Dans quelques heures, les fidèles chrétiens vont célébrer la fête de Noël. A l’orée de la célébration, le Cardinal Philippe Ouédraogo invite les fidèles à fêter dans la sobriété tout en s’exprimant sa solidarité aux personnes vulnérables.Chers fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu à Ouagadougou. Dans la perspective des fêtes de Noël et du Nouvel An, je voudrais souhaiter à tous et à chacun d’heureuses et saintes fêtes et vous communiquer des consignes utiles. Tout d’abord, durant la période des fêtes à venir, nous sommes invités à tenir compte de la situation difficile que traverse notre pays, et à rester en communion avec la Nation toute entière actuellement éprouvée au double plan sécuritaire et sanitaire.
Ensuite, nous sommes invités à rester vigilants, aussi bien au niveau sécuritaire que sanitaire. En effet, c’est la période où le grand banditisme sévit à travers les braquages : prenons donc les précautions nécessaires. Ensuite, la pandémie de la Covid/19 n’est pas encore derrière nous : alors restons mobilisés. En outre, concernant les horaires de nos célébrations liturgiques et autres rencontres spirituelles, des dispositions nécessaires doivent être prises pour qu’elles se terminent à temps afin que les uns et les autres puissent rentrer chez eux avant minuit.
Ainsi donc, il est recommandé de commencer les célébrations au plus tard à 20 heures pour être sûrs de finir à temps. Enfin, mettons l’accent sur la prière et l’attention avec tous ceux qui souffrent plutôt que les réjouissances populaires. Chaque communauté ou mouvement/association, chaque famille, chaque personne est invitée à faire preuve de sobriété, compassion et solidarité envers les frères et sœurs souffrants : les déplacés internes, les familles endeuillées, les personnes blessées, les prisonniers, les malades…
En nature ou en espèces, individuellement ou communautairement, prenons quelque chose de nos réjouissances des fêtes pour manifester notre solidarité et notre amour ! Tout en appelant à rester vigilants et à observer les précautions d’usages recommandées, je vous invite à rester en union de prières avec et pour la Nation.
Frères et sœurs bien-aimés,
Instituée depuis le 4e siècle, la fête de Noël que nous célébrons chaque année nous renvoie au mystère de l’incarnation de Dieu.
Jésus est vrai Dieu et vrai homme, « il est Dieu, né de Dieu, Lumière née de la Lumière vrai Dieu, né du vrai Dieu engendré non pas créé » selon la formule de notre Credo symbole de Nicée. Jésus est le Sauveur des hommes, le Messie attendu, le seul Seigneur. À la naissance du Sauveur à Bethléem, une troupe céleste innombrable, louait Dieu en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (Luc 2, 14).
Ce chant des anges nous interpelle à double titre : En premier lieu, la paix auquel aspire l’humanité tout entière est d’abord un don de Dieu. Alors, c’est une grâce à demander instamment par tous les croyants. Dans notre situation tragique d’insécurité due aux forces du mal, n’ayons de cesse de prier et d’invoquer le Prince de la paix. En second lieu, la paix est également le fruit des efforts des hommes. Demandons au Seigneur de faire de nous tous des artisans de paix dans nos familles, au lieu du travail, dans nos quartiers, dans notre pays.
Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. (Mt 5, 9)
Demandons pour notre nation la grâce des grâces « la conversion des cœurs et des habitudes » pour pouvoir aimer réellement la paix et aimer faire la paix, nous impliquer concrètement pour qu’advienne la paix. Ainsi, pourrions-nous, promouvoir une société plus saine, un monde plus digne, sans faim, sans pauvreté, sans violences et sans guerres.
À tous et à toutes, fructueuses célébrations!
Bonnes et Saintes Fêtes de Noël et du Nouvel An.
Philippe Cardinal OUEDRAOGOArchevêque Métropolitain de Ouagadougou
La deuxième conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche de la Confédération des Etats du Sahel et Togo s’est tenue, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou.
Les pays de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et le Togo entendent faire de l’éducation un levier d’intégration et de souveraineté stratégique. Pour y parvenir, les ministères en charge de l’enseignement supérieur du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Togo ont jeté les bases d’une harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation, à l’occasion de la deuxième conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, tenue le mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou. Le président de l’Université Joseph-Ki-Zerbo, Pr Antoine Béré, par ailleurs, président du collège des experts, a salué, au nom de ces derniers, la tenue de cette deuxième conférence, après celle organisée les 12 et 13 juin 2025 au Mali.
Selon lui, le comité des experts a soumis à la validation des documents portant sur l’état des lieux des régimes d’études et l’harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur de l’espace confédéral. Cette convergence des architectures de formation ouvre des perspectives en matière d’interopérabilité des institutions, ainsi que de mobilité des étudiants et des enseignants, a-t-il précisé. Face à l’ampleur des défis, cinq axes de coopération scientifique ont été définis en tenant compte de critères essentiels, des besoins identifiés, des capacités opérationnelles et de la valeur ajoutée d’une action conjointe. Sur le plan académique, six domaines prioritaires sont proposés à l’harmonisation, afin de favoriser la mobilité universitaire, la délivrance conjointe de diplômes et la reconnaissance des parcours.
