Prise en charge des adolescents infectés du VIH: un nouveau souffle pour des « oubliés »

Toujours prise en charge en pédiatrie au lieu d’être dans le fil actif adulte, les adolescents infectés du Virus de l’immunodéficience humaine (VIH), âgés de 15 à 24 ans, peinent à faire face à leur situation. Les pédiatres, de leur côté, assurant jusque-là leur prise en charge par manque de formation adaptée pour leur accompagnement psychosociale, ne savent plus à quel saint se vouer. Face à ces difficultés, certaines structures ont décidé de prendre à bras-le-corps la problématique. Nous sommes allés à leur rencontre.

Nafi, Moussa et Alizéta (noms d’emprunt) font partie des 400 jeunes adolescents et adultes qui ont eu la chance d’être pris en charge par l’Association espoir pour demain (AED) dans le quartier Bolibanna, au secteur 18 de Bobo-Dioulasso. Suivis depuis la petite enfance par les médiatrices de l’association, dans les centres pédiatriques de la ville de Sya, ils ont été transférés à l’AED dès l’âge de 15 ans, afin de bénéficier d’une prise en charge adéquate du fait de leur passage de l’enfance à l’adolescence. « Ici, nous avons créé un cadre qui leur permet de se sentir en famille grâce à l’accompagnement des médiatrices, des psychologues et des médecins », indique le secrétaire général de l’AED, Jacques Sanogo. Malheureusement, tous n’ont pas cette chance de transition dans leur prise en charge.

Estimés à environ 3 300 jeunes adolescents et adultes encore en pédiatrie, selon le Réseau pour une plus grande implication des personnes infectées et affectées par le VIH/SIDA dans la lutte contre le VIH/SIDA au Burkina (REGIPIV-BF), leur transition semble ne pas encore à l’ordre du jour. « De nos jours, on retrouve encore des jeunes de 15 à 24 ans et parfois plus qui sont dans les fils actifs pédiatriques alors qu’ils n’ont plus les mêmes problèmes que les enfants », fait marquer le coordonnateur du REGIPIV-BF, Adama Ouédraogo. Ainsi, pour leur apporter l’appui nécessaire, un projet pilote de transition a vu le jour en 2019 et exécuté au Burkina Faso et au Sénégal avec le soutien d’Expertise France. « Mais, c’est le Burkina qui a la plus grosse cohorte avec 130 adolescents pour la première phase et 30 autres pour la deuxième phase », précise M. Ouédraogo.

Le SG de l’Association espoir pour demain, Jacques Sanogo : « Aujourd’hui, les partenaires ont tendance à se désengager de la lutte ».

Piloté par le REGIPIV-BF, ce projet dont l’objectif est de permettre aux jeunes toujours en pédiatrie, de transiter sans grande difficulté vers les sites adultes, a défini trois volets pour y parvenir. Il s’agit des volets clinique, recherche et communautaire. Dans le premier volet, les adolescents infectés passent des mains des pédiatres à celles des médecins. Mais avant, ils suivent une préparation spécifique. « Nous informons trois à six mois avant ce passage l’ensemble des parties que sont les jeunes, les parents et les médecins des sites adultes, afin qu’ils s’impliquent dans le processus pour faciliter la transition », explique Dr Arthur Sawadogo, moniteur du projet. Une préparation nécessaire, selon lui, car avant la mise en place de ce système, le constat était que le jeune, une fois sur le site adulte, s’il n’a pas été bien accueilli, « soit il a tendance à vouloir revenir en pédiatrie, soit il ne revient même plus aux consultations au niveau du site adulte ».

Créer un environnement familial

En charge des enfants à la pédiatrie du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO), le professeur Caroline Yonaba, pour avoir travaillé durant plusieurs années avec eux, justifie ce refus par la peur de se confier à un visage étranger mais aussi, par le fait qu’à ce niveau, les bilans de santé sont financièrement pris en charge par le malade. « Pourtant, malgré leur âge, lorsqu’ils tombent malades en pédiatrie, ils sont entièrement pris en charge, car nous avons des partenaires qui nous accompagnent. C’est pourquoi au début de ce projet, il était d’abord question à notre niveau, de travailler à ce qu’ils acceptent d’aller dans les services adultes malgré les charges que cela va entrainer », appuie-t-elle. Pair éducateur dans le processus, Ahmed Congo qui est passé par la même situation confirme que cela est compréhensible.

« Pour un jeune qui s’est vu suivre depuis son enfance par un personnel qui a su créer un environnement familial où, il se sent à l’aise, aimé, protégé, en sécurité et un jour, on lui dit qu’il n’est plus habilité à bénéficier des services de cette famille et que par conséquent, il doit aller dans une autre famille, cela n’est pas facile », fait-il observer. Médiatrice à l’Association espoir pour demain, Adja Tounkara, qui joue l’interface entre les formations sanitaires et l’association rassure que tant que cette confiance n’est pas établie, aucune transition ne peut s’effectuer. « Nous avons perdu un adolescent parce qu’il a refusé de se confier au médecin et ne prenait pas les produits », se souvient-elle.

Aussi, pour faciliter cette intégration qui est la priorité dans le projet, plusieurs approches furent développées dans le volet clinique. Il s’agit de la visite du site adulte, de la prise de langue avec les médecins qui les auront désormais en charge, mais aussi, des services annexes. « Tout cela, pour leur permettre de s’habituer au fil adulte et de se familiariser avec le personnel soignant », soutient Dr Arthur Sawadogo. Il y a également les groupes de parole organisés chaque trimestre pour leur donner l’occasion de se côtoyer, d’apprendre avec d’autres jeunes et de se soutenir mutuellement.

Pour Pr Caroline Yonaba du CHU-YO, leurs services pédiatriques ne sont pas toujours adaptés à suivre les adolescents.

« Là, ils sont soutenus par des jeunes modèles appelés pairs éducateurs que nous avons choisis sur le site adulte dont le rôle est d’abord de rassurer les adolescents qu’ils ne seront pas seuls mais aussi, leur faciliter le contact avec les agents soignants dans leur nouveau centre de suivi », précise le moniteur. Pour Ahmed Congo, pair éducateur dans le cadre du projet transition, l’accompagnement des jeunes se fait sur tous les plans de sorte à faciliter leur intégration et leur maintien dans les centres adultes. Cette phase préparatoire dure douze mois, selon M. Sawadogo, à l’issue de laquelle, les jeunes passent dans les mains des médecins du site adulte. Dans le second volet (volet recherche, ndlr), Dr Sawadogo rassure qu’il est consacré à la collecte des données qui seront valorisées à la fin du projet.

Deux associations pour mieux porter la voix

Mis en place pour permettre aux jeunes concernés de pouvoir se mettre en association pour porter le plaidoyer auprès des décideurs, le volet communautaire a permis la création de deux associations. Il s’agit de l’association des Jeunes pour la lutte contre le VIH (JLV) et l’association des Jeunes orphelins infectés et affectés par le VIH (JOIA).
« Dans l’environnement des associations, nous avons constaté qu’il n’y a pas d’association de jeunes infectés dans la lutte contre le VIH. Or, nous avons besoin d’eux pour prendre la parole devant des décideurs pour décliner leurs besoins », remarque le moniteur. Après trois ans d’exécution, l’ensemble des parties sont unanimes quant aux résultats. Dr Arthur Sawadogo relève qu’au plan clinique, les preuves sont palpables car à 12 mois de suivi, 94% des jeunes ont éliminé leur charge virale. Au plan communautaire, il affirme que les deux associations vont contribuer à l’animation de la vie collective et à l’organisation de cadres permettant aux différents membres de pouvoir s’exprimer, de renforcer leur estime de soi et de se redonner confiance.

