Si son second mandat est censé officiellement se terminer dans un an, la présidence d’Emmanuel Macron semble relevée déjà du passé dans certains esprits en France. Ils sont nombreux, ces Français qui sont pressés de tirer un trait sur ces années plus ou moins cauchemardesques du chef de l’Etat, dont l’impopularité bat des records, à cause de sa gouvernance très décriée et marquée par plusieurs problèmes. Sous le pouvoir Macron, les crises socioéconomiques et institutionnelles se sont accumulées et le sentiment de déconnexion avec les préoccupations des populations s’est quasiment généralisé. On a assisté à la dissolution de l’Assemblée nationale et à l’organisation d’élections législatives anticipées en juin-juillet 2024, qui ont compromis la relative majorité du clan présidentiel, et contraint la France à se chercher désespérément un Premier ministre.
Alors que les chefs de gouvernement sautaient comme des fusibles, le démissionnaire et actuel Premier ministre, Sébastien Lecornu, a été maintenu à son poste malgré lui, pour assurer la continuité de l’Etat et finaliser l’élaboration urgente du budget. Sur le plan diplomatique, le sentiment anti politique française en Afrique s’est développé, au point où l’influence de l’ancienne puissance coloniale est réduite sur le continent. Des pays, comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso, résolument engagés dans une politique de reconquête de leur souveraineté, ont tourné le dos avec fracas à la France.
Il n’est plus question de subir les relations paternalistes dans ces Etats, regroupés au sein de la Confédération des Etats du Sahel (AES). L’Hexagone traverse de mauvais moments et rien n’indique que la tendance va s’inverser. Dans ces circonstances, refermer la page Macron anime fortement une foule de citoyens français et ce ne sont pas des prétendants au trône qui manquent. Une dizaine de candidats se sont déjà déclarés, dont l’ex-Premier ministre, Edouard Philippe, l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, la députée de gauche, Clémentine Autain et le Leader de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, en lice pour la quatrième fois. D’autres prétendants pourraient s’ajouter, à l’image de l’ex-chef de l’Etat, le socialiste François Hollande, qui a affirmé récemment se préparer à reconquérir l’Elysée.
A la présidentielle de 2027, qui pourrait enregistrer un nombre record de participants vu l’engouement des hommes politiques, le Rassemblement national (RN) se positionne en favori, arrivant largement en tête au premier tour, selon des sondages récents, peu importe le candidat. Si la question de son porte-étendard n’est pas encore réglée, le RN devrait incessamment trancher la question entre Jordan Bardella et Marine Lepen. La candidature de Marine Lepen est suspendue à la décision en appel de son procès sur l’affaire des assistants parlementaires européens, dans laquelle, elle a été condamnée en première instance à 5 ans d’inéligibilité et à 4 ans de prison. Si sa condamnation est confirmée, le 7 juillet prochain, Bardella s’imposera comme le candidat du RN, lui qui n’a pas l’expérience de la présidentielle comme Lepen. En tous les cas, la France est à la recherche d’un nouveau souffle, d’un nouveau dirigeant, pour réparer les « dégâts » causés par Macron.
Kader Patrick KARANTAO