Un gage de souveraineté
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, représentant le chef du gouvernement, a souligné la nécessité pour les institutions de répondre aux préoccupations des populations. « Nos institutions d’enseignement supérieur et de recherche doivent produire des solutions concrètes aux défis qui structurent le quotidien de nos populations : sécurité alimentaire, santé publi-que, changement climatique, gestion de l’eau, transformation des produits locaux et énergies renouvelables », a-t-il déclaré. Pour Adjima Thiombiano, les programmes de formation envisagés doivent permettre aux Etats de disposer des ressources humaines nécessaires à la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeurs de leurs ressources extractives et énergétiques.
Selon le ministre malien chargé de l’Enseignement supérieur, Bouréma Kansaye, aucun peuple ne peut prétendre à une souveraineté réelle s’il dépend entièrement des savoirs, des technologies et des modèles de formation produits ailleurs. « L’harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation est un levier stratégique pour renforcer les capacités des pays de l’AES et favoriser la maîtrise de leurs propres ressources humaines, scientifiques et technologiques », a-t-il soutenu. Le président de la Confédération de l’AES, Bassolma Bazié, a félicité les ministres chargés de l’Enseignement supérieur de l’espace AES pour ce cadre de réflexion de haut niveau. Il a ensuite rendu hommage au Togo, représenté par son ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur. Pour Bassolma Bazié, la mutualisation des compétences et des initiatives entre les Etats membres doit permettre de valoriser les ressources nationales et promouvoir un développement harmonieux, fondé sur l’innovation et la
coopération scientifique, ainsi que
de créer des pôles d’excellence régionaux.
L’OAPH 2026-2028 traduit la vision du camarade Président du Faso, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, de transformer les résultats obtenus en une souveraineté alimentaire durable, soutenue par la maîtrise de l’eau, la transformation locale et la création de richesses nationales. Après la conquête de la souveraineté alimentaire, place à sa consolidation. Le cap est donné : produire davantage, transformer localement et renforcer durablement l’indépendance économique du Burkina Faso.
Avec un taux de couverture des besoins céréaliers de 124,6 %, le Burkina Faso a franchi une étape historique dans
sa marche vers la souveraineté alimentaire, grâce à la première phase de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) 2023-2025. Pour
le camarade Président du Faso, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, cette performance constitue toutefois un point de départ, et non un aboutissement.
Il a ainsi instruit la mise en œuvre d’une deuxième phase, dénommée Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique (OAPH) 2026-2028, afin de consolider les acquis, d’accroître durablement les productions et de renforcer la maîtrise des ressources en eau. Sous la conduite du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le camarade commandant Ismaël Sombié, cette orientation a été traduite en un cadre opérationnel adopté par le Conseil des ministres le 30 juillet 2026.
Des acquis solides pour franchir un nouveau palier
Entre 2023 et 2025, l’OAPH a permis de dépasser le million de tonnes de riz paddy, d’améliorer la production céréalière et de contribuer à la création de plus de 91 000 emplois, dont 26 000 permanents. Elle a également favorisé la mise en place d’instruments structurants, notamment le Fonds Dumu Ka Fa, l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH), la Société burkinabè d’intrants et de matériels agropastoraux (SOBIMAP) et les Brigades de mécanisation agricole. La nouvelle phase vise à consolider ces acquis, en cohérence avec les politiques sectorielles nationales et le plan RELANCE 2026-2030.
L’eau, pilier stratégique de la souveraineté alimentaire
L’intégration de l’hydraulique marque une évolution majeure de l’Offensive. A l’horizon 2028, le gouvernement prévoit d’assurer l’accès à l’eau potable à plus de 4,3 millions de personnes supplémentaires, de construire cinq barrages, de réhabiliter 200 barrages dégradés, de réaliser 200 systèmes d’adduction d’eau potable simplifiée et trois centres de production d’eau.
L’ambition englobe également l’amélioration du cadre de vie, avec 4 500 kilomètres de plantations d’alignement, 300 espaces verts, 150 ronds-points aménagés, dix stations de traitement des boues de vidange et deux unités intégrées de gestion des déchets solides.
Produire plus, transformer localement et créer des emplois
L’OAPH 2026-2028 cible les filières stratégiques du riz, du maïs, de la pomme de terre, du blé, du manioc, des oléagineux, du poisson, de la volaille, du bétail-viande, du lait, du karité et de la mangue. Six filières émergentes sont également retenues : l’ananas, le cacao, le palmier à huile, la banane plantain, le tournesol et la cuniculture.
Les objectifs sont ambitieux : couvrir 120 % des besoins en riz et en maïs, 25 % des besoins en blé, 65 % des besoins en poisson, 40 % des besoins en huiles alimentaires et 100 % des besoins en chair de poulet. Le gouvernement vise aussi
l’approvisionnement des abattoirs à hauteur de 300 000 bovins par an.
Huit initiatives et douze opérations pour des résultats concrets
La mise en œuvre repose sur huit initiatives et douze opérations spéciales. Les principales ambitions comprennent la production de
1,5 million de tonnes de riz paddy, grâce à l’aménagement de 100 000 hectares de bas-fonds et de 16 000 hectares de périmètres irrigués, ainsi que la production de trois millions de tonnes de maïs. Dans la filière lait, l’objectif est de transformer 75 millions de litres, avec l’insémination de plus de 100 000 vaches et l’introduction de 1 200 vaches laitières performantes.