« Déjà, celle qui a pris la parole lors de la commémoration de la journée du SIDA 2023 est un pur produit d’une de nos associations », relève-t-il (voir encadré, ndlr). Pour le Pr Yonaba du CHU-YO, ce projet fut un soulagement au regard des difficultés qu’ils éprouvaient quant à la prise en charge des adolescents.
« Nous n’avons pas reçu de formation pour la prise en charge des adultes. Aussi, tout ce qui concerne la santé reproductive, les pathologies des adultes et beaucoup d’autres aspects, nous n’arrivons pas à gérer. Malheureusement, il n’y a pas non plus de documents formels qui nous expliquent comment on doit préparer nos jeunes pour la transition», déplore Pr Caroline Yonaba. Abou Yéré, l’un des bénéfi-ciaires, se réjouit du fait que le

Grâce aux anti-rétro-viraux, ces jeunes voient leur vie s’améliorer.

projet ait pris en compte plusieurs aspects de leur vie. « Avant, je partais juste à l’hôpital pour mes médicaments. Mais aujourd’hui, je peux échanger avec vous. Je sais désormais comment vivre en société, en famille …

Mobiliser plus de fonds

Et le plus important, j’ai compris que même avec la maladie, je peux fonder une famille », déballe le jeune Yéré. Il salue également l’accent mis sur l’auto-emploi en vue de leur permettre de créer leurs entreprises.
D’un coût de plus de 111 millions F CFA (environ 172 000 euros), cette phase pilote a été exécutée dans cinq centres de santé, à savoir les pédiatries Charles de Gaulle, de Tengandogo, de Bogodogo, de Pissy et de Kossodo. Malgré les difficultés organisationnelles, la circonscription du projet dans la région du Centre, la limitation des ressources, le déplacement des parents d’enfants infectés et l’affectation des médecins soignants, notamment, le coordonnateur du projet, Adama Ouédraogo, pense qu’au regard des résultats qu’il trouve satisfaisants, la vulgarisation du projet sur toute l’étendue du territoire va permettre de réduire encore plus la séroprévalence qui est actuellement de 0,6% au Burkina Faso.

« D’ores et déjà, quelques bases sont jetées car la situation est urgente et plusieurs enfants sont toujours en attente d’accompagnement. Avec les bailleurs, nous essayons de mobiliser des fonds pour les accompagner. Nous serons à N’Djamena les jours à venir avec le réseau d’enfants VIH en Afrique, pour faire le point sur la transition avec les bailleurs et voir dans quelle mesure on peut poursuivre le plaidoyer pour davantage mobiliser les ressources », confie M. Ouédraogo. Et pour ceux qui n’auront pas la prise en charge complète à l’issue de la phase pilote, le coordonnateur préconise qu’au moins deux pairs éducateurs formés soient installés dans les différentes régions par l’Etat pour les accompagner.

Donald Wendpouiré NIKIEMA
touunis.do@gmail.com


Prendre en compte le besoin des jeunes

Depuis longtemps, la lutte contre le VIH a eu un visage adulte et féminin. Les enfants sont oubliés. Aujourd’hui, ces enfants sont des adolescents ou de jeunes adultes qui n’ont pas reçu tout l’accompagnement nécessaire. Laissés à eux-mêmes, ils peuvent être des sources d’augmentation de la séroprévalence. C’est pourquoi, il est temps que les autorités et les partenaires aient un regard sur cette cible car le besoin est énorme.
D.W.N


Le message de la jeune Sandrine Nanga aux décideurs à l’occasion de la Journée mondiale du SIDA 2023

« Malgré les efforts fournis, le VIH a fait et continue de faire des victimes dans la société, nous en sommes la preuve. Suite à cette maladie, nombreux sont les enfants qui ont perdu la vie. Quant à nous les survivants, ce sont nos parents que nous avons perdus, faisant de nous des orphelins depuis le bas âge. Chers parents, tout enfant a besoin de chaleur maternelle et paternelle, de compassion, de soutien moral mais nous, à cause du VIH, nous avons été privés de tout cela. Naitre avec le VIH n’a pas été un choix, ce lourd fardeau, nous le savons puisque nous sommes confrontés à la stigmatisation, la discrimination et le jugement de la société. La lourdeur du traitement, le découragement, la tristesse, le poids du secret font que nous avons souvent envie d’abandonner.

Vous imaginez ! Nous portons le VIH depuis notre tendre enfance, nous avons grandi avec, il nous a submergé dans chaque étape de notre vie. L’adolescence qui est la période où l’homme pose les fondations de son identité, nous l’avons traversée avec un esprit de victime, de faiblesse, de manque d’estime et de lamentations. Nous nous posons des questions. Qui sommes-nous et pourquoi nous ? Ces questions sans réponses ne cessent de nous hanter et nous poussent dans nos plus profonds retranchements. Aujourd’hui, à notre âge, elles sont liées à la gestion de notre sérologie, au partage du statut et à notre envie de fonder une famille. Vous pensez comprendre ce que nous vivons mais la réalité est un peu plus différente. Il faudra porter nos sandales de père et de mères du VIH pour le savoir. Nos sandales d’enfants où on nous submergeait déjà de produits sans que nous sachions exactement les raisons.

Nos sandales d’adultes où nous aspirons à une réussite professionnelle, à fonder une famille et à vivre heureux, mais nous avons peur. Toutes les étapes de nos vies sont déviées de leur cours normal à cause du VIH. Je suis devant vous en tant que représentante d’adolescents et de jeunes adultes infectés et affectés par le VIH avec le message que m’ont confié mes pairs. Ils me chargent de vous dire qu’ils existent. Ils ne sont pas simplement des codes ou des chiffres qu’on attribue à des dossiers. Ils sont des êtres humains avec des droits. Ils sont fatigués de se cacher comme s’ils avaient commis un crime. Ils sont fatigués d’avoir peur, ils ont besoin d’un regard et d’une attention particulière. Chers parents, le VIH, nous ne l’avons pas invité dans nos vies, il s’y est installé tout seul faisant de nous ses hôtes.

Jusqu’à quand devons-nous souffrir, porter ce lourd fardeau, nous inquiéter de notre lendemain ? Si être infecté n’est pas notre choix, alors il serait temps qu’ensemble nous ayons un nouveau regard sur les enfants et adolescents infectés et affectés par le VIH qui ont besoin d’être à l’abri et protégés. Cela doit se faire avec nous, car personne d’autres n’est mieux placé que nous pour dire ce qui ne va pas et comment améliorer. Il s’agira comme action, de lever les dispositions discriminatoires qui pourraient empêcher l’accès à certains types d’emplois, d’accentuer l’appui à la formation au profit des jeunes infectés par le VIH, de renforcer la prise en charge médicale en accélérant l’application du décret portant gratuité des examens de suivi biologiques, de renforcer les capacités des acteurs de la chaine de prise en charge médicale pour une meilleure préparation de la transition dans les soins entre le fil actif pédiatrique et adulte ».

