Ô Dieu d’Israël où es-tu ? Quand les Gardiens de la Révolution donnent la raclée du siècle à l’enfant chouchou de Dieu, aucun ange ne vole ou ne plane au-dessus du brasier de l’inconséquence. Quand la terre promise se transforme en enfer exquis sur terre, le dôme de fer tant vanté se révèle être un avachi tamis de seconde main dépassé et éprouvé.
Après avoir donné le premier coup de la suffisance à l’Iran, Israël semble s’écrouler du haut de son invincibilité mythique et le Peuple élu de Dieu semble être déchu de la clémence du ciel. Pendant ce temps, l’oncle Sam poursuit la rhétorique du défenseur, désabusé par son propre orgueil de superpuissance militaire. Comme pour dire que la guerre est un fait, réel et tangible, au-delà du verbiage politicien d’un président qui peine finalement à se convaincre lui-même de la pertinence de ses choix tactiques. Pendant qu’Israël s’embrase, l’Amérique se prélasse et menace de froisser l’Iran et sa bande d’Ayatollahs, mais visiblement, il y a loin de la coupe aux lèvres.
L’Iran semble avoir bien préparé cette guerre mieux qu’est préparé le discours improvisé de la vision ovale du monde. Mais le monde a changé et continue de se transformer. Seuls ceux qui l’ont toujours regardé en plongée ont perdu le sens de la réalité. La politique étrangère des Etats-Unis a un faible pour la démocratie et son corollaire de liberté mais pourquoi chaque fois qu’un Etat dit « voyou » est bombardé, il y a une senteur de pétrole qui émane des hécatombes ? Depuis quand libère-t-on un peuple embastillé avec des bombes ?
Les Etats-Unis sont si attachés à la paix dans le monde, mais pourquoi chaque fois qu’ils envoient ses missiles pacificateurs, il y a autant de morts que d’or à ramasser ? On peut lancer une guerre préventive contre l’Iran pendant que le terrorisme prend des allures d’invasion en Afrique sans avoir droit à une seule escarmouche de bon aloi ! Le rêve américain serait-il en passe de devenir une tragédie, un cauchemar pour le monde ? Pendant ce temps, le Congrès américain n’a jamais autorisé cette guerre, l’ONU cherche en vain une nouvelle définition à son rôle d’éternel timoré de l’histoire, la politique semble être le pire des maux de notre espèce au point que l’on se demande ce qu’est vraiment un dirigeant !
Pendant ce temps, l’Afrique regarde les sanglantes hostilités de la guerre spectacle dans une ambiance de jeux vidéo ou mieux avec l’euphorie d’un match Réal vs Barça en s’amusant à miser au pari macabre de la fin d’Israël ou de l’Iran. Pendant que l’Iran seul tient tête à l’Amérique et à son enfant prodigue, l’Afrique n’est pas capable d’organiser une battue sous régionale pour lever le lièvre du terrorisme et le pourchasser hors du continent.
De l’Union africaine à la CEDEAO, du Nigéria à l’Afrique du Sud en passant par l’Egypte et l’Algérie, le mal africain se porte suffisamment bien dans la peau d’un complexe d’antagonisme peint en noir et blanc. Parce que la seule grande mutation de l’Afrique, c’est celle qui consiste à se moquer de l’Alliance des Etats du Sahel pour son penchant fédéraliste et sa volonté d’accéder à l’indépendance vraie ; parce que l’Afrique, berceau de l’humanité a accepté des courants de pensées et de croyances qui l’ont aliénée au point qu’il se renie devant les prouesses de sa propre histoire.
Mais si l’Iran avait renié ses héros et renoncé à sa culture et à ses traditions, il y a longtemps qu’il avait confié sa destinée à Sam le pompier et ses affidés. Si l’Iran avait souscrit à la sacro sainte démocratie et à ses principes de pseudo liberté, il y a longtemps qu’il s’était éclaté et émietté au grand bonheur des rapaces « pétrovores » de la planète. Parce qu’en vérité, les peuples les plus divisés, sans vision ni volonté d’être libres resteront à la solde des plus forts, piétinés et malmenés, spoliés et abandonnés.
En attendant la fin probable de cette guerre Iran-Israël, les Etats-Unis risquent de perdre la face dans le bourbier de ses propres turpitudes. Entre négocier du haut de sa tour d’ivoire et s’entêter au risque de perdre son intouchable alter ego Israël, l’équation stratégique est à plusieurs inconnus et il ne suffit pas d’avoir l’arme nucléaire pour en découdre avec le mal. L’équilibre des forces est en cours, le mythe américain est presqu’à terre, Trump se trompe ! Et les Américains commencent à ressentir le poids en milliards de dollars d’une guerre qu’ils n’ont pas validée mais qui ne fait que commencer au plan économique. Finalement, la démocratie est le meilleur moyen politique pour fabriquer des dirigeants que l’on mérite jusqu’au bord de la décadence.
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr






