Salam du Ramadan/Thème central : Les relations interpersonnelles: les relations d’apprentissage

Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux.
Louanges à Allah, l’Omniscient, le Sage, qui a enseigné à l’homme ce qu’il ne connaissait pas. Il a fait, également, de l’Islam, la religion de la connaissance. Que Sa paix et Ses bénédictions soient en abondance sur le Messager de miséricorde, envoyé à l’univers comme tel et sur l’ensemble des croyants de tous les temps.

« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume, a
enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas » (S96 V1-5). Telle fut la toute première révélation du noble Coran par laquelle Allah enjoint, à l’homme, la quête de la science. Le musulman est, alors, appelé, du berceau à la tombe, à être dans cette dynamique de l’éducation, du savoir, du livre, du déchiffrement, de la quête de l’esprit critique. C’est la raison pour laquelle, le Coran, dans maints versets, parle à ceux qui sont doués d’intelligence.

« Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, sont-ils égaux ? Seuls réfléchissent ceux qui se remémorent, ceux doués d’esprit » (S39 V8-9) nous dit Allah. La réalité est que, conformément à la parole du Prophète : « La recherche de la science est une obligation pour tout musulman », l’homme, pour être un bon musulman doit avoir la connaissance au risque d’être dans un suivisme naïf. Cette obligation s’impose à tous, homme comme femme, riche ou pauvre, jeune ou vieux de quelle que couleur ou race que ce soit.

La connaissance du musulman doit lui permettre d’avoir une vie épanouie ici-bas et réussir dans l’au-delà surtout que son souci majeur se résume dans l’invocation suivante :
« Seigneur Allah, accorde-nous une belle part dans ce monde, une belle part dans l’au-delà et préserve-nous de l’Enfer ». C’est pourquoi, la quête de la connaissance doit concerner les sciences religieuses pour bien adorer son Seigneur mais, également, les sciences
profanes afin de vivre dignement.

Le musulman se met, donc, quel que soit le domaine, dans une posture d’apprentissage. Entre l’apprenant et l’Enseignant, l’apprenti et le Maître, une certaine éthique doit être respectée afin d’avoir la baraka d’Allah.
La première des choses, pour l’apprenant comme l’Enseignant, est de savoir que c’est Allah, l’Omniscient, qui éduque, qui enseigne. Il faut, alors, l’invoquer afin qu’il accorde la connaissance comme Il l’enseigne dans le noble Coran : « Et dis : « Ô mon Seigneur, accrois mes connaissances » » (S20 V114).

En vérité, c’est Allah qui vous instruit. Il est, toutefois, de notre responsabilité de bien choisir les établissements dans lesquels nos enfants doivent être formés. Allah nous dit « Instruisez-vous auprès des gens de science, si vous n’en êtes pas » (S16 V43). Par cette injonction, les parents ont la responsabilité de choisir, pour leurs enfants, un établissement, un formateur, un instructeur de qualité. Ainsi, ils auront une meilleure formation, que ce soit en formation théorique ou en formation pratique ou de métier, pour compter parmi les meilleurs.

Un élément assez essentiel est que cette formation doit lui permettre d’atteindre ses deux objectifs précités de vie en tant que musulman. Il doit pouvoir vivre pleinement sa foi et continuer de la belle manière son apprentissage.
Aussi, il sied de rappeler que l’apprenant ou l’apprenti doit une certaine révérence à l’Enseignant, au Maître. Il est celui par qui tu quittes le niveau de l’ignorance à celui de la connaissance dans un domaine donné. Il est ton Père « scientifique ». Il faut, alors, se montrer très attentionné et prévenant à son égard.

A travers son comportement, il doit faire preuve de ce respect. Il n’appartient, donc, pas, à celui qui apprend, de manquer de respect à celui qui l’enseigne. Jamais, il ne doit hausser le ton devant lui encore moins lui proférer des paroles blessantes ou des injures.
Malheureusement, il est assez récurrent, de voir certains élèves, étudiants ou apprentis, manquer, de manière notoire, de respect aux Enseignants.

