La troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne se tiennent du 26 mars au 09 avril 2026 sur le thème : « Produisons burkinabè, consommons burkinabè, notre assiette, notre fierté ». Plus qu’un thème passager ou circonstanciel, cet appel à l’impératif sonne à l’oreille du digne Burkinabè comme une consigne et un slogan de vie qui devrait retentir à vie dans nos modes de consommation au quotidien. Deux semaines pour apprendre à aimer ce que nous produisons ; deux semaines pour apprendre à nous connaître, à nous accepter et à aimer ce que nous sommes.
Consommons ce que nous produisons, c’est honorer l’énergie et la sueur du battant qui a remué la terre pour enfouir la graine de l’espoir qui fait pousser la fierté. Consommons ce que nous produisons, c’est se décider à choisir ce que nous avons de propre sans oublier d’être ce que nous sommes sans opprobre. Si notre assiette doit être notre fierté, c’est qu’elle contient en priorité ce que nous avons semé et cultivé. Chaque Burkinabè est une exclusivité dans toute sa singularité positive ; chaque Burkinabè doit être un homme de conviction. Ce n’est pas parce que le plat du voisin fume et sent bon que le nôtre manque de goût et de calories pour être boudé. Parfois, le vrai bonheur se laisse goûter par le cœur avant de remplir le ventre.
En plaçant la première quinzaine 2026 de l’engagement patriotique et de participation citoyenne sur le thème de la production locale, la Révolution progressiste et populaire veut insuffler en chaque Burkinabè le sens d’un combat : faire de nos produits locaux les principales ressources de notre subsistance et mieux, faire de nos assiettes, le reflet de notre identité en matière de consommation, le réceptacle de notre sentiment d’appartenance à la lignée de l’intégrité. Comme dit le dicton : « c’est l’enfant malin qui achète les beignets de sa mère ! ». Mais combien sommes-nous à manger le haricot national avec la fierté de celui qui apprécie sa ratatouille aux nouilles ?
Qui a déjà mangé du « babenda » enrichi de feuilles bio en se remémorant l’histoire de disette qui l’avait inventé ? Dans chaque communauté de la nation, il y a des recettes locales saines et nutritives, mais souvent, nous préférons arpenter les rayons de ce qui vient d’ailleurs pour nous sentir valorisés. Nos mets locaux sont innombrables, mais nos langues pendues aux papilles asservies ont perdu le goût exquis de nos terroirs. Entre les délices à risques des conserves parfois chargées de produits chimiques et le soumbala naturellement produit sans additifs de fioritures douteuses, le choix de la bonne recette relève parfois de bon sens.
Entre les boissons parfois chargées de conservateurs pernicieux et de colorants suspects, le choix n’est pas toujours un acte de citoyen avisé. Il suffit de penser à toutes ces cargaisons de produits saisis chaque jour par les services de douanes pour se rendre compte que consommer Burkinabè peut être une parade aux affres de l’intoxication alimentaire. Entre le dodu poulet surgelé aux origines incertaines qui parachutent dans nos assiettes et le tendre poulet local de nos bassecours, flambés à l’ail ou au « rabilé » de nos jarres, le choix de l’intégrité ne se discute pas.
Toutefois, il faut accompagner et veiller sans complaisance sur le respect des bonnes pratiques en matière d’hygiène et de production locale. Il faut sensibiliser les producteurs locaux au sens patriotique du « Consommons Burkinabè » et les inciter à contrôler la qualité sanitaire de leurs produits. Il faut débusquer et sanctionner les brebis galeuses qui sacrifient la santé des consommateurs sur l’autel de la cupidité. C’est dans ces conditions que nous mangerons les yeux fermés ce que nous produisons avec la fierté d’être Burkinabè !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr






