Changement climatique et santé de la population : une étude sur l’impact du barrage du Soum livre ses résultats

Le délégué général du CNRST, Dr Emmanuel Nanema, salue l’aboutissement de cette étude.

L’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) a présenté, le jeudi 5 mars 2026, à Ouagadougou, les résultats d’une étude qui met en exergue les effets du changement climatique sur la santé de la population.

Les réponses apportées par l’Etat face aux changements climatiques notamment la construction des barrages et la création d’agropoles pour sécuriser la production agricole, ont favorisé l’apparition et l’augmentation de certaines maladies liées à l’eau et celles transmises par les moustiques. C’est ce qui est ressorti de l’étude « Réduire les effets du changement climatique sur la santé au Burkina Faso » (CLIMSA), dont les résultats ont été restitués, le jeudi 5 mars 2026, à Ouagadougou.

L’étude qui a porté sur l’impact du barrage de Soum sur la santé des populations, a été menée par l’unité de recherche clinique de Nanoro. Des résultats de l’étude, il est ressorti que le taux de prévalence du paludisme est plus élevé près du barrage de Soum et les enfants de 5 à 9 ans constituent des réservoirs de transmission. En outre, sur plus de 23 000 moustiques capturés en 12 mois, 68% sont des femelles et l’espèce dominant est l’anophèle gambiae. Dans le lot, on note la présence d’autres moustiques. De la perception qui se dégage, il est reconnu que le paludisme s’étale durant toute l’année dans la localité touchée par l’étude.

L’étude a formulé des recommandations. Il s’agit de renforcer la communication pour le changement de comportement, d’améliorer l’accès durable de la population à l’eau potable, d’étendre la distribution de masse des antiparasitaires et de développer une approche intégrée entre agriculture et santé

Améliorer la santé des populations

Le directeur de l’IRSS, Dr Lazare Belemnaba, a rappelé qu’au Burkina Faso, le changement climatique se traduit depuis plusieurs décennies par une diminution des précipitations et une hausse des températures, avec des conséquences importantes sur les moyens de subsistance et la santé des populations. Pour répondre aux besoins croissants en sécurité alimentaire, a-t-il indiqué, des agropoles ont été développés autour de grands barrages artificiels.

Ces nouveaux environnements créés autour des barrages, a-t-il relevé, offrent en effet des conditions propices à la prolifération des vecteurs et des germes responsables de maladies comme la schistosomiase, le paludisme, la dengue ou la diarrhée. C’est ce qui justifie la mise en œuvre de l’étude CLIMSA qui permet de comprendre les interactions entre changement climatique, environnement artificiel et agents pathogènes. Toute chose qui contribuera à orienter des interventions durables et efficaces. L’étude vise à améliorer la santé des populations vivant autour des agropoles, en générant des connaissances scientifiques, en développant des outils de modélisation innovants.

Le directeur général de la santé publique, Dr Joseph Soubeiga, a salué l’aboutissement de cette étude qui permettra de disposer de bases pour élaborer des stratégies pour lutter efficacement contre les maladies au Burkina. Il est reconnaissant à l’unité de recherche de Nanoro qui depuis plusieurs années joue un rôle déterminant dans la préservation de la santé.

Quant au délégué général du Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), Dr Emmanuel Nanema, il a indiqué que les résultats qui ont été présentés constituent une base pour éclairer les décideurs dans la lutte contre les maladies. Et de rappeler que les missions du CNRST, dont l’IRSS est l’un des instituts consistent à produire des bases de données fiables au profit du Burkina.

Adama SEDGO

 

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