À l’occasion du Forum des Médias sur les Maladies Tropicales Négligées (MTN) et de la Journée internationale dédiée à ces pathologies, le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) a procédé, le 30 janvier 2026, à la cérémonie de remise des Awards dotés du « Prix Michel Sidibé » à Cotonou au Bénin.
Invité d’honneur, Dr Michel Sidibé, ancien ministre de la Santé du Mali, ancien Directeur exécutif de l’ONUSIDA et ancien Envoyé spécial de l’Union africaine pour l’Agence africaine du médicament, a livré un discours vibrant, appelant à faire de la lumière médiatique une arme contre les maladies négligées.
« Ce n’est pas une journée symbolique. C’est une journée de rappel », a-t-il déclaré, soulignant que des millions de personnes continuent de souffrir « dans le silence, dans l’ombre, loin des projecteurs ».
Pour lui, le combat contre les MTN commence par une prise de conscience collective :
« L’élimination commence par l’indignation. Et l’indignation commence toujours par la lumière. »
En honorant des professionnels des médias engagés, le Prix Michel Sidibé ne récompense pas une carrière, mais un courage. Le courage « de regarder là où personne ne regarde », de « dire ce que l’on préfère souvent taire » et de refuser que la souffrance devienne normale.
Les maladies tropicales négligées prospèrent dans l’invisibilité. Les combattre suppose donc d’en faire un sujet public, politique et médiatique. « Ce que l’on éclaire, on peut le vaincre. Ce que l’on ignore, on le condamne », a insisté Dr Sidibé. Les lauréats ont ainsi été salués pour leur capacité à transformer « l’invisible en priorité nationale » et à faire d’un village oublié « une question politique ».
Un micro peut sauver des vies
Au-delà de la reconnaissance symbolique, le message adressé aux professionnels des médias était clair : leur rôle dépasse l’information.
- Un micro peut sauver autant de vies qu’un médicament.
- Une caméra peut faire reculer la stigmatisation.
- Un article peut provoquer une décision politique.
- Mettre une MTN à la une, c’est déjà commencer à l’éliminer.
Dr Sidibé a exhorté les décideurs politiques à considérer les médias comme des alliés stratégiques : « Un État qui craint ses journalistes affaiblit sa politique de santé. Sans transparence, il n’y a pas de confiance. Sans confiance, il n’y a pas d’adhésion. »
Plus qu’un trophée, le Prix Michel Sidibé se veut un signal. Le signal qu’aucune maladie ne doit être tolérée parce qu’elle touche les plus pauvres. Le signal que le silence n’est plus une option. Aux lauréats, le message était sans équivoque : « Votre plume est une arme contre l’injustice. Votre micro est un outil de guérison collective. Votre caméra est un acte de résistance morale. »
La cérémonie s’est ainsi inscrite dans une dynamique africaine plus large : faire de la visibilité médiatique une stratégie continentale de lutte contre l’injustice sanitaire. Car, comme l’a rappelé Dr Michel Sidibé en conclusion : « Une MTN qui fait la une est une MTN qui commence à reculer. »
B.S