Quand nous étions étudiants, dans nos amphis, mêlés à la masse, certains, effectivement, insultaient les Professeurs qui avaient peut-être l’âge de leurs pères. C’est dire qu’ils étaient capables d’insulter leurs propres géniteurs s’ils en étaient arrivés là. Comment voulez-vous que Dieu bénisse votre savoir quand vous insulter ceux-ci par qui vous les avez ? A la fin, on acquiert un diplôme dépourvu de toute bénédiction à moins qu’on se rappelle ce comportement inapproprié et demander pardon et revenir repentants au Seigneur. On s’étonne après d’avoir la connaissance mais de ne pouvoir l’exploiter. Nous devons nous réinterroger.

Également, dans notre pays, ici, des Enseignants ont été frappés par ceux qu’ils sont sensés former. C’est une
aberration contre laquelle les autorités doivent prendre toutes les mesures appropriées.
Il faut, en outre, souligner que l’Enseignant, doit, aussi, se comporter en bon Père de famille. Il doit rester digne de son statut pour mériter tout le respect. Aucun Enseignant ne doit s’attendre à ce respect s’il passe du temps, avec ses apprenants, en boite de nuit, à
festoyer, s’il descend les culottes de ses apprenantes, s’il monnaie ses notes que ce soit par de l’argent ou par des rendez-vous tard dans les nuits, dans son bureau ou ailleurs. Le bruit court vite et comme il est dit « les murs ont des oreilles ». Il s’agit, là, d’un sacrilège.
En outre, à côté du respect, il faut une relation de loyauté entre les deux, surtout entre l’apprenti et le Maître.

Le premier doit se concentrer pour apprendre. Il doit faire preuve d’une assiduité remarquable tout au long de son processus d’apprentissage. Il doit supporter tous les calvaires normaux de sa formation. Bref, la patience et l’endurance sont nécessaires dans tout processus de formation. L’apprenant doit éviter de sauter les étapes parce que se croyant intelligent.
Dans nos ateliers, certains apprentis sont trop pressés. Sans finir convenablement la formation, ils décident de s’installer pour leur propre compte alors qu’ils n’ont pas toute la maitrise du métier.

Même si, dès les premiers moments, ils peuvent avoir de nombreux clients, leurs carences finiront par avoir raison d’eux puisque ces derniers repartiront comme ils sont venus. Et les voilà en train de traiter Dieu de tous les noms. Au lieu de se remettre en cause et repartir à la formation, certains d’entre eux risquent la dépression, d’autres courront d’Imams en Imams, de Prêtres en Prêtres, de Pasteurs en Pasteurs, de Féticheurs en Féticheurs. Et en fin de compte, ils deviennent une perte pour eux, pour leur famille, pour la société.

Le manque de loyauté dans nos ateliers pousse certains apprenants à créer des ateliers clandestins chez eux à la maison et à détourner les clients du Patron. Ils mettent une certaine concurrence déloyale entre eux et le Patron, d’autant plus que ce dernier n’est au courant de rien. Après, on se plaint d’avoir l’argent et de ne savoir où il rentre. C’est juste parce qu’il n’est pas propre, il est dépourvu de baraka.

En revanche, le Maître doit faire preuve, à l’égard de l’apprenti, d’une sincérité dans sa formation. Il doit le traiter comme son enfant. Il doit, à son égard, être professionnel. Il doit lui apprendre tous les rouages du métier. Et quand il le sentira prêt, il pourra si
l’apprenant le veut, le libérer avec toutes ses bénédictions de Maître. Certains de ceux d’avant ont prospérer parce qu’ils ont été sincères envers leurs apprentis et ces derniers, fidèles aux Maîtres.

Les apprentis sont restés apprendre pendant des années. Et même quand ils ont maitrisé le travail, ils sont restés quand même aider le Patron avant de sortir ouvrir, avec les bénédictions de ce dernier, leurs propres ateliers. Malheureusement, aujourd’hui, tout le monde est pressé alors que la patience est un chemin d’or.
Seigneur Allah, donne-nous la clairvoyance de mettre la quête de Ton amour au-dessus de tout autre.

NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI

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