Réélection de Vladimir Poutine : le capitaine Traoré, félicitations son homologue

« J’adresse mes félicitations au président Vladimir POUTINE pour sa réélection, ce dimanche 17 mars, à la tête de la Fédération de Russie. En mon nom propre et en celui du peuple burkinabè, je lui formule des vœux de plein succès’’ a écrit le chef de l’Etat du Burkina, le capitaine Ibrahim Traoré sur son compte X.

Dans son message  le capitaine a également  souhaité que ce nouveau mandat contribue au renforcement des relations déjà excellentes entre le Burkina Faso et la Russie.

 

Sidwaya.info

Source : Présidence du Faso

RDC : trouver les voies de pacification

La guerre civile qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est loin de s’estomper, au regard des faits observables sur le terrain des hostilités. Faut-il le rappeler, après quelques années d’accalmie, le Mouvement du 23 mars(M23), rébellion majoritairement tutsie, a repris les armes fin 2021. Avec l’appui de l’armée rwandaise, il s’est emparé des larges pans du Nord-Kivu, province de près de 60 000 km² frontalière du Rwanda et de l’Ouganda. Le regain de violence a provoqué de nouveaux déplacements de populations.

Pour ce qui est connu des supposés mobiles de cette guerre meurtrière, c’est que les rebelles exigent du pouvoir de Kinshasa un dialogue « direct » en l’accusant de n’avoir pas respecté les accords de paix conclus en 2013, après leur mise en déroute par l’armée avec l’appui des Casques bleus. Ce qu’il faut regretter au-delà de tout cela, ce sont les conséquences de cette guerre sur les populations du Nord-Kivu, martyrisées depuis des lustres et qui ne savent à quel saint se vouer. En effet, les données des Nations unies font déjà cas de plus de 100 000 nouveaux déplacés enregistrés ces derniers mois, du fait de la résurgence des combats.

Bien plus, fin 2023, l’ONU estimait que près de sept millions de personnes étaient déplacées en RDC, dont 2,5 millions uniquement dans le Nord-Kivu avec des centaines de milliers dans des camps à la périphérie de Goma, chef-lieu de la province. Des chiffres qui interpellent sur la nécessité de trouver, au plus vite, des voies de pacification. Malheureusement, en dépit des supplices que vivent les populations de la région, les événements semblent n’émouvoir personne, notamment la communauté internationale. S’il faut saluer les récentes tractations diplomatiques pour mettre un terme à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), conduites par le Président angolais, Joao Lourenço, dont il faut saluer le courage, force est de constater que les hostilités s’intensifient au même rythme que les affrontements entre le M23 soutenu par le Rwanda.

Toutefois, l’on peut déjà se féliciter de la décision des Président Paul Kagamé et Félix Tshisekedi de se rencontrer, selon la médiation angolaise, afin de jeter les bases d’une désescalade des combats. Même si des rencontres entre ces deux chefs d’Etat ont déjà eu lieu tout comme d’autres tentatives de médiation sans réel impact, il faut tout de même saluer cette nouvelle initiative de l’Angola et souhaiter qu’elle puisse parvenir à un modus vivendi entre les parties au conflit. Pour atteindre cet objectif, il importe que la communauté internationale s’investisse très sincèrement afin d’aider la RDC à sortir de ce bourbier qui n’a que trop duré. Cela, pour éviter que le conflit ne s’étende vers d’autres régions du Congo et compliquer davantage sa résolution.

Dans cette dynamique, ce sont les principaux protagonistes que sont les responsables du M23, leur soutien Paul Kagamé et Félix Tshisekedi de montrer aux yeux du monde leur bonne volonté à aller vers la résolution de la crise. Ce n’est que par cela que l’on peut permettre aux initiatives de médiation de pouvoir rabibocher les protagonistes au grand bonheur de la population du Nord-Kivu qui ne souhaite que la paix dans leur région. En attendant, gageons que la rencontre annoncée entre les deux présidents puisse se tenir sous de bons auspices afin de jeter les bases de la pacification intégrale du pays.

Soumaïla BONKOUNGOU

Gestion foncière à Pô : Ces terres ancestrales qui « secouent » la grande famille Gomgnimbou

A Pô, chef-lieu de la province du Nahouri, la grande famille Gomgnimbou, comprenant les composantes « Kanzono », « Kolo » et « Mora » est propriétaire terrien. Ses terres situées aux secteurs 6, 7 et dans le village de Katchéli, dans un processus de lotissement, font cependant l’objet de discorde depuis plusieurs années entre les trois entités de la famille. Constat.

