
La Compagnie d’assurances CIF Assurances-vie Burkina a pris part à la 50e Assemblée annuelle de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), tenue du 9 au 11 février 2026, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur le thème : « Cinquantenaire de la FANAF : bâtir le futur de l’assurance africaine ». Dans cette interview accordée à Sidwaya, son directeur général, Daouda Sawadogo, dresse le bilan de la participation de la société à ce cinquantenaire de la FANAF, aborde les défis des 50 prochaines années pour l’assurance africaine, tout en évoquant les performances et projets de CIF Assurances-vie Burkina.
Sidwaya (S) : Pouvez-vous présenter CIF-Assurances vie à nos lecteurs ?
Daouda Sawadogo (D.S) : CIF Assurances-vie Burkina est une compagnie d’assurance agréée par le Code CIMA depuis octobre 2012, comme compagnie d’assurance vie et capitalisation, avec un capital qui a évolué à un milliard F CFA à 5 milliards F CFA aujourd’hui. Elle a commencé officiellement ses activités le 1er janvier 2013. Son capital est détenu à plus de 96% par le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) et ses démembrements. L’objectif est de compléter la gamme de services du Réseau des caisses populaires en matière d’assurance.
Les Caisses populaires offrent des produits d’épargne, de crédits de tous ordres, mais le volet assurance manquait. Et c’est ce maillon que nous avons voulu combler à travers la création de cette compagnie d’assurances.
CIF Assurances-vie Burkina est une jeune compagnie, mais performante. Car, depuis sa création, elle n’a jamais enregistré de déficit. Chaque année, son chiffre d’affaires croît et elle réalise des bénéfices non seulement au profit de ses actionnaires, mais aussi au profit des membres du Réseau des caisses populaires. 90% du chiffre d’affaires de la compagnie provient du Réseau des Caisses populaires.
La compagnie a été créée par le RCPB pour servir les membres des Caisses populaires. Jusqu’à la 4e année de son existence, elle n’a donc pas ouvert ses services au public ; ses services étaient destinés uniquement aux membres des Caisses populaires. Mais à partir de la 5e année, le Conseil d’administration a décidé qu’on peut aller chercher des affaires ailleurs, de telle sorte qu’aujourd’hui la compagnie travaille avec pratiquement toutes les banques de la place, en matière d’offre de services, surtout en matière de décès-emprunteur.
Cela veut dire que vous soyez dans une banque ou dans une Caisse populaire, si vous contractez un crédit, notre compagnie est habilitée à vous couvrir. Elle offre aussi des produits liés à la retraite, complémentaires à la retraite, indemnité fine de carrière, rente éducation pour assurer l’éducation des enfants, assistance, protection de la famille. Il y a toute une gamme d’une douzaine de produits que nous offrons.
CIF Assurances-vie Burkina est membre de l’Association professionnelle des sociétés d’assurance du Burkina (APSAB) qui compte aujourd’hui 19 sociétés vie, non-vie et de réassurance. Elle est aussi membre de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF). Elle compte aujourd’hui 19 employés, avec une certaine structuration. Nous avons l’exécutif, la direction générale, une direction technique, un service administratif et financier, un service commercial, un service informatique et audit interne.
Au-dessus de la direction exécutive, nous avons le Conseil d’administration, composé de sept administrateurs, dont des administrateurs indépendants. Et le conseil est présidé par la directrice générale de la Fédération des caisses populaires du Burkina. Le conseil a mis en son sein deux comités spécialisés : un comité d’audit et un comité de nomination et de rémunération. Au-dessus du Conseil d’administration, nous avons l’Assemblée générale de la compagnie qui réunit tous les actionnaires.
S : Qu’en est-il du bilan de l’exercice 2025 ?
D.S : Nous avons bouclé l’année 2025 avec 4 milliards F CFA de chiffre d’affaires, avec un résultat net d’impôt autour de 800 millions F CFA. Et tous les indicateurs sont au vert. En termes de performance financière, je précise que pour l’exercice 2024, la direction des assurances du Burkina a désigné CIF Assurances-vie Burkina comme la première compagnie d’assurance performante du marché burkinabè, et cela à travers une analyse des indicateurs de performance. Pour 2025, la Direction générale des impôts vient de nous adresser une lettre de félicitations pour notre civisme fiscal.
S : Vous avez participé à la 50e Assemblée générale de la FANAF, du 9 au 11 février 2026, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Quel est l’intérêt d’être présent à ce rendez-vous continental de l’assurance ?
D. S : Depuis 2013, la CIF Assurances-vie Burkina est membre de la FANAF, qui compte aujourd’hui plus de 200 compagnies d’assurance et de réassurance. Le thème de ce 50e anniversaire de l’Assemblée générale, « Cinquantenaire de la FANAF : bâtir le futur de l’assurance africaine », est pertinent. Après 50 ans de parcours, il fallait quand-même s’arrêter pour faire le bilan. Ce qui a marché ou pas et se donner des perspectives pour les prochaines années, les 50 ans à venir. Nous ne pouvions donc pas être en marge de ce grand événement. A partir du moment où nous sommes membres, c’est normal que nous soyons là pour aussi apprécier les résultats, le bilan du bureau exécutif qui était en fin de mandat.
