14 mai 2026. Généralement le FESTIMA se tient dans la dernière semaine du mois de février des années paires. Mais par souci d’honorer le mois du patrimoine burkinabé et la Journée du 15 mai consacrée aux coutumes et aux traditions, les organisateurs ont décidé de placer l’événement à la date indiquée, a expliqué le secrétaire exécutif de l’ASAMA, Dr Léonce Ki. Avec un budget prévisionnel d’au moins 91 000 000 FCFA, la présente édition sera placée sous la présidence du ministre en charge de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Son collègue chargé de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, est désigné parrain de cette édition qui coïncide avec les trente années d’existence du festival. Le co-fondateur de l’équipementier sportif Sonkoa, Drissa Traoré, est coparrain de cette manifestation culturelle qui entend ratisser large afin que tous les types de masques soient représentés. La présente édition du FESTIMA ne connaitra pas la participation des sociétés étrangères de masques. Qu’à cela ne tienne, les conférenciers ont annoncé qu’environ 50 000 festivaliers sont attendus à Dédougou pour faire de ce FESTIMA un tremplin culturel et économique au service des populations. Yacouba BELEM

Renforcement des investissements de la diaspora : le Burkina Faso lance officiellement la souscription à l’emprunt obligataire patriotique « Diaspora bond »

Le Burkina Faso a officiellement lancé ce mercredi 6 mai 2026, l’emprunt obligataire « Diaspora bond », une opération visant à mobiliser 240 milliards de FCFA auprès des Burkinabè de l’étranger et de l’intérieur sur la période 2026-2027. Il s’agit d’un mécanisme structuré permettant à la diaspora de contribuer de façon durable au développement. Ces obligations émises serviront à financer des projets de développement structurants à fort impact pour le Burkina Faso. Ce programme est porté par l’Etat burkinabè à travers le Trésor public en partenariat avec un consortium d’établissements financiers avec Vista group Holding comme lead. La cérémonie marquant le lancement officiel de l’opération a été présidée par le ministre de l’Economie et des Finances Dr Aboubakar NACANABO et placée sous le parrainage du ministre des Affaires étrangères, SEM Karamoko Jean Marie TRAORE. Dans un discours introductif le président de Vista group Holding, Monsieur Simon TIEMTORE a indiqué qu’il s’agit d’un mécanisme pour canaliser l’épargne de la diaspora, en offrant un cadre transparent et sécurisé tout en renforçant le lien économique entre le Burkina Faso et ses citoyens de l’extérieur. En procédant au lancement de ce nouvel mécanisme de financement, Dr Aboubakar NACANABO a présenté les opportunités de ce type d’investissement pour les souscripteurs et l’impact certain sur la marche de la nation burkinabè. « Avec le lancement des « diaspora bonds » que nous avons choisi d’appeler l’emprunt patriotique, le Burkina Faso franchit une étape décisive dans la mobilisation des ressources en s’appuyant sur ce qu’il a de plus précieux, ses filles et ses fils », a déclaré le ministre NACANABO. Il poursuit en indiquant que cette stratégie innovante de l’investissement marque « une rupture, une affirmation, une décision corrective consistant à prendre en main avec lucidité et détermination, le financement de notre développement». Il a aussi insisté sur la sécurité et la fiabilité de cette opération en mettant l’accent sur les opportunités pour les souscripteurs. « L’emprunt obligataire n’est ni un appel à l’aide, ni un acte de charité, c’est un placement rentable, un investissement sécurisé, un choix stratégique gagnant-gagnant », a-t-il soutenu. Le parrain de la cérémonie de lancement, SEM Karamoko Jean Marie TRAORE a exprimé toute sa fierté pour la concrétisation de ce projet pionnier. « Ce que nous lançons aujourd’hui ce n’est pas un simple produit financier, c’est un pont entre la nation et ses filles et fils, un pont entre le présent et l’avenir, un pont entre l’effort individuel et la réussite collective » a-t-il affirmé. « Diaspora bond est une contribution à l’histoire d’un Burkina qui veut rester dans la dignité, la fierté et le progrès », a renchérit le ministre TRAORE. Le Chef de la diplomatie a sonné la mobilisation de la diaspora autour de ce nouveau projet, en l’invitant à se l’approprier à travers une souscription massive. La campagne de souscription est ouverte depuis ce jour 6 mai jusqu’au 6 juin 2026 avec un montant minimum de souscription fixé à 10 000 F CFA.   DCRP /MAE

SNC 2026: le ministre Gilbert Ouédraogo félicite les acteurs et les lauréats

Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwindé Gilbert Ouédraogo, a félicité, le mardi 5 mai 2026, les forces vives et la population de la région du Guiriko pour avoir relevé le défi de l’organisation de la Semaine nationale de la culture (SNC) tenue, du 25 avril au 2 mai, à Bobo-Dioulasso. C’était à l’occasion de la montée régionale des couleurs nationales laquelle s’inscrit dans le cadre de la IVe édition du Mois du patrimoine burkinabè.

