
Le Burkina Faso veut faire de sa souveraineté alimentaire une réalité. Pour atteindre cet objectif, il a initié deux programmes, notamment l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 et l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire. Plusieurs mesures dont la dotation en matériels et équipements, l’aménagement de sites hydro-agricoles sont au cœur de ces deux projets dont l’exécution a donné des résultats encourageants : plus de 7 millions de tonnes de production céréalière nationale pour la campagne agricole 2025-2026.
«Grâce à une bonne campagne agricole et aux efforts de soutien de l’Etat, 2025 a été une année riche en termes d’agriculture et d’élevage. Nous avons dépassé les objectifs pour plusieurs spéculations. Nous pouvons dire que nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire au cours de l’année 2025 », déclare le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré lors de son adresse à la Nation du 31 décembre 2025. En effet, la production céréalière nationale pour la campagne agricole 2025-2026 est estimée à 7 142 484 de tonnes, portant le taux de couverture des besoins céréaliers à 126,6 %, un niveau excédentaire historique.

Elle est en hausse de 17,63% et de 37,19% respectivement par rapport à la campagne précédente (111,5%) et à la moyenne des cinq dernières années. La production de riz est évaluée à 1 008 737 de tonnes, représentant une hausse de 49,34 % par rapport à la campagne 2024-2025 et de 110,73% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Le maïs produit s’élève à 2 686 531 de tonnes correspondant à une hausse de 14,6% et 39,36% respectivement par rapport à la production de la campagne agricole précédente et à la moyenne quinquennale. La production des cultures de rente (excepté le coton) est montée à 1 353 298 de tonnes. Elle enregistre une hausse de 3,03% par rapport à la campagne précédente et de 37% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Comment est-on parvenu à ces résultats ?
Une mécanisation agricole
La réussite de la campagne écoulée résulte de la mise en route de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 et de l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire. Ces deux programmes initiés pour une transformation structurelle de l’agriculture burkinabè, prennent en compte un accompagnement des producteurs en matériels et équipements agricoles. L’une des conditions pour atteindre l’autosuffisance alimentaire est sans doute la mécanisation des moyens de production. C’est pourquoi le gouvernement multiplie et continue de multiplier les efforts pour doter les producteurs en matériels et équipements dont des tracteurs, des motopompes, des motoculteurs, des moissonneuses, des batteuses, des cages flottantes, des broyeuses, des unités de transformation…

C’est dans cette optique que pour le démarrage de l’activité agricole 2026-2027, chaque région a reçu des tracteurs. Ces équipements sont utilisés pour labourer gratuitement les champs des personnes vulnérables et à prix subventionné pour les autres. C’est le cas dans la province du Kadiogo et plus précisément dans la commune rurale de Saaba. Selon le directeur provincial chargé de l’agriculture, Amara Hié, le Kadiogo a reçu 11 tracteurs. Ils ont été répartis selon les besoins de chacune des 7 communes. Saaba en a reçu 2. Le chef de Zone d’appui technique agricole (ZATA) de Saaba, Dramane Yiogo, fait comprendre que le labour s’est fait conformément au schéma directeur qu’est le mécanisme de gestion des opérations de labour et de distribution des intrants et équipements agro-sylvo-pastoraux et halieutiques à prix subventionnés.
Pour la cause, le Président de la délégation spéciale (PDS) est chargé de mettre en place un comité de suivi départemental composé du chef de zone en élevage, du chef de zone en agriculture, des représentants des producteurs et du PDS lui-même. Dans chaque village, il met en place des comités d’identification des bénéficiaires (de labours, des semences et des engrais) composé de l’agent d’Unité d’animation technique de l’agriculture et de l’agent d’Unité d’animation technique de l’élevage, de deux représentants des producteurs.
Ce sont ces comités en plus des personnes-ressources du village qui identifient les champs à labourer. Le labour se fait par zone ou par village. Il n’y a pas de différenciation à faire entre le grand producteur et le petit producteur. M. Yiogo affirme que cette méthode ne plait pas à tout le monde car, certains sont pressés. Ils veulent passer en première position.

En dehors de cette démarche, le gouvernement ne manque pas d’apporter son appui en équipements aux acteurs agricoles. Au fur et à mesure que la conquête de l’intégrité du territoire national se fait, les populations sont réinstallées progressivement. Pour les accompagner dans la relance de leurs activités socio-économiques, il est initié l’opération « Un village réinstallé, un motoculteur », sur le thème : « Pour une résilience effective et inclusive des populations retournées, engageons-nous ! ». Dans le cadre de cette opération, 13 000 ménages retournés bénéficieront gratuitement de 500 motoculteurs.
Le ministre délégué chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, procédant au lancement, le 18 mai 2026, à Damané, village réinstallé de la commune de Kaya, dans la région des Koulsé, traduit la volonté des autorités de soutenir concrètement les populations réinstallées dans la reconstruction de leurs moyens d’existence. « Les kits qui vous sont remis aujourd’hui représentent bien plus qu’un simple appui matériel. Ils constituent un véritable levier pour reconstruire vos moyens d’existence, nourrir vos familles et retrouver votre dignité. Nous vous invitons à en faire un usage optimal, tout en veillant à leur entretien et à leur maintenance », lance-t-il.
Il faut dire que le 22 mai 2025, le Président du Faso, Ibrahim Traoré, avait déjà remis un important lot de matériels et d’intrants agricoles et halieutiques de 104 milliards F CFA aux producteurs à Bobo-Dioulasso. Le lot était composé de 1 033 motos pour les agents de terrain, 485 motopompes, 1 102 motoculteurs, 17 camions, 2 ateliers de forage, 4 moissonneuses batteuses, 935 cages flottantes, 36 véhicules, 608 tracteurs, 150 broyeuses, 10 unités de transformation…
L’appui des partenaires