A la faveur de la commémoration de la fête nationale, le 11-Décembre, dans la région du Centre-Sud (Pô), en 2018, l’Etat avait décidé, à travers la direction régionale de l’urbanisme, des affaires foncières et de l’habitat du Centre-Sud, de réaliser une cité des forces vives à Pô. Pour la réalisation du projet, la famille Gomgnimbou a cédé 3 hectares (ha) de ses terres situées au secteur 6 de Pô, à la sortie nord, route de Ouagadougou, à la société immobilière GELPAZ IMMO S.A qui avait obtenu auprès de l’Etat, le marché pour la réalisation de la cité des forces vives.

L’opération de cession a été conduite par Michel Adoubé Gomgnimbou, le patriarche des « Kanzono », une des trois composantes de la famille, (en plus des « Kolo » et des « Mora »). En retour, la société immobilière a remis à la famille 9 parcelles de 240 m2 chacune. Michel Adoubé Gomgnimbou et deux de ses neveux, Marc Salazar et Claude Gomgnimbou qui ont conduit le processus ont pris chacun une parcelle. Ils ont remis deux parcelles à la famille royale de Pô et deux parcelles à la mairie. Les deux dernières parcelles ont été remises à deux frères résidant à Ouagadougou Alain et Joël Gomgnimbou.

Une alternative avec GELPAZ IMMO S.A

La cession des 3 ha et le partage des 9 parcelles se sont déroulés à l’insu des deux autres composantes de la famille que sont les « Kolo » dont le chef est Apékira Gomgnimbou et les « Mora » qui ont pour chef, Kounipoa Pouabidjié. Ces derniers ont élevé la voix pour exiger leur part du « gâteau ».

Les logements de la cité des forces vives ont été réalisés par GELPAZ IMMO S.A dans le cadre des festivités
du 11-Décembre en 2018 à Manga.

Pour satisfaire les plaignants, le chef de la composante « Kanzono », toujours avec l’aval de ses neveux, a cédé plus de 85 hectares de nouvelles terres à la société immobilière GELPAZ IMMO S.A pour des travaux de lotissement. « Lorsque notre oncle nous a proposé de travailler avec GELPAZ IMMO S.A pour un aménagement, nous avons trouvé l’initiative très louable et nous l’avons accompagnée », a corroboré Claude Gomgnimbou. Qu’à cela ne tienne, lui et son frère Marc Salazar ont émis une réserve de dénoncer le projet si toutefois, ils constatent des problèmes tels que le retard et le manque de transparence.

Le protocole d’accord signé entre les deux parties, le 20 octobre 2018 à Pô, stipule que la société immobilière s’engage à attribuer 510 parcelles de superficies variables à la famille, soit 6 parcelles par hectare. Dans le protocole, la famille Gomgnimbou s’engage à assister, faciliter et accompagner et ce, « sans aucun frais, ni rétribution » la société GELPAZ IMMO S.A dans les procédures pour la délivrance des documents administratifs afférents au terrain. Le protocole d’accord a été signé d’une part, par le patriarche Michel Adoubé Gomgnimbou au nom de la famille et d’autre part, par le Directeur général (DG) de la société immobilière GELPAZ IMMO S.A, Alain Zoungrana. Les témoins du patriarche étaient ses deux neveux, plus un autre membre de la famille et le témoin du DG de la société immobilière était Martin Sawadogo.

Trouver une solution à l’amiable

Informé de l’opération de lotissement, le chef de la composante « Kolo », Apékira Gomgnimbou s’est de nouveau plaint, estimant que Michel Adoubé Gomgnimbou et ses neveux ont piloté cette nouvelle opération sans concertation avec les deux autres composantes de la famille Gomgnimbou. « A maintes reprises, Michel et ses deux neveux ont décliné les rencontres convoquées pour discuter du problème chez le défunt chef de quartier Zenian, regroupant les secteurs 6 et 7 », a-t-il regretté. Le chef Apékira Gomgnimbou a donc fait arracher par des jeunes de sa composante, les bornes installées par la société immobilière GELPAZ IMMO S.A.