L’ensemble du gouvernement du peuple est satisfait du déroulement de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC) qui s’est tenue, du 25 avril au 2 mai 2026, à Bobo-Dioulasso. C’est la confidence faite par le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwindé Gilbert Ouédraogo, lors de la cérémonie régionale de montée mensuelle des couleurs nationales pour le compte du mois de mai 2026. Elle a eu lieu au complexe industriel Burkina Cajou.

Le ministre Ouédraogo a alors, exprimé sa reconnaissance et celle du gouvernement à tous les acteurs pour leur réelle implication depuis les préparatifs jusqu’à la tenue de la SNC Bobo 2026 dont le niveau a-t-il dit, est supérieur à celui de 2024. « Je voudrais donc vous traduire ma grande reconnaissance et celle du gouvernement. Merci à la population de la région du Guiiko, particulièrement celle de Bobo-Dioulasso. Vous avez réservé un bel accueil à tous nos invités. C’est ça être burkinabè », a signifié le ministre. Il a invité tout un chacun à   cultiver ces valeurs dans toutes les activités que chaque département ministériel viendrait à organiser. Pour lui, il est nécessaire de célébrer nos victoires ensemble. « Pour pouvoir célébrer des victoires, il faut bien sûr travailler ensemble. La solidarité doit être le maître mot. En tout ce que nous faisons, nous devons cultiver l’unité, la solidarité parce qu’il n’y a pas de héros solitaire, il n’y a qu’un peuple engagé qui peut bien sûr relever tous les défis », a lancé le ministre  chargé de la Communication.

22 prix pour la région du Guiriko

Pingdwindé Gilbert Ouédraogo a également félicité les lauréats de la région du Guiriko. « Vous avez fait fort », leur a –t-il dit, avant de les inviter à engranger davantage de prix à la prochaine SNC. Les artistes de la région ont raflé 22 prix pour un montant total de 15 millions  francs CFA. Cette montée des couleurs s’inscrivant dans le cadre de la IVe édition du Mois du patrimoine burkinabè, le ministre a exhorté les populations de Bobo-Dioulasso à fréquenter les personnes ressources, les Trésors humains vivants, les cours royales, les musées et les sites touristiques. Le gouverneur de la région du Guiriko, Mariama Konaté, a d’ailleurs, porté à la connaissance des populations le message que le Président du Faso, Ibrahim Traoré, a livré dans le cadre du Mois du patrimoine burkinabè lancé, le 17 Avril 2026, à Ouahigouya.

Le thème de cette IVe édition qui s’étend jusqu’au 18 mai prochain est « Patrimoine et diversité culturelle : engagement, rôles et responsabilité des acteurs ». Les deux nouveaux Trésors humains vivants de la région, à savoir Blaise Sanou et Yaya Sanou, les lauréats de la présente édition de la Semaine nationale de la culture, le Manifeste de la Révolution progressiste populaire et l’ouvrage « Le capitaine Ibrahim Traoré a dit… », ont été présentés à la montée des couleurs. Le monde sportif bobolais a saisi cette occasion pour remettre sa contribution de plus 1,2 million F CFA au Fonds de soutien patriotique et des habits aux personnes vulnérables.

Adaman DRABO

Sita TRAORE

(Stagiaire)

Promotion des langues nationales: Ali Tiemtoré, la plume au service du mooré

Ecrivain et défenseur des langues nationales, Ali Tiemtoré, s’impose comme une figure discrète mais essentielle de la littérature burkinabè. A travers ses œuvres rédigées en mooré, il explore les réalités sociales, culturelles et morales de son époque, tout en œuvrant à la valorisation du patrimoine linguistique local. En marge de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée du 4 au 9 mai 2026, à Manga, Sidwaya, est allée à la rencontre de l’écrivain.

