Inoussa Boundaoné, directeur général de la Banque postale du Burkina Faso : « L’ambition est de construire une institution financière solide »

Le directeur général de la Banque Postale du Burkina Faso (BPBF), Inoussa Boundaoné : « la BPBF n’est pas une banque de plus : c’est une banque différente, par sa proximité, par son utilité économique et par sa capacité à répondre concrètement aux besoins des populations et des différents acteurs économiques de notre pays ».

Fonctionnelle depuis le 3 avril 2023, et officiellement inaugurée le 7 octobre 2024 par le Président du Faso, le camarade capitaine Ibrahim Traoré, la Banque postale du Burkina Faso (BPBF), avec un capital majoritairement public, a été créée avec pour ambition de jouer un rôle de premier plan dans l’inclusion financière des Burkinabè. Après trois années de fonctionnement, la BPBF affiche des performances qui sont en phase avec la vision qui a sous-tendu sa création. Son encours de crédits accordés à l’économie nationale est passé de 97,6 milliards F CFA au 31 décembre 2025 à 134,6 milliards F CFA au 30 juin 2026, soit une progression de 37,9 %. Dans cette interview accordée au journal de tous les Burkinabè, le directeur général de la 16e née des Banques du Burkina Faso, Inoussa Boundaoné, revient sur la vision, les ambitions de la BPBF, son offre de produits bancaires. Il y aborde également les « performances exceptionnelles » réalisées au premier semestre 2026, les facteurs explicatifs, ainsi que la stratégie de maillage du territoire national de la banque pour être davantage plus proche des populations.

Sidwaya (S) : Pouvez-vous revenir sur la vision qui sous-tend la création de la Banque Postale du Burkina Faso (BPBF) ? Mais, avant, pouvez-vous présenter brièvement cette banque aux lecteurs du journal de tous les Burkinabè ?

Inoussa Boundaoné (I.B) : La Banque Postale du Burkina Faso est une banque à capitaux majoritairement publics, dont le projet de création a été porté par La Poste Burkina Faso, avec l’appui d’autres institutions publiques et privées.
La création de la BPBF répond à un besoin stratégique de l’économie burkinabè : rapprocher l’offre bancaire des populations. Ce rapprochement est rendu possible grâce à l’appui de La Poste Burkina Faso et de son réseau d’agences déployé sur l’ensemble du territoire national. La banque a ouvert ses portes au public le 3 avril 2023, avant d’être officiellement inaugurée par le chef de l’Etat, le camarade capitaine Ibrahim Traoré,
le 7 octobre 2024.

L’une de ses missions premières est de renforcer l’inclusion financière au Burkina Faso. En capitalisant sur le maillage territorial de La Poste BF, elle entend se rapprocher davantage des populations et proposer des solutions mieux adaptées aux ménages, aux PME et aux entreprises burkinabè. Notre ambition est de faire de la BPBF une banque moderne, performante et résolument ancrée dans les réalités des Burkinabè. Ce n’est pas une banque de plus : c’est une banque différente, par sa proximité, par son utilité économique et par sa capacité à répondre concrètement aux besoins des populations et des différents acteurs économiques de notre pays.

S : Quelle est l’offre de produits et services bancaires de la BPBF et quelle est sa particularité ?

I.B : Notre offre est construite autour des besoins réels de chaque segment de la clientèle, avec le souci constant de rester accessible et proche des populations.
Pour les salariés, nous proposons une gamme complète : une gamme diversifiée de produits d’épargne, des solutions de crédit adaptées à leurs besoins de financement, ainsi que des services monétiques et digitaux qui leur permettent de gérer leur compte au quotidien sans nécessairement se déplacer en agence.

Pour les PME, nous avons développé des comptes dédiés et des solutions de financement adaptées pour accompagner leur développement. A titre d’exemple, nous avons des offres spécifiques pour les très petites entreprises, un segment considéré généralement comme risqué, mais avec un accompagnement rigoureux et bien structuré, nous avons pu toucher une frange entière d’entrepreneurs qui n’avait jusque-là aucun accès au financement bancaire. Nous accompagnons également les PME à travers des financements de marché, l’import-export, des finan-cements d’investissement.

Pour les grandes entreprises, nous offrons des comptes, des solutions de financement, ainsi que des services liés au commerce international, pour accompagner les opérateurs économiques dans leurs activités à plus grande échelle.
Ce qui fait notre particularité, c’est notre manière de les offrir et d’atteindre les populations. Trois piliers nous distinguent : l’accessibilité, la proximité, la qualité de service.