D.W.N

Candidature pour la direction générale de l’ASECNA : le Tchad sollicite le soutien du Burkina

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré a accordé une audience ce matin, à une délégation tchadienne conduite par le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, Mahamat Assouyouti Abakar. Le Tchad est candidat pour la direction générale de l’Agence pour la Sécurité et la Navigation aérienne en Afrique (ASECNA).

Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, Mahamat Assouyouti ABAKAR a donc indiqué être venu solliciter le soutien du Burkina Faso à la candidature du Tchad au poste de directeur général de l’ASECNA. Pour M. Abakar, « la candidature du Tchad à l’ASECNA, c’est avant tout une candidature pour la région du Sahel. Je tiens à remercier le Président pour son soutien sans équivoque ».

Mahamat Assouyouti Abakar a également transmis au Chef de l’Etat le message de fraternité et d’amitié du président tchadien. « Le Tchad a toujours été aux côtés du peuple burkinabè dans la poursuite de cette aspiration légitime du peuple burkinabè pour le développement économique et social », a t-il indiqué.

Les relations bilatérales ont aussi été évoquées au cours des échanges entre le Capitaine Ibrahim Traoré et la délégation tchadienne. Mahamat Assouyouti ABAKAR a rassuré que les relations entre le Burkina Faso et le Tchad sont séculaires et au beau fixe.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Vente de terres à Pô: Plusieurs médiations au milieu des incompréhensions et des accusations

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A Pô, chef-lieu de la province du Nahouri, la famille Gomgnimbou qui comprend trois composantes (les « Kolo »,les « Kanzono » et les « Mora »), est propriétaire terrien. Le patriarche de la composante « Kanzono » et ses deux neveux, Marc Salazar et Claude, sont à couteaux tirés, sur fond d’accusations de vente illégale de terre. Malgré les médiations de l’ancien Président de la délégation spéciale (PDS), du chef coutumier et du responsable de la radio communautaire Goulou de Pô, les incompréhensions demeurent, les accusations aussi.

Plus rien ne va entre le patriarche de la composante « Kanzono », Michel Adoubé Gomgnimbou de la grande famille Gomgnimbou de Pô et ses deux neveux, Marc Salazar et Claude Gomgnimbou. Et pour cause, le patriarche et ses deux neveux s’accusent mutuellement de la vente illégale des terres familiales. Pour Marc Salazar
Gomgnimbou, le problème avec son oncle (frère cadet de son père) remonte à cinq ou six ans avec le bornage des terrains sur leurs terres aux secteurs 6 et 7 de la ville, ainsi que dans le village de Katchéli. Il a indiqué que celui-ci fait de la vente de terre son fonds de
commerce.

« Nous lui avons dit d’arrêter la vente des terres, en vain. Dès qu’il a une opportunité, il n’hésite pas à le faire. Etant l’aîné de la famille, nous avons cru qu’il mettra fin aux ventes, jusqu’à ce que l’affaire de lotissement soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase », a souligné Marc Salazar Gomgnimbou. Pour sa part, l’oncle Michel Adoubé Gomgnimbou, a signifié que l’objectif des opérations de lotissement est d’empêcher ses deux neveux de mettre en œuvre leur stratégie de conservation et de vente des terres à des particuliers.

« Nous avons compris que si nous les laissons faire, à la longue, nous n’aurons plus de terre », a insisté Michel Gomgnimbou. A ce sujet, Marc Salazar Gomgnimbou a déclaré que chez eux, on ne vend pas la terre, mais on peut la prêter pour une exploitation agricole ou pour y bâtir un logement en respectant la tradition qui consiste à prendre avec l’intéressé 4 poulets, du tabac et une daba. Partant de ce principe, il dit avoir cédé des terres en sa qualité de chef de terre à plusieurs personnes. Quant à son frère Claude Gomgnimbou, il a également admis avoir cédé la terre à plusieurs personnes en tenant compte de la tradition.

« J’ai donné 4 hectares au secteur 7 à quelqu’un pour la réalisation d’un projet agro￾sylvo-pastoral. Ce dernier a borné la superficie et a fait établir tous les documents.
J’ai pris soin d’informer la famille. Je précise que je n’ai pas pris de l’argent avec la personne », a-t-il renseigné. De son côté, leur oncle a avoué avoir « installé » une
vingtaine de personnes en respectant la tradition. « En retour, quand la personne
installée est satisfaite, elle me donne juste du carburant à hauteur de 10 000 F CFA
pour couvrir mes frais de déplacement », a justifié Michel Adoubé Gomgnimbou.

Faire preuve de maturité

Marc Salazar Gomgnimbou a laissé entendre qu’il est inconcevable que son oncle soit propriétaire terrien et employé d’une agence immobilière sur ses propres terres.

C’est dans ce branlebas de mécontentements et d’accusations réciproques,
que les neveux ont adressé une correspondance à l’ancien Président de la
délégation spéciale (PDS) de Pô, avec ampliation au haut￾commissaire du Nahouri, au
directeur régional en charge de l’urbanisme du Centre-Sud et aux agences immobilières concernées, pour demander l’arrêt des opérations de lotissement sur ces terres. Le préfet et PDS de Pô de l’époque, Valérie Bama, a affirmé que lorsqu’il a été sollicité, il a
tenté de mener une médiation. Il a indiqué que sa mission a consisté à inviter les protagonistes à faire preuve de maturité et à éviter d’autres conflits au pays qui pourraient mettre à mal la paix et la cohésion sociale à Pô et particulièrement au sein de la famille
Gomgnimbou.

« Chaque partie doit faire preuve de maturité et  accepter de dialoguer pour
trouver une solution au problème. Avec les discussions, ils pourront
s’entendre sur le minimum. Nous sommes convaincus de cette démarche et nous
les encourageons à aller dans ce sens », a souhaité l’ancien PDS de Pô. Durant
tout le long de sa médiation, M. Bama dit avoir rendu compte à sa hiérarchie. Il
dit avoir aussi décidé de la suspension de toutes les activités d’aménagement
sur le terrain par les promoteurs immobiliers, le temps de résoudre le problème afin de pouvoir poursuivre dans la sérénité.

« Pas de coup d’Etat dans nos coutumes »

Marc Salazar et Claude Gomgnimbou ont aussi sollicité le chef coutumier
de Pô, le Pôpê pour interpeller leur oncle. Selon eux, leurs démarches ont
été infructueuses. De son côté, le chef coutumier de
Pô, le Pôpê dit avoir invité les deux neveux à respecter la tradition en mettant fin à
leur différend avec le patriarche qui, selon lui, est la personne habilitée en tant que le plus ancien de la famille, à avoir le dernier mot sur les décisions concernant les terres
familiales. Il dit avoir aussi invité tous les membres de la famille Gomgnimbou
résidant à Pô et ailleurs, à se respecter et à respecter la famille en restant
disciplinés et en respectant la hiérarchie.

Le chef de la composante « Kanzono », Michel Adoubé Gomgnimbou dit être dans ses droits pour autoriser des opérations de lotissement.

