Au cours de sa sortie de terrain dans la région du Goulmou, lundi 14 septembre 2026, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a visité le centre d’exploitation agricole de la maison d’arrêt et de correction et le chantier de l’abattoir frigorifique moderne de Fada N’Gourma. Il a également lancé les travaux de construction de l’adduction d’eau potable de ladite localité.

Face aux informations alarmistes véhiculées sur les réseaux sociaux en lien avec les poches de sécheresse dans le pays, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a entrepris une tournée dans les régions du Goulmou et du Nakambé pour toucher du doigt les réalités sur le terrain. Pour le premier jour de cette sortie, lundi 14 septembre 2026, le ministre Sombié a d’abord visité le centre d’exploitation agricole de la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Fada N’Gourma. À l’occasion, le directeur régional chargé de l’agriculture du Goulmou, Bassirou Mandé, a soutenu que la campagne agropastorale 2026-2027 s’annonce sous de bons auspices dans leur région, malgré des disparités locales.
« En dépit d’un démarrage étalé entre juin et juillet, selon les provinces, le niveau de la pluviométrie globale est jugé bon, avec une moyenne de 631 mm d’eau déjà enregistrée, des chiffres équivalents à ceux de l’année précédente. Sur les 20 postes pluviométriques suivis dans la région, 10 présentent une situation excédentaire, notamment à Fada, Diabo, Matiacoali, avec des hauteurs d’eau atteignant 750 à 830 mm », a affirmé le directeur régional.
En termes d’opération culturale, a-t-il ajouté, c’est le butage et le traitement phytosanitaire qui sont en cours dans la région.
Sur le plan végétatif, il a confié que les cultures présentent une bonne physionomie dans le Goulmou et la Tapoa et passable dans le Sirba, car le riz est en phase d’épiaison-floraison, tandis que le maïs et le niébé atteignent la maturité. « Si la pluviométrie se maintient jusqu’en fin octobre, nous allons atteindre les prévisions céréalières de la région », a-t-il rassuré.
Afin de soutenir cette dynamique, M. Mandé a précisé que des appuis étatiques consécutifs ont été déployés dans les trois régions de l’Est du pays. « Ce qui a permis d’aménager 420 hectares de bas-fonds, accompagnés de la distribution de 420 tonnes de semences et de 1 100 tonnes d’engrais subventionnés. Un parc de 26 tracteurs a permis de labourer 2 600 hectares au profit des producteurs. La SOBMAP a disponibilisé environ 400 tonnes d’engrais pour la vente à prix raisonnés », a-t-il détaillé.
Des personnes réinstallées appuyées
Suite aux efforts de sécurisation ayant permis le retour de populations dans leurs localités, a-t-il poursuivi, près de 1 000 ménages réinstallés ont bénéficié d’un soutien spécifique en équipements, à savoir des motoculteurs et des intrants.

À entendre le directeur régional, bien que la campagne agricole soit jugée très bonne dans le Gourma et la Tapoa, quelques poches de sécheresse d’une superficie d’environ 100 hectares de cultures ont été relevées dans la province de la Gnagna, notamment à Bogandé, Thion et Mani. La menace concerne des spéculations comme l’arachide, le niébé et le sorgho.
Faisant cas du centre d’exploitation agricole du centre pénitentiaire de Fada N’Gourma, il a indiqué que, sur un site de 10 hectares, les pensionnaires ont exploité une superficie de 8,55 hectares. Ils y ont produit du maïs (13,5 tonnes attendues), du sorgho (5,3 tonnes), du niébé (1,4 tonne) et du riz (les variétés TS2 et Orylux, avec 2,4 tonnes attendues).

