
Le directeur de cabinet du ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Honorat Nébié, a animé une conférence de presse sur l’application des articles 36 et 37 des régimes des études, respectivement de Licence et de Master, mardi 5 mai 2026, à Ouagadougou.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation accorde un moratoire sur l’application de règles strictes visant à exclure les étudiants non assidus sur la base des notes. C’est dans ce cadre que le directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Honorat Nébié, a animé une conférence de presse sur l’application des articles 36 et 37 des régimes des études, respectivement de Licence et de Master, mardi 5 mai 2026, à Ouagadougou. Il a clarifié que la réforme universitaire entend assainir les effectifs et acter l’exclusion automatique des étudiants trop souvent absents aux examens.
Honorat Nébié a indiqué que cette mesure est finalement reportée d’un an, face à l’ampleur inattendue des premiers résultats. « L’annonce fait suite à l’entrée en vigueur, en octobre 2025, de deux arrêtés (n°2025-244 et 245) réformant les régimes d’études de Licence et de Master », a-t-il rappelé. M. Nébié a affirmé que la mesure phare inscrite aux articles 36 et 37 prévoyait l’exclusion systématique dès la première session de tout étudiant obtenant la note de 0/20 dans plus de 40% de ses matières en Licence et 30% en Master. De son avis, les délibérations du premier semestre 2025-2026, compilées sur la plateforme Campus Faso, ont révélé l’étendue du phénomène. Il a précisé que sur 36 652 étudiants inscrits au niveau national, 3 794 (10,35%) ont obtenu un zéro dans la totalité de leurs matières, signant une absence totale aux évaluations, et 6 149 (16,78%) ont échoué avec un zéro dans plus du tiers de leurs matières.
Absence de volonté réelle
« De l’analyse de ces résultats, il ressort qu’au moins 10% des inscrits ne sont pas animés d’une volonté réelle de suivre le parcours », a expliqué le directeur de cabinet du ministre chargé de l’Enseignement supérieur. « Comment planifier les activités pédagogiques avec des effectifs qui ne sont pas raisonnables ?», s’est interrogé Honorat Nébié. Selon lui, le message est clair et la prochaine rentrée universitaire sera une dernière chance pour les étudiants de s’adapter. « A partir de 2026-2027, la tolérance zéro envers l’absentéisme aux évaluations sera bel et bien appliquée, avec pour objectif déclaré de redonner du sens aux effectifs comptabilisés dans les amphithéâtres burkinabè », a-t-il prévenu.
Les acteurs ont-ils été suffisamment informés sur les nouveaux arrêtés (règlements) ? Que deviennent les étudiants exclus ? Peuvent-ils s’inscrire dans d’autres universités ? Face à ces interrogations de la presse, le Directeur général (DG) de l’enseignement supérieur, Gnidouba Roger Lanou, a déclaré que des sessions d’information sur les arrêtés ont été organisées. Concernant les exclus, il a fait savoir qu’ils pourront se réinscrire l’année suivante, demander une nouvelle orientation en Licence ou repostuler pour le Master, y compris dans d’autres établissements. Mais, a laissé entendre le DG de l’enseignement supérieur, les étudiants exclus devront justifier de leur aptitude ou de leur motivation pour des parcours similaires.
Boukary BONKOUNGOU
Astride OUEDRAOGO
(Stagiaire)