« Qu’ils se contentent de se respecter parce que chez nous, il n’y pas de coup d’Etat. Chez nous, on ne remplace pas un notable de son vivant. C’est après sa mort qu’on le remplace. Tant qu’il est vivant, il est à son poste.Que les membres de la famille Gomgnimbou le sache. Il n’y a pas de coup d’Etat dans nos familles coutumières », a averti le chef coutumier de Pô. Le Pôpê a également relevé que le chef de terre n’est pas « n’importe qui », parce qu’il s’occupe d’un biencommun. « La terre est un bien commun à tout le village. La terre n’appartient pas à une famille encore moins à un individu », a-t-il renchéri.

Le chef coutumier dit être intervenu dans le différend, non pas dans le cadre de la contestation de Marc Salazar et Claude Gomgnimbou, mais plutôt dans la dynamique de faire respecter la hiérarchie traditionnelle et coutumière. « Je suis intervenu pour leur faire comprendre que même dans la coutume, on a besoin de discipline et de respect. Michel Gomgnimbou est chef de terre aujourd’hui parce que son père est décédé et il lui a succédé. (…). Quand il vient me consulter pour avoir mon avis sur des sujets, s’il n’y a rien à redire, je dis ok », a décrit le Pôpê.

L’homme de média, neveu et cousin médiateur

Outre le PDS et le Popê, le directeur de la radio communautaire Goulou de Pô, Donald Tagnabou a également joué un rôle de facilitateur dans ce conflit foncier. M. Tagnabou est le cousin de Claude Gomgnimbou et le neveu de Michel Adoubé Gomgnimbou. Ce dernier, a
expliqué M. Tagnabou, a été le premier à venir faire passer un communiqué à la radio pour le compte de la société immobilière ZOTIMSON dont il est le représentant à Pô.
Donald Tagnabou dit avoir profité du passage de son oncle à la radio pour lui
donner des conseils en l’invitant surtout à apaiser la tension avec ses neveux.

A écouter le chef coutumier de Pô, le Pôpê, c’est une situation qui ne devrait pas arriver parce que dans la coutume, il n’y a pas deux ou trois chefs de terre, mais un seul.

Quelques jours plus tard, indique Donald Tagnabou,
c’est son cousin Claude Gomgnimbou qui est venu à la radio avec un
communiqué « belliqueux » pour diffusion. « Il était très en colère et remonté contre
son oncle Michel Aboubé Gomgnimbou », a-t-il affirmé. M. Tagnabou lui a suggéré de garder son calme, de dépassionner les choses et de revoir le contenu de son
communiqué.

Après une semaine d’attente, Claude Gomgnimbou est revenu avec un autre communiqué « moins belliqueux » qui a finalement été diffusé. En sa qualité d’homme de média, de neveu et de cousin, Donald Tagnabou a opté pour la facilitation entre les protagonistes afin d’éviter d’envenimer la situation. Il a précisé que la radio est un outil de communication très puissant donc qu’il ne peut pas l’utiliser pour valoriser une partie et dénigrer l’autre.

Les médiations successives de l’administration, de la chefferie coutumière et de la radio Goulou de Pô, n’ont pas permis de mettre fin aux incompréhensions et aux accusations entre les uns et les autres. Pire, ce problème de vente de terre a montré les divergences
des trois composantes que sont les « Kolo », les « Kanzono » et les « Mora » sur
l’organisation sociale de leur grande famille Gomgnimbou :
chaque composante accuse les autres de ne pas jouer le rôle qui
leur est dévolu par la tradition. Il serait souhaitable que les membres de la grande famille
Gomgnimbou s’accordent sur l’essentiel en vue de préserver
la cohésion familiale.

Souaibou NOMBRE
snombre29@yahoo.fr

Parti communiste chinois : 100 ans de lutte et de gestion du pouvoir

Les journalistes africains de l’édition 2024 du programme du centre international chinois de la presse et de la communication ont visité le musée du Parti communiste chinois (PCC), le mardi 26 mars 2024 à Pékin.

Ouvert officiellement le 15 juillet 2021, marquant le centenaire du Parti communiste chinois (PCC), le musée à lui dédié est situé dans le district de Chaoyang, à Beijing (Pékin) en République populaire de Chine. Il est bâti sur une superficie de 147 000 m2 en R+3. Le premier niveau évoque la conquête du pouvoir par le PCC de 1921 à 1949. Le deuxième étage présente les années 1949 à 2007, soit de la prise du pouvoir par Mao Zedong à l’entrée de Xi Jinping au sein du comité permanent du bureau politique du PCC.

Quant au troisième niveau, il est exclusivement réservé à la vie et aux réalisations de Xi Jinping, l’actuel Président de la Chine. Le musée offre ainsi une vue d’ensemble du parcours centenaire du PCC et de son « inébranlable » esprit de lutte. A travers une visite guidée, les journalistes, en deux heures , ont pu, par le biais de plus de 2 600 images et 3 500 objets exposés dans le musée, comprendre la création et l’histoire du PCC ainsi que les réalisations socio-économiques atteintes sous la direction du parti. En effet, c’est le 23 juillet 1921, soit 10 ans après la création de la République de Chine, que le PCC naît dans la clandestinité à Shanghai. Parmi les 13 pères fondateurs, figurent Mao Zedong.

A la création du parti, il a fait savoir que « la fondation du PCC était un événement marquant de l’histoire de la Chine ». Quelques années plus tard, Xi Jinping a souligné que cet événement marquant a profondément changé la direction et les progrès du développement de la nation chinoise depuis l’époque moderne, ainsi que les perspectives et le destin du peuple chinois et de la nation chinoise. En outre, il a révélé que la fondation du PCC a profondément modifié la tendance et le modèle du développement mondial.
Ainsi, de 1921 à 1949, le PCC a mené le peuple chinois dans une lutte armée ardue et a finalement réussi à renverser « la domination de l’impérialisme » et à établir la République populaire de Chine (RPC). C’est le 1er octobre 1949 à Pékin que Mao Zedong a proclamé la naissance de la RPC, 28 ans après la fondation du PCC.

Sur la place Tian’anmen, il déclarait que « les Chinois se sont levés ». Après la fondation de la RPC, le PCC a conduit le peuple chinois de tous les groupes ethniques « à défendre l’indépendance et la sécurité du pays, à achever avec succès la transition de la nouvelle révolution démocratique à la révolution socialiste, à mener à bien une construction socialiste systématique à grande échelle et à réaliser un progrès économique et culturel sans précédent dans l’histoire de la Chine ». Principal artisan de la révolution chinoise et de l’édification du communisme, Mao Zedong a profondément influencé l’évolution de son pays. Il décède le 9 septembre 1976 à l’âge de 82 ans.

Souaibou NOMBRE
Depuis Pékin (Chine)
Snombre29@yahoo.fr

Investiture du nouveau président sénégalais : Le capitaine Ibrahim Traoré formule des vœux de succès à Bassirou Diomaye Faye

“J’’adresse mes vives félicitations et celles du vaillant peuple burkinabè au nouveau Président de la République du Sénégal, S.E.M. Bassirou Diomaye Faye.
A l’entame de son mandat plein d’espoir pour le peuple sénégalais et symbole d’une nouvelle ère pour une Afrique décomplexée, libre et souveraine, je lui formule mes vœux de succès. D’ores et déjà, je lui donne l’assurance de ma disponibilité et de mon engagement à œuvrer avec lui, non seulement au renforcement des relations bilatérales entre nos deux pays, mais également à la rénovation de la coopération sous régionale et internationale pour le bonheur et l’intérêt supérieur de nos peuples respectifs.