Les opérations spéciales prévoient notamment la relance du blé sur 25 000 hectares, le développement du manioc grâce à 179 forages à gros débit et l’opération « Zéro exportation de bovins sur pied ». Celle-ci prévoit la construction de sept abattoirs modernes dotés d’unités de surgélation et la mise aux normes de cinq abattoirs existants. L’opération « Poulet bicyclette » ambitionne, quant à elle, l’autonomie en œufs à couver et en poussins, grâce à l’instal-lation de 1 325 fermes avicoles.
Des réformes et des investissements à la hauteur des ambitions
Pour pérenniser les acquis, des réformes institutionnelles sont prévues, notamment l’évolution de l’Agence Faso Abattoirs vers le statut de société d’Etat, l’encadrement de l’exploitation des zones pastorales et l’élargissement des attributions de la Centrale d’achat de médicaments vétérinaires à la production de vaccins et de médicaments vétérinaires.
Le coût global de l’Offensive est estimé à 839,99 milliards de francs CFA sur trois ans. A ce jour, 719,67 milliards, soit près de 86 % du budget, sont sécurisés. Le financement restant à mobiliser s’élève à 120,31 milliards de francs CFA. A l’horizon 2028, le gouvernement ambitionne une hausse de 40 % des productions agropastorales et halieutiques, la création
d’environ 125 000 emplois, une progression de 14,5 % du PIB agricole et une réduction de 20 % du nombre de ménages pauvres par rapport à 2024.
DCRPP/Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques
Les stagiaires de la 56e promotion de l’école nationale de police ont confectionné et posé des pavés, respectivement au siège de l’Agence Faso Mêbo et sur l’avenue Thomas Sankara, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou.
La pose de pavés dans la ville de Ouagadougou continue de bénéficier du soutien des Burkinabè. En effet, les élèves-stagiaires sous-officiers de police ont apporté leur aide en confectionnant et posant des pavés respectivement au siège de l’Agence Faso Mêbo, au lycée Philippe Zinda Kaboré et sur l’avenue Thomas Sankara, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou. Avec des pelles et moules de pavés en mains, la 56e promotion de l’Ecole nationale de police (ENP) s’est activée sur ces différents sites. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase de la IIIe édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) sur instructions du ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana. Elle vise, selon les organisateurs, à traduire l’engagement citoyen des stagiaires de l’ENP à contribuer activement à la construction du Burkina Faso. L’élève sous-officier de police de la première année, Issa Belemou, par ailleurs, délégué général de la promotion, a indiqué que lui et ses camarades sont fiers de prendre part à la fabrication de pavés sur le site de l’Agence Faso Mêbo et à la pose de pavés sur l’avenue Thomas Sankara.
Construire le Burkina Faso
… avant de les poser sur l’avenue Thomas Sankara.
« Nous invitons la population à mettre la main à la pâte afin de construire notre pays, car, personne ne viendra d’ailleurs pour le faire. Comme le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré l’a si bien dit, c’est nous-mêmes qui devons construire notre pays et nous ne devons compter que sur nous-mêmes », a-t-il déclaré. Présent aux côtés des élèves-stagiaires de l’ENP, le lieutenant de police, Nohité Kambou, a soutenu que cette activité est menée avec l’accompagnement de la Direction générale de la police nationale (DGPN).
« Nous le faisons avec fierté et patriotisme. La Police nationale est engagée dans l’édification d’un Burkina Faso prospère avec abnégation. Donc, en notre geste vient renforcer ce que nous avons l’habitude de faire comme travail », a-t-il fait savoir. Pour Nohité Kambou, il faut encourager des moyens endogènes pour le développement de la Patrie. Il a invité les Burkinabè à s’unir pour soutenir l’Agence Faso Mêbo dans sa marche. « Si nous restons dans nos couloirs à brandir le patriotisme sans accompagner, cela ne sert à rien. Par conséquent, il faut qu’on se déplace sur le terrain aussi pour manifester notre apport », a-t-il conclu.
Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a officiellement lancé, le mardi 13 octobre 2026 à Ziniaré, la production des passeports biométriques au sein de la direction régionale de la Police nationale de Oubri.
Les populations de Oubri peuvent désormais effectuer les formalités pour l’obtention de leurs passeports biométriques à Ziniaré, sans devoir se rendre à Ouagadougou. Depuis le mardi 13 octobre 2026, un service d’enrôlement est opérationnel au sein de la Direction régionale de la Police nationale de Oubri, sise à Ziniaré. Le dispositif a été lancé par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, en présence des autorités administratives et coutumières de la région. Selon les autorités, cette décentralisation vise à rapprocher l’administration publique des citoyens et à faciliter leur accès aux documents de voyage.
Pour le ministre Sana, le déploiement des kits mobiles d’enrôlement dans les régions va garantir un accès équitable aux services publics. Jusqu’à présent, les citoyens-résidents en région et désireux d’obtenir un passeport étaient contraints de se rendre à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso pour accomplir les formalités. A l’en croire, ces déplacements occasionnaient des dépenses supplémentaires, des pertes de temps et des contraintes liées à la distance.
