Communauté évangélique: Rev. Dr Didier Ouédraogo, un combattant infatigable contre le SIDA !

Membre de  la  communauté évangélique, Rev. Dr Boukaré Didier Ouédraogo,  est très actif   dans la lutte contre le SIDA. A travers Action  SIDA des Assemblées de Dieu du Burkina Faso (ASAD), il enseigne des modules sur le VIH aux futurs pasteurs, lutte contre la discrimination, la stigmatisation et donne du réconfort aux PVVIH. Itinéraire d’un leader religieux qui a consacré  son existence à la lutte contre le SIDA et la promotion du bien-être des populations.

Dans la réponse communautaire contre le SIDA, le leadership du Rev. Dr Didier Ouédraogo est très remarquable. La prévention du VIH/SIDA se conjugue toujours au présent chez le sexagénaire. Coordonnateur national de Action  SIDA des Assemblées de Dieu du Burkina Faso (ASAD), il enseigne des modules sur le SIDA qu’il a réussis à introduire  dans le cursus de formation des pasteurs au Burkina. Il s’offusque du fait que  la jeunesse pense que le sida n’existe plus et par conséquent, baisse la garde. Il pense qu’il faut amener les gens  à comprendre que le SIDA est toujours d’actualité et peut toucher tout le monde, voire le corps pastoral. Son entourage lui reproche   de parler toujours  du SIDA qui « est maîtrisé ». Tout le monde doit prendre conscience et  travailler, dit-il, pour que l’objectif de vaincre cette maladie d’ici à 2030 soit une réalité.  Au Burkina Faso et dans la zone sahélienne, il n’est pas sûr que cet objectif soit atteint. Les comportements sexuels liés à l’insécurité sont en défaveur de l’objectif visé, des pouponnières sont  remplies de bébés abandonnés par suites de viols de personnes déplacées internes (PDI), etc.  « Je continue d’organiser des activités de sensibilisation  des populations sur le SIDA, bien qu’il n’y ait plus de financement. Je les réalise avec mes propres moyens. Vu mon dévouement pour la cause d’aucuns  pensent que moi-même  j’ai le VIH. Nous aurons souhaité avoir toujours des appuis pour porter certaines de nos actions à une échelle plus large », informe –t-il.

Que cela ne tienne, pasteur Ouédraogo a déjà élaboré son programme de formation du premier trimestre de l’année 2024 où il compte contribuer à  former près de 400 pasteurs à la prévention contre le SIDA,  la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des PVVIH, la contextualisation des groupes spécifiques, la bonne gestion de la sexualité dans le contexte du VIH/SIDA.  Depuis 2002, ce pasteur, marié, père de cinq enfants avec quatre petits-fils, a contribué à former plus de 5 000 pasteurs au Burkina à des modules portant sur la théologie mais également sur le SIDA. L’objectif est de renforcer la capacité des pasteurs sur les modes de transmission, de protection du VIH/SIDA et la défense des droits humains  afin qu’ils servent de relais auprès de  leur communauté.

Le pasteur fait la fierté des religieux dans la réponse communautaire contre le VIH / SIDA et surtout à l’Union des religieux et coutumiers du Burkina pour la promotion de la santé et du développement (URCB/SD) dont la communauté évangéliste est membre. « C’est l’un des pionniers de la lutte contre le VIH dans la communauté évangélique. Il a travaillé à inscrire le module VIH dans le cursus de formation des pasteurs du Burkina, module qu’il assure depuis plus de 20 ans. Beaucoup d’activités ont cessé faute de financement mais, lui,  continue à faire ce qu’il peut »,  a déclaré le directeur exécutif de l’URCB,  Moussa Bambara.

D’où est venu cet engagement ?

Membre d’une famille polygame avec plus de vingt enfants, le levier de son engagement farouche  dans la lutte contre le VIH vient du fait qu’il a été une personne affectée par le VIH. La pandémie a emporté quatre de ses frères et une de ses sœurs mais  également sa fiancée d’alors avec laquelle il  projetait se marier, mais est contraint de se séparer du fait du refus des parents de la fille pour des raisons familiales et plus tard, il découvre qu’elle est infectée.

« Nous savons que l’ignorance sur le VIH/SIDA est très dangereuse, nuisible, destructrice et peut même empoisonner les relations familiales, pire décimer un bon nombre de personnes en son sein. C’est justement ce que ma famille a vécu, ce que j’ai vécu dans ma chair », regrette-t-il. En tant que leader religieux, il s’est posé  la question : que faire pour réduire le taux d’infection dans sa famille et dans sa communauté ? Pour ce faire, il faut se former même si cela doit se faire à ses propres frais et côtoyer  certains pasteurs déjà pionniers dans le domaine.

Quelle est sa satisfaction dans le combat contre le SIDA ?  Sourire aux lèvres, il répond : « je garde un triste souvenir des dégâts énormes causés par le VIH et d’autre part, je me réjouis d’avoir contribué un tant soit peu à impacter les communautés au temps de cette crise profonde de la pandémie et même de nos jours ».

Le pasteur Didier Ouédraogo a une renommée hors du Burkina. Il a été lauréat d’un trophée international qui lui a été décerné en décembre 2021 à New York aux Etats-Unis par Caribéen qui a une branche à la Maison Blanche en reconnaissance de son leadership avéré dans les sphères de la lutte contre le VIH/SIDA, les services humanitaires et à travers de multiples efforts de développement économique et social en faveur des diverses communautés du Burkina Faso et d’ailleurs. Sur 24 nominés, il y avait six Africains et le pasteur Didier Ouédraogo est le seul et le premier francophone de l’Afrique de l’Ouest  à recevoir cette distinction.

« Le pasteur Didier Ouédraogo nous rappelle encore que le ministère de Dieu est holistique. Cela doit amener tous les chrétiens à tenir compte du fait que si nous voulons mobiliser des âmes pour Dieu, nous devons aussi nous occuper du corps »,  a déclaré l’ancien maire de Ouagadougou, Simon Compaoré, invité d’honneur à la cérémonie de remise du trophée.

Pasteur Ouédraogo est aussi aumônier et juge de paix internationale, un titre  obtenu à Dakar au Sénégal en octobre 2022.

 

 

Bureima SANGA

bsanga2003@yahoo.fr

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