Le centre abrite également deux poulaillers d’une capacité totale de 2 500 têtes. Accompagnée par les services techniques de l’agriculture, cette initiative génère une marge brute estimée à plus de 3,3 millions de F CFA. « Une partie des récoltes vient constituer des stocks de sécurité directement affectés à l’alimentation des détenus, réduisant la charge de l’État tout en offrant une formation qualifiante aux pensionnaires », s’est-il réjoui.
Le ministre Sombié a soutenu que l’exploitation agricole de la MAC de Fada illustre la vision gouvernementale d’autonomisation des centres pénitentiaires.
Saluant la résilience des producteurs de Fada et le travail accompli sur ledit site, Ismaël Sombié a rappelé que cette approche s’inscrit dans la refondation du système judiciaire et carcéral, à travers << Faso Bara >>. Il s’agit, selon lui, de transformer les lieux de détention en espaces d’apprentissage et de production pour favoriser une réinsertion sociale réussie et consolider l’autosuffisance alimentaire du Burkina Faso.
À l’échelle nationale, le ministre a précisé que les superficies réellement menacées représentent environ 20 000 hectares sur l’ensemble du territoire national.
Face à ces aléas climatiques localisés, Ismaël Sombié a préconisé la mobilisation de brigades d’irrigation d’urgence équipées de motopompes pour préserver les bas-fonds rizicoles.
« Nous sommes venus voir la réalité sur le terrain pour nous prononcer, et non rester au bureau pendant que certains utilisent des clichés isolés pour alarmer la Nation. Notre souveraineté alimentaire se joue sur le terrain, et les résultats viendront démentir ces prédictions », a-t-il déclaré.
Mettre fin à la pénurie d’eau
Après le centre agricole pénitentiaire, le ministre Sombié s’est rendu sur le chantier de l’abattoir frigorifique moderne de Fada pour s’imprégner de son évolution et encourager les travailleurs à redoubler d’ardeur. Cet ouvrage a une capacité quotidienne d’abattage de 200 petits ruminants, 70 gros ruminants et 40 porcs par jour.
Infrastructures intégrées, le complexe comprend, selon le représentant de l’entreprise, Jean Diarra, des unités d’abattage séparées, un bâtiment administratif, des magasins, un local de sécurité avec infirmerie, une unité de méthanisation et un éclairage intérieur solaire.

Le ministre chargé de l’agriculture a exprimé sa reconnaissance aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux autorités locales pour la protection du chantier, soulignant le rôle stratégique de l’ouvrage pour l’approvisionnement en viande de la population et des travailleurs de la région.
Il a invité l’entreprise à redoubler d’efforts pour finaliser l’infrastructure dans les délais de 10 mois qui lui sont impartis. Il a également demandé aux acteurs de la filière viande de se l’approprier et d’utiliser des camions frigorifiques afin que le transport et même l’exportation de la viande se déroulent dans de bonnes conditions hygiéniques.
Le ministre Sombié a par ailleurs mis à profit sa présence dans la région pour lancer officiellement les travaux du système d’adduction d’eau potable de Fada N’Gourma. Sur le site, le ministre a assisté à la présentation technique du projet visant à résorber définitivement le déficit d’eau potable de la ville, et partant de la région.
Alors que la capacité actuelle de 4 000 m³/jour (production initiale + forages d’urgence) ne permet pas de couvrir le besoin quotidien de 6 000 m³/jour, l’apport de la nouvelle station (2 200 m³/jour) permettra de combler l’intégralité du déficit et d’assurer une distribution continue au robinet, selon le secrétariat général de l’Office national de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA), représenté par Salifou Ouédraogo.
« L’ensemble du réseau sera équipé d’un système de télégestion et de commande à distance. Avec cette infrastructure, Fada ne devrait plus, en principe, connaître de pénurie en eau », a-t-il rassuré.
Face au délai initialement annoncé de 10 mois par les entreprises exécutantes (Ba Hydro, EGCI), Ismaël Sombié s’est montré catégorique : « 10 mois, c’est trop long ! Nous ne pouvons pas laisser les populations affronter la période de forte chaleur (avril, mai, juin 2027) avec le même manque d’eau. Le 15 avril prochain, je viendrai moi-même pour la mise en service du système d’adduction d’eau potable de Fada. »
Le ministre a aussi enjoint les autorités administratives de régler les derniers détails et a exigé un rythme de travail ininterrompu sur le chantier pour garantir le respect de cette échéance.
Adama SAWADOGO






