Trois jours après leur démonstration (5-0) au Stade du 4-Août, les Etalons ont été tenus en échec (1-1), hier 31 mars, par une équipe de Guinée-Bissau plus disciplinée et davantage déterminée à rétablir son honneur. Si le résultat est moins éclatant, cette seconde rencontre a offert de précieux éléments d’analyse pour le sélectionneur Amir Abdou, toujours engagé dans la construction d’un collectif équilibré et compétitif.
Le Burkina Faso pensait avoir validé sa montée en puissance avant de céder dans les tout derniers instants, preuve que le chantier de la maîtrise émotionnelle et tactique n’est pas encore totalement refermé. Cette seconde confrontation, en trois jours entre les Etalons et les Djurtus de la Guinée-Bissau, offrait un contexte totalement différent de la première. Le large succès obtenu samedi dernier avait créé une dynamique positive et renforcé l’enthousiasme populaire, mais il avait également imposé une forme d’exigence supplémentaire pour ce deuxième acte.
Conscient qu’il devait tester d’autres combinaisons, Amir Abdou a choisi de modifier considérablement son onze de départ en réintroduisant certains cadres. Le retour de joueurs d’expérience comme Franck Lassina Traoré, Mohamed Konaté ou encore Gustavo Sangaré laissait présager un match maitrisé. Malheureusement, Sangaré a dû quitter ses partenaires dès la 22e minute sur blessure, empêchant ainsi le secteur médian de bénéficier de sa qualité de projection et de sa précision technique.
La première période a surtout mis en lumière un manque d’harmonisation entre des profils pourtant talentueux. Le trio offensif composé de Lassina, Konaté et Dango présentait une densité physique évidente, mais il a parfois manqué de mobilité et de créativité pour déstabiliser une défense bissau-guinéenne bien en place. Les mouvements étaient souvent verticaux, les échanges plus difficiles, et les tentatives individuelles se sont heurtées à un bloc adverse rigoureux. Quelques accélérations de Georgi Minoungou et des têtes de Mohamed Konaté ont animé le premier acte, sans toutefois offrir aux Etalons de véritables situations franches. A la reprise, Amir Abdou a renouvelé son approche, fidèle à sa volonté d’impliquer tout son groupe et de maintenir une émulation constante. L’entrée simultanée d’Ousséni Bouda, de Cyriaque Irié Bi et d’Elohim Kaboré a immédiatement modifié le visage de l’équipe.
Des Djurtus accrocheurs jusqu’au bout
Le couloir gauche, jusque-là fragile, a retrouvé de la stabilité grâce à Irié Bi dont les courses et la présence défensive ont permis de relancer les sorties de balle. Le jeune Elohim Kaboré, déjà en vue lors du premier match (auteur d’un triplé), s’est une nouvelle fois montré précieux par sa vitesse et sa capacité à prendre les espaces. Son impact a réveillé l’ensemble du front offensif et redonné de la verticalité au pressing burkinabè. La pression a fini par payer avec l’ouverture du score d’Adamo Nagalo (86e), récompense d’un second souffle collectif.
Le défenseur a profité d’un coup franc bien exécuté par Dango Ouattara qui a surgi au cœur de la surface et libérer les supporters présents dans un stade moins rempli que samedi mais toujours bruyant. Cette avance semblait suffisante pour clore les débats, d’autant que les Bissau-guinéens paraissaient émoussés. Le scénario a pourtant basculé. Après une action confuse qui aurait pu coûter un auto goal à Adamo Nagalo, la dernière poussée bissau-guinéenne a trouvé le fond des fillets dans les ultimes secondes de la rencontre par Fuscano Gomes suite à un coup franc bien exécuté. Cette égalisation à la 90+7 met en lumière un défaut récurrent chez les Etalons, celui de gérer sereinement les temps additionnels. Le manque de « vice », de concentration et parfois de communication dans les dernières minutes reste un axe de progression que le sélectionneur devra travailler avant les échéances plus relevées. Au-delà du résultat, cette rencontre confirme que le Burkina Faso dispose d’un groupe dense et concurrentiel.
Les jeunes joueurs ont encore marqué des points, tandis que les cadres, malgré leur expérience, devront rapidement retrouver leurs automatismes. Le public a ainsi assisté à deux visages contrastés en trois jours, celui d’une équipe euphorique le samedi dernier et celui d’un collectif encore en recherche de certitudes hier mardi. Amir Abdou, qui continue de tester, voit néanmoins se dessiner une ossature prometteuse, mais sait qu’il reste du travail pour bâtir une équipe capable de gérer l’intensité jusqu’au coup de sifflet final.
Pengdwendé Achille OUEDRAOGO






