
En marge de sa tournée de suivi de la campagne agropastorale 2026-2027, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Ismaël Sombié, a présidé, dans l’après-midi du lundi 14 septembre 2026, une rencontre d’échange avec les acteurs du monde rural de la région du Gulmu, dans la salle de réunion du Gouvernorat de Fada N’Gourma.

Le ministre a ainsi tenu à être à l’écoute des producteurs et à s’imprégner de leurs préoccupations afin d’y apporter des réponses. À l’entame de son intervention, il a dit être venu également leur transmettre un message du Président du Faso. Puis, il a invité l’assistance à observer une minute de silence en hommage aux Forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux supplétifs de la patrie, saluant leur engagement dans la défense du territoire national. Ismaël Sombié a également salué la résilience des agriculteurs, des éleveurs et des transformateurs, dont l’engagement demeure essentiel à la consolidation de la souveraineté alimentaire. Il a rappelé que les acteurs du monde rural représentent plus de 70 % de la population nationale et constituent, à ce titre, un maillon stratégique de l’économie burkinabè.
Pour le ministre, cette dynamique de transformation du monde rural s’accompagne désormais d’investissements structurants. À Fada N’Gourma, il a notamment évoqué le chantier du nouvel abattoir, présenté comme le plus important des sept abattoirs actuellement en construction au niveau national.
Le renforcement de l’approvisionnement en eau potable figure également parmi les priorités. Le réseau de l’ONEA devrait, selon lui, connaître une augmentation de sa capacité de production afin de répondre davantage aux besoins des populations.
Dans le secteur agricole, il a soutenu que les appuis en intrants ont été considérablement renforcés, avec des volumes distribués multipliés par trois, voire quatre. À cela s’ajoutent le déploiement de forages à grand débit, les investissements dans la pisciculture à travers les cages flottantes, ainsi que la réalisation de forages pastoraux destinés à soutenir l’élevage.
Le ministre a également fait le point sur les aménagements hydrauliques, notamment le curage des barrages engagé dans le cadre du plan d’urgence. Selon ses dires, les travaux, interrompus en raison de l’hivernage, devraient reprendre à la fin de la campagne.
Plus de 7 millions de tonnes de céréales produites
Au-delà des investissements, Ismaël Sombié a mis en avant les résultats enregistrés au cours de la première phase de l’Offensive agropastorale et halieutique, couvrant la période 2023-2025. Dotée d’une enveloppe de 274,9 milliards de FCFA, cette première phase a permis au Burkina Faso d’atteindre un niveau historique de production de plus de 7 millions de tonnes de céréales.
Pour l’année 2025, le taux de couverture des besoins céréaliers s’est établi à 124,6 %, témoignant, selon le ministre, des progrès réalisés dans la quête de la souveraineté alimentaire.
Mais ces performances nationales ne masquent pas les disparités entre les différentes zones du pays. Pour soutenir les ménages vulnérables, près de 57 000 tonnes de céréales ont été mobilisées en 2026 par la SONAGESS.
Le gouvernement entend poursuivre cette dynamique avec le lancement de la deuxième phase de l’Offensive agropastorale et halieutique. Celle-ci bénéficie d’une enveloppe annoncée de plus de 800 milliards de FCFA et élargit son champ d’intervention aux secteurs de l’eau et de l’environnement, avec l’ambition affichée de consolider durablement la souveraineté alimentaire.
Si les acteurs reconnaissent les efforts engagés, ils n’ont pas manqué de faire entendre leurs préoccupations.
Les producteurs et transformateurs ont relevé le coût élevé du crédit ainsi que la complexité des procédures bancaires. Pour plusieurs d’entre eux, l’absence de fonds de roulement suffisamment adapté à leurs activités constitue un frein à la croissance de leurs entreprises. Ils ont ainsi plaidé pour la mise en place d’un mécanisme spécifique destiné à renforcer la trésorerie des unités de transformation agroalimentaire de la région.
La filière élevage connaît, elle aussi, des difficultés. Les éleveurs, particulièrement dans le secteur porcin, ont fait état de maladies récurrentes et de mortalités qui occasionnent d’importantes pertes économiques. Ils souhaitent un renforcement de l’encadrement vétérinaire et un meilleur accès à des intrants de qualité.
Du côté des transformateurs, la demande porte surtout sur la modernisation des équipements, indispensables pour accroître les capacités de production et améliorer la compétitivité des unités locales.

Des réponses satisfaisantes apportées
Autre sujet préoccupant : les conséquences de l’insécurité sur les activités commerciales.
Le marché à bétail de Fada N’Gourma, autrefois un important point d’attraction pour les commerçants et acheteurs, fonctionne aujourd’hui au ralenti. L’insécurité a perturbé les circuits commerciaux et inversé certains flux. La baisse de fréquentation par les acheteurs traditionnels fragilise ainsi un pan important de l’économie locale.
Face à cette situation, les acteurs du monde rural ont appelé le gouvernement à maintenir une présence constante à leurs côtés et à renforcer leur écoute afin de mieux accompagner les populations confrontées aux conséquences économiques et sociales de la crise sécuritaire.
Face à ces préoccupations, le ministre d’État, Ismaël Sombié, s’est voulu rassurant. Tout au long des échanges, il a apporté des éléments de réponse aux différentes doléances, en indiquant les mesures déjà engagées et les pistes susceptibles d’être explorées pour surmonter les difficultés exprimées.
La rencontre de Fada N’Gourma aura ainsi permis de rapprocher davantage les décideurs des réalités du terrain. Pour les acteurs du Gulmu, l’enjeu est désormais de transformer les investissements annoncés et les appuis publics en résultats concrets : produire davantage, transformer localement, créer de la valeur et assurer des revenus durables aux populations rurales.
À travers la deuxième phase de l’Offensive agropastorale et halieutique, le gouvernement entend franchir un nouveau cap. Dans le Gulmu comme dans les autres régions du pays, le défi reste le même : faire de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la transformation agroalimentaire les piliers solides de la souveraineté nationale.
Adama SAWADOGO





