Un peu partout dans le monde, les pouvoirs publics, les entreprises et mêmes des personnes physiques sont de plus en plus visés et de façon récurrente, par des fakes news et la désinformation. Le Burkina Faso n’est pas épargné par cette triste réalité souvent alimentée par des acteurs (activistes et médias traditionnels) officiant au-delà des frontières. Ces derniers jours, les exemples sont légions avec des messages attribués à des autorités, des citations truquées et des communiqués montés de toutes pièces.
Des plus récents, on retient une publication sur les réseaux sociaux qui informe que le Burkina Faso a vendu sa Société nationale d’électricité (SONABEL) à une entreprise étrangère. A cela s’ajoute un prétendu communiqué du parquet du Tribunal de grande instance de Ouaga 1, faisant état d’un cas de vol de numéraires et d’autres biens au préjudice d’un ancien ministre et dont le mis en cause serait un élément de sa sécurité rapprochée. Bien avant, ce sont des propos qui ont été attribués au ministre de la Guerre lors d’une de ses sorties pour encourager les forces combattantes.
Dans la plupart des cas, ces fausses informations sont le fait d’individus de mauvaise foi qui travaillent, parfois dans le cadre de campagnes de désinformation savamment orchestrées aux desseins inavoués mais suffisamment perceptibles à travers les cibles qu’ils visent. Ces situations, si besoin en est, viennent encore rappeler aux internautes la nécessité de toujours vérifier l’information avant de l’admettre comme authentique. Cela implique donc de faire preuve de vigilance en se référant uniquement aux canaux officiels pour avoir une information fiable.
La problématique de la désinformation et des fakes news est devenue plus que préoccupante et mérite qu’on s’y penche véritablement. L’essor des technologies de l’information et de la communication a révolutionné le secteur des médias et de l’information. En effet, avec l’avènement des réseaux sociaux, l’information s’est accrue et accessible à tous sans qu’on y trouve nécessairement la qualité. Ainsi, comment faire face à la propagande, à la désinformation, à cette « insécurité informationnelle » qui polarisent, de façon récurrente, l’opinion publique et sont susceptibles de saper les efforts des gouvernants ?
Ou encore, comment les citoyens peuvent-ils s’armer face au phénomène de désinformation ? Il est difficile de trouver des réponses à ces interrogations dans cette nouvelle ère médiatique où presque tout le monde produit l’information. Par voie de conséquence, il est impératif de développer des stratégies efficaces pour contrer ces désinformateurs qui innovent constamment à l’effet de parvenir à leurs fins sordides.
Une offensive de lutte contre la désinformation se doit donc d’être engagée, pour garantir le droit du public à une information juste et saine. Pour y parvenir, les gouvernants doivent déployer des efforts supplémentaires et être encore plus alertes en combinant sensibilisation et répression.
Ainsi, la promotion de l’éducation aux médias et la « littératie » numérique devraient être reconsidérée comme des outils clés pour permettre aux citoyens de « naviguer » dans ce nouveau paysage médiatique de plus en plus complexe. En somme, il faut sensibiliser davantage les populations à l’usage des réseaux sociaux et surtout avoir du discernement dans l’interprétation des informations qu’elles reçoivent.
Par ailleurs, les autorités judiciaires et de lutte contre la criminalité en ligne doivent intensifier la répression parce que ces fakes news ont des conséquences inimaginables sur la mobilisation de la population, le moral des forces combattantes et au finish, la quête de la souveraineté nationale.
Soumaïla BONKOUNGOU