« Grâce au déploiement de kits mobiles d’enrôlement dans les régions, nos compatriotes pourront désormais effectuer les formalités nécessaires à l’obtention de leur passeport au plus près de leur lieu de résidence », a indiqué le ministre Mahamadou Sana. Cette stratégie s’inscrit également dans la dynamique de modernisation de l’administration publique, engagée notamment avec la mise en service, en 2024, du nouveau plateau technique d’émission des passeports de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Au-delà de la simplification des démarches, Mahamadou Sana a souligné les enjeux de souveraineté et de sécurité liés à la fiabilité des documents officiels. La sécurisation de l’identité, a-t-il indiqué, contribue à renforcer les capacités de l’Etat et à faciliter la mobilité des ressortissants burkinabè au sein de l’espace confédéral et à l’international. Le passeport biométrique burkinabè de l’AES coûte 50 000 F CFA, pour un délai de traitement de deux semaines. Le ministre de la Sécurité a exhorté les équipes techniques à garantir un accueil de qualité et à respecter les exigences de célérité, de transparence et de sécurité.
Réduire les distances et les dépenses
Le directeur général de la Police nationale, l’inspecteur général de police Thierry Dofizouho Tuina a, pour sa part, insisté sur le fait que cette opération est en droite ligne avec les objectifs de la Révolution populaire progressiste (RPP) qui veulent que l’administration soit plus proche et plus accessible aux populations.
« Aujourd’hui, il n’est plus question que les citoyens fassent 30, 40 ou 400 kilomètres pour se faire enrôlés à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso », a-t-il affirmé, soulignant que le nouveau dispositif permet désormais d’effectuer les démarches en région. Pour le DG, la mesure s’inscrit aussi dans le cadre des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne. La gouverneure de la région de Oubri, Sy Assetou Barry, a salué une « vision politique forte ». Pour elle, cette initiative constitue une avancée dans le rapprochement des services publics des citoyens. Elle va notamment permettre aux populations de consacrer moins de ressources aux déplacements nécessaires à l’accomplissement de leurs formalités administratives.
Même satisfecit chez les populations. Le chef coutumier de Ziniaré, Naaba Saneem, a félicité les autorités pour cette initiative qui facilite l’accès aux documents d’identité et réduit les contraintes de déplacement des habitants. Il a aussi salué les efforts entrepris pour rapprocher davantage l’administration des citoyens.
L’ouverture du service à Ziniaré s’inscrit dans un programme d’extension de l’enrôlement des passeports biométriques dans toutes les régions du Burkina Faso.
A Dassa, chaque jour, des dizaines de jeunes désertent les champs familiaux pour rejoindre les sites d’orpaillage, attirés par l’espoir d’un enrichissement rapide. Si cette activité a permis à de nombreuses familles de construire des maisons, d’investir dans le commerce et d’améliorer leurs conditions de vie, elle bouleverse également les équilibres sociaux, économiques et environnementaux de la commune. Conséquences : agriculture fragilisée, hausse du coût de la vie, abandon scolaire, dégradation des terres et dépendance croissante à une ressource épuisable. Reportage à Dassa, dans la province du Sanguié, région de Nando ou la course à l’or menace la survie du village.
A Nébia et Divolet, villages situés à quelques kilomètres du chef-lieu de la commune de Dassa, le calme des champs cède progres-sivement au vacarme des marteaux, des motopompes et des concasseurs. Mardi 14 juillet 2026, le soleil est déjà dans sa course ap-parente, mais n’était pas encore au zénith sur les sites d’orpaillage. A Dassa, les sites aurifères s’imposent comme de nouveaux pôles d’attraction de la jeunesse. Dans les villages de Divolet, Nébia et plusieurs autres localités, les jeunes affluent vers les puits aurifères avec un rêve commun : “trouver la pierre précieuse qui changera leur vie”.
Le responsable communal de l’agriculture Naba Kambiré : « aujourd’hui, l’agriculture est devenue presqu’une affaire de femmes ».
Sur le site aurifère de Divolet, Rachide Bado, ressortissant d’un village voisin, incarne cette nouvelle génération séduite par l’or. Employé auprès d’un patron, il raconte que ce dernier extrait régulièrement entre 10 et 20 grammes d’or. Le gramme est vendu entre 50 000 et 80 000 F CFA. Son ambition est claire : « Je veux construire des maisons, acheter des motos et des taxis », affirme le jeune orpailleur. Comme lui, des centaines de jeunes suivent désormais les filons aurifères dans d’autres régions minières du Burkina, mais aussi jusqu’au Mali et en Guinée. « Nous suivons les traces de l’or. Là où il y a de l’or, nous irons », soutient l’orpailleur Idrissa Ouédraogo, arrivé récemment à Nébia après avoir entendu parler d’un nouveau filon promet-teur. Même s’il n’a encore gagné que quelques dizaines de milliers de francs CFA, il reste convaincu que « le trou promet».
Les champs perdent leurs bras valides
Mais pendant que les sites se remplissent, les champs, eux, se vident. Le constat est partagé par plusieurs acteurs locaux. Le responsable communal de l’agriculture, Naba Kambiré, observe une baisse continue de la présence des jeunes dans les activités agricoles.
« Aujourd’hui, l’agriculture est devenue presque une affaire de femmes. Les jeunes hommes préfèrent les gains immédiats de l’orpaillage », explique l’agent d’agriculture. Pour lui, les bras valides indispensables aux travaux agricoles sont désormais absorbés par les sites aurifères. Même les projets d’aménagement agricole souffrent de cette pénurie de main-d’œuvre. « Nous voulions aménager certains bas-fonds, mais, il était difficile de mobiliser suffisamment de jeunes pour les travaux », laisse-t-il entendre avec mécontente-ment. Pourtant, l’orpaillage et l’agriculture ne sont pas nécessairement incom-patibles, selon Yacouba Bakouan, président de l’association des orpailleurs de Dassa.
« Nous avons commencé la recherche de l’or depuis 2004. Nous n’exploitons pas seulement l’or. Pendant l’hivernage, nous pratiquons également l’agriculture », révèle-t-il. Selon lui, opposer agri-culture et orpaillage serait une erreur. Il estime que les deux activités peuvent
Le chef du CEB de Dassa, Piboué Bationo : « la moyenne des effectifs dans les petites classes, est entre 85 élèves à 90 élèves mais, surtout au CM2 la moyenne est d’environ 50 élèves ».
coexister, même si les revenus qu’elles procurent sont incomparables. Le président de l’association rappelle également que les orpailleurs participent au développement local. Les exploitants cotisent notam-ment pour offrir une ambulance flambant neuve à la commune, à la demande du chef du village. Son coût dépasse 45 millions de F CFA. A ce jour, plus de 30 millions auraient déjà été mobilisés.
La contre-saison agricole “fragilisée”
Pourtant, Dassa était autrefois une fierté pour la province du Sanguié dans les cultures maraîchères. Traditionnellement, la contre-saison permettait aux exploitants de valoriser les bas-fonds et les points d’eau à travers la culture de légumes, de maïs, d’oignons, de choux, d’aubergines ou encore de tomates. Ces activités constituaient une importante source de revenus pour les ménages pendant la saison sèche, tout en renforçant la sécurité alimentaire.
Aujourd’hui, l’expansion des sites d’orpaillage fait craindre un recul de cette activité agricole. Pour le directeur régional de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques de la région de Nando, Antoine Zorma, il est possible de restaurer certains sols, mais uniquement si les anciens sites bénéficient d’un accompagnement technique. « Le sol renferme les éléments organiques et les minéraux indispensables à la croissance des plantes. Lorsqu’il est profondément retourné ou dégradé, sa fertilité peut être fortement affectée », explique-t-il. La restauration de ces terres nécessite, selon lui, un accompagnement technique afin de mettre en œuvre des pratiques agricoles adaptées et de favoriser leur ré-habilitation.
Dans le cas contraire, il serait difficile de réaliser une bonne production agricole sur les sites d’orpaillage abandonnés. Sur la question environ-nementale, à Nébia, le président du CVD, Balima Bazié, fait un constat beaucoup plus amer. « Ici, il y avait beaucoup d’arbres. Aujourd’hui, la nature a été détruite », affirme le président du CVD Bazié. Il soutient que plusieurs familles ont même été contraintes de déplacer leurs concessions à cause de l’extension des sites. Pour le préfet et Président de la délégation spéciale (PDS) de Dassa, Ali Zerbo, les risques environnementaux sont incontestables. « Les eaux utilisées pour le lavage du minerai rejoignent les nappes phréatiques et peuvent affecter les jardins situés en aval », déplore le PDS de Dassa. Il signale également que la coupe intensive du bois frais alimente les activités minières.
L’inquiétude des acteurs de l’éducation
Le président du CVD de Nébia, Balima Bazié, indique que plusieurs familles ont même été contraintes de déplacer leurs concessions à cause de l’extension des sites d’orpaillage.
Les conséquences de la ruée vers l’or ne se limitent pas aux champs. Elles touchent également le milieu scolaire. L’inspecteur de l’enseigne-ment du premier degré, chef de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Dassa, Piboué Bationo, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences scolaires. « Les effectifs dans les petites classes, la moyenne est au minimum 85 à 90 élèves mais, quand on se retrouve dans les grandes classes, surtout au CM2, la moyenne est d’environ cinquante. Où sont passés les autres ? », s’interroge l’inspecteur Bationo. Il précise que le phénomène, à visage masculin, affecte davantage les classes de CM. A l’examen du CEP de l’année scolaire 2025-2026, sur les 466 candidats présents, il n’y avait que 164 garçons contre 302 filles, constate le chef de la CEB de Dassa. Plusieurs enfants quittent progressivement l’école, convaincus que les études offrent moins de perspectives financières que les puits aurifères.
L’inflation s’installe
L’orpaillage ne produit pas uniquement des effets négatifs. Dans plusieurs familles, les revenus tirés de l’exploitation aurifère contribuent à améliorer les conditions de vie. Moumouni Bado, père de plusieurs jeunes orpailleurs, reconnaît que ses fils l’aidaient auparavant aux champs. Aujourd’hui, certains travail-lent sur les sites de Dassa tandis que d’autres sont partis dans les pays voisins. « Ils m’envoient de l’argent pour financer les travaux agricoles et payer la scolarité des plus jeunes », confie-t-il. Faute d’alterna-tives, il dit préférer bénir ses enfants plutôt que de s’opposer à leur choix. Cette solidarité familiale explique en partie pourquoi de nombreux parents acceptent désormais le départ de leurs enfants vers les sites miniers. A Divolet, le président du Conseil villageois de dévelop-pement (CVD), Kouarbié Bado, reconnaît également que l’or a profondément modernisé le village.
