Dans le cadre de la Semaine de la fraternité de l’Alliance des États du Sahel (AES), une table ronde a réuni, le jeudi 30 avril 2026, chercheurs, acteurs institutionnels et société civile autour du thème : « Parenté à plaisanterie et cohésion sociale dans l’espace AES : mécanisme endogène de régulation sociale, de dialogue intercommunautaire et de paix ». Les échanges ont porté sur les fondements, les fonctions et les perspectives de cette pratique dans les sociétés sahéliennes.
La parenté à plaisanterie dans l’espace de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) était au centre d’une table ronde organisée à l’occasion de la Semaine de la fraternité de l’AES. C’était le jeudi 30 avril 2026 à l’Université Nazi Boni. La table ronde a été animée par le Directeur général de l’Agence pour la Promotion de l’Entrepreneuriat et des Industries culturelles du Niger, Garba Maki, le vice-président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel, chargé du suivi des questions de développement, Adama Siguiré, et l’Enseignant-chercheur Dr Patrice Kouraogo. La modération a été assurée par le gouverneur du Guiriko, Mariama Konaté/Gnanou. Pour le Directeur général de l’Agence pour la Promotion de l’Entrepreneuriat et des Industries culturelles du Niger, Garba Maki, cette pratique repose sur un principe simple : la dérision encadrée, sans atteinte à la dignité de l’autre. « C’est une pratique des ancêtres qui permet aux communautés d’échanger, de blaguer sans jamais se fâcher ni se blesser. Entre cousins à plaisanterie, il n’y a pas de violence, mais de la fraternité », a-t-il expliqué, tout en soulignant son rôle dans la prévention des tensions sociales.
Par ailleurs, Garba Maki a mis en avant la dimension transnationale de cette pratique dans l’espace AES. Selon lui, de nombreuses communautés partagent des liens de parenté à plaisanterie à travers le Burkina Faso, le Mali et le Niger, notamment entre Gourmantché, Touaregs, Sonraï ou encore Gourounsi. Pour sa part, le vice-président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel, Adama Siguiré, a indiqué que la parenté à plaisanterie constitue un mécanisme de régulation des conflits et des tensions sociales. Elle intervient dans les relations interpersonnelles et communautaires à travers des formes de médiation informelle. Il a rappelé qu’elle constitue un mécanisme de médiation et de solidarité entre les peuples, tout en appelant à sa valorisation auprès des jeunes générations à travers l’éducation et les activités culturelles. Pour l’enseignant-chercheur Dr Patrice Kouraogo, la parenté à plaisanterie est un élément structurant du vivre-ensemble dans l’espace sahélien. Il a déclaré qu’elle doit être intégrée dans les curricula scolaires, du primaire à l’université, afin de permettre aux jeunes générations de mieux comprendre et s’approprier ses mécanismes.Les panelistes ont également relevé les défis liés à la modernité et aux influences extérieures susceptibles de fragiliser les mécanismes traditionnels de cohésion sociale. Toutefois, ils ont estimé que la parenté à plaisanterie demeure vivante et profondément enracinée dans les sociétés de l’AES.
Boudayinga J-M THIENON






