
A la faveur de la mise en œuvre de l’Offensive agropastorale et halieutique, la campagne sèche 2025-2026 s’annonce prometteuse dans la région des Koulsé. Majoritairement, des Personnes déplacées internes (PDI) retournées dans leurs villages d’origine, les producteurs ont emblavé 250 hectares de pomme de terre et 30 hectares de blé, avec une production attendue de 7 500 tonnes de tubercules comestibles et 75 à 90 tonnes
de blé. Du 10 au 15 février 2026, Sidwaya est allé à la rencontre des PDI retournées des communes de Kaya, Mané et Barsalogho et engagées sur le front de l’atteinte de la souveraineté alimentaire.
Kuilbo (nom d’emprunt). Village résilient de la commune de Kaya ! Cette bourgade est une référence en matière de production de la pomme de terre. Une nouvelle journée pleine d’espoir vient de se lever sur le périmètre maraicher de la localité. 10h46mn. En cette matinée du dimanche 15 février 2026, le soleil commence à distiller ses rayons sur les 200 hectares (ha) de pomme de terre emblavés pour cette campagne sèche. Selon le chef de Zone d’appui technique (ZAT) de la commune de Kaya, B.S., le rendement attendu varie entre 6 000 à 7 000 tonnes (t), soit 30 à 35 t par ha.
Nous sommes sur le site de trois ha de pomme de terre d’une association exploité par 30 femmes constituées de populations-hôtes et de Personnes déplacées internes (PDI). Un vent frais vacille, dans tous les sens, les feuilles des cultures en phase de maturité. Coup d’essai, coup de maître, après 90 jours de durs labeurs. Pendant que les adolescents, daba en main, déterrent les tubercules comestibles, les femmes s’attèlent à leur ramassage pour les stocker sous un hangar, sous l’œil vigilant des hommes. La joie se lit sur tous les visages. L’espoir renaît ! C’est une reconstruction d’une vie socioéconomique longtemps éprouvée par la crise sécuritaire. Le relèvement bat son plein dans ce hameau malmené, à maintes reprises, par des incursions des « gens de la brousse ».
Voile solidement noué à la tête, filiforme, teint noir, daba en main, la présidente de l’association, H.S., annonce que sa structure associative espère moissonner 35 t/ha. « La faim est derrière nous ! », lance-t-elle, avec un sourire aux lèvres. Selon la multipare (6 enfants), le chiffre d’affaires peut atteindre 5 millions F CFA.
Dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique, ces braves femmes ont reçu du soutien du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS) qui leur a offert gracieusement 5 sacs de 100 kg de semences de pomme de terre et 30 sacs de 50 kg d’engrais, selon M.O., mère de sept enfants et PDI retournée depuis l’installation de la saison humide.
A l’écouter, la culture de la pomme de terre permet d’assurer la ration alimentaire de leurs familles, d’honorer la scolarité, les soins et l’habillement de leurs progénitures. Discrète, R.S, 60 ans, ajoute que les pourront reconstituer leurs cheptels emportés par les forces du mal avec les revenus de leurs cultures. Elle a aussi été contrainte de trouver refuge à Kaya durant quelques temps avant de regagner son village d’origine l’année dernière, suite au travail titanesque des forces combattantes.
Grâce à ces cultures de contre-saison, ces entrepreneuses agricoles participent désormais aux charges familiales. « Nous résolvons les dépenses familiales pouvant aller à 10 000 F CFA sans l’intervention de nos maris … », se réjouit la sexagénaire R.S. Selon la présidente de l’ANK, les cultures de rente leur épargnent de l’oisiveté durant la campagne sèche tout en contribuant au développement de l’économie locale.
Vers un champ-école de blé

cette campagne sèche dans la région.
Selon la cheffe de l’Unité d’animation technique (UAT), S.K., quatre variétés de pomme de terre sont produites sur le site de Kuilbo, à savoir les variétés Elbeida (150 ha), Spunta (30 ha), Nadia (10 ha) et Panini (4 ha). Dans le cadre de la mise en œuvre de l’OAH, poursuit-elle, le PCRSS a offert gracieusement aux producteurs 32 t d’engrais NPK, 15,7 t d’urée et de 1,5 t de semences de pomme de terre. L’Etat les a aussi soutenus à coût subventionné de 7 t de pomme de terre à raison de 35 000 F CFA le kit de 100 kg) et 7 t d’engrais au prix de 12 000 F CFA le sac de 50 kg pour les petits producteurs et 15 000 F CFA le sac pour les grands producteurs.
