Filature du Sahel: une journée portes ouvertes pour faire connaitre l’entreprise

La journée portes ouvertes a permis de découvrir les potentialités de la FILSHA.

La Filature du Sahel (FILSAH) a lancé sa Journée portes ouvertes (JPO), le jeudi 30 avril 2026, à Bobo-Dioulasso. Une initiative visant à rapprocher l’entreprise du public et à mettre en lumière les enjeux stratégiques de la transformation locale du coton.

La Filature du Sahel (FILSHA) veut se faire connaitre davantage par le grand public. Pour ce faire, l’unité industrielle du fil de coton a ouvert ses portes, le jeudi 30 avril 2026, à Bobo-Dioulasso. Dans son allocution d’ouverture, le directeur général de FILSAH, Abdoulaye Nabolé, a salué la mobilisation autour de cette journée, qu’il considère comme une opportunité de faire découvrir bien plus qu’une unité industrielle. « Il s’agit de présenter une ambition nationale », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité pour le Burkina Faso de transformer localement son « or blanc » afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.

Créée en 1997 et opérationnelle depuis 1999, la FILSAH se positionne aujourd’hui comme un maillon essentiel de la chaîne de valeurs coton-textile-habillement, assurant la transformation de la fibre de coton en fil destiné aux marchés national et international. Avec une capacité de production portée à 10 000 tonnes par an à la suite d’une extension récente, l’entreprise emploie directement plus de 500 personnes et contribue significativement à l’économie nationale. Selon les données fournies, elle génère en moyenne près de 600 millions francs CFA de recettes fiscales par an et soutient indirectement plus de 100 000 acteurs à travers les activités de teinture, de tissage, de couture et de design. Le ministre chargé de l’Industrie, par la voix du gouverneur de la région du Guiriko, Mariama Konaté, a salué l’initiative de la direction générale de FILSAH.

Cette initiative, aux dires du patron du département de l’Industrie, s’inscrit pleinement dans la vision nationale de transformation structurelle de l’économie. Basée sur le triptyque « produire localement, transformer localement et consommer localement », cette orientation constitue, selon lui, un levier essentiel pour bâtir une économie résiliente et souveraine. Il a rappelé que la filature représente un maillon stratégique sans lequel la valorisation complète du coton burkinabè reste impossible. Cependant, les deux intervenants ont unanimement reconnu les difficultés auxquelles fait face le secteur, notamment la concurrence déloyale liée à l’importation frauduleuse de fils et de pagnes.

Des pertes de plusieurs milliards francs CFA

Cette situation, a laissé entendre, a eu des répercussions importantes sur les performances de FILSAH, avec des stocks invendus ayant atteint plusieurs milliards francs CFA à certaines périodes. Face à cette menace, le gouvernement a engagé des mesures fortes pour assainir le marché, dont l’interdiction de certaines importations, le renforcement des contrôles et la labellisation du Faso Dan Fani. Le ministre a d’ailleurs fait état de résultats concrets issus des opérations de contrôle menées sur le terrain, ayant permis la saisie de produits frauduleux d’une valeur de plus de 20 millions francs CFA. Ces actions traduisent, selon lui, la volonté des autorités de protéger les industriels locaux et de garantir un environnement concurrentiel plus équitable.

La FILSAH, dans ses perspectives, entend jouer pleinement son rôle dans la dynamique d’industrialisation du Burkina Faso. Dotée d’équipements modernes et certifiés aux normes internationales, elle produit différents types de fils adaptés aussi bien à l’industrie qu’à l’artisanat, notamment pour la confection du Faso Dan Fani. L’entreprise, à en croire son premier responsable, ambitionne également de renforcer sa compétitivité pour conquérir les marchés régionaux et internationaux. Cette Journée portes ouvertes se veut ainsi une vitrine du savoir-faire industriel burkinabè, mais aussi un appel à la mobilisation collective.

« Choisir le fil produit localement, c’est soutenir toute une chaîne de valeurs et préserver des emplois », a rappelé le directeur général, invitant les acteurs économiques et les consommateurs à privilégier les produits nationaux. En définitive, cette journée portes ouvertes a permis de réaffirmer le rôle stratégique de FILSAH dans la quête de souveraineté économique du Burkina Faso. Entre défis structurels et perspectives de développement, la filature apparaît comme un symbole de l’ambition nationale de transformation locale, au service d’une économie plus forte et plus inclusive.

Kamélé FAYAMA

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