 

Capitaine Ibrahim Traoré
Président de la Transition, chef de l’Etat

Election présidentielle sénégalaise : Bassirou Diomaye Diakhar Faye a prêté serment

Le nouveau président élu du Sénégal à l’issue de l’élection présidentielle du 24 mars dernier, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a prêté serment devant le Conseil constitutionnel, le mardi 2 avril 2024, en présence d’imminentes personnalités, près de Dakar.

Le Sénégal a un nouveau président. Il s’agit de l’ex-opposant politique, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, élu 5e président de la république, le 25 mars dernier. Il a prêté serment, hier mardi 2 avril 2024, succédant ainsi à Macky Sall. La cérémonie d’investiture qui a eu lieu au Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio près de Dakar a connu, la présence de nombreuses personnalités dont des chefs d’Etats africains, des présidents d’institutions et bien d’autres de marque.

Lors de sa prestation de serment, le candidat de l’ex-Pastef, parti d’Ousmane Sonko, a juré devant Dieu et devant la Nation sénégalaise,
« de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois, de consacrer toutes ses forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire, l’indépendance nationale et de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine».

Dans sa toute première allocution, le Président Bassirou Diomaye Faye s’est engagé à éradiquer la corruption, à réduire le coût de la vie, mais également pour plus de démocratie et de justice. Il devra aussi s’atteler à résoudre la difficile équation du chômage des jeunes. Le Président Faye compte instaurer un partenariat économique
« gagnant-gagnant » avec les entreprises étrangères tout en rassurant les partenaires extérieurs que son pays maintiendra son rang sur l’échiquier international dans le respect de sa souveraineté.

L’opposant sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, faut-il le rappelé, a largement remporté au premier tour, la présidentielle du 24 mars avec 54,28% des voix, selon les résultats définitifs proclamés, le vendredi 29 mars dernier par le Conseil constitutionnel.

 

Synthèse de Soumaïla BONKOUNGOU
(Source : BBC Afrique)

Thème central / Les relations interpersonnelles : La Zakat al fitr : petite action, grand impact

Toutes nos louanges sont à Allah, le Maître incontesté et incontestable de l’univers. Nous lui demandons de déverser sa Grâce et sa Miséricorde sur le Dernier des messagers pour toute l’humanité ainsi que sur l’ensemble des musulmans.

La magnificence de l’Islam réside dans son expression horizontale et verticale. Son expression verticale nous connecte au créateur par essence. Cette relation verticale permet au croyant de manifester son amour grandiose pour son créateur par tous les actes et paroles permis. La pureté de cette relation verticale impacte celle horizontale, c’est-à-dire la relation du croyant aux créatures en ce sens que l’amour d’Allah implique la bienveillance envers ses créatures.

D’ailleurs, elle est un acte de foi et suscite la miséricorde du Seigneur. Allah dit : « La miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants » (S7V56). Cette bienfaisance doit naturellement se manifester à travers nos attitudes et paroles dans nos relations envers les créatures. Il sied de réaliser à quel point l’Autre est important dans notre cheminement spirituel. L’islam a fait de l’Autre un « sabab » d’exaucement et de purification.

Fondements et obligation

Parmi les occasions offertes au croyant d’exprimer sa foi et de purifier ses actes, se trouve la Zakat al fitr, l’aumône de la rupture du jeûne de Ramadan. Elle est instituée par le Messager d’Allah : « Le messager d’Allah a rendu obligatoire l’aumône de la rupture du jeûne en versant un saa’ de date ou un saa’ d’orge à chaque esclave ou personne libre, mâle ou femelle, petit et grand parmi les musulmans ».

Son prélèvement est, à cet effet, une obligation pour tout musulman qui a de quoi se nourrir, lui et sa famille pour au moins un jour et une nuit et qui dispose d’un surplus. Il doit s’en acquitter pour toutes les personnes musulmanes à sa charge. Aussi, elle est donnée au musulman car c’est lui qui est concerné par la fête. Il ne faut pas confondre la Zakat al Mal et la Zakat al fitr. La première fait partie des cinq piliers de l’islam et se prélève sur les biens épargnés sur la période minimale d’une année.

Impact spirituel et social

Le mois de Ramadan étant l’occasion de se rapprocher de son Seigneur par le jeûne et les autres actes d’adoration, tout musulman a le souci de voir sa pénitence être acceptée par son Seigneur. Mais, il nous arrive, dans nos interactions avec les autres, de commettre des propos ou des actes qui salissent la pureté de notre jeûne. Alors, ce prélèvement a la particularité de purification du jeûne.

La Zakat al fitr permet d’expier les fautes et de rendre les actions dans le mois de Ramadan davantage nobles. En plus de son caractère expiatoire, elle est la manifestation de l’obéissance du croyant à Allah et à son Messager.
Mais son impact ne se limite pas à la personne du jeûneur. La zakat al fitr joue aussi un rôle fondamental dans la vie du frère musulman. Parmi les objectifs de la Zakat al fitr, il y a le fait de permettre aux pauvres de faire la fête dans l’allégresse totale sans sentir le fardeau du manque.

Ainsi, la Zakat al fitr renforce la fraternité, la solidarité et apprend au donneur la miséricorde envers ses semblables. Au-delà de tout, c’est la beauté de l’islam qui est magnifiée. Son importance spirituelle et sociale est mentionnée dans ce hadith rapporté par Ibn Abbas : « Le messager d’Allah a imposé l’aumône de la rupture du jeûne, car elle purifie le jeûneur des paroles futiles et indécentes, de même qu’elle est une nourriture pour les pauvres. Celui qui l’accomplit avant la prière, elle sera une zakat acceptée. Quant à celui qui la donne après la prière, elle ne sera qu’une aumône ordinaire ». C’est une petite action aux grands impacts.

La période valide de la Zakat al fitr

Le hadith susmentionné donne les limites temporelles du prélèvement de la Zakat al fitr. En effet, elle possède son caractère purificatoire du jeûne à condition de la prélever avant la célébration de la prière. Mais elle perd cette caractéristique, une fois prélevée en dehors des limites temporelles prescrites. Dans ce cas, l’intéressé n’a fait qu’effectuer une aumône ordinaire. Par conséquent, le musulman est tenu de la prélever selon le hadith rapporté par ibn Omar : « Le messager a ordonné de verser la zakat al fitr avant de se rendre à la prière ». Par ailleurs, il y a la possibilité de la prélever un ou deux jours avant la fête, considérant les propos d’Ibn Omar : « Les gens la versaient un ou deux jours avant la rupture du jeûne » (Boukhari).

La nature du bien à prélever.