En matière de proximité, nous sommes aujourd’hui présents dans des régions du pays où aucune banque n’était installée, grâce à nos cash-points logés au sein des agences de La Poste Burkina Faso. Ce maillage nous permet d’atteindre directement des populations de zones reculées, à qui aucune banque ne proposait jusque-là de services financiers. Sur le plan digital, alors que nous n’en sommes qu’à notre quatrième exercice, nous investissons pleinement dans la digitalisation de nos produits, afin de rendre nos services encore plus accessibles et de toucher nos populations plus facilement, où qu’elles se trouvent.

S : Après trois années de fonctionnement, comment la BPBF se porte-t-elle aujourd’hui ?

I.B : Nous sommes la 16e et dernière banque agréée du Burkina Faso. Nous avons bouclé trois exercices, et 2026 constitue notre quatrième exercice. Nos résultats sont encourageants : la banque s’inscrit dans une dynamique résolument positive, et nos indicateurs de performance témoignent d’une montée en puissance progressive.
La confiance renouvelée de nos clients, tout comme celle de nos différents partenaires, constitue à nos yeux un acquis précieux. D’année en année, l’organisation de la banque se structure davantage et nos méthodes de travail se consolident. Après deux premiers exercices déficitaires, comme c’est souvent le cas pour une jeune banque en phase de démarrage, la BPBF a renoué avec des résultats positifs au 31 décembre 2025, une tendance qui s’est confirmée et amplifiée au 30 juin 2026.

S : Quel bilan faites-vous de la contribution de la BPBF à l’économie nationale ?

Avec des produits adaptés à leurs réalités, la BPBF a fait le pari du financement des PME, qui constituent une
composante essentielle de l’économie burkinabè.

I.B : La BPBF joue son rôle dans la collecte de l’épargne et le financement de l’économie nationale, surtout des acteurs économiques traditionnellement exclus des
services bancaires. L’encours des crédits accordés à l’économie est passé de 97,6 milliards de FCFA au 31 décembre 2025 à 134,6 milliards de FCFA au 30 juin 2026, ce qui correspond à une progression de 37,9 %. Quant à l’encours
d’épargne collectée, il s’établit à 190,0 milliards F CFA au 30 juin 2026, contre 72,9 milliards F CFA de ressources collectées au 31 décembre 2025, soit une progression de plus de 115,7 %.

En termes d’impact, au-delà des chiffres, la Banque Postale du Burkina Faso a permis aux PME, au secteur informel, aux très petites entreprises d’avoir accès au financement, aux équipements, de fonctionner correctement à travers des crédits de fonctionnement, d’investissement. Nous avons également permis à beaucoup de particuliers, de ménages d’avoir accès au logement, de financer leur besoin de consommation.

S : Comment expliquez-vous les 92% de l’objectif annuel en termes de résultat net atteints dès le premier semestre 2026 ?

I.B : Pour une prévision de 1,6 milliard F CFA au titre de l’exercice 2026, nous affichons un résultat net de 1,5 milliard F CFA au 30 juin 2026, soit 92 % de notre objectif annuel déjà atteint à mi-parcours. A titre de comparaison, à la même période en 2025,
notre résultat s’établissait à 114,1 millions F CFA, et au
31 décembre 2024, nous enregistrions encore une perte de 818,5 millions F CFA. C’est dire qu’il s’agit là d’une performance exceptionnelle, qui confirme la pertinence des orientations stratégiques prises par la banque dès sa création.

Cette performance traduit d’abord la confiance croissante de nos clients et de nos différents partenaires. Elle repose également sur une gestion rigoureuse et une bonne maîtrise du risque de crédit, qui nous permettent de progresser sereinement vers les objectifs que nous nous sommes fixés. Un point important à souligner : nous avons veillé à ce que ces performances financières restent compatibles avec la maîtrise des risques et la pérennité de la banque sur le long terme. Une telle performance nous impose d’ailleurs davantage de responsabilités pour la suite.

Le management de la banque fonctionne sur la base d’objectifs clairement définis, d’une stratégie précise et d’un suivi permanent des performances. Au cours de ce semestre, notre démarche a consisté à nous aligner strictement sur les objectifs fixés, tout en plaçant la satisfaction de nos clients au cœur de nos priorités. C’est ce cumul de facteurs qui nous a permis de réaliser cette performance, que je tiens également à mettre à l’actif
du professionnalisme de nos collaborateurs. Je saisis d’ailleurs l’occasion pour leur tirer mon chapeau.

