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Minyemba Souobou, DR chargé de l’agriculture des Tannounyan : « Le gouvernement fait beaucoup d’efforts pour accompagner les producteurs en termes de labour »

Minyemba Souobou invite les producteurs à valoriser les appuis de l’Etat qui leur sont apportés.

Comme les années précédentes, l’Etat burkinabè a encore mis à la disposition des producteurs des intrants et équipements à prix subventionnés pour cette campagne agricole 2026-2027. Dans les lignes qui suivent, le Directeur régional (DR) de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques des Tannounyan, Minyemba Souobou, que nous avons rencontré en mi-juillet à Banfora, donne des éclaircissements sur le déroulement de ces opérations dans sa région.

Carrefour africain (C.A.) : Comment se déroule la campagne de distribution des intrants dans votre région ?

Minyemba Souobou (M.S.) : Dans la région des Tannounyan, nous mettons à la disposition des producteurs un certain nombre d’appuis, notamment des intrants, du matériel agricole et bien d’autres soutiens. Pour la campagne agropastorale 2026-2027, nous avons reçu au profit des producteurs des engrais, des semences céréalières et fourragères. Outre cela, il y a les appuis en labour subventionné. Aujourd’hui, c’est avec satisfaction que nous constatons une bonne évolution de ces opérations de labour et de distribution des intrants sur le terrain. Pour avoir une bonne campagne, il faut mettre ces appuis à la disposition des producteurs à temps. Et actuellement, nous sommes dans cette dynamique.

C.A. : Qui peut être bénéficiaire de ces appuis ?

M.S. : Pour en être bénéficiaire, il faut être un producteur ou un éleveur confirmé, être majeur et disposer d’une Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) en cours de validité. Tout cela, c’est pour les besoins de traçabilité, parce qu’actuellement toute l’opération de distribution des intrants est électronique. Et il y a certaines données que nous enregistrons pour permettre la mise à disposition des appuis. Les bénéficiaires qui sont visés sont les petits producteurs, les entrepreneurs agricoles et les personnes déplacées internes retournées.

C.A. : Arrivez-vous à satisfaire tous les besoins des producteurs en intrants ?

M.S. : Ce n’est pas évident. Parce qu’au regard des quantités demandées, le gouvernement ne peut pas subventionner la totalité des besoins des producteurs en intrants. Il y a un quota et le reste, les producteurs aussi font l’effort de s’approvisionner sur la place du marché. Du reste, cette année, les choses sont très bien structurées. L’engrais est disponible à travers les agro-dealers qui sont les distributeurs agréés de la Société burkinabè d’intrants et de matériels agropastoraux (SOBIMAP). Même s’il n’est pas subventionné, les coûts sont très étudiés par rapport à ceux des années précédentes. Cette année, le gouvernement a fait beaucoup d’efforts pour mettre ces engrais de qualité à des coûts réduits au profit des producteurs. Et tout ceci, pour booster les rendements agricoles.
La fumure organique fait aussi partie des intrants que nous mettons à la disposition des producteurs. Elle permet d’améliorer les propriétés du sol et d’accroître les rendements.

C.A. : Nous avons l’impression que les producteurs utilisent beaucoup plus les engrais minéraux que la fumure organique. Qu’est-ce qui est fait pour changer la donne ?

M.S. : La fumure organique est très importante pour améliorer la productivité des sols. En dehors des opérations de distribution des engrais, nous faisons des sensibilisations des producteurs pour qu’ils produisent eux-mêmes la fumure organique pour l’appliquer dans leurs champs. C’est quelque chose qu’on peut fabriquer sur place, à partir des matériaux locaux, comme les résidus de récoltes, qu’on fait décomposer et qu’on applique directement. Nous encourageons les producteurs à s’y intéresser.

C.A. : Les producteurs appliquent aussi les produits phytosanitaires dans leurs champs. Quel mécanisme avez-vous mis en place pour une utilisation rationnelle de ces produits ?

M.S. : Pour les produits phytosanitaires, nous en avons en quantité. Le mécanisme utilisé est un peu différent des engrais, parce que le producteur ne vient pas payer les pesticides pour aller déposer chez lui. Nous faisons régulièrement des prospections avec les techniciens sur le terrain et quand une zone ou un champ est infesté, l’agent agricole donne l’alerte. Les produits sont pré-positionnés dans chaque province. En fonction du besoin, l’agent prend les produits qu’il met gracieusement à la disposition des producteurs pour le traitement antiparasite.

Mais l’utilisation abusive des pesticides n’est pas recommandée. Parce qu’ils sont nocifs pour la santé humaine et pour l’environnement. Au moindre soupçon de parasite, il y a des producteurs qui appliquent systématiquement les pesticides. D’autres même font des traitements préventifs. Cela est déconseillé. Parce qu’ils peuvent utiliser un produit qui peut ne pas être recommandé pour le ravageur ou pour la culture. Le mécanisme dans les services techniques, c’est après constat du problème qu’on met gratuitement le produit à la disposition du producteur pour le traitement. Si un producteur constate une infestation de sa parcelle, il suffit de le signaler au technicien pour des dispositions à prendre.

C.A. : Il y a aussi les herbicides qui ont tendance à remplacer la main-d’œuvre dans les champs. La plupart des producteurs y ont recours. Est-ce que cela est recommandé ?

M.S. : Pour les herbicides, c’est leur usage abusif que nous ne recommandons pas. Il y en a qui utilisent des produits qui ne sont pas homologués, qui ne sont pas adaptés. Même les doses ne sont pas conformes. Parfois, des producteurs font des mélanges de produits dont on ignore les effets sur le sol. C’est vrai que le producteur a l’impression que les herbicides le soulagent en termes de main-d’œuvre mais, à long terme, ils auront un impact négatif sur son sol.

C.A. : Les années précédentes, il y a eu des labours gratuits pour des producteurs. Sont-ils toujours d’actualité ?

M.S. : Il faut reconnaitre que le gouvernement fait beaucoup d’efforts pour accompagner les producteurs à ce niveau. Pour cette campagne, il y a des labours à prix subventionnés et des labours gratuits. Les labours gratuits s’effectuent généralement dans les bas-fonds nouvellement aménagés. Pour le labour à prix subventionné, l’hectare fait 15 000 F CFA. Alors qu’avec les prestataires privés, c’est à peu près le double de ce prix, voire plus. Nous invitons les producteurs à valoriser tous ces appuis afin de permettre au pays de consolider sa souveraineté alimentaire.

C.A. : Au-delà de la subvention des labours, est-ce qu’il y a un accompagnement des producteurs pour l’acquisition d’équipements individuels ou collectifs ?

M.S. : Oui, la dynamique est toujours en cours. Il y a quelques temps, on avait mis à la disposition des producteurs des motoculteurs à prix subventionnés avec tous les accessoires. Et beaucoup s’en sont procuré. Des efforts sont toujours faits dans ce sens. Pour les tracteurs, ils peuvent les acquérir à travers la Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural (SONATER).

Interview réalisée
par Mady KABRE

 

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