Chaque année, en plus de l’Assemblée générale proprement dite, il y a des ateliers techniques, thématiques, où sont abordés des sujets comme la régulation du secteur, les prestations que nous offrons. Cinquante ans après, est-ce que nous sommes au rendez-vous ? Est-ce que nous payons correctement les sinistres ? Est-ce que les clients sont satisfaits ? Qu’est-ce qu’il faut faire pour ajuster tout cela ? Il y a également la question de la digitalisation, pour laquelle, étant dans un monde digitalisé, nous ne pouvons pas être en marge. C’est tout cela qui justifie notre présence à cette Assemblée générale, qui coïncide avec les 50 ans de la FANAF. CIF Assurances-vie Burkina est fortement représentée, avec une délégation conduite par la présidente du conseil d’administration qui est la directrice générale de la FCPB, Azaratou Sondo/Nignan.
S : Pour ce cinquantenaire, il n’a pas été seulement question de dresser le bilan, mais aussi de se projeter vers l’avenir, pour bâtir l’assurance africaine de demain. Selon vous, quels sont les défis pour le secteur assuranciel africain pour les 50 prochaines années ?
D.S : Les défis pour les prochaines années vont être justement le moteur des activités du nouveau bureau. On a parlé de la digitalisation, qui est un gros défi, de l’élargissement du marché, de l’agrément unique. Dans le domaine des assurances, il n’y a pas d’agrément unique comme dans les banques, où lorsque vous avez un agrément, vous pouvez ouvrir des filiales dans les autres pays. L’agrément unique constitue donc un défi à discuter avec les régulateurs. L’autre défi, c’est la fiscalité qui constitue aujourd’hui un gros problème au niveau de l’assurance.
Le Code CIMA est une loi supranationale, mais quand il s’agit de fiscalité, chaque pays est autonome. Et cela crée des problèmes. Par exemple, la Côte d’Ivoire peut décider d’imposer certains produits d’assurance qui ne sont pas imposés au Burkina, et vice-versa. L’harmonisation de la fiscalité n’est toujours pas au rendez-vous, et il faut en débattre. Il y a aussi le défi lié à l’intégration du genre dans le secteur des assurances. Car, aujourd’hui, si vous prenez les compagnies d’assurance, le genre n’est pas beaucoup représenté. Nous devons donc travailler à y mettre l’accent, à promouvoir le genre, surtout au niveau des organes dirigeants, que ce soit au niveau de l’exécutif ou dans les organes délibérants de nos compagnies. Et c’est un défi aussi pour les années à venir.
L’autre élément, c’est que d’une manière générale, au sein de nos compagnies, il faut travailler à renforcer la capacité du capital humain. L’autre défi, c’est la relecture du code CIMA, qui a été adopté depuis les années 94. Aujourd’hui, il faut travailler à réélire le code CIMA. La représentativité de la FANAF au sein des organes de décision de la CIMA, de la Commission régionale du contrôle et du Comité des experts constitue également un élément à mettre sur la table.
La FANAF n’est pas beaucoup représentée dans ces instances. Par exemple, dans une instance composée de 14 voix, la FANAF a une seule voix. Cela crée des problèmes. Il faut donc renforcer justement la représentativité de la FANAF dans les organes, pour que nous puissions, à un moment donné, porter notre voix afin d’amener des changements au profit du secteur. Ce sont autant de défis pour le nouveau bureau.
S : Il y a aussi la question de l’élargissement de l’offre. Car, pendant longtemps, on a reproché au secteur d’être dans le mimétisme des produits occidentaux et de ne pas avoir des produits assuranciels adaptés aux besoins des populations. Pourtant, il y a des nouveaux défis en termes de micro-assurance qui n’est pas très développée, d’assurance climatique, agricole …
D.S : Oui, tout cela fait partie des défis. Il y a non seulement l’élargissement du marché, mais aussi l’élargissement des produits. Il est important de développer une gamme de produits pour pouvoir répondre aux besoins des gens. Il y a très peu d’assurances obligatoires dans nos pays. Et même celles qui existent ne sont pas pratiquées. C’est le cas de l’assurance automobile, de l’assurance construction, de l’assurance de transport. L’élargissement est important, car nous avons les risques climatiques, agricoles, etc. Tout cela demande de nouveaux produits qu’il faut développer et s’adapter aux besoins de notre population, de la clientèle.
Au niveau de CIF Assurances-vie Burkina, nous sommes dans cette dynamique de développer des produits adaptés aux besoins du marché. C’est l’essence même de la création de notre compagnie. Et il n’y a pas de choix que de s’adapter à l’évolution. C’est vrai qu’aujourd’hui, nous avons opté pour la branche vie, qui est limitée. Mais, nous sommes en réflexion, et ce sont des orientations au niveau du conseil d’administration, pour peut-être, créer CIF-Assurances non vie dans les cinq prochaines années. Car, quand on prend l’assurance agricole, il y a des aspects sur lesquels la branche vie ne peut pas agir.
Beaucoup disent que notre compagnie n’est pas connue, mais CIF Assurance-vie est une force tranquille. Je demande toujours à la population de nous faire confiance. Aujourd’hui, celui qui est membre d’une Caisse du Réseau de caisses populaires du Burkina ne peut pas dire qu’il ne connaît pas CIF Assurance-vie. Nous lançons un appel aux membres des Caisses populaires pour qu’ils soient des ambassadeurs de CIF Assurance-vie dans leurs familles, auprès de leurs amis, etc. Nous ne faisons pas beaucoup de publicité, mais nous sommes une force tranquille !
Interview réalisée par
Mahamadi SEBOGO
Windamad76@gmail.com





