Thème central / Les relations interpersonnelles : les relations avec les orphelins

Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux.
Louanges à Allah, qui n’éprouve jamais le croyant pour le rabaisser mais pour lui permettre de gravir les échelons de la foi et d’avoir une proximité étroite avec Lui. Allah est Omniscient et Sage. Que Sa paix et Ses bénédictions soient en abondance sur le Messager de miséricorde, envoyé à l’univers comme tel et sur l’ensemble des croyants de tous les temps.

Le statut d’orphelin est un statut spécifique en Islam. Est orphelin, en principe, cet enfant légitime dont le père est décédé. Dans le modèle familial de l’Islam, il appartient aux hommes de prendre en charge, en fonction de leurs capacités, l’ensemble des besoins de la famille. C’est, aussi, la raison pour laquelle le statut d’orphelin est lié au décès de celui qui subvenait aux besoins de l’enfant. Cependant, il appartient aux savants de nos pays d’analyser les textes à la lumière de nos contextes pour voir s’il n’y a pas lieu de revoir ce statut. Dans nos pays, en effet, et contrairement au modèle islamique, de nombreuses familles ne tiennent que par les efforts des femmes.

La responsabilité de certains hommes ne se limite qu’à la procréation. Il appartiendra, alors, à leurs femmes de s’occuper entièrement des enfants à tel point que, souvent, en termes de satisfaction de leurs besoins, la présence des pères équivaudrait à leur absence.
L’orphelin, avec la perte de son géniteur, est, naturellement, dans une situation délicate nécessitant de la compassion, de la miséricorde afin qu’il puisse faire face à cette épreuve, garde espoir dans la vie et se battre pour un avenir radieux. Et Allah lie le traitement à réserver à cette personne vulnérable à la foi. En effet, Il dit, dans Son noble Coran, : « Vois-tu celui qui traite de mensonge la Rétribution ?

C’est bien lui qui repousse l’orphelin » (S107 V1-2). Par ce verset, nous comprenons que celui qui maltraite l’orphelin est celui qui n’a pas pris conscience qu’il retournera à son Seigneur et rendra compte de ses actes pour la bonne (Paradis) ou la mauvaise (Enfer) Rétribution. Dans cette même dynamique, Allah nous dit : « Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien ; (…) Et ne vous approchez des biens de l’orphelin que de la belle manière, jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité » (S9 V151-152). Il est important que chacun travaille à connaitre Dieu, à L’aimer, à Le craindre en toute circonstance et à vivre pleinement sa foi. Mais il serait encore mieux que cela soit généralisé dans nos familles.

Aujourd’hui, certes, la peur de la mort est une réalité, mais la question du devenir des enfants dans la famille, derrière soi, est, souvent, une plus grande préoccupation pour certains. Ils n’ont pas du tout tort quand on sait que, suite à des décès, des membres de certaines familles, très souvent, les frères, sœurs, géniteurs et oncles des défunts, avant même l’élaboration d’un programme des obsèques, ne sont préoccupés que par la sécurisation, à leurs seuls profits, des biens de ces derniers. L’état des orphelins et des veuves n’est guère une préoccupation pour eux. Pire, c’est dans cette situation qu’ils brutalisent la femme pour obtenir les documents des parcelles, de la voiture et des autres biens.
Après l’enterrement, les enfants sont, comme les différents biens de leur parent défunt, partagés entre ces derniers comme s’ils allaient bien s’occuper d’eux. Le plus chanceux sera celui qui continuera l’école sinon, il sera déscolarisé, envoyé au village pour cultiver et garder les animaux. La veuve, quant à elle, sera purement et simplement, renvoyée dans sa famille biologique. Venue comme une étrangère, selon eux, elle repartira comme telle.
Je profite demander aux lecteurs de protéger leurs familles en faisant, en plus du mariage religieux, le mariage civil pour qu’au cas où la foi des membres de la famille ne les amène pas à respecter les normes divines, que le juge les oblige au respect des droits des héritiers.

Aussi, demande est faite aux veuves, dans ces circonstances difficiles, de ne pas hésiter à saisir les autorités religieuses pour un règlement à l’amiable, spirituel de ces cas. En cas d’échec, saisissez les autorités étatiques qui ont le monopole de la contrainte publique. Allah recommande la bienveillance à l’égard de l’orphelin. Le tuteur doit éduquer l’orphelin comme son propre enfant. Au mieux, il ne doit faire aucune discrimination entre lui et les siens.