Le paysage littéraire au Burkina Faso est dominé par les langues héritées de la colonisation. Ali Tiemtoré, natif de la commune de Bindé, dans la région du Nazinon, a fait un choix : écrire en mooré. Auteur de six œuvres, il construit patiemment une bibliographie qui puise dans le vécu quotidien des populations et interroge les mutations sociales contemporaines. Au nombre de ses livres, l’on peut citer « A yii mam noanga », qui signifie « Elle fut ma dulcinée » ; « Patarbtaal nintam », qui veut dire « L’arme de l’innocent » et « Kaeto lebg n wa », qui désigne « Tu peux encore revenir ».

Le dernier ouvrage de l’écrivain, présenté en 2024, a été baptisé « Pag nonglem ying bala », qui se traduit par : « Rien que pour l’amour d’une femme ». Sa toute première œuvre, intitulée « A yii mam noanga », parue en 2002, a été éditée, à 10 000 puis à 20 000 exemplaires et traduits dans plusieurs langues, notamment le Gouin, le fulfuldé, le bissa et le dioula. Marié et père de quatre enfants, Ali Tiemtoré, dit avoir commencé ses productions en 2002. Selon lui, l’écriture en mooré était le seul canal qu’il pouvait exploiter pour faire passer son message. Car, la langue maternelle est celle qu’il maitrisait le mieux, d’autant plus qu’il n’est pas allé à l’école classique. « Je suis né et j’ai grandi au village. J’ai vécu pas mal de choses que je voudrais dire.

C’est ce qui m’a poussé à me lancer dans les écrits », confie-t-il. Les textes de l’écrivain abordent donc des thématiques variées, telles que l’amour, la délinquance juvénile et la sorcellerie. A travers ses écrits, il met en lumière, le lien entre le bien matériel et l’amour pour une fille ou une femme et dénonce les accusations de sorcelleries dans les différentes contrées du pays. Selon M. Tiemtoré, le matériel n’a pas sa place dans les histoires de sentiment. « On peut être pauvre aujourd’hui et devenir riche demain », soutient-il. Celui-ci rappelle avoir été parmi les premiers apprenants du Centre Alpha commando basé dans la commune de bindé. « C’était une formation un peu forcée sous la Révolution d’août 83 », se souvient-il. Aujourd’hui, Ali Tiemtoré se réjouit d’avoir été dans cette école. Il dit être connu un peu partout grâce à ses œuvres rédigées en mooré.« Maintenir les langues nationales vivantes »

Les livres de l’écrivain sont utilisés dans des écoles bilingues et dans plusieurs universités du pays, notamment dans les universités Daniel-Ouézzin-Coulibaly (Dédougou), Norbert-Zongo (Koudougou) et Joseph-Ki-Zerbo (Ouagadougou). « Même en Côte d’Ivoire, mes œuvres sont utilisées par les mossis qui font l’alphabétisation », ajoute-il. L’écrivain indique par ailleurs, que l’on ne peut pas s’appuyer sur la langue d’autrui pour s’épanouir. Il appelle donc ses concitoyens à aimer leurs langues maternelles et à les promouvoir.

Le Directeur provincial (DP) de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle du Zoundwéogo, Dominique Dipama, dit connaitre l’écrivain, depuis les années 2009-2010 à travers ses écrits. Il affirme que c’est un homme qui œuvre énormément à la promotion des langues nationales, notamment le mooré. Pour lui, les documents de l’auteur sont beaucoup utilisés dans les Centres d’alphabétisation en mooré. Il dit l’apprécier très positivement parce qu’il faut des acteurs qui ont la conviction de Ali Tiemtoré pour maintenir les langues nationales vivantes. Le DP Dipama soutient que les langues nationales sont certes des vecteurs de communication mais également un puissant moyen de promotion des valeurs locales, culturelles et de la paix.

« On peut se servir de nos langues nationales pour mener des activités de sensibilisation sur l’hygiène et promouvoir bien d’autres choses », souligne-t-il. Tout en exprimant ses encouragements à Ali Tiemtoré, le premier responsable de l’éducation primaire du Zoundwéogo souhaite qu’il continue dans le sens de promouvoir les langues nationales. « Qu’il travaille également à amener d’autres personnes à faire de la production littéraire dans nos langues, notamment le mooré qu’il maitrise le mieux », invite Dominique Dipama.

Noufou SAWADOGO