Une brise d’espoir

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Albert Ouédraogo et l’ensemble de la classe politique autour d’une même table. C’était le vendredi 26 août 2022, où avec les délégations des cinq composantes, l’ex-CFOP (Chef de file de l’opposition politique), l’ex-APMP (Alliance des partis de la majorité présidentielle), l’ex-ONA (Opposition non affiliée), les autres partis et le groupe de l’après 24 janvier, ils ont évoqué le chronogramme de la Transition qui prend fin en juillet 2024 avec les élections.

Pareille rencontre est la concrétisation de l’esprit des Burkinabè. Ils palabreront, se «déchireront» s’il le faut, mais jamais ils ne laisseront leur pays tomber en lambeaux. Une grande leçon de patriotisme donc, à ceux qui doutaient de la capacité du peuple burkinabè de pouvoir trouver ce minimum. Ce qui s’est passé ce jour n’est pas forcément inédit tant l’histoire de ce pays foisonne de situations où le Burkina a su rebondir là où d’autres ont chuté pour ne pas se relever.

Le consensus sur la rencontre préparatoire des élections, dans un contexte où le combat premier est la lutte contre le terrorisme, est à saluer avec la plus forte énergie. En scrutant le passé récent, qui prend source depuis le 24 janvier 2022, l’avènement du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), on peut le dire haut et fort, c’est bien la première fois que les acteurs premiers de la chose politique sortent avec un regard commun sur une solution nationale.

Ceux qui avaient crié à l’exclusion en juin dernier et souhaité et obtenu leur présence dans le comité technique ont tous salué la rencontre. Félicitations aux hommes politiques ? S’il est prématuré de le faire, il ne l’est pas de saluer l’esprit. Et extrapoler, voire rêver que l’esprit de la patrie, de la nation en guerre l’emporte sur les ambitions personnelles. Qui l’eût cru dans ce qui paraissait un schisme volé à petits morceaux inconciliables ? Donc, il est possible, de faire ensemble.

Le faire dans ce contexte d’insécurité à l’aube du premier bilan du président du Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, sur la lutte contre le terrorisme est à encourager. Il y aura des points de divergences. Qui va oser dire qu’il n’y en a pas dans la relecture du Code électoral ? Mais ce qui donnera un signal fort aux extrémistes et à ceux qui confessent le pire, ce seront les retrouvailles des patriotes.

Des hommes et des femmes qui, quoi qu’on dise, mesurent bien le degré d’insécurité. Vivement donc de nombreux points où les divergences seront mises de côté au profit des populations résilientes, des populations déplacées internes, de tous ceux dont la peur est devenue compagne. Au profit tout simplement d’un pays qui subit les affres d’une guerre dont il n’est que victime.

Que chacun joue alors sa partition dans son domaine, est-on tenté de dire. Même si cela n’empêche pas de regarder avec un œil extérieur et de donner son appréciation. Imaginons cette même attitude sur la crise sécuritaire. Imaginons cela sur bien de questions qui seront mises « en suspens» en attendant d’évacuer la première préoccupation : la lutte contre le terrorisme.

Que les questions électorales ne soient pas la seule motivation de ces rapprochements ; élection qui est d’ailleurs pour le moment une ligne d’horizon, une arlésienne dans la préoccupation majeure de la lutte contre le terrorisme.

Assetou BADOH/GUIRE

badohassetou@yahoo.fr

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