72 heures de l’étudiant en communication et journalisme: les enjeux de l’intelligence artificielle en débat

Le représentant du ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Jean Célestin Ki : « aucune machine ne pourra jamais remplacer des qualités intrinsèquement humaines comme la rigueur d’une enquête ».

Le Club des étudiants en communication et journalisme de l’Institut panafricain d’étude et de recherche sur les médias (IPERMIC) organise, les 72 heures de l’étudiant en Communication et journalisme, à partir du jeudi 12 mars 2026, à Ouagadougou.

Le club des étudiants en communication et journalisme est conscient de l’essor fulgurant de l’Intelligence artificielle (IA) qui bouscule les fondamentaux des métiers de l’information. C’est pourquoi, il organise les 72 heures de l’étudiant en communication et journalisme, à partir du jeudi 12 mars 2026, à Ouagadougou, sur le thème : « Les métiers de l’information et de la communication à l’épreuve de l’Intelligence artificielle ». L’édition de 2026 réunit des experts et des futurs professionnels en communication et journalisme.

Le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Jean Célestin Ki, a indiqué qu’il n’y a pas d’ordre technologique, mais humain, intellectuel et moral. « Aucune machine ne pourra jamais remplacer des qualités intrinsèquement humaines comme la rigueur d’une enquête, la subtilité d’une analyse, la sensibilité d’un regard, le courage de questionner le pouvoir ou la responsabilité de dire la vérité, même lorsqu’elle dérange », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la pertinence du thème qui interroge l’époque contemporaine avant d’ajouter que l’IA soulève des questions cruciales, à savoir : « Faut-il l’utiliser ? Avec quelles précautions ? ».

Le représentant du ministre chargé de l’Enseignement supérieur a, par ailleurs, illustré son propos par un exemple personnel selon lequel, l’IA l’a déclaré décédé à 80 ans alors qu’il est bien vivant. A cet effet, il a encouragé les participants à trouver l’équilibre entre innovation et éthique, tout en mettant en garde que les métiers de l’information et de la communication ne doivent pas être supplantés par l’IA. « Je suis convaincu que vos travaux aboutiront à des conclusions utiles et applicables. Je vous souhaite des échanges riches, des débats constructifs et un partage d’idées fidèles aux traditions universitaires », a-t-il ajouté.

Une dynamique de transformation digitale

Pour la représentante du ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Elyse Kaba, le métier de l’information et de la communication à l’épreuve de l’IA est d’une importance stratégique et s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation digitale du Burkina. Aussi, elle a rappelé les enjeux de l’IA qui offre des avantages, notamment l’automatisation de tâches répétitives, l’analyse prédictive de l’opinion, l’optimisation des stratégies digitales et les rails médiatiques avancés.

« Cependant, l’IA pose aussi des défis majeurs tels que la désinformation amplifiée, la manipulation algorithmique, l’atteinte à la vie privée et la fragilisation de l’éthique journalistique », a-t-elle souligné. Quant au représentant de la délégation du Niger, Adamou Mahaman Rabiou, il a soutenu que le thème est d’une actualité qui implique tous les acteurs. « L’IA transforme les métiers, aide à traduire, à analyser, à transcrire, crée des faux journalistes et diffuse de la propagande », a-t-il laissé entendre. De son avis, en Afrique de l’Ouest, l’absence de régulation et d’outils adaptés est une contrainte.

C’est tout le sens, à ses dires, des 72 heures de l’étudiant en communication et journalisme qui constituent un moment précieux pour débattre et faire de l’IA un allié au service de la vérité africaine. Le président du club des étudiants en Communication et Journalisme, Issoufou Kaboré, a relevé que les 72 heures de l’étudiant en communication et journalisme visent à promouvoir les talents cachés de la jeunesse. « A l’issue de ces trois jours d’activités, nos camarades étudiants pourront vraiment sortir grandis et plus responsables en matière d’utilisation de l’intelligence artificielle dans leurs différentes productions », a-t-il assuré.

Boukary BONKOUNGOU
Astride OUEDRAOGO
(Stagiaire)

 

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