S : Comment analysez-vous votre trajectoire de croissance et votre distinction de personnalité de l’année 2025 par L’Economiste du Faso ?

I.B : Nous avons accueilli cette distinction avec honneur, mais aussi avec humilité. Je tiens à remercier L’Economiste du Faso pour cette reconnais-sance. La performance réalisée au premier semestre 2026 vient d’ailleurs confirmer cette distinction obtenue au titre de l’année 2025, et démontre que L’Economiste du Faso ne s’était pas trompé.
Nous dédions cette performance, tout comme cette distinction, à l’ensemble de nos collaborateurs dont le professionnalisme s’illustre chaque jour davantage.

Nous allons continuer à performer, pour montrer que les résultats de 2025 n’étaient pas ponctuels, mais qu’ils s’inscrivent en droite ligne avec le fonctionnement de la banque et les objectifs que nous nous sommes fixés. Le modèle que nous avons mis en place est solide et nous assure une bonne maîtrise des risques.
Et je tiens à le souligner : les résultats obtenus aujourd’hui ne sont pas le fait d’une seule personne. C’est toute une équipe qui, comme on le dit en football, “a mouillé le maillot”. Nous encourageons donc l’ensemble de nos collaborateurs à poursuivre dans cette dynamique.

S : Comptez-vous revoir vos ambitions à la hausse pour 2026, au vu des performances du premier semestre ?

I.B : Pour 2026, nous allons poursuivre le développement de notre portefeuille. Et pour ce faire, il nous faut des ressources : nous allons donc mettre l’accent sur la collecte de ressources, en nous appuyant sur notre réseau déployé à travers tout le pays. Ce maillage nous permettra de collecter suffisamment de ressources pour accompagner la croissance de notre portefeuille client, en particulier en matière de prêts. Pour cette année, nous avons déjà financé plusieurs projets d’envergure et d’autres financements sont en cours de finalisation.

Dans le cadre des six initiatives présidentielles majeures lancées par le camarade capitaine Ibrahim Traoré pour stimuler le développement endogène, renforcer la souveraineté économique et améliorer les conditions de vie des populations, la banque est engagée dans un certain nombre de chantiers structurants à travers le financement de projets prioritaires. Nous sommes également mobilisés sur plusieurs secteurs importants pour l’économie du Burkina Faso. La banque va donc poursuivre ces financements, tout en continuant à consolider ses fondamentaux. Car, pour continuer à financer dura-blement l’économie nationale, nous avons besoin de fonds propres, stables et solides.

S : La banque postale a-t-elle une offre spécifique dédiée aux femmes, visant à donc à soutenir l’entrepreneuriat féminin ?

I.B : Oui, tout à fait. Nous avons développé le compte Yennenga, spécifiquement dédié aux femmes. Ce produit leur permet de constituer une épargne qui peut ensuite servir de garantie pour accéder à un financement, une passerelle concrète entre l’épargne et le crédit, pensée pour lever l’un des principaux freins à l’entrepreneuriat féminin : l’accès aux garanties.

Mais nous ne comptons pas nous arrêter là. Alors que nous sommes à notre quatrième exercice, nous sommes en train de bâtir un véritable programme de produits sectoriels, conçu pour répondre aux besoins spécifiques de certains segments porteurs de notre économie. L’entrepreneuriat féminin y occupera naturel-lement une place de choix, aux côtés d’autres priorités que nous portons, comme le financement des énergies renouvelables, de l’environnement et de l’entrepreneuriat vert.
Notre ambition est claire : faire de la BPBF un véritable partenaire de l’autonomisation économique des femmes burkinabè, avec des produits qui répondent réellement à leurs réalités et à leurs ambitions entrepreneuriales.

S : Comment la BPBF compte-t-elle devenir le leader de l’inclusion financière au Burkina Faso ?

I.B : Pour nous, l’inclusion financière ne doit pas se limiter à un slogan : c’est une mission à part entière. Aujourd’hui, grâce à notre réseau d’agences et de cash-points présents dans des localités où aucune banque n’est établie hormis la Banque Postale, ainsi qu’à nos produits digitaux, que nous adaptons progressivement aux réalités locales (y compris bientôt en langues nationales), nous renforçons chaque jour notre proximité avec ces populations, afin d’y recruter le plus grand nombre de clients possible.

