« Chers camarades, une année s’achève, une autre commence. La région de Koulsé a été éprouvée, mais elle n’a pas courbé l’échine. Au contraire, de bons résultats ont été atteints dans tous les domaines de la lutte pour la liberté, la souveraineté, et pour la dignité. Ces trois grandes aspirations du peuple burkinabè sont, entre autres, la principale finalité de la Révolution progressiste et populaire. En termes de résultats, au cours de l’année 2025, le plus apparent est la reconquête du territoire dans la région des Koulsé.
Sur ce plan, il est constaté que le retour de plusieurs villages précédemment déplacés dans leur localité d’origine est de plus en plus une réalité factuelle. Si ces retours nous confortent quant à la fin de la guerre contre le terrorisme, qui n’est plus loin, il est aussi impératif de demeurer vigilant. En effet, l’ennemi, dans une posture de derniers soubresauts, est toujours capable d’actes macabres, mais il rencontrera toujours de valeureux et dignes FDS, VDP et des filles et fils du Burkina Faso, toujours prêts à lui barrer la route pour l’empêcher de réaliser son plan funeste contre notre pays et contre les pays frères, le Mali et le Niger.
C’est le lieu de témoigner une profonde reconnaissance à tous les Voltaïques et à tous les Burkinabè qui, pour la liberté, la souveraineté et la dignité, ont accepté et acceptent le sacrifice suprême. Pour cela, je rappelle le thème de la commémoration 2025 de l’accession du Burkina Faso à l’indépendance : « Sacrifice de nos martyrs, flamme de notre résistance, ensemble pour une souveraineté totale et assurée. » Les succès sur le plan sécuritaire dans notre région sont une résultante de tous les efforts de tous dans tous les domaines.
Alors, j’exhorte les uns et les autres, acteurs étatiques comme du privé, à maintenir, voire renforcer, l’élan actuel qui contraint l’ennemi à changer de mode d’action. Permettez-moi donc de rendre prioritairement un vibrant hommage à nos FDS et à nos VDP présents sur tous les fronts, malgré l’adversité des batailles. À eux et à leurs braves conjoints et enfants, je leur souhaite un nouvel an de paix et de renforcement des liens de famille. Que 2026 soit la dernière année du terrorisme dans notre région et au Burkina Faso! À tous ceux qui ont payé le prix fort pour la liberté, la souveraineté et la dignité, sachez que votre sang versé n’est pas perdu. Pour les siècles à venir, il nourrit éternellement la conscience des Burkinabè.
J’ai aussi une pensée pour les filles et fils qui ont été blessés, tant physiquement que moralement. En cette période de passage vers l’année 2026, je voudrais particulièrement interpeller la jeunesse de la région de Koulses. Je vous demande de prendre la juste mesure de votre rôle et place, à travers cette affirmation du héros national, le président Thomas Sankara : « Une jeunesse mobilisée est une puissance qui effraie même les bombes atomiques. » Vous êtes un espoir pour la patrie, mais aussi une cible pour l’ennemi. Il vous appartient de vous départir du penchant pour le gain facile et, surtout, de vous former. Soyez toujours à la recherche de la vérité et du savoir, car la vérité et le savoir, parfois sources de pouvoir, vous permettront de résister aux diverses et multiples tentations et embûches.
Jeunes filles et jeunes garçons des Koulsé, soyez toujours unis et solidaires. L’ennemi guette la moindre lézarde en votre sein pour frapper et vous diviser. Si l’avenir repose sur la jeunesse, la jeunesse doit aussi faire preuve de courage. Et rappelez-vous à chaque instant que « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». Thomas Sankara. Notre combat permanent pour la liberté et pour la dignité trouve tout son fondement sur ce que nos ancêtres et devanciers ont subi à la rencontre de certaines civilisations. D’ailleurs, nous continuons d’en souffrir.
Alors, le courage est certes nécessaire, mais il restera stérile si la jeunesse de la région des Koulsé ne s’approprie pas particulièrement l’histoire du Burkina Faso. Car, comme disait Karl Marx, celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre. Je suis convaincu qu’aucun Burkinabé ne veut encore revivre l’indignité de l’esclavage, tant par déportation que sur place. La vigilance est recommandée car des tensions ou des conflits sont créés de toutes pièces pour nous distraire et nous éloigner des vrais défis, tels que le développement, la sécurité alimentaire, l’accès à la connaissance.
Bref, le droit au bonheur et au bien-être. Lors du lancement des travaux de l’autoroute Ouaga-Bobo, le camarade président, chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, dans son adresse, a prononcé trois mots qui doivent retenir l’attention de tous : « Sur fond propre. » Que chacun comprenne. Il nous révèle que le peuple Burkinabé est capable de se développer lui-même. Chers camarades des Koulsé, la reconquête qui gagne du terrain est une victoire de tout le peuple Burkinabé qui dit non à la servitude. Le plan de déstabilisation par les armes a échoué. Cependant, l’un des nouveaux défis est la cohésion sociale.
C’est pourquoi, en cet instant, je saisis l’opportunité pour rappeler à chaque fils et fille des Koulsé, particulièrement ceux qui sont des leaders d’opinion, que les crimes les plus abjects contre l’homme ou l’humanité ont toujours eu pour origine le déni de l’humanité de l’autre. Ce déni commence toujours par des simples paroles qui blessent et qui stigmatisent. Ensuite, ce sont des paroles qui incitent au passage à des actes extrêmes et irréparables. J’en appelle à une prise de conscience individuelle et collective pour dire non et pour stopper dès maintenant la dérive langagière avant qu’il ne soit trop tard. Avant de terminer mon adresse, il convient de remarquer la résilience héroïque des populations retournées.
À tous ceux qui soutiennent ces populations dans le retour, notamment les chefs de circonscriptions administratives, les agents de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, et etc, je vous félicite pour votre sens élevé du devoir. Aux humanitaires et associations de développement, votre présence constante au côté de l’État est aussi très appréciée. Je ne saurais m’abstenir de magnifier le rôle et les efforts, souvent discrets et silencieux, de nos chères autorités coutumières et religieuses. Continuez d’être des phares très éclairants et rassurants dans les moments de doute, de turbulence et de brouillard.
Je conclus mon propos en saluant le travail des acteurs des médias qui contribuent de manière significative à l’édification de la paix, tout en concourant à faire du vivre ensemble une possible réalité entre tous les fils et filles de la région, sans distinction de sexe, d’ethnie ou de religion. Je les invite à n’économiser aucun effort qui affine leur sens de la responsabilité sociale du journaliste. Bonne et heureuse année 2026 aux Koulséens et Koulséennes, vive la région des Koulsé, vive le Burkina Faso ! ».
Propos recueillis par Emil Abdoul Razak SEGDA
Segda9emil@gmail.com