Il est rapporté que la zakat al fitr se prélevait en nourriture. Abou Saïd Al Khoudri rapporte : « Au temps du messager, nous versions la zakat al fitr avec un saa’ de nourriture, ou un saa’ d’orge, ou un saa’ de dattes, ou un saa’ de fromage séché, ou un saa’ de raisins secs ». Nonobstant, le contexte n’étant pas le même, il est possible de prélever la zakat al fitr sur les types de nourritures consommés dans sa localité. S’agissant de la possibilité de la prélever en argent, les savants sont divergents. Toutefois, il sied de considérer le but de cette prescription contenu dans ce hadith : « Epargne-leur la mendicité ce jour-là ».

NB : La zakat al fitr est recevable à la mosquée du siège national de l’A.E.E.M.B. Sise à Wemtenga à côté de la pharmacie Wendkuuni et au siège national du CERFI sise aux 1200 logements tous les jours de 08h à 21h.

Seigneur Allah, permets-nous de faire le choix de l’unicité. Accorde-nous Ton pardon, fais-nous davantage miséricorde et agrée-nous.
Seigneur Allah, élève-nous au degré de ceux que Tu aimes véritablement.
Ô Allah, Tu es l’Indulgent et Tu aimes faire preuve d’indulgence. Alors, sois indulgent à notre égard.
NB : La foi musulmane est une foi active qui nous impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI


Mahamadou Konaté, ingénieur en exploitation de machines à sous : « Il y a nécessité de réorganiser le secteur »

Le secteur des machines à sous ou à jeux d’argent au Burkina Faso intéresse beaucoup de personnes. Cependant, il semble exister dans l’ombre avec à la clé des avantages et des inconvénients. L’ingénieur en exploitation des machines à sous, Mahamadou Konaté que Sidwaya a interviewé revient, entre autres, sur sa propre expérience dans le domaine, ses péripéties et les enjeux liés à ce secteur.

Sidwaya (S) : Vous êtes spécialiste et ingénieur dans l’exploitation des machines à sous ou machines des jeux et loisirs. Dites-nous ce qu’est une machine à sous.

Mahamadou Konaté (M.K.) : Une machine de jeux d’argent (machine à sous) est une arme économique pour celui qui dispose de la technologie de fabrication, de programmation et qui sait mettre en place une politique commerciale judicieusement légale
et orientée pour en vendre et
en exploiter pour se faire énormément de l’argent. Ces machines sont actuellement dans nos Etats africains en si grand nombre, tenues et exploitées majoritairement pour ce que je sais de mon expérience, par des expatriés qui sont très fortunés, leurs pays étant des fournisseurs.

S : Que savez-vous de ce domaine ?

M.K. : Dans le domaine de l’exploitation des machines à sous, la minorité africaine est généralement sous la coupe des « magnats » souvent sous le couvert de nos politiques. C’est pour dire que le milieu est tout simplement verrouillé et considéré même comme mafieux. Nous pouvons dans ce secteur d’activité reprendre les choses en main avec ce vent nouveau de prise de conscience de nos populations et de leur adhésion aux changements véritables que nous apportent les nouveaux régimes anti-impérialistes. Je pense en âme et conscience que c’est un domaine qui a besoin d’être réformé et assaini pour un développement socio-économique harmonieux. Ce domaine qui touche le social doit vraiment amener l’Etat à prendre véritablement les choses en mains, à l’image de la Loterie nationale burkinabè (LONAB) qui est bien organisée.

S : Quelle est votre qualification en matière de machines à sous ?

M.K. : Dans cet univers de machines de jeux d’argent et d’intelligence artificielle, j’ai débuté il y a de cela 20 ans donc, en 2004. Au Burkina Faso, j’ai intégré la première société de jeux en tant que technicien spécialisé dans la réparation des téléphones portables de la société. Au fur et à mesure, le directeur technique avec qui j’ai évolué a vu que mes compétences étaient énormes et j’ai fait valoir par la suite mon diplôme de BEP en électronique.

S : Parlez-nous concrètement de votre expérience professionnelle ?

M.K. : Concrètement, je peux dire qu’aujourd’hui, je suis aguerri dans ce domaine. Je peux également dire que l’expertise que je cherchais à mes débuts, en 2004, pour être technicien complet, est accomplie. La machine à sous n’a aucun secret pour moi, car je connais son fonctionnement, son montage et son assemblage. En outre, je peux apporter de la créativité dans ce domaine en aidant l’Etat à réorganiser le secteur.

S : Donc, votre BEP électronique est tout pour vous ?

M.K. : Evidemment. Je suis rentré dans ce milieu avec mon BEP électronique pour devenir aujourd’hui, ingénieur des machines en sous. Mais, en 2004, quand j’ai fini de travailler avec la première société où je suis sorti en 2007, j’ai pratiquement travaillé avec le peu d’expérience créatrice, parce que je n’étais pas encore mature. Après le Burkina Faso, j’ai connu un peu l’aventure au Mali et en Belgique pour revenir ensuite au Tchad. Mais, je tiens à rappeler qu’en quittant le Burkina Faso, certes, je n’étais qu’un simple technicien, mais j’avais atteint un niveau où j’avais la responsabilité des grosses machines. C’est ainsi que j’ai été rappelé de la Belgique pour occuper au Tchad, le poste de directeur technique dans une entreprise pendant neuf mois. Malheureusement, les termes de contrat n’ont pas été respectés concernant, entre autres, la prise en charge de la scolarité de mes enfants.

S : Parlez-nous un peu de l’importation des machines à sous au Burkina

M.K. : Au Burkina Faso, à ma connaissance, on peut dénombrer en moyenne plus de dix mille machines de jeux d’argent (machines à sous) disposées dans les salles de jeux des différentes sociétés d’exploitation dites légalement implantées. Il n’y a jusqu’à présent ni une entreprise de fabrication ou d’assemblage de machines de jeux d’argent au Burkina Faso, ni dans aucun pays dans la sous-région. Toutes ces machines ont donc été importées d’Europe et sont supposées être dédouanées. Ce qui allait permettre à l’Etat d’avoir des numéros de séries par machine pour les paiements des taxes par machine par an.

S : Quels sont les avantages et les inconvénients de ces machines
à sous ?

M.K. : Comme avantages, nous pouvons dire avec certitude que les machines à sous permettent aux employés de gagner leur vie même si c’est de l’exploitation de l’homme par l’homme de la part des employeurs. Nous autres qui avons pu travailler dans ce secteur et qui avons gagné nos vies, ne pouvons pas dire le contraire. Ce qui m’a le plus marqué, c’est que j’ai acquis de grandes connaissances dans ce domaine à travers mes expériences et mes formations diverses. Le domaine des machines à sous permet de créer des emplois et de développer l’économie même si le recouvrement des taxes à ce niveau laisse à désirer. Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Car, l’univers des machines à sous a ruiné beaucoup de gens parce que ces derniers jouent mais ils n’ont pas gain de cause ?

S : C’est parce que ces clients n’ont pas la chance ?

M.K. : (Rires). Non, il n’y a pas une histoire de chance ou de hasard dans la machine à sous. Il faut oublier cela. Pour moi, personnellement, avec mon expérience, je dis toujours que la chance ou le hasard n’a rien à voir dans les machines à sous car c’est une intelligence artificielle qui est programmée. Et l’on ne peut pas programmer un appareil qui va te permettre de venir gagner selon la chance. La machine est programmée, elle attend de prendre son pourcentage et de redistribuer l’autre partie du gain. Donc, les machines à sous enregistrent plus de perdants que de gagnants.