« Avant, ici, c’était la brousse mais aujourd’hui, la zone est bien animée et on trouve tout ce qu’on veut sur place. Beaucoup de villas ont été construites et de nombreuses familles dorment dans des maisons solides », affirme le président du CVD. Selon lui, les revenus de l’or ont favorisé l’émergence de commerces et d’activités économiques jusque-là inexistantes. La prospérité générée par l’orpaillage a également son revers. Kouarbié Bado reconnaît que les sites attirent de nombreux étrangers. « Cela peut créer des problèmes d’insécurité
Le PDS de Dassa, Ali Zerbo : « les eaux utilisées pour le lavage du minerai rejoignent les nappes phréatiques et peuvent affecter les jardins situés en aval ».
», reconnaît-il. Un autre phénomène est l’inflation alimentée par l’or. Le représentant du chef de Dassa, Boureima Bacye, partage ce constat. Il indique que l’arrivée massive de liquidités issues de l’orpail-lage a provoqué une hausse généralisée des prix des produits, notamment le pain, l’eau, la viande et les vivres. « Avant, une baguette de pain coûtait 150 francs CFA. Aujourd’hui, il est vendu à 200 F CFA », regrette Boureima Bacye. Le représentant du chef du village soutient également qu’un coq se vend désormais entre 10 000 et 12 500 F CFA.
Préparer l’après or
Même les produits alimen-taires les plus courants deviennent difficilement accessibles aux familles qui ne bénéficient pas directe-ment des revenus de l’or. Cette inflation accentue les inégalités entre les ménages impliqués dans l’orpaillage et ceux qui vivent uniquement de l’agriculture.
Malgré l’euphorie actuelle, plusieurs responsables mettent en garde contre une dépendance excessive à cette ressource. Le responsable de l’agriculture, Naba Kambiré, rappelle que l’or est une richesse non renouvelable. « Les jeunes doivent investir leurs revenus dans l’agriculture et l’élevage, car l’or finira un jour », conseille-t-il.
Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, l’a reconnu dans son discours prononcé à Ouahigouya : il faut organiser le secteur afin d’amorcer une gestion efficiente et profitable à tous. Pour le Président de la délégation spéciale (PDS) de Dassa, Ali Zerbo, le véritable défi pour Dassa ne réside donc pas dans le choix entre l’or et l’agriculture. Il consiste plutôt à transformer les revenus de l’orpaillage en investissements capables de préparer l’après or. Sans cette transition, les pépites qui font aujourd’hui la ‘’fortune’’ de certains pourraient demain laisser place à des terres dégradées, des champs abandonnés et une jeunesse privée de perspectives durables.
Hubert BADO
L’urgence d’un retour des jeunes sur les bancs de l’école
Dans la commune de Dassa, plus largement dans la province du Sanguié, l’essor de l’orpaillage artisanal favorise un phénomène préoccupant : l’abandon scolaire. Attirés par la perspective de gains rapides, de nombreux élèves délaissent les salles de classe pour rejoindre les sites d’exploitation aurifère, persuadés que l’or offre davantage d’opportunités que les longues années d’études. « L’école est lente et incertaine », selon certains miniers. Cette perception est alimentée par le manque de débouchés professionnels de certains. Sur certains sites d’orpaillage, des titulaires de diplômes universitaires exercent comme « peintres » ou prestataires de services auprès des orpailleurs. Une réalité qui renforce le scepticisme de nombreux jeunes quant à l’utilité des diplômes. Les témoignages recueillis illustrent ce changement de mentalité. Un orpailleur raconte avoir déconseillé à son petit frère, admis au concours de l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP), de poursuivre sa formation. Pour les responsables de l’éducation, cette vision à court terme est lourde de conséquences. L’abandon des études prive les jeunes de compétences durables et les expose à une activité précaire, risquée et dépendante d’une ressource épuisable. Face à cette situation, plusieurs acteurs appellent à renforcer les mesures de maintien des élèves à l’école, à créer davantage de débouchés pour les diplômés et à mieux encadrer l’orpaillage afin que la quête de l’or ne compromette pas l’avenir de toute une génération dans le Sanguié.
Les ministres chargés de l’Enseignement supérieur et de la recherche des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ont signé un accord de coopération, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou. Cet accord vise à harmoniser les curricula de formation.
Les Trois Etats de la Confédération des Etats du Sahel (AES) que sont le Burkina, le Mali et le Niger entendent harmoniser leurs curricula de formation dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette volonté s’est concrétisée par la signature d’un accord de coopération, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou.
En effet, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano et ses homologues du Mali, Bourèma Kansaye et du Niger, Mamadou Saïdou, ont signé un accord visant à harmoniser et endogénéiser les curricula de formation au sein des Institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR). La cérémonie s’est tenue en marge de la 2e conférence des responsables des IESR.
Pour Adjima Thiombiano, la nécessité d’harmoniser les curricula de formation est justifiée par le fait que l’enseignement supérieur doit mieux répondre aux réalités et besoins des populations. Il a souligné l’importance d’intégrer des savoirs endogènes africains dans la formation universitaire.
« Aujourd’hui, nous voulons que ces IESR s’imprègnent parfaitement des besoins des populations afin que chaque citoyen de l’AES puisse s’identifier à eux, à travers les thématiques qui sont abordées dans ces différentes structures », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur a expliqué que la recherche scientifique devrait davantage être mise au service du développement.