A écouter le chef ZAT, B.S., pour cette campagne sèche, au total 205 ha de pomme de terre sont produits dans cinq localités de la commune de Kaya dont 200 ha à Kuilbo et 2,5 ha à Zoro (nom d’emprunt). A Zoro, des PDI retournées excellent dans la production du blé. Reconquise et consolidée depuis 3 ans par les forces combattantes, cette bourgade est une référence en matière de production des cultures maraichères grâce à un lac de la province de Sandbondtenga (Kaya). Nous sommes sur le site de blé de trois ha exploités par 52 femmes dont sept PDI résidant à Kaya. 10h11mn.
En cette matinée du mercredi 11 février 2026, nous assistons à une visite commentée organisée au profit des élèves de l’école primaire publique de Zoro rouverte. Après une brève présentation du blé, sous un tamarinier, les écoliers envahissent le champ de cette culture autrefois considérée comme inconvenable au Burkina. Objectif : découvrir le « boulgour » longtemps consommé dans les cantines scolaires. Au tour d’une parcelle, le chef de l’UAT du village, M.S., dirige les échanges. Avez-vous déjà vu le blé ? « Non, si ce n’est pas aujourd’hui », réplique la majorité des visiteurs.
Quelle est son utilité ? « Pour manger : préparer la bouillie, faire la farine de gâteau, pain, biscuit, spaghetti … », se précipitent-ils de répondre. Plusieurs questions ont été posées au chef UAT. Dans son développement, il signifie que le blé a un cycle de 90 jours de production et est cultivé en saison sèche et en période de fraicheur (novembre). Selon le technicien, un ha de blé nécessite 3 sacs de 50 kg d’urée, 6 sacs de 50 kg de NPK et un sac de 100 kg de semences. Le blé demande moins d’eau (une fois tous les quatre jours) et est récolté par fauche.
Répondant à une préoccupation sur le fait que le blé est inconvenable au Burkina, sa réponse est sans équivoque : « Vous êtes témoins maintenant ? On peut bel et bien cultiver le blé partout au Burkina ». Emerveillés, les apprenants promettent de mettre en place un champ-école de blé pour alimenter leur cantine scolaire. Pour le directeur de l’école de Zoro, P.R., cette immersion vise à amener les élèves à manipuler, palper et regarder, afin que cela puisse les marquer. « C’est du concret », insiste-t-il.
Le site de blé, un lieu de tourisme

à accorder leurs terres aux autorités pour une mise à l’échelle
de la production du blé.
En phase de maturité, la variété de blé expérimenté est KANZ, avec un rendement attendu de 3,5 t par ha, foi de M.S. A.S., présidente des productrices, PDI retournée depuis deux ans, après plusieurs mois de refuge à Kaya, dispose d’une parcelle de blé. Elle espère récolter deux sacs de 100 kg. Pour elle, les bénéfices liés à la vente de ces récoltes serviront à relancer son élevage de petits ruminants. MA.S., 40 ans, PDI retournée depuis la saison humide précédente après un an « d’exil » à Kaya, possède, elle aussi, une parcelle de blé.
La mère de trois enfants compte récolter au moins deux sacs de 100 kg. « Nous avons perdu toutes nos économies dans notre déplacement forcé. Cette culture pourra nous relancer », estime-t-elle. Mère de sept enfants, 48 ans, S.M. est aussi une PDI retournée depuis trois années dans son village natal après huit mois de déplacement forcé à Kaya. Pour elle, l’expérimentation du blé a permis de déconstruire la vieille mentalité de 60 ans qui soutenait que cette culture est inconvenable au Burkina, pays sahélien.
La confiance placée aux autorités a été le catalyseur pour expérimenter le blé dans leur contrée. Leur site suscite la curiosité des citadins. « Notre site est un lieu de tourisme. Nous recevons chaque jour des gens qui viennent visiter et prendre des photos. Nous allons pérenniser cette culture », promet la présidente A.S. Et au technicien d’ajouter : « Notre site est devenu un cas d’école. Cela nous fait plaisir ».