L’ainé de la composante « Kanzono », Michel Adoubé Gomgnimbou indiquant le terrain attribué à la société immobilière GELPAZ IMMO S.A.

Une action qui sera suivie par une série de défiance entre les deux chefs des deux composantes. Michel Adoubé Gomgnimbou dépose une plainte à la gendarmerie de Pô pour destruction de biens privés et les jeunes qui ont posé l’acte ont été convoqués pour être entendus et mis en arrestation. En réponse à ces interpellations, Apékira Gomgnimbou dépose également une plainte à la gendarmerie contre Michel Adoubé Gomgnimbou pour usurpation de biens communautaires et ancestraux. En réponse à cette nouvelle plainte, la gendarmerie relâche les jeunes interpellés et a demandé aux deux parties de trouver une solution à l’amiable, a fait savoir l’ancien 1er adjoint au maire de Pô, Assane Gomgnimbou, par ailleurs membre de la composante « Kolo ».

Renvoyés dos à dos par la gendarmerie, les deux composantes plus la troisième ont tenu une rencontre de conciliation à la préfecture de Pô dans l’après-midi du 14 mai 2021. La rencontre a été présidée par le préfet de l’époque, Adama Diallo, par ailleurs président du Tribunal départemental de Pô qui était assisté par le chef de service des affaires foncières de la mairie de Pô. La rencontre s’est déroulée en présence du secrétaire général de la province du Nahouri (proche parent de la famille), de deux représentants de la société immobilière, d’un huissier de justice et de l’ancien 1er adjoint au maire de Pô, Assane Gomgnimbou. Un procès-verbal de conciliation a été dressé et signé par les chefs des trois composantes de la grande famille Gomgnimbou. Ledit procès-verbal précise que les trois composantes ont marqué leur accord pour céder les 85 hectares à la société GELPAZ IMMO S.A pour l’opération de lotissement. Il est en outre mentionné qu’ils sont convenus de se rallier au porteur du projet (Michel Adoubé Gomgnimbou) en lui permettant de poursuivre les autres modalités de l’opération avec la municipalité et la société, tout en tenant compte des préoccupations de l’ensemble des membres des familles Gomgnimbou.

Trois nouvelles sociétés immobilières à la rescousse

Malgré la signature du compromis, la grande famille Gomgnimbou ne recevra pas les 510 parcelles promises. Et pour cause, la société GELPAZ IMMO S.A n’a pas reçu à ce jour, l’autorisation du ministère de l’Urbanisme pour réaliser le lotissement. Selon le responsable juridique de GELPAZ IMMO S.A, Armand Sow, la demande déposée le 23 décembre 2019 et relancée par lettre le 17 mars 2023 est restée sans suite. Comme pour ne rien arranger, la société a enregistré le décès de son directeur général en 2022. Le chef de la composante

Cet acte matérialise l’engagement entre Michel Adoubé Gomgnimbou
et ses deux neveux ainsi que la société immobilière GELPAZ IMMO S.A.

« Kanzono » va donc prendre attache avec d’autres sociétés. Il a affirmé que c’est en accord avec les deux autres composantes qu’il a approché trois nouvelles sociétés pour des opérations de lotissement. Interrogées, les composantes « Kolo » et « Mora » ont reconnu avoir été impliquées dans les accords avec les trois sociétés. Il s’agit de l’Agence de gestion immobilière Tapsoba et frères (AGIT) intervenant au secteur 6 et dans le village de Katchéli, de la société ZOTIMSON Sarl au secteur 7 et enfin de la société Immobilière Haeven Gate en partenariat avec la Maison internationale de commerce (M.INT. CO) qui doit intervenir dans le village de Katchéli.

L’acte de cession de 25 hectares dans la commune de Pô à cette dernière société citée a été signé entre le patriarche de la composante « Mora » Kounipoa Pouabidjié et le DG de M.INT. CO, feu Ousmane Koanda. L’acte de cession octroie aux propriétaires terriens cinq parcelles par hectare.

« Il a géré seul »

Si le choix des trois nouvelles sociétés immobilières s’est fait avec l’accord des patriarches des trois composantes, la discorde s’est exprimée cette fois au sein même de la composante « Kanzono ». Le patriarche Michel Adoubé Gomgnimbou est accusé par ses deux neveux d’avoir agi cette fois sans aviser la famille. Selon Marc Salazar Gomgnimbou, son oncle a géré seul la cession des parcelles sans les associer. « Au regard de la situation, une grande rencontre familiale a été convoquée à laquelle tous nos sœurs et frères vivant à Ouagadougou ont assisté.