S’occuper convenablement d’un orphelin a beaucoup de mérites auprès d’Allah. Rappelons-nous cette parole : « Quand l’orphelin pleure, le Trône du Créateur frémit. Alors, Allah, Gloire à Lui, dit à Ses Anges : « Ô Mes Anges ! Quel est celui qui a fait pleurer cet orphelin dont j’ai enseveli le père dans la Poussière ? » Les Anges répondent : « Ô Allah ! Tu es l’Omniscient ». Allah leur dit alors : « Je vous prends à témoin, Ô Mes Anges, que celui qui le consolera et le satisfera, Je lui donnerai satisfaction le Jour du Jugement Dernier ».

En dehors du fait qu’on redonne l’espoir à un enfant dans sa bonne éducation, bien s’occuper de l’orphelin, c’est se garantir, soi-même, une place de choix, une place considérable au Paradis d’Allah. Le Prophète a dit : « Nous serons au Paradis, moi et celui qui s’occupe de l’orphelin comme cela » et il montra deux de ses doigts côte à côte. Dans un autre propos, il ajoute : « Celui qui subvient aux besoins de trois orphelins est semblable à celui qui passe la nuit en prières, qui jeûne le jour et brandit son épée pour la cause d’Allah.

Nous serons, lui et moi, au Paradis tels des frères, tout comme ceux-ci » et il joignit l’index et le majeur. La qualité du musulman réside, également, dans sa capacité à exprimer de la bonté, de la bienveillance et la miséricorde à cette vulnérable personne, souvent de qui on ne s’attend rien, l’orphelin. « La meilleure des maisons musulmanes, nous dit le Prophète, est celle où l’on héberge un orphelin et où on le traite avec bonté. En revanche, la pire des maisons musulmanes est celle où on héberge un orphelin et on le maltraite ». Effectivement, il nous est mis en garde contre la maltraitance de l’orphelin ainsi que de la dilapidation de ses biens acquis de l’héritage. En nous disant : « Éloignez-vous des sept grands péchés destructeurs », le Prophète cite, en bonne place, la dilapidation des biens de
l’orphelin.

Allah, pour ce qui est des biens de l’orphelin, ordonne au tuteur leur remise dans la totalité lorsque ce dernier atteindra un âge mûr. Il interdit, ainsi, au tuteur, d’en disposer de manière injuste. Il dit, à ce sujet, : « Et donnez aux orphelins leurs biens ; n’y substituez pas le mauvais au bon. Ne mangez pas leurs biens avec les vôtres : c’est vraiment un grand péché » (S04 V02). Certains sont étonnés malgré tous leurs efforts
d’investissements sur leurs propres enfants. C’est souvent du fait de l’injustice causée aux faibles sous vos responsabilités. Il est faite obligation, au tuteur, de bien gérer les biens de
l’orphelin, de le préparer à cette bonne gestion et de les lui remettre quand il sera prêt et à sa majorité.

C’est ce que nous fait savoir Allah dans ce verset : « Et éprouvez (la capacité) des orphelins jusqu’à ce qu’ils atteignent (l’aptitude) au mariage ; et si vous ressentez en eux une bonne conduite, remettez-leur leurs biens. Ne les utilisez pas (dans votre intérêt) avec gaspillage et dissipation, avant qu’ils ne grandissent.
Quiconque est aisé, qu’il s’abstienne d’en prendre lui-même. S’il est pauvre, alors qu’il en utilise raisonnablement ; et lorsque vous leur remettez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre » (S04 V06).

Allah nous prévient de la gravité de disposer injustement des biens de l’orphelin quand Il dit : « Ceux qui mangent (disposent) injustement des biens des orphelins ne font que manger du feu dans leur ventre. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l’Enfer » (S04 V10).
Seigneur Allah, fais-nous bienveillants et bienfaisants à l’égard des orphelins, des
pauvres et autres indigents.
Seigneur Allah, donne-nous la clairvoyance de mettre la quête de Ton amour au-dessus de tout autre.
NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI

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