Après ce coup d’essai réussi, ces productrices ambitionnent emblaver tout le site d’une superficie de 31 ha pour la production du blé, la campagne prochaine. Pour la culture du blé, elles reconnaissent avoir bénéficié de deux sacs de 100 kg de semences (gratuit) et dix sacs de 50 kg d’engrais à prix subventionné (12 000 F/sac). Dans la commune de Kaya, 4 ha ont été consacrés à la production du blé répartis entre quatre localités. A Sigou (nom d’emprunt), commune de Mané, 98 femmes forcent l’admiration. Dans l’un des périmètres, épaulées par deux hommes pour l’irrigation, elles expérimentent le blé sur une superficie de 2 ha. Elles constituent un consortium de trois coopératives.
« Le début n’a été pas facile. Chef de canton, naaba S.D s’est résolument impliqué pour convaincre les femmes. Il a même mobilisé la veille citoyenne pour aménager le site en une journée pour permettre les semis. Lorsque les animaux détruisaient le blé, il a remobilisé la veille citoyenne (Wayignan) pour dresser des barricades de fortune », témoigne le chef ZAT de Mané, S.K. Semées le 20 novembre, les cultures sont en phase d’épiaison et de maturité. Le rendement attendu de 2 t par ha.
9h42mn. Jeudi 12 février 2026. Dabas, tubes PVC de 100m3, « T » et coudes en main, une dizaine de femmes s’attèlent à l’irrigation des parcelles de blé. Dans une ambiance bon-enfant, ces entrepreneuses agricoles tissent des liens de solidarité et de fraternité autour de ce site. Elles voient déjà la culture du blé comme une aubaine pour la reconstruction de leur vie socioéconomique fragilisée par la crise sécuritaire.
Souveraineté alimentaire
Teint bronzé, voile bleu-fleuri solidement noué sur la tête et couvrant tout le corps, M.W., 60 ans, présidente des femmes, affirme que leur site est devenu un cas d’école. Le 4 février dernier, une visite commentée au profit de plus de 2 000 apprenants a eu lieu sur le site en présence du haut-commissaire de la province de Sandbondtenga, Idrissa Gamsonré. PDI retournée après un séjour à Yabo, la multipare M.W. soutient que le blé est plus facile à cultiver que le riz, car il exige moins d’engrais et d’eau. Les productrices de Sigou, elles aussi, envisagent exploiter tout leur site d’une superficie de 31 ha la campagne prochaine.
« Une vingtaine de femmes ont manifesté leur intention de nous rejoindre … », confirme-t-elle. Croix au cou, teint noir et filiforme, K.O., PDI retournée, manifeste sa joie d’avoir appris une nouvelle technique culturale. « Nos récoltes serviront à nourrir nos enfants », estime la ressortissante de Bokin. H.SO., 40 ans, déclare que la production du blé permettra d’assurer une bonne ration alimentaire. Mère de quatre enfants, elle envisage donc emblaver trois ha de blé la campagne prochaine pour garantir l’autosuffisance alimentaire à sa famille.
Les femmes ont bénéficié de deux grandes motopompes (de 150 tubes PVC de 100-150cm3), d’intrants agricoles et de labour gratuit de leur site. Selon le technicien, pour

économies locales ».
cette campagne sèche, dans la commune de Mané, 2 ha de blé ont été cultivés, avec un rendement de 4 t et 3 ha de pomme de terre dont la production peut atteindre 35 t par ha.
A Baga (nom d’emprunt), un village de la commune de Barsalogho, des PDI retournées depuis janvier 2025, après trois ans de déplacement forcé, réalisent des exploits dans la production de blé. 90 productrices dont 50 hôtes et 40 PDI exploitent trois sites de blé d’une superficie globale de 8 ha. 10h11mn. Vendredi 13 février 2026.
Nous sommes sur le site de 4 ha d’une des coopératives des femmes. La présidente des femmes, SA.O, 57 ans, s’attache au désherbage des cultures en phase de maturité. Ici, les séances de sensibilisation sur la vision du gouvernement dans le cadre de l’OAH pour une souveraineté alimentaire ont facilité l’adhésion pour l’expérimentation du blé. Pour la mère de quatre enfants, la culture du blé est une opportunité pour nourrir leurs enfants, alimenter leur cantine endogène, assurer les frais de scolarité et même payer des ustensiles de cuisine, parce qu’elles ont tout perdu dans le déplacement forcé.
