Assurance maladie universelle Les acteurs de santé se préparent une mise en œuvre réussie dans le Guiriko

Les différents acteurs de santé ont revisité les fondements de l’Assurance maladie universelle, identifié les cibles concernées par la phase pilote et se familiariser avec les supports administratifs à renseigner pour garantir les remboursements.

Les agents de santé et responsables administratifs des districts sanitaires de Dô, Dafra et Karangasso-Vigué, dans la région du Guiriko, prennent part à des sessions de formation dans le cadre de la mise en œuvre du Régime d’assurance maladie universelle prévue le 1er février prochain. Ces formations se tiennent, les 28 et 29 janvier 2026, dans les différents districts sanitaires de la région.

A quelques jours de la mise en œuvre officielle du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), prévue pour le 1er février 2026, les formations sanitaires de la région du Guiriko s’activent. Mercredi 28 janvier 2026, dans la salle de réunion du district sanitaire de Dô, médecins, infirmiers, pharmaciens, caissiers et gestionnaires sont réunis autour d’un même objectif. Celui de comprendre les contours du Régime maladie universelle (RAMU) et s’approprier les outils nécessaires à sa mise en œuvre. Pour le Médecin-chef du district sanitaire (MCD) de Dô, Dr Mohamed Ouattara, cette étape est indispensable.

« Il s’agit de renforcer les compétences afin de permettre une mise en œuvre adéquate du régime », explique-t-il. Les participants sont ainsi amenés à revisiter les fondements de l’Assurance maladie universelle, à identifier les cibles concernées par la phase pilote et à se familiariser avec les supports administratifs à renseigner pour garantir les remboursements. Dans les échanges, une réalité s’impose.

La mise en œuvre du RAMU ne se limite pas à une décision administrative. Elle repose sur une organisation minutieuse au niveau des structures sanitaires. Au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Dô, le coordonnateur des soins infirmiers, Simplice Ky, souligne que la formation permet déjà de clarifier qui est éligible et dans quelles conditions les assurés peuvent accéder au panier de soins. Le coordonnateur des soins infirmiers insiste sur un point sensible. Il s’agit de la question des remboursements et de la disponibilité des médicaments. Son collègue coordonnateur des soins au Centre médical urbain de Accar-ville de Bobo-Dioulasso, Gaston Ouédraogo, relève que la formation aborde à la fois le cadre juridique du RAMU, les actes pris en charge et ceux exclus, ainsi que les difficultés potentielles liées à l’application du dispositif.

Appel à la compréhension et à la patience

Pour lui, la réussite du régime va dépendre en grande partie de la capacité de la Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU) à assurer des règlements dans les délais. « Cela permettra aux formations sanitaires de faire face à leurs dépenses et de garantir la disponibilité des médicaments », insiste-t-il. La charge de travail des agents de santé due à la mise en œuvre du RAMU, poursuit Gaston Ouédraogo, risque d’augmenter. Les nouveaux supports, jugés lourds et chronophages, à ses dires, viennent s’ajouter aux tâches quotidiennes.

C’est pourquoi il appelle à la compréhension et à la patience des patients, conscient que les délais d’attente pourraient s’allonger, surtout dans les premières semaines de mise en œuvre. Dans le district sanitaire de Dafra, la préparation se veut plus globale. Au district sanitaire de Dafra, la série de rencontres et de formations implique tous les acteurs du district. L’accent est mis, selon le médecin-chef, Dr Issaka Déra, sur la présentation du paquet de soins, le circuit du malade et l’utilisation de la plateforme numérique SIGRAMU, développée par la CNAMU. Cet outil, appelé à fonctionner en lien avec le système e-FIS de la gratuité des soins, doit permettre la saisie et le suivi des données. Là encore, le défi réside dans l’appropriation rapide de cet outil par les agents.

Le médecin au Centre médical urbain de Ouezzin-ville, Dr Farida Maïga, estime que c’est une excellente initiative qui permettra d’améliorer la prise en charge des patients à tous les niveaux de soin. Pour une réussite efficace, elle appelle à l’implication de tous les acteurs. Les prestataires de soins doivent s’appliquer au remplissage rigoureux des documents, tandis que la population doit activement s’enrôler auprès de la caisse d’assurance. Entre espoir d’un meilleur accès aux soins pour les assurés et réalités du terrain, la phase pilote qui s’ouvre à Bobo-Dioulasso et Ouagadougou va servir de test grandeur nature pour un régime attendu par de nombreux Burkinabè.

Kamélé FAYAMA

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