Immersion patriotique obligatoire à Gaoua : la religieuse Odette Kambou dans les rangs des appelés, à 40 ans

Malgré ses 40 ans, Odette Kambou ne se distingue pas de ses camarades plus jeunes dans les rangs de l’IPO

A 40 ans, Odette Kambou a choisi de se mettre en rang parmi les jeunes appelés de l’Immersion patriotique obligatoire (IPO) 2026 à Gaoua après l’obtention de son baccalauréat cette année. Religieuse, Franciscaine missionnaire de Marie à Diébougou, elle est la doyenne des appelés sur le site du CEG de Tielkan. Son âge, son statut et son parcours font d’elle l’une des figures singulières de cette immersion.

40 ans. Religieuse Franciscaine missionnaire de Marie à Diébougou. Fraîchement bachelière. Rien, dans le profil d’Odette Kambou, ne la prédestinait au rang de l’Immersion patriotique obligatoire à Gaoua. Elle y est pourtant devenue la doyenne et un « exemple ».
Dans un groupe essentiellement composé de jeunes, sa présence ne passe pas inaperçue. Mais Odette Kambou n’a pas choisi de rester en retrait. Elle a volontairement décidé de partager le quotidien des autres appelés, de suivre les mêmes exercices et de prendre part aux différents enseignements. Pour elle, l’IPO représente une occasion de découvrir et de vivre des valeurs qu’elle pourra ensuite mettre en pratique dans son milieu de vie.

« Je trouve que c’est une très bonne opportunité pour moi et pour tous ces jeunes. Je voulais vraiment découvrir les valeurs qu’on enseigne à ces jeunes-là, pour moi aussi vivre cela dans ma patrie », explique-t-elle. Depuis le début de l’immersion, Odette Kambou prend part aux activités prévues dans le cadre de la formation. Exercices d’ordre serré, défilés, activités collectives et différents modules rythment son quotidien aux côtés des autres appelés. La sécurité, la connaissance des Forces de défense et de sécurité ainsi que les valeurs patriotiques figurent parmi les enseignements qu’elle retient. Elle cite notamment l’amour de la patrie, la responsabilité et l’intégrité, qu’elle considère comme des valeurs à comprendre et à traduire dans les comportements quotidiens.

« On apprend les valeurs patriotiques comme l’amour de sa patrie. On apprend aussi à être responsable, intègre, en sachant ce que nous sommes et ce que le pays attend de nous », souligne-t-elle. Après plus de 20 jours d’immersion, la religieuse estime avoir acquis des connaissances qui ne relèvent pas du cadre scolaire classique. Cette expérience intervient d’ailleurs quelques mois seulement après l’obtention de son baccalauréat, une réussite qui témoigne de son attachement à l’apprentissage, quel que soit l’âge. « Ici, nous avons appris ce que nous n’avons pas appris à l’école », témoigne-t-elle.

L’ordre serré, les chants, les exercices et la vie collective constituent pour elle autant d’expériences qui invitent à respecter les consignes, à faire preuve de discipline et à apprendre à vivre avec les autres. La participation d’Odette Kambou relève d’abord d’un choix personnel. Elle ne voulait pas observer l’expérience à distance, mais la vivre pleinement avec les autres appelés. « Je trouve ça comme une très bonne chose et je ne voulais pas être à la marge pour mieux vivre désormais patriote dans mon milieu », soutient-elle.

La doyenne, mais aussi une camarade

Pour Odette Kambou, son statut de religieuse ne constitue pas un obstacle à la participation à une activité qui concerne la vie de la Nation. Cette expérience collective lui inspire un message simple : privilégier l’entente et le vivre-ensemble. « Si nous sommes ensemble, nous allons aller loin », conseille-t-elle. A travers cette vie en groupe, elle dit également découvrir l’importance de la cohésion et de la responsabilité individuelle dans une dynamique collective. Pour elle, les valeurs apprises pendant l’immersion
ne doivent pas rester limitées au cadre de la formation.

A ceux qui hésitent encore à participer à l’Immersion patriotique obligatoire ou qui la perçoivent comme une contrainte, Odette Kambou répond à partir de sa propre expérience. « L’immersion patriotique n’est pas une sanction. Au contraire, elle est une formation pour mieux vivre en Burkinabè », affirme-t-elle. La religieuse invite ainsi les jeunes à dépasser leurs appréhensions et à profiter des enseignements dispensés. A ceux qui ont peur de cette expérience, son message est direct : « Ne pas avoir peur ». Pour la religieuse, être patriote suppose notamment de mieux connaître son pays, de l’aimer et de prendre conscience de ce qu’il attend de ses citoyens.

Egalement, elle insiste sur la nécessité de mettre en pratique les valeurs apprises et de les faire vivre dans les différents milieux de vie. A quelques jours de la fin de l’immersion, prévue le 26 août, Odette Kambou porte un regard positif sur l’initiative, qu’elle considère comme « une très bonne action pour la jeunesse ». Pour Odette Kambou, la réussite de cette expérience ne se mesurera pas uniquement aux exercices réalisés ou aux enseignements reçus pendant les semaines de formation.

Elle dépendra surtout de la capacité des appelés à prolonger ces acquis une fois de retour dans leurs différents milieux. C’est également ce qu’elle entend faire. A 40 ans, religieuse, nouvelle bachelière et doyenne des appelés, Odette Kambou aura ainsi choisi de vivre l’Immersion patriotique obligatoire au-delà des différences d’âge et de parcours. Son engagement a retenu l’attention lors de la visite du ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, sur les différents sites de l’IPO à Gaoua. Au collège d’enseignement général de Tielkan, le ministre a relevé sa présence parmi les appelés et l’a présentée comme « un modèle d’engagement ».

Boudayinga J-M THIENON

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