Selon le directeur général de la BPBF, Inoussa Boundaoné, cette performance exceptionnelle réalisée au premier semestre 2026 confirme la pertinence des orientations stratégiques prises par la banque dès sa création.

Nous travaillons également à simplifier l’accès à nos produits. Car, dans de nombreuses régions, le simple mot « banque » suscite encore une certaine réticence. Nous poursuivons donc un travail de sensibilisation, pour montrer que la banque n’est pas réservée aux populations urbaines, mais qu’elle est accessible à tous, en zone rurale comme en zone urbaine. Ce travail de rapprochement s’accompagne d’une réflexion sur une tarification adaptée aux réalités économiques de chaque population, afin que nos produits collent au plus près des besoins réels de nos clients.

Car, les réalités ne sont pas les mêmes partout : les produits proposés aux commerçants de Zabré (où nous avons un cash-point) ne peuvent pas être identiques à ceux destinés
aux populations de Bobo-Dioulasso. C’est pourquoi nous avons résolument investi dans le numérique, un levier qui nous permet d’atteindre des populations là où la banque physique n’est pas encore présente. Notre ambition, en définitive, est simple : aller vers le Burkinabè, là où il se trouve.

S : Pourquoi avoir fait le pari des PME ?

I.B : Aujourd’hui, les PME constituent une part très importante de notre portefeuille clientèle. C’est vrai que, comme vous le soulignez, c’est un segment que le secteur bancaire considère généra-lement comme risqué. Mais dans la mesure où les PME constituent une composante essentielle de l’économie burkinabè, nous avons délibérément fait le choix de miser sur elles, avec des financements adaptés à leurs réalités.
Depuis toujours, nous avons travaillé avec nos équipes à concevoir des types d’accompagnement répondant spécifiquement aux problèmes de garantie auxquels de nombreuses PME sont confrontées. C’est là, en réalité, le principal frein rencontré par les banques sur ce segment. Mais, nous nous efforçons, au cas par cas, de trouver la formule de financement qui permette à la fois de minimiser le risque pour la banque
et d’aller véritablement vers la PME.

S : La croissance rapide de la banque va-t-elle accélérer votre stratégie de déploiement territorial ?

I.B : Aujourd’hui, nous disposons de 45 cash-points logés au sein des bureaux de La Poste Burkina Faso, ainsi que de neuf agences proprement dites, dont six
à Ouagadougou, une à Koudougou, une à Bobo-Dioulasso et une à Kongoussi. Nous allons poursuivre notre déploiement sur l’ensemble du territoire national, en nous appuyant sur notre Maison-mère La Poste BF, qui dispose du plus grand réseau d’agences du Burkina Faso. Aujourd’hui, nous ne sommes pas encore présents partout où La Poste l’est, et c’est précisément notre marge de progression.Pour l’année 2026, nous allons continuer à dérouler ce partenariat, tout en transformant certains cash-points en agences à part entière. Dans plusieurs localités où nous avons ouvert des cash-points, nous avons en effet identifié un potentiel qui justifie l’ouverture d’agences.Notre déploiement se fera donc de manière progressive et maîtrisée, en combinant présence physique sur le terrain et solutions numériques. Dans les régions où nous ne sommes pas encore implantés physiquement, le digital nous permettra d’atteindre les populations avec nos produits, en attendant d’y consolider notre présence.

S : Que répondez-vous à ceux qui craignent les lourdeurs liées au caractère public de la Banque Postale ?

I.B : Le caractère public de notre actionnariat ne doit pas être confondu avec une gestion administrative de la banque ! Nous évoluons dans un secteur hautement réglementé et fortement concurrentiel. C’est vrai que notre capital est majori-tairement public, mais nous fonctionnons en tout point comme une banque privée. Nous devons nous adapter aux exigences du secteur et respecter les mêmes standards de profes-sionnalisme, de gouvernance, de contrôle et de performance que n’importe quel autre établissement bancaire. La culture de célérité et de responsabilité propre à l’industrie bancaire, nous l’avons pleinement intégrée.

Peu importe l’origine du capital, qu’il soit privé ou public, nous devons respecter les mêmes standards. Au départ, beaucoup pensaient que le caractère public de la BPBF constituerait un frein à sa performance, sans tenir compte du dynamisme des femmes et des hommes qui font vivre cette banque au quotidien. Nous sommesune banque à capitaux majoritairement publics, et nous sommes pourtant parvenus, aujourd’hui, à challenger les autres établissements de la place.