S : Quelles sont vos recommandations pour une réorganisation saine de ce secteur ?

M.K. : Je suis prêt aujourd’hui, en tant qu’ingénieur du domaine, à mettre tous les moyens pour aider à assainir le secteur. J’envisage mettre en
place un cabinet de consultation ou une structure associative pour accompagner l’Etat en faisant valoir mon expertise.

Entretien réalisé par
Boukary BONKOUNGOU

Afrique du Sud : la présidente du Parlement risque une arrestation pour corruption

La présidente du Parlement sud-africain, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, pourrait être arrêtée pour corruption dans les jours  à venir.

Ce mardi sa demande d’empêcher la police et les procureurs de procéder à son arrestation a été rejeté par le tribunal.

Nosiviwe Mapisa-Nqakula, est accusée d’avoir reçu des pots-de-vin de la part d’une entreprise du secteur de la défense, alors qu’elle était ministre de la Défense.
Selon les procureurs, elle a reçu 11 paiements d’un montant total de 135 000 dollars entre décembre 2016 et juillet 2019.

Les législateurs de l’opposition ont demandé qu’elle démissionne de son poste de présidente du Parlement en raison de ces allégations.

Sidwaya.info

Source : africanews

Centre médical avec antenne chirurgicale de Sindou :L’urgence écologique des déchets médicaux interpelle

Dans le vaste débat sur la protection de l’environnement, un sujet souvent négligé, mais pourtant crucial émerge : la gestion des déchets médicaux. Bien que souvent relégués aux marges des préoccupations environnementales, ces déchets posent un problème sérieux, exacerbé dans des régions où les infrastructures de traitement sont insuffisantes. Un exemple frappant est celui du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Sindou dans la région des Cascades, où l’absence d’un incinérateur adéquat a des conséquences dévastatrices sur l’environnement.

Sindou, une commune de la province de la Léraba dans la région des Cascades, bénéficie d’un Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) crucial pour la santé de sa population. Cependant, ce centre est confronté à un défi de taille : la gestion inadéquate des déchets médicaux. Cet état de fait a été mis à nu, à l’occasion de la tournée du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou les 23 et 24 février 2024, afin de prendre le pouls de l’état de fonctionnement des formations sanitaires dans la région. Au CMA de Sindou,  les déchets produits lors des soins et des interventions chirurgicales posent un risque grave pour l’environnement local et la santé publique par manque de moyens de traitement appropriés. Ces déchets se composent entre autres de gants en latex, de seringues utilisées, de compresses, d’emballages de médicaments vides, des médicaments périmés, de solutions de nettoyage, de désinfectants, d’aiguilles et de lames. Faute d’incinérateur, ces déchets médicaux sont jetés dans un coin de l’hôpital. Toute chose qui entraine la contamination des sols et des cours d’eau environnants par des produits chimiques et des agents pathogènes, présents dans ces ordures. Les substances libérées dans l’air et les sols peuvent affecter la biodiversité, mettant en danger la faune et la flore locale.

2- … parce que l’incinérateur du CMA de Sindou est hors d’usage depuis plus de sept ans.

De plus, en l’absence d’autres options, ces déchets sont brûlés à l’air libre et dégagent des substances toxiques dans l’atmosphère. Ceci contribue également à la pollution de l’air et aux effets du changement climatique. Outre les dommages environnementaux, la mauvaise gestion des déchets médicaux présente aussi des risques pour la santé publique. Les agents pathogènes contenus dans ces déchets peuvent propager des maladies infectieuses, exposant ainsi non seulement le personnel médical, mais aussi la population locale à des risques sanitaires graves. De plus, l’exposition à long terme à des substances toxiques provenant de la combustion des déchets médicaux peut aggraver non seulement la santé des malades de l’hôpital, mais aussi provoquer des maladies chez les habitants vivant à proximité. Face à cette problématique pressante, il est impératif de mettre en place des solutions durables pour la gestion des déchets médicaux au CMA de Sindou. Tout d’abord, l’installation d’un incinérateur moderne et conforme aux normes environnementales est une priorité. En effet, le CMA de Sindou ne dispose plus d’incinérateur depuis sept ans. L’incinérateur est utilisé pour éliminer ces déchets de manière sécurisée. Cet équipement permet de traiter les déchets de manière sûre et efficace, réduisant ainsi les risques pour l’environnement et la santé publique. De plus, des programmes de sensibilisation et de formation devraient être mis en œuvre pour promouvoir des pratiques de gestion des déchets plus responsables au sein du personnel médical et de la population locale.

 

Paténéma Oumar OUEDRAOGO

pathnema@gmail.com

Légende

Lutte contre la cybercriminalité : la BCLCC appréhende deux présumés cybers délinquants

La Brigade Centrale de Lutte Contre la Cybercriminalité (BCLCC) a mis fin aux activités d’un groupe de présumés cybers délinquants impliqué dans des cas d’usurpation d’identité suivie de vols de numéraire via les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), a informé la BCLCC ce mardi 2 avril 2024.

Selon la brigade, les présumés délinquants utilisaient des numéros préalablement obtenus à partir de Cartes Nationales d’Identité Burkinabé (CNIB) égarées.

Ces numéros étaient ensuite utilisés pour recevoir frauduleusement des transactions financières découlant de leurs activités illégales.

Le groupe, composé de deux membres ciblait principalement des boutiques de transfert d’argent dans la capitale.

À l’intérieur de ces boutiques, ils procédaient à des simulations d’achat d’unités en introduisant délibérément un numéro à 9 chiffres lors de la saisie du numéro du bénéficiaire, sachant que l’opération serait vouée à l’échec.

Ceci leur permettait de mémoriser de par l’observation des gestes du doigt, le code secret du gérant.

Après l’échec de la transaction simulée, les gérants demandaient aux présumés cybers délinquants de réintroduire le numéro du bénéficiaire. C’est à ces instants qu’ils en profitent effectuer des transactions vers d’autres numéros complices.

 

Sidwaya.info

Source : BCLCC

Investiture du président sénégalais : Le chef du Parlement burkinabè est arrivé à Dakar

Le président de l’Assemblée législative de transition, Dr Ousmane Bougma, à la tête d’une délégation burkinabè, a foulé le sol sénégalais dans l’après-midi du lundi 1er avril 2024.

Il va représenter ce 2 avril 2024, le président du Faso, Ibrahim Traoré, à l’investiture du nouveau président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, élu président de la République du Sénégal dès le premier tour à l’issue du scrutin du 24 mars 2024.

Sidwaya.info

Source : Assemblée_legislative_de_transition

L’armée burkinabè teste de nouveaux missiles au Centre-Nord

L’armée burkinabè a largué, le vendredi 29 mars 2024, de nouveaux missiles d’une puissance « terrifiante » sur des terroristes qui se croyaient en sécurité dans une forêt dense du Centre-Nord, selon des sources sécuritaires.

Les vecteurs aériens de l’armée burkinabè surveillaient depuis quelques jours des mouvements dans une importante base terroriste à Kalamba, dans le Centre-Nord. Les pilotes hésitaient à passer à l’action, car les missiles habituellement utilisés risquaient de ne pas toucher les cibles en raison du caractère très touffu de cette petite forêt. Après avoir effectué les derniers réglages, ils ont décidé d’utiliser les nouveaux types de missiles d’une « puissance terrifiante » fraîchement arrivés. Ainsi, le vendredi 29 mars 2024 à 11h18 précises, pendant que les terroristes se croyaient à l’abri, une grosse boule de feu a déchiré les cieux pour les exterminer. Pour avoir le cœur net, un commando des forces spéciales a été héliporté sur les lieux. Le constat est sans appel : la base est complètement détruite, preuve de l’efficacité des nouveaux missiles. Selon nos sources, l’armée continuera à traquer les terroristes dans leurs derniers retranchements, qu’il s’agisse de forêts extrêmement touffues ou non.

Agence d’information du Burkina

Une nouvelle ère pour le Sénégal

A moins d’un changement de dernière minute, le nouveau Président sénégalais, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, 44 ans, élu au premier tour avec 54,28 % des voix, entre officiellement en fonction, ce mardi 2 avril 2024. Deux temps forts vont marquer cet évènement : la prestation de serment du chef de l’Etat entrant au Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD), dans la nouvelle ville de Diamniadio et la passation de pouvoirs avec son prédécesseur, Macky Sall, au palais présidentiel à Dakar. Si, elle ne constitue pas à vrai dire une révolution, dans un Etat qui a une tradition d’alternance démocratique, l’élection de Bassirou Diomaye Faye fait l’objet de tous les superlatifs. Certains observateurs n’évoquent-ils pas une ascension fulgurante ou le destin exceptionnel d’un homme peu connu des Sénégalais ?

La trajectoire du nouveau maitre du Sénégal, qui était loin de s’imaginer à la tête du pays, fascine et fait rêver tous ceux qui nourrissent des ambitions présidentielles. Candidat de substitution de son charismatique mentor, Ousmane Sonko, Diomaye Faye est sorti de prison en compagnie de celui-ci, à dix jours de la présidentielle, avant d’être propulsé au sommet de l’Etat par ses compatriotes, dont la soif de changement ne souffre pas de débat. Jamais un opposant n’avait réussi à remporter une présidentielle au premier tour depuis l’indépendance du Sénégal en 1960. C’est la preuve patente que le programme de l’heureux gagnant porte les aspirations d’un peuple, qui n’en pouvait plus de la gouvernance à problèmes de Macky Sall.

Diomaye Faye, qui a promis un changement radical dans la conduite des affaires publiques, jouit d’une pleine confiance pour dérouler son projet de société. Il devrait, au cours de sa prise de fonction, réaffirmer son engagement à gouverner avec humilité et transparence et à combattre sans relâche la corruption, le fondement de son engagement en politique. Le nouveau chef de l’Etat sénégalais compte, entre autres, œuvrer pour la réconciliation nationale, la réduction du coût de la vie devenu presque insupportable et à faire des investissements dans les secteurs agricole et industriel en vue de faire baisser le taux de chômage estimé à 20%. En panafricaniste de gauche, Bassirou Diomaye Faye entend surtout rétablir la souveraineté du Sénégal, bradée à l’étranger, selon lui.

A ce titre, il projette quitter le franc CFA et rééquilibrer les partenariats internationaux dans un sens « gagnant-gagnant » pour sa chère patrie. Mais le nouveau président sénégalais, qui partage un idéal d’émancipation totale des peuples africains, va-t-il tourner le dos à la France dont la politique sur le continent est fortement décriée, comme le souhaitent vivement les panafricanistes ? On ne saurait le dire pour le moment. D’ores et déjà, Emmanuel Macron a déjà exprimé sa volonté de poursuivre et d’intensifier le partenariat entre le Sénégal et la France. Il reste à savoir si Bassirou Diomaye Faye ira dans ce sens, lui qui envisage peser de tout son poids pour le retour du Burkina Fao, du Mali et du Niger au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Alors que l’organisation sous régionale est considérée par une certaine opinion, comme un instrument au service de l’Hexagone. De toute évidence, les chantiers qui attendent le nouveau chef de l’Etat sénégalais sont nombreux et il devra tout faire pour ne pas décevoir ses compatriotes, impatients de voir émerger un autre Sénégal.

Kader Patrick KARANTAO karantaokader@gmail.com

Festival des masques de Pouni : la culture au service de la cohésion sociale

La 17e édition du Festival des masques de Pouni s’est tenue, du 28 au 31 mars 2024, avec la participation d’une trentaine de sociétés de masques venues de diverses localités. L’édition avait comme patron, le ministre d’Etat, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Jean Emmanuel Ouédraogo.

La commune de Pouni, dans la province du Sanguié, a vibré au rythme de la 17e édition du Festival des masques (FESTIMASQ) du 28 au 31 mars 2024. Des centaines de masques issus d’une trentaine de sociétés de masques venu s de diverses localités du Burkina Faso ont pris part au défilé dans la matinée du samedi 30 mars. Selon le président de l’Association les amis des masques (AMA), Hervé Gué, par ailleurs président du comité d’organisation, cela fait 34 ans que le FESTIMASQ s’est tenu pour la première fois. Avec pour objectif entre autres de créer une dynamique de développement culturel et touristique, de promouvoir l’économie locale et de renforcer la cohésion entre les communautés. Il a saisi l’occasion de cette tribune pour rendre hommage au président d’honneur de l’AMA, Babou Jean-Pierre Ido, initiateur du festival en 1990 et tous les autres pionniers qui ont œuvré à le pérenniser. A écouter M. Gué, l’AMA a, en projet, la construction du mur de clôture du site du festival et la création d’un musée du masque à Pouni. Pour sa part, le patron du festival, le ministre d’Etat, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Jean Emmanuel Ouédraogo, a salué les organisateurs pour leur initiative et surtout pour les efforts déployés pour son maintien depuis plus de 30 ans.

Le masque, un vecteur de paix

Les festivaliers sont venus de divers horizons pour assister au défilé.

« Ce festival contribue fortement à la mission de conservation et de valorisation de notre patrimoine culturel dévolue à notre département et nous vous encourageons », a-t-il signifié. Il a en outre réaffirmé la disponibilité du ministère de la culture à accompagner de telles initiatives. De l’avis de Jean Emmanuel Ouédraogo, le choix du thème : « Masque, paix et cohésion sociale au Burkina Faso », est évocateur dans ce contexte particulier. « Le masque est un vecteur de paix et de cohésion sociale et cette édition du festival à travers la thématique montre la volonté de participer au renforcement des liens entre les populations », a-t-il fait savoir. Le ministre d’Etat en charge de la fonction publique, Bassolma Bazié, parrain de cette édition (avec le ministre Rodrigue Edasso Bayala de la Justice), a mis à profit sa présence à Pouni pour s’adresser à la population au sujet de l’insécurité. « Les attaques terroristes doivent prendre fin au Burkina Faso et chaque citoyen doit avoir une ligne de conduite qui témoigne de son engagement patriotique et de sa participation citoyenne », a-t-il lancé. Le chef du village de Pouni et le préfet, Président de la délégation spéciale (PDS) de Pouni, Nadine Badiel, ont tous exprimé leur gratitude aux autorités gouvernementales pour leur présence qui honore la commune.

Beyon Romain NEBIE beynebie@gmail.com