Des partenaires ne sont pas en reste pour la quête de l’autosuffisance alimentaire au « pays des Hommes intègres ». Ils le soutiennent par la remise de lots d’équipements et de matériels agricoles. Parmi eux, figure la République populaire de Chine. En effet, ce pays a offert le 25 mai 2026, à Ouagadougou, un important lot de matériels et d’intrants agricoles d’une valeur de 160 millions F CFA. Le don, composé notamment de machines agricoles, de semences et d’engrais, est destiné à soutenir la production agricole nationale et à renforcer les capacités des producteurs.
Le conseiller économique et commercial de l’ambassade de Chine, Xi Wei, souligne que son pays accorde une importance particulière aux questions agricoles, notamment à la sécurité alimentaire. Pour soutenir les populations impactées par les activités minières à Houndé, la société minière Endeavour Mining a offert, le 16 mai 2026, 80 tracteurs de 40 et 50 chevaux et une centaine de sacs d’engrais NPK et d’urée. D’une valeur d’environ 1,5 milliard F CFA, ce don vise à accélérer la mécanisation agricole, améliorer les rendements, réduire la pénibilité des travaux champêtres et renforcer durablement les revenus des ménages ruraux. Il s’inscrit dans la droite ligne des engagements sociaux pris par la mine.
Sur la liste des dons des partenaires, figure le Programme alimentaire mondial (PAM). En effet, cette institution a fait don de 15 tracteurs, 25 motoculteurs et 8 motos d’une valeur globale estimée à plus de 431 millions F CFA pour accompagner le Burkina Faso dans le développement agricole. La cérémonie de remise a eu lieu, le 18 décembre 2025, à Ouagadougou. A l’occasion, le ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, le commandant Ismaël Sombié, fait savoir que ces équipements visent à renforcer les capacités opérationnelles du département et à soutenir efficacement la campagne agricole sèche sur l’ensemble du territoire national.

du barrage de Kokologho.
En décembre 2025, l’ONG Autre Terre a offert du matériel aux producteurs agro écologique de la région du Nando. Ce sont, entre autres, des tracteurs, des semoirs, des tricycles, d’une valeur de plus de 62 millions F CFA. C’est une action qui traduit la mise en œuvre du projet Programme mondial pour les petits producteurs agro écologiques et la transformation durable des systèmes alimentaires. Les autorités burkinabè misent sur l’agriculture irriguée pour booster la production.
L’aménagement de sites hydro-agricoles
L’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 et l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire sont les chemins directeurs de la transformation structurelle de l’agriculture burkinabè. Pour exécuter et garantir le succès dans les réalisations, la Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural (SONATER) et l’Office national des barrages et des aménagements hydroagricoles (ONBAH) sont les acteurs clés. Pour renforcer la force de frappe de l’ONBAH, des équipements d’une valeur de 13 milliards F CFA lui ont été attribués en 2025. Plusieurs barrages sont réhabilités. On peut citer celui de Pô-Kapro (dans la commune de Pô).
Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a procédé à sa mise en eau, le 25 juillet 2026. Longtemps attendue par les populations du Nahouri, la réalisation de cet ouvrage marque l’aboutissement d’une aspiration vieille de plusieurs décennies. Les travaux de construction n’ont duré que huit mois. Avec une digue longue de près de 700 mètres et une capacité de près de 1,1 million de mètres cubes, l’ouvrage permettra notamment de sécuriser la disponibilité de l’eau, de développer les périmètres irrigués et de favoriser la pêche. Il est également une opportunité de création d’emplois et de renforcement de la résilience des populations.
A l’image du barrage de Pô-Kapro, d’autres ouvrages hydro-agricoles ont vu leur capacité renforcée. Il y a le barrage de Kokologho (province du Boulkiemdé) dont le Premier

ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a lancé la mise en eau, le 1er août 2026. Les travaux de réhabilitation assurés par l’ONBAH ont porté notamment sur la réhabilitation complète de la protection de la digue, le rehaussement de la digue de 20 centimètres, la réhabilitation intégrale de l’ouvrage de prise d’eau ainsi que le curage de sédiments. Le barrage de Kokologho dispose désormais d’une capacité de retenue de 806 000 mètres cubes d’eau et d’un périmètre irrigué de 25 hectares.
Le périmètre irrigué de Niéguéma-Toukoro, dans la commune de Bama, province du Houet a bénéficié également de la dynamique de valorisation des ouvrages hydro-agricoles. Alimenté par les eaux du barrage de Samendéni, le chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a lancé sa mise en eau le 2 août 2026. Les travaux de ce périmètre, d’un coût global de plus de 9 milliards F CFA, ont été entièrement financés sur les ressources propres de l’Etat burkinabè. Avec une superficie aménagée de 605 hectares, l’ouvrage de Niéguéma-Toukoro constitue une infrastructure stratégique pour la transformation de l’agriculture burkinabè et le renforcement de la souveraineté alimentaire.
Habibata WARA





















