Coutumes et traditions Une campagne de promotion des prénoms locaux lancée

L’Onomasticien traditionnel Vèneg-b-yam H. Ka-Boré : «  L’objectif de cette initiative est de remplacer les prénoms d’origine étrangère par des appellations authentiques issues des langues et traditions locales ».

Le mouvement culture-action a lancé une campagne de promotion des prénoms locaux, le samedi 09 mai 2O26 à Ouagadougou.

Le mouvement culture-action veut promouvoir les prénoms locaux dans la société burkinabè. C’est dans ce sens qu’il a lancé une campagne de promotion des prénoms locaux, notamment mossé, le samedi 09 mai 2026 sur le site historique de Komber-Pademba, un bois sacré, situé au quartier Zogona de Ouagadougou.

Portée par l’onomasticien traditionnel Vèneg-b-yam H. ka-Boré, l’initiative entend replacer les prénoms mossé au centre de l’identité culturelle et spirituelle des citoyens à l’orée de la  Journée des coutumes et traditions (JCT). Les initiateurs de la campagne ont invité les citoyens à renouer avec leurs racines culturelles. A les entendre, l’objectif est de remplacer les prénoms d’origine étrangère (arabes, français, anglais, juifs etc.) par des appellations authentiques issues des langues et traditions locales notamment mossé.

Le processus de réhabilitation, selon  Vèneg-b-yam H. ka-Boré,   comprend  trois étapes : le remplissage d’une fiche de renseignement, un entretien avec l’expert en onomastique, puis une validation symbolique par les ancêtres à travers un rituel. Pour le gardien de la tradition, le prénom est le premier acte d’identité. « Le promouvoir, c’est restaurer notre dignité culturelle et spirituelle », a-t-il soutenu.

L’initiative a été saluée par certaines personnes qui ont décidé de suivre le processus de réhabilitation. Les initiés du jour ont chacun apporté un poulet blanc, signe de pureté et d’offrande, renforçant la dimension spirituelle et communautaire de l’événement.  Lassana Kaboré est un baptisé. Il s’appelle désormais Kaboré Som-loug-yan. Il s’est réjoui de prendre un nom mossi du terroir. « Som-loug-yan signifie le bienfait culmine, c’est-à-dire la hauteur du bienfait. Je suis noir, je suis africain, donc avec ce nom du terroir, je me sens authentique », a-t-il affirmé.

L’événement a été marqué par des échanges riches et une forte mobilisation, s’inscrivant dans une dynamique de révolution culturelle. Les organisateurs ont rappellé que la quête de la souveraineté ne se limite pas aux structures politiques, mais s’étend à la mémoire et à la parole.

La campagne de réhabilitation des prénoms locaux s’inscrit dans l’esprit du Mois du patrimoine, consacré à la valorisation des traditions et des savoirs endogènes. A travers ce geste symbolique, le mouvement culture-action rappelle que le patrimoine ne se limite pas aux monuments ou aux sites historiques, mais englobe aussi l’héritage immatériel tels que les noms, les langues et les pratiques culturelles qui façonnent l’identité collective.

Sylvie SAWADOGO

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