
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) organise, du 2 au 6 mars 2026, à Ouagadougou, un renforcement de capacités à l’intention des acteurs de la commande publique de l’UEMOA sur les nouvelles procédures de passation des marchés de la banque au titre de l’exercice 2026.
Le conseil d’administration de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a adopté ses procédures de passation des marchés applicables aux projets et programmes approuvés après octobre 2021. Pour amener les acteurs de la commande publique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à se familiariser avec ses nouveaux outils, la BAOD organise, du 2 au 6 mars 2026, à Ouagadougou, une session de formation en leur faveur. Le Secrétaire général (SG) du ministère de l’Economie et des Finances, Vieux Abdoul Rachid Soulama, a ouvert les travaux le lundi 2 mars dernier.
A l’occasion, il a déclaré que la passation des marchés constitue un point de jonction entre la décision de financer un projet et sa réalisation effective sur le terrain. De son avis, si cette étape est mal préparée, mal documentée ou mal coordonnée, tout le cycle du projet en subit les conséquences. « Cela peut occasionner le rejet des dossiers, la suspension des décaissements et des contentieux contractuels.
A l’inverse, une procédure rigoureusement maîtrisée permet d’accélérer le délai, de sécuriser juridiquement les contrats, d’améliorer le taux de décaissement et de renforcer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires », a-t-il expliqué. M. Soulama a soutenu que le gouvernement attache une importance particulière à l’amélioration de la performance de son portefeuille de projets. Selon lui, cela implique une planification réaliste des acquisitions, une meilleure articulation entre programmation budgétaire et plan de passation, une coordination renforcée entre coordonnateurs, spécialistes en passation et responsables financiers, et une traçabilité documentaire irréprochable.
« Chacun à son niveau doit pleinement assumer sa part de responsabilité. Car, la crédibilité du Burkina Faso se joue aussi dans la qualité des documents que nous produisons et dans le respect des engagements que nous prenons », a-t-il lancé. De ce qu’il a dit, dans le contexte actuel du pays, marqué par des défis sécuritaires, sociaux et budgétaires majeurs, chaque ressource mobilisée doit produire un impact concret, rapide et mesurable.
Améliorer les taux de décaissements
« Nous n’avons plus le luxe des lenteurs administratives. Nous n’avons plus droit au blocage évitable. Car, derrière chaque procédure de passation des marchés, une infrastructure est attendue, un service public est espéré. La maîtrise des procédures de passation des marchés n’est donc pas une question technique isolée. Elle est au cœur de la performance de l’action publique », a reconnu M. Soulama.
C’est pourquoi, il a invité les acteurs à s’engager pleinement dans ce travail, à poser les questions nécessaires, à approfondir leur compréhension des nouvelles procédures, à répartir mieux armés pour servir l’intérêt général. Le responsable de l’unité passation des marchés de la BOAD, Alexis Kiéma, a confié que l’objectif de la formation est de permettre aux acteurs de se familiariser avec les nouveaux outils de la banque, dans la perspective d’améliorer les taux de décaissement et de l’atteinte des objectifs de développement des pays membres. Il a outre révélé que durant les 5 jours, la formation s’articulera autour des modules en lien avec les politiques et procédures de passation des marchés de la banque, les dossiers-types d’appel d’offres et divers canevas, les nouvelles modalités de supervision par la banque des marchés passés dans le cadre des opérations en faveur des Etats.
En plus, Il s’agira, selon lui, de porter également à la connaissance des participants les procédures et politiques de prévention et de lutte contre la fraude et la corruption de la BOAD. M. Kiéma a rappelé que depuis plus de cinq décennies, l’empreinte de la BOAD est visible dans tous ses huit Etats membres, notamment dans les domaines du développement agricole et rural, des télécommunications, des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, de l’approvisionnement en eau potable, de l’électricité et l’industrie, de l’immobilier, de la santé et de l’éducation. «Au 31 décembre 2025, la banque a financé 1467 projets publics et privés pour un montant global de 9766,1 milliards F CFA. En ce qui concerne le Burkina Faso, à la même date, les financements de la banque se chiffraient à 1202,2 milliards F CFA pour 198 opérations », a-t-il étayé.
Adama SAWADOGO





