RAFFINOR -BF ou la trouvaille en or de la volonté qui honore tout un peuple ! Oui le
Burkina Faso a désormais sa propre raffinerie d’or depuis le 28 septembre 2026. La pose de la première pierre s’est effectuée le 23 novembre 2023. C’est une société d’économie mixte à participation majoritaire de l’Etat. Elle entend produire 164 tonnes d’or par an avec une projection de 515 tonnes après extension. Le coût de l’investissement est de 11 milliards
F CFA. C’est avec fierté que le camarade Président, le capitaine Ibrahim Traoré a inauguré le joyau en or le 28 septembre 2026 à Ouagadougou. Le sourire du capitaine était autant doré que le lingot qu’il avait brandi. Pour un pays classé troisième producteur d’or d’Afrique, il y a de quoi célébrer une telle prouesse. Oui, c’est une prouesse, parce que pendant longtemps, nous avons extrait nos minerais grâce à des multinationales venues de pays dits développés.
La question de l’or était un sujet presque tabou sur lequel, même les spécialistes tournaient autour du pot. L’exploitation de notre or par des entreprises étrangères suscitait d’étranges supputations qui allaient du scandale aux révélations officieuses sans suites officielles. Le silence était donc d’or et l’or faisait taire parfois à jamais ceux qui osaient s’y frotter avec une langue pendue. L’or, c’était la chasse gardée d’une clique à fric au gouvernail et d’un conglomérat de pèlerins piocheurs prêts à sacrifier quelques lingots pour partir avec le magot. L’or était le symbole de nos torts, parce qu’il était difficile de comprendre que notre sous-sol en était pourvu mais que nos poches restaient dépourvues de la moindre poussière dorée. Cette situation persistante a fini par être admise comme une des caractéristiques mystiques de l’or : “l’or est insaisissable, l’or est maléfique, l’or ne peut développer un pays, l’or est un métal fatal, parce que là où il est, il n’y a rien de bon et même ceux qui en profitent finissent mal”, bref, tel était le procès de l’or jugé par ignorance ou le subterfuge en or des vendeurs d’illusions enivrantes.
Le Capitaine a encore “frappé” pour parler au rythme des expressions en vogue. Oui il a frappé fort dans la mêlée des incrédules endurcis et sans scrupules qui ont toujours pensé qu’être Burkinabè, c’est être un citoyen au rabais. Le Capitaine a encore fait de la magie là où une simple pose de pierre oubliée suffisait pour nourrir l’espoir béat du peuple soumis. Il a réalisé ce qui semblait impossible dans le mental de l’espèce politique d’antan, l’ère où la politique n’avait d’éthique que pour le fric. Rien ne sert de comparer les quatre ans de pouvoir du Capitaine à d’autres qui en ont fait plus, parfois jusqu’au soir d’une vie. Rien ne sert de dire qu’il est passé par un coup de force, parce que même le destin reçoit ses coups chaque jour.
Hier, nous transportions nos minerais en occident pour être traités, jusqu’à ce que le charbon fin vienne mettre fin à la faim inassouvie de tout un système. Pendant longtemps, nous avons été exploités par l’entremise de nos propres dirigeants. Des contrats scellés sur fond de commission de 10% en passant par les compromissions dont seul notre sous-sol peut témoigner depuis les sombres profondeurs de ses entrailles. Finalement, l’or n’est pas une malédiction, c’est une belle opportunité de croissance économique, une niche de
capitaux sûr et notre réserve d’or est un gage de solvabilité fort vis-à-vis de certains partenaires qui préfèrent caresser un lingot d’or que de palper des liasses froissées aux senteurs frivoles. Parce que l’or n’est pas craquant, mais il attire à nos pieds les plus grandes compagnies extractives. Et cette fois-ci, avec le nouveau Code minier de 2024, l’Etat a renforcé sa position et les intérêts des acteurs nationaux.
C’est dire que cette raffinerie vient maximiser la valeur ajoutée nationale en matière de transformation et d’exportation d’or. Il reste à veiller à la bonne gestion de cette structure de raffinage pour faire en sorte que les performances escomptées aient un réel impact sur les revenus de l’Etat, sur les emplois et la viabilité des entreprises burkinabè. Cette
raffinerie va également contribuer à booster la production, réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur et partant, participer à renforcer les stocks de souveraineté déjà rassurants. En décembre 2024, les 447 tonnes de charbon fin ont été traitées
localement et le gouvernement avait réceptionné 93 kg d’or provenant du traitement de 142 tonnes de résidus. C’est dire que désormais le charbon fin ne sera plus destiné à d’autres fins si ce n’est la fin de notre dépendance pour une souveraineté totale.
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr






