Politique étrangère: des recommandations pour une synergie d’actions

Les ministres ont convenu de la nécessité d’institutionnaliser les journées de dialogue.

Les premières journées de dialogue Défense, Sécurité, Finances et Diplomatie, ont pris fin le mardi 17 février 2026, à Ouagadougou, sur une note de satisfaction. Les acteurs ont formulé des recommandations pour une meilleure synergie d’actions.

Si ce cadre n’existait pas, il fallait le créer. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus les participants aux premières journées de dialogue Défense, Sécurité, Finances et Diplomatie. Tenues les 16 et 17 février 2026 à Ouagadougou, ces journées ont constitué un véritable cadre de réflexion collective et de débats constructifs autour de la politique étrangère du Burkina. « Durant ces deux jours, nous avons confronté nos analyses, croiser nos expertises et harmoniser nos visions », a indiqué le ministre d’Etat, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé.

Il a estimé que l’ensemble des interventions ont posé les bases d’un principe désormais irréversible. Celui selon lequel la défense des intérêts du Burkina Faso doit être intégrée, coordonnée et stratégique. « La géopolitique contemporaine ne laisse aucune place à l’improvisation. Le monde se reconfigure, les alliances se redessinent et les rapports de force s’intensifient. Dans ce contexte, un Etat qui agit en solo s’affaiblit. Mais, celui qui coordonne ses forces se renforce et le Burkina Faso a décidé de se renforcer », a-t-il noté. A l’entendre, ces journées ont permis d’approfondir la compréhension mutuelle des participants sur les mutations géopolitiques, régionales et internationales.

« Nous avons aligné davantage nos instruments. La défense pour protéger, la sécurité pour stabiliser, les finances pour soutenir et la diplomatie pour coopérer », a indiqué le général Simporé. De son avis, la souveraineté ne se proclame pas mais s’organise, se structure et se défend. L’un des temps forts de ces journées a été le panel de haut niveau animé par les ministres chargés de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Economie. Leurs interventions autour du thème : « Diplomatie et contexte géopolitique et sécuritaire : synergies pour une optimisation de la défense et de la protection des intérêts nationaux » ont permis de dégager une vision claire. Celle d’une diplomatie de combat, de cohérence et de résultats.

Perpétuer ces journées

Les premières journées de dialogue Défense, Sécurité, Finances et Diplomatie, ont été, par ailleurs, le lieu pour les participants de formuler des recommandations en vue d’une meilleure synergie entre acteurs chargés de la mise en œuvre de la politique étrangère du Burkina. Il s’agit notamment de l’institution d’un cadre de formation harmonisé au profit des personnes nommées dans les missions diplomatiques et les postes consulaires du Burkina Faso à l’extérieur, ainsi que la mise en place d’un programme de coopération entre les grandes écoles de formation des différents départements ministériels concernés. Au nom du gouvernement, le ministre chargé de la Guerre a promis que ces recommandations ne resteront pas lettre morte.

« Elles seront examinées avec vigueur, hiérarchisées avec méthode et traduites en action, car l’intérêt supérieur du Burkina exige cohérence et efficacité », a-t-il estimé. Les participants ont rendu hommage au Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré à travers un mémorandum. « Sous son leadership, notre diplomatie connait des repositionnements stratégiques majeurs. Le Burkina assume désormais sa souveraineté avec dignité. Il ne subit plus l’histoire mais contribue à l’écrire », a clamé le général Simporé. Tout en remerciant les participants aux journées, il les a invités à faire de la cohérence stratégique, une méthode de travail.

« Les nations qui survivent sont celles qui savent unir leurs forces autour de leurs intérêts communs », a-t-il affirmé. Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a souhaité que ces journées soient perpétuées. « Ce cadre nous a permis d’harmoniser nos démarches et de faire en sorte que, lorsque nous allons défendre les intérêts du Burkina Faso à l’étranger, nous soyons comme un seul homme, peu importe notre département ministériel », a-t-il confié. Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, quant à lui est convaincu que cette initiative va permettre de réduire les cloisons entre les différents départements ministériels.

 

Nadège YAMEOGO
Patricia TAONSGO
(Stagiaire)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.