« Aujourd’hui, on a d’excellents chercheurs, d’excellents enseignants-chercheurs qui font des travaux formidables et qui ont des carrières internationales sans reproche. Mais la question que nous devons nous poser : qu’est-ce que le citoyen de l’AES tire de cette performance des chercheurs et des enseignants-chercheurs ?
En quoi l’étudiant peut-il être directement utile à notre société ? », s’est-t-il interrogé. Adjima Thiombiano a également estimé que l’accord de coopération permettra aux trois Etats de parler le même langage et d’éradiquer les défis qui se présentent à eux. Toutefois, le chef du département en charge de l’enseignement supérieur a souligné que l’harmonisation et l’endogénéisation des formations ne signifient pas uniformisation totale des systèmes éducatifs. Chaque pays devra préserver ses spécificités et sa diversité culturelle.
Du 12 au 16 octobre 2026, la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Fada-N’Gourma tient des audiences foraines au Tribunal de grande instance de Tenkodogo. 22 dossiers impliquant 53 mis en cause sont au programme.
53 personnes impliquées dans 22 dossiers sont à la barre de la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Fada-N ’Gourma, délocalisée au Tribunal de grande instance de Tenkodogo. Ces audiences foraines ouvertes, le lundi 12 octobre 2026, se déroulent jusqu’au 16 octobre prochain. Au cours de cette session, la cour va examiner des affaires déjà jugées en première instance par le
Tribunal de grande instance de Tenkodogo, mais dont les décisions ont été contestées en appel. Pour le ministère public, la délocalisation de ces audiences répond à un double but. « L’objectif est de rapprocher la justice du justiciable ; accélérer le traitement des procédures judiciaires », a expliqué le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Fada-N ’Gourma, Amidou Banhoro.
Les faits, qui sont réexaminés par cette juridiction de second degré suivant les règles de procédures, sont variés et portent notamment sur des infractions contre des personnes, comme les coups et blessures volontaires ou les menaces de mort. La Cour va aussi examiner des atteintes aux biens, en l’occurrence des destructions volontaires de biens mobiliers ou immobiliers. Des infractions contre des biens publiques, dont le faux et l’usage de faux, figurent également au programme.
Un procès équitable
Le substitut du procureur a expliqué qu’au-delà du nombre de dossiers, les audiences doivent garantir les droits de toutes les parties. « Chacun doit pouvoir présenter ses arguments, répondre aux faits qui lui sont reprochés ou contester la décision rendue en première instance », a-t-il déclaré. Pour lui, un procès équitable repose notamment sur la possibilité de s’exprimer et d’être assisté par un avocat. « L’équité, c’est le droit donné à chaque acteur, poursuivant comme poursuivi, de se faire assister par des professionnels du droit qu’on appelle les avocats », a-t-il souligné. Selon l’homme de droit, l’accès à un avocat ne doit pas dépendre uniquement des moyens financiers. C’est pourquoi, Amidou Banhoro a rappelé l’existence de l’assistance judiciaire qui permet aux personnes qui remplissent les conditions requises de bénéficier d’un avocat, pris en charge par l’’Etat. Le substitut du procureur général a soutenu que cette garantie est essentielle pour les justiciables qui ne peuvent pas financer leur défense en ce sens qu’elle contribue à rendre effectifs les droits de la défense et les garanties d’un procès équitable. Amidou Banhoro a également ajouté que le caractère public des audiences permet aux populations de mieux comprendre le fonctionnement de la justice, dans les limites prévues par la loi. Pour lui, l’examen en appel ne signifie toutefois pas que les personnes mises en cause sont reconnues coupables. « La Cour doit se prononcer après les débats, sur la base des éléments du dossier et conformément à la loi. Les décisions rendues pourront, si les textes le permettent, faire l’objet d’autres recours jusqu’au vendredi 16 octobre 2026 », a-t-il précisé.
Le camarade Premier ministre, chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou, une délégation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), conduite par le président de son Conseil de régulation, le camarade Abdallah Youssef Chahine Traoré. A cette occasion, la délégation lui a officiellement remis le rapport annuel d’activités 2025 de l’institution.
Le document présente les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les recommandations formulées pour améliorer la gouvernance de la commande publique au Burkina Faso. Il rend notamment compte de la mise en œuvre de la réforme adoptée en 2024, du renforcement des capacités des acteurs et du règlement des différends. Le Premier ministre a salué le travail accompli par le Conseil de régulation et l’a encouragé à poursuivre sa mission en plaçant l’intérêt suprême des citoyens au cœur de son action. Il a appelé à renforcer la formation pour surmonter les difficultés qui entravent le processus de la commande publique. Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’intensifier la communication afin de rassurer les acteurs, de lever leurs appréhensions et de favoriser une plus grande célérité des procédures. Sur le plan statistique, le rapport fait état de 5 316 contrats conclus en 2025, pour un montant global de 574,75 milliards francs CFA, par les 35 structures centrales couvertes.
Sur ce périmètre, le nombre de contrats a progressé de 18 % par rapport à 2024, tandis que leur valeur globale a diminué de 7 %. Ces données concernent uniquement les structures recensées et ne constituent donc pas un total national. Concernant la mise en œuvre de la réforme de la commande publique, le Conseil de régulation a tenu six sessions, dont quatre extraordinaires. L’ARCOP a procédé à la relecture de neuf arrêtés, élaboré trois nouveaux arrêtés et émis un avis favorable sur cinq projets de textes. La révision des dossiers standards nationaux d’acquisition a également permis d’adapter les outils de gestion au nouveau cadre réglementaire. Pour accompagner l’application de ce cadre, l’ARCOP a renforcé les capacités des acteurs, notamment par la constitution d’un vivier d’une cinquantaine d’auditeurs de la commande publique. Les formations organisées par l’institution ont concerné 1 520 participants, dont 488 dans le cadre de
formations certifiantes. Elle a également engagé l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la fraude et la corruption dans les marchés publics.
En matière de règlement des différends, l’ARCOP a traité 1 149 recours en 2025, contre 988 en 2024, soit une hausse de 16,3 %. Ce total comprend 746 plaintes, 177 conciliations et 226 dossiers disciplinaires. Selon le président du Conseil de régulation, cette évolution ne traduit pas nécessairement une aggravation des difficultés, mais pourrait témoigner d’une participation accrue
des acteurs au fonctionnement du système. Au-delà du traitement des recours, le suivi de l’application des décisions demeure un enjeu. Sur 197 décisions suivies, 119 ont été exécutées, soit un taux de 60,41 %. Ce constat souligne la nécessité de renforcer le suivi afin de mieux apprécier l’application effective des décisions de régulation.
Au regard de ce bilan, l’ARCOP recommande de poursuivre la formation et la sensibilisation des différents intervenants pour assurer une meilleure application des textes. Elle préconise également le renforcement de ses ressources humaines afin d’accroître ses capacités opérationnelles. A travers ce rapport, l’ARCOP rend compte de l’exercice de sa mission de régulation de la commande publique. Après sa remise au Premier ministre, le document sera diffusé auprès du grand public. Cette démarche d’information contribue à la transparence de l’action du régulateur et donne tout son sens à son devoir de redevabilité.
Le récent bombardement de l’aéroport international de Riyadh par les forces Houthis yéménites avec une dizaine de morts à la clé traduit une vérité implacable que le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, n’a de cesse d’affirmer, à savoir que « les faibles vont disparaitre ». Si nous n’en sommes pas encore à cette extrémité, s’agissant de l’Arabie saoudite, il faut dire que la trajectoire géopolitique et militaire du royaume des Seoud le prédisposait à la situation délicate dans laquelle il se trouve aujourd’hui et qui illustre le renversement des alliances qui est en train de s’opérer au Proche et Moyen-Orient après le conflit tripartite Iran-Israel-Etats-Unis qui a plus ou moins confirmé l’émergence de l’Iran comme force politique et militaire dominante dans cette région tourmentée.
On a vu qu’en dépit du déluge de feu qui s’est abattu sur lui et la quasi décapitation de sa direction politique et militaire, l’Iran, loin de s’effondrer a opposé une résistance farouche à ses deux ennemis au point d’apparaître comme le vainqueur moral de la guerre avec le contrôle du détroit d’Ormuz qui lui permet de contrôler et réguler près du tiers des flux pétroliers mondiaux. Une position de force qui en fait un interlocuteur de poids dans la fixation des prix du baril selon qu’il ferme où ouvre le « robinet » par le biais de ce détroit stratégique.
Outre cet atout majeur dans sa manche, Téhéran dispose d’un autre « as de pique par le biais de ses alliés yéménites qui ont la mainmise sur le détroit de Bab El Mandeb, autre passage clé du commerce international.
Cet axe de la résistance qui n’a jamais fait mystère de sa volonté d’en finir avec la dynastie des Seoud soupçonnée d’apostasie depuis qu’elle a autorisé l’ouverture de débits de boissons en terre sainte de l’Islam veut donc terminer le travail, avec cette fois-ci la « bénédiction » des USA pour deux raisons principales. La première c’est que Trump n’a pas trop apprécié la tiédeur de l’engagement de Riyadh dans le récent conflit moyen-oriental, le pays étant resté sur la défensive, malgré les injonctions de Washington. La deuxième raison et la plus importante réside dans le fait que l’effondrement de l’Arabie saoudite permettrait aux Occidentaux de reprendre directement la main sur ses immenses ressources pétrolières et se tailler ainsi un matelas de sécurité sur cette ressource stratégique. Devenu le « ventre mou » régional, l’Arabie saoudite retrouvera donc sa vocation première, à savoir une « éponge de pétrole ».
Un nouveau grand jeu à l’envers, dans la mesure où à la fin du 19e siècle, il s’agissait d’en faire un Etat fort face à la menace turco-perse. Les Etats, c’est connu, n’ont que des intérêts et le Prince héritier Omar Ben Salman le découvre à ses dépens. Sa survie réside dans la « vassalisation » du royaume et dans le ravalement de sa vocation de puissance régionale. Le rapprochement observé entre Moscou et Washington ces derniers jours, ne présage rien de
bon pour lui, pas plus que pour le Président ukrainien Zelensky dont la tête est
elle aussi sur le billeau pour permettre au gaz russe de couler vers un Occident en voie de réfrigération avancée. Qui a dit que les faibles vont disparaitre ?