Le Tribunal de grande instance Ouaga I a livré, le vendredi 27 mars 2026, son verdict dans l’affaire Yé Yaké Camille et 7 autres prévenus. L’accusé principal, l’ancien DAF du ministère en charge de l’action humanitaire, Yaké Camille Yé, écope une peine d’emprisonnement de 11 ans ferme. L’ex-ministre, Laure Zongo, est aussi condamnée à 5 ans ferme.
Le verdict du Tribunal de grande instance Ouaga I dans l’affaire Yaké Camille Yé et 7 autres prévenus est tombé le vendredi 27 mars 2026. En effet, sur les 8 accusés, 4 ont été déclarés coupables des faits qui leurs sont reprochés. Le principal accusé, Yaké Camille Yé, a été reconnu coupable des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiments de capitaux. Il écope la plus lourde peine, 11 ans de prison et une amende de plus de 462 millions FCFA le tout ferme.
L’ex-ministre chargée de l’action humanitaire au moment des faits, Laure Zongo est aussi reconnue coupable des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiments de capitaux. Par conséquent, elle est condamnée à 5 ans et une amende de 10 millions FCFA le tout ferme. L’accusé Issiaka Sangaré est quant à lui reconnu coupable des faits de complicité de détournement de deniers publics et est condamné à 5 ans et une amende de plus de 67 millions FCFA, le tout ferme. Le 4e prévenu à être déclaré coupable des faits de détournements de deniers publics est Pasco Bila. Comme sanction, il écope de 15 mois d’emprisonnement assorti de sursis et une amende ferme de 5 millions FCFA.
Les prévenus Lydie Bonkoungou, Kouka Dimanche Yaméogo et l’ancien DAF, Billy Zongo sont acquittés au bénéficice du doute sur les faits de complicité de détournement de deniers publics et pour infraction non constituée pour les faits de complicité de blanchiment de capitaux.
En outre, dans son verdict, le Tribunal a déclaré fondée la constitution de partie civile du Réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC) et de l’Etat. Par conséquent, il a condamné solidairement Yaké Camille Yé, Laure Zongo, Issiaka Sangaré et Pasco Bila à payer la somme de 5 FCFA symbolique au RENLAC.
Les biens des condamnés confisqués

Ces derniers sont aussi condamnés solidairement à payer la somme de 10 millions FCFA à l’Etat à titre de réparation du préjudice. Issiaka Sangaré a été solidairement condamné à payer plus de 22 millions FCFA avec Amidou Tiegnan à l’Etat à titre de réparation du préjudice. Enfin, Yaké Camille Yé, Laure Zongo et Pasco Bila ont été respectivement condamnés à payer plus de 63 millions FCFA, 35 millions FCFA et 10 millions FCFA à l’Etat à titre de réparation du préjudice.
Le Tribunal a par ailleurs ordonné la confiscation des biens de Yaké Camille Yé et Laure Zongo à concurrence des montants des amendes et des condamnations civiles prononcées contre eux. Il a enfin fait savoir aux prévenus qu’ils ont 10 jours pour interjeter appel s’ils ne sont pas satisfaits du verdict.
L’Agent judiciaire de l’Etat, Karfa Gnanou a confié que le verdict va dans le sens de la préservation de l’intérêt de l’Etat. « Nous sommes satisfaits de la décision rendue par le tribunal », a-t-il déclaré. Le parquet a aussi accueilli favorablement le verdict. « Nos réquisitions ont été à quelques exceptions respectées. Nous sommes satisfaits de la décision », a déclaré le 1er Substitut du procureur près du TGI Ouaga I, Idrissa Serge Tapsoba. Toutefois, il a laissé entendre que le ministère public avisera sur ses positions qui n’ont pas été suivies par le Tribunal. Il s’agit notamment de la relaxe des prévenus Lydie Bonkoungou et Kouka Dimanche Yaméogo. Le parquet avait plaidé qu’ils soient maintenus dans les liens de la prévention.
Me Seydou Roger Yamba, l’avocat de l’ancien DAF, Billy Zongo a dit être entièrement satisfait du dénouement du procès. « C’est avec satisfaction que nous accueillons la décision rendue par le Tribunal car elle était ma position depuis le départ. J’avais même émis le souhait que mon client n’arrive pas au jugement parce que ce n’était que sur la foi d’un témoignage empreint de contradictions que M. Zongo a été conduit devant le Tribunal », a-t-il soutenu. Après les débats, a-t-il poursuivi, le parquet avait aussi requis sa relaxe pour infraction non constituée et c’est ce qui a été fait.
Abdoulaye BALBONE