Lors de la saison humide, ces PDI retournées ont produits du maïs sur ces sites.
A côté des sites de blé, les productrices mènent des cultures maraîchères. PDI réinstallée, 40 ans, mère de quatre enfants, F.S. pense que ces initiatives de productions agricoles leur permettent d’être plus résilientes et de sortir dans l’assistanat permanent. Sous l’égide des autorités communales, les élèves de Barsalogho ont effectué une visite commentée sur les sites de blé de Baga, le 7 février dernier. Sur le site d’une coopérative, 35 PDI retournées exploitent trois ha. Là, le blé de couleur jaunâtre est complètement mur après 82 jours de travail d’arrache-pied.
Les productrices n’attendent que le « OK » du chef ZAT de la commune, T.S., pour le faucher. Le rendement attendu sur les 8 hectares est d’environ 16 t. Un véritable business pour ces retournées qui ont tout perdu.
Agée de 57 ans, multipare (5 enfants), PDI retournée, HA.S. remercie l’armée pour leur réinstallation et les soutiens aux activités agricoles. Le chef VDP de Baga, S.S. salue le courage et la détermination des productrices pour ce pari gagné. De ce fait, il dit pouvoir mobiliser un millier de producteurs pour exploiter tout le périmètre (31ha) pour produire du blé la saison prochaine. A écouter le technicien Sawadogo, les productrices ont bénéficié gratuitement de 800 kg de semences de blé et 24 sacs de 50 kg d’urée et 48 sacs de 50 kg de NPK au prix subventionné de 12 000 F le sac d’engrais sans oublier le labour gratuit de leurs sites. De son avis, la production de la pomme de terre est prévue pour la saison prochaine.
Des aliments riches
Selon le nutritionniste, Tenwendé Sawadogo, en service à la direction régionale de la Santé des Koulsé, le blé fait partie des céréales les plus consommés par les Burkinabè sous forme de pains, pâtes alimentaires, couscous, beignets, galettes ou gâteaux. Alors qu’il est principalement importé, avec environ 315 000 t consommées par an, dont 95% proviennent de la France et de la Russie. C’est pourquoi, soutient le spécialiste, le gouvernement burkinabé a lancé l’OAH pour relancer la production locale de blé, avec un objectif de 24 031 t pour la campagne sèche 2025-2026. De son avis, cette initiative vise à réduire la dépendance aux importations, à renforcer la souveraineté alimentaire et à limiter la vulnérabilité aux crises des prix internationaux.
En matière de nutrition, poursuit le nutritionniste, le grain de blé est principalement constitué de sucre sous forme d’amidon, de protéines, des fibres, de vitamine B, du fer, du magnésium et du phosphore. « Il est un véhicule privilégié pour la fortification alimentaire, afin de lutter contre les carences en micronutriments chez les enfants et femmes enceintes », enseigne-t-il. A ses dires, la stimulation de la production locale du blé améliorera l’accès à une céréale riche et transformable localement, réduisant considérablement les risques de malnutrition aiguë dans les zones vulnérables ou à fort défi sécuritaire. La pomme
de terre longtemps considérée comme un aliment de luxe est devenue un aliment de base grâce à sa forte productivité dans le cadre de l’OAH, contribuant ainsi à lutter contre la malnutrition, selon le nutritionniste. « Elle est un aliment riche en sucre complexe, vitamine C, potassium, acides aminés et fibres, aidant à combattre l’anémie qui constitue un problème de santé publique au Burkina », félicite-t-il.
En somme, la leçon apprise dans cette aventure de production de blé, foi des techniciens en agriculture des Koulsé, c’est qu’il faut toujours essayer. Eu égard à la réussite de cette production expérimentale de blé, les productrices des communes de Kaya, Mané et Barsalogho sollicitent de l’Etat et de ses partenaires, la clôture des sites de production avec des grillages, la réhabilitation des systèmes d’irrigation des bas-fonds, la réalisation des forages à hauts débits d’eau sur les sites de production et la formation des paysans sur les techniques de production de nouvelles cultures dites inconvenables au Burkina. Quant aux techniciens, ils plaident pour le renouvellement du matériel roulant (moto), l’électrification de certains services communaux en charge de l’agriculture, le recyclage et la formation des techniciens en agriculture et la revue à la hausse des frais de carburant pour un suivi optimum des producteurs.
Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com
Période verte !
La ville de Kaya est actuellement inondée par des produits issus de la culture maraîchère telles que la tomate, l’oignon, le chou, le haricot vert, la carotte, la salade, l’ail, le gombo, la pomme de terre, la pastèque, le maïs frais, etc. Produits par les PDI retournées des villages reconquis, ces fruits et légumes permettent d’améliorer en qualité et en quantité le panier de la ménagère contribuant ainsi à la sécurité alimentaire.
La reconquête en marche
De sources concordantes, actuellement, plus de 126 villages ont été réinstallés et
stabilisés dans les communes de Barsalogho, Kaya, Mané et Pissila pour un total de plus de 150 villages réinstallés. La reprise en main de ces localités et axes favorise la relance des activités agropastorales pour une souveraineté alimentaire.
E.S.
Ragnimsom Birba, directeur régional de l’agriculture des Koulsé
« Avec l’offensive agropastorale, les producteurs développent des initiatives endogènes »
Dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAH), pour cette campagne sèche, quelles superficies ont été emblavées pour la production du blé et de la pomme de terre ?
Pour cette campagne sèche, dans la région des Koulsé, nous avons emblavé 30 ha de blé et 250 ha de pomme de terre.
Les producteurs ont-ils bénéficié de soutiens en intrants agricoles ?
Dans le cadre de l’OAH et pour cette campagne sèche, des producteurs, prioritairement, des PDI-retournées ont bénéficié d’un soutien gratuit de 30 sacs de 100kg de semences de blé. Une vingtaine de tonnes de semences de pomme de terre ont été mises à la disposition par l’Etat et ses partenaires. Ils ont reçu plus de 1 800 t d’engrais NPK et urée à prix subventionné de 1200 F/sac). Pour la production du blé, les producteurs ont reçu plus de 400 tubes PVC, huit motopompes et des semoirs manuels. Le labour à prix subventionné a concerné près de 100 ha sur les sites maraîchers des Koulsé. Avec le soutien des partenaires, les populations ont reçu gratuitement plus de 1 000 t d’intrants.
Quel rendement peut-on attendre de la pomme de terre et du blé ?
Pour le blé, nous attendons un rendement moyen entre 75 à 90 t sur les 30 ha, soit 2,5 à 3 t à l’hectare. Pour la pomme de terre, nous attendons plus 7 500 t sur les 250 ha emblavés, soit plus 30t à l’hectare, avec un objectif de 10 000 t de pomme de terre pour la région. Les producteurs de blé mènent la culture maraîchère et nous attendons plus 15 000 t de tomate et 30 000 t d’oignon pour cette campagne sèche.
Comment avez-vous pu convaincre les populations à produire le blé ?
Nous avons mené des séances de sensibilisation pour leur expliquer la vision des plus hautes autorités pour l’atteinte de la souveraineté alimentaire. L’objectif de l’OAH est de les faire comprendre que c’est possible de produire le blé au Burkina Faso. Il s’agit de briser cette barrière pour les mettre en confiance psychologiquement afin d’expérimenter le blé. Nous remercions certains leaders communautaires, notamment des chefs coutumiers qui se sont fortement impliqués dans la dynamique.
Comment faire pour atteindre les objectifs de l’OAH ?
Pour les populations retournées, nombreux sont celles qui ont perdu leurs matériels d’irrigation ou leurs moyens d’existence. Si l’Etat et ses partenaires pouvaient les soutenir avec des intrants agricoles. Dans l’un des villages, notre ministère installe des chambres froides pour conserver la pomme de terre. Un appui conséquent dans ce volet de la conservation pouvait augmenter la plus-value au moment des ventes. Comme le blé est une culture appétissante pour les animaux, il a été affecté par la divagation des animaux. Les producteurs ont besoin d’un appui en grillage pour la sécurisation de leurs sites, car avec la réussite de ce coup d’essai, des superficies plus vastes seront emblavées l’année prochaine par les producteurs.
Interview réalisée par
Emil SEGDA