S : Quelle place l’éthique occupe-t-elle dans votre gouvernance ?

I.B : Pour moi, l’éthique doit être vécue à la fois comme une conviction personnelle et comme un principe de gouvernance. A la Banque Postale, l’intégrité est le premier capital sur lequel nous travaillons. Je le dis souvent à mes collaborateurs, l’éthique, tout comme
la conformité, constitue l’ADN de toute culture organisationnelle. Sans éthique, on ne crée pas de valeur durable. Pour paraphraser Warren Buffett, lorsqu’on recherche un collaborateur, trois qualités comptent : l’intégrité, l’intelligence et l’énergie. Mais s’il lui manque la première, les deux autres finissent par vous desservir. Autrement dit, sans éthique ni intégrité chez nos collaborateurs, il ne peut y avoir de véritable progrès. On peut afficher les meilleures performances du monde, mais lorsqu’un problème de réputation survient, tout peut s’effondrer d’une minute à l’autre. Pensez un instant à la faillite en 2001 de ENRON, ce géant américain du courtage et du négoce des matières premières ! La réputation se construit dans la durée, mais elle peut se détruire en un instant. C’est pourquoi, à la Banque Postale, nous avons choisi de bâtir notre culture d’entreprise sur des standards éthiques exigeants.

S : Quelles sont désormais les ambitions à court, moyen et long terme ?

I.B : A court terme, il s’agit de consolider nos performances, de renforcer la satisfaction de notre clientèle, de continuer à améliorer notre efficacité opérationnelle et de consolider notre maîtrise des risques. A moyen terme, nous voulons renforcer la présence de
la Banque Postale sur la place bancaire burkinabè, développer davantage nos services digitaux afin d’attein-dre les clients dans les zones où la banque n’est pas
encore physiquement présente, renforcer l’accompagnement des ménages et des PME
et consolider notre position-nement sur l’inclusion finan-cière.
A long terme, notre ambition est d’installer durablement la Banque Postale parmi les institutions financières de référence au Burkina Faso.
Il s’agit également de faire de la BPBF un acteur incontournable de l’inclusion financière et un partenaire durable du financement de l’économie nationale. Notre ambition, à moyen comme à long terme, n’est pas de grandir vite, mais de grandir bien : construire une institution financière solide, appelée à compter durablement dans le paysage bancaire burkinabè.

S : Où en êtes-vous, concer-nant le relèvement du capital minimum à 20 milliards de F CFA ?

I.B : En 2025, la banque a porté son capital social à 20 milliards de F CFA. Nous étions donc déjà en conformité avec cette exigence réglementaire. Mais, en 2026, nos actionnaires ont jugé nécessaire d’aller plus loin, en renforçant davantage les fonds propres de la banque, afin de lui donner les moyens d’accompagner plus largement l’économie nationale. C’est ainsi que le capital de la banque a été porté à 26 milliards de F CFA, à l’occasion de la dernière Assemblée générale extraor-dinaire tenue le 5 août 2026.

S : Quel message adressez-vous aux collaborateurs, clients, populations et autorités ?

I.B : D’abord, à mes collaborateurs : les résultats obtenus sont les leurs. Je salue l’engagement de chacun, le professionnalisme et les sacrifices consentis. Mais ces performances nous confèrent surtout une responsabilité, celle de continuer à faire mieux, car nous sommes désormais attendus pour les années à venir. A nos clients, nous exprimons toute notre gratitude pour la confiance qu’ils placent en nous. Nous savons que
cette confiance se mérite au quotidien, et nous continue-rons à travailler pour que la banque soit toujours plus proche d’eux, plus réactive et plus attentive à leurs besoins.

Aux populations et à nos futurs clients, je veux dire que la Banque Postale est une banque qui veut accompagner les Burkinabè dans leurs projets et contribuer à rendre les services financiers accessibles au plus grand nombre.
Enfin, aux autorités, à nos actionnaires et à nos partenaires, j’exprime toute notre reconnaissance pour la confiance et l’accompa-gnement dont la banque a toujours bénéficié. Notre responsabilité, désormais, est de transformer cette confiance en résultats tangibles et en contribution concrète au développement socio-économique du Burkina Faso.

Interview réalisée par
Mahamadi SEBOGO

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