Le Parti communiste chinois (PCC) aura 105 ans en juillet prochain. Son histoire est intimement liée à celle de la nation chinoise. C’est autour du PCC que le processus de développement de la Chine se construit. Grâce à une discipline rigoureuse, le PCC a permis d’implémenter une gouvernance de qualité et un développement centré sur le peuple. Depuis le 18ᵉ Congrès national du PCC tenu en 2012, « huit recommandations » ont été édictées pour renforcer la discipline au sein du méga-parti, fort de 100,27 millions de membres, selon des estimations de 2024, et combattre quatre vices que sont le formalisme, la bureaucratie, l’hédonisme et la prodigalité.
Plus d’une décennie après leur application, quel a été l’apport des « huit recommandations » dans la qualité de la gouvernance en Chine ? En quoi ont-elles renforcé la confiance entre le PCC et le peuple? Quelle place occupent-elles dans la lutte contre la corruption ? Comment ont-elles renforcé la discipline et l’exemplarité des dirigeants du Parti à tous les niveaux?
Il y a lieu de rappeler que les « huit recommandations » stipulent, entre autres, une proximité permanente entre les dirigeants et la base, une sobriété et une efficacité dans l’organisation de réunions, une réduction dans l’émission des documents officiels, un allègement de contrôles en circulation lors des passages de cortèges officiels pour éviter les désagréments et une utilisation rationnelle des biens publics. Depuis leur implémentation, les « huit recommandations » sont devenus une sorte de feuille de route entre les mains des dirigeants du PCC et des citoyens chinois.
En termes de proximité, les canaux d’expression ont été promus afin de permettre aux dirigeants d’être plus à l’écoute des préoccupations du peuple et d’y apporter efficacement des solutions idoines. En faisant preuve d’engagement au service du peuple, le Parti a gagné en confiance, et renforcé son leadership et son ancrage institutionnel de garant de la sécurité et du bien-être de tous. De manière précise, la discipline interne au sein du PCC est un préalable dans la bonne conduite des affaires de l’État. Comme l’a souligné Bai Lu, chercheur et directeur de division au Centre de recherche sur la pensée de Xi Jinping, l’éthique sociale et civique s’est améliorée grâce aux « huit recommandations ». Cela a contribué à lever les obstacles, à atteindre le consensus et à jeter les bases d’une construction institutionnelle plus systématique.
En matière de lutte contre la corruption, les « huit recommandations » ont été un dispositif capital dans la mesure où ils ont aidé à renforcer le cadre institutionnel et à redoubler la surveillance là où un certain laxisme s’installait. Des balises ont été explicitement définies dans tous les compartiments de la chaîne de pouvoir et dans les domaines où des manquements pourraient survenir. « En gouvernance, le vrai défi n’est pas d’écrire la décision, mais de s’assurer qu’elle soit respectée. Aussi parfait qu’un système puisse paraître sur le papier, s’il n’est pas appliqué, il n’est rien d’autre qu’un tigre en papier», argue Bai Lu. La lutte contre la corruption est passée de contrôles externes à une surveillance appuyée par la technologie, induisant de fait un effet dissuasif puissant.
L’application des « huit recommandations » s’est inscrite profondément dans une logique d’abolir le mur invisible de méfiance entre les dirigeants et le peuple, de mettre en lumière la mission fondatrice du PCC au service du peuple et de renforcer les fondements mêmes de sa légitimité en tant que parti au pouvoir. Aux dires de Wang Weiguo, doyen exécutif de l’École de marxisme de l’Université de l’Académie des sciences sociales de Chine, la culture de l’extravagance gaspilleuse et de la compétition malsaine avec les autres a été freinée, tandis qu’un mode de vie plus sain et civilisé est de plus en plus adopté comme consensus social.
L’adhésion aux « huit recommandations » est également relative au travail remarquable qu’abattent la Commission centrale de Contrôle de la Discipline du PCC et la Commission nationale de supervision. À titre illustratif, au cours des huit premiers mois de 2025, les autorités chargées de l’inspection disciplinaire et de la supervision à l’échelle nationale ont enregistré environ 642 000 cas, y compris ceux impliquant des fonctionnaires au niveau ministériel et provincial. Le 107ᵉ rapport mensuel de la Commission centrale d’inspection disciplinaire du PCC et de la Commission nationale de supervision, publié en août 2025, a fait état de 5 434 cas de violation des « huit recommandations », avec 8 185 fonctionnaires sanctionnés.
À l’aune des résultats engrangés sur le terrain, non seulement en termes de gouvernance de qualité, mais aussi de mise en œuvre des politiques structurées de développement, les « huit recommandations » apparaissent comme une boussole qui guide les dirigeants du PCC dans leurs missions respectives. Les attentes du peuple sont scrupuleusement prises en compte par le gouvernement. Une étroite collaboration entre gouvernants et gouvernés s’est traduite de manière concrète sur le terrain. La bureaucratie a été abandonnée et cela s’est vérifié à travers des prises de contacts directs entre les responsables et les communautés à la base. Dans l’ensemble, les « huit recommandations » ont été adoptés par l’ensemble du peuple chinois. Leur ancrage institutionnel et social est visible dans la société chinoise. Selon une enquête de 2024 du Bureau d’État des statistiques, 94,9 % des répondants sont satisfaits des résultats de la mise en pratique des « huit recommandations ».
Au-delà de l’amélioration de la qualité de la gouvernance qu’elles ont insufflée en Chine, les « huit recommandations » sont aussi une source d’inspiration pour le reste du monde. De par le fait qu’elles offrent l’alternative d’une gouvernance de responsabilité et de redevabilité, elles s’affichent comme un cas d’école. À ce titre, le parti au pouvoir en Tanzanie, le Chama Cha Mapinduzi, qui entretient des relations étroites avec le PCC, s’en est inspiré pour entreprendre une vaste campagne de lutte contre la corruption et l’autosatisfaction, et améliorer l’état de la gouvernance. Les « huit recommandations » pourraient se résumer en ce constat : une gouvernance vertueuse au service du peuple repose sur des principes solides auxquels gouvernants et gouvernés adhèrent fidèlement.
Karim BADOLO
CGTN Français