La rencontre a été d’ailleurs présidée par l’oncle lui-même », a fait savoir le neveu. Marc Salazar Gomgnimbou a expliqué qu’au cours de la rencontre familiale, il a été décidé de la suspension de toutes les opérations de lotissement sur les terres de la famille aux secteurs 6 et 7 et dans le village de Katchéli. « L’oncle Michel était d’avis et a même signé le procès-verbal qui a été établi.

Cependant, force est de constater que le lendemain, c’est lui-même qui se rend sur le terrain. Son objectif était d’avancer sans en parler à aucun membre de la famille. Lorsque nous l’avons interpellé, il nous a fait comprendre que c’est lui le chef de famille », a relaté Marc Salazar Gomgnimbou.

Pour résoudre les incompréhensions sur les opérations de lotissement entre le patriarche Michel Gomgnimbou et ses deux neveux, les derniers cités ont saisi l’ancien Président de la délégation spéciale (PDS) de Pô, le chef coutumier de Pô et le responsable de la radio communautaire Goulou de Pô. Nous évoquerons ces médiations dans le prochain article.

 Souaibou NOMBRE

snombre29@yahoo.fr

Salam du Ramadan / Thème central : les relations interpersonnelles: les relations interreligieuses 2/2

Louanges à Allah comme il sied à la majesté de Sa face ainsi qu’à la grandeur de Son trône. Louanges infinies à Lui pour Ses innombrables bienfaits. Que Sa paix et Ses bénédictions se déversent abondamment sur Son noble Prophète Mouhammad ainsi que sur ceux qui le suivent.

Rappelons que la diversité religieuse est de l’ordre de la volonté divine conformément à la parole d’Allah : « Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté mais il en est ainsi afin de vous éprouver en ce qu’Il vous a donné. Rivalisez donc de bonté » (S05 V48). Cette diversité pose véritablement le défi du vivre-ensemble. Et pour le relever, la connaissance est indispensable. Il s’agit de la connaissance de soi, de sa propre religion, de ses principes et exigences ainsi que celle de l’autre.

L’ignorance de sa propre religion et celle de l’autre donnent l’impression que toute relation est une occasion de conversion de l’autre à sa propre religion. Ce qui, du coup, nous plonge dans une sorte de concurrence, de course à la conversion avec souvent des intentions inavouées, déguisées à travers des actions pourtant louables. Ce qui devrait amener à interroger la sincérité des intentions.

Il n’appartient, donc, à personne de profiter de la pauvreté, de la souffrance, de la maladie, de la naïveté des enfants pour conditionner de l’aide à une quelconque conversion à une religion. Chacun doit être sincère dans ses rapports avec l’autre. Dans tous les cas, en matière de guidance, Allah est clair : « Toi (Mouhammad) ne diriges pas celui que tu aimes ; mais c’est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés » (S28 V56).

Parce que nous vivons et partageons le même environnement, nous sommes tous confrontés, sans aucune référence à une quelconque religion, aux réalités de la vie face auxquelles nous devons mutualiser les forces. C’est le cas de la maladie comme de l’ignorance qui n’ont pas de religion. Nous saluons, ici, la hauteur d’esprit des Burkinabè, qui, sans discrimination, font des offres en matière de santé et d’éducation afin de soulager les malades et les apprenants.

Pouvons-nous oublier l’insécurité, le terrorisme qui secoue notre pays depuis près d’une dizaine d’année ? Avec ses préjudices indescriptibles en vies humaines et en biens matériels, le terrorisme n’a, également, pas de connotation religieuse. Il fait des victimes dans tous les rangs. Que dire de la pauvreté, du chômage surtout des jeunes, de la préservation et de la promotion de l’environnement, de la prise en charge des couches vulnérables que sont les veuves, les orphelins, les personnes déplacées internes, … ?

La conscience humaine à la lumière de la foi nous commande, mains dans les mains, que chacun apporte sa contribution afin de relever ces différents défis. C’est évidemment ensemble que nous viendrons à bout de la corruption et des autres formes d’incivisme qui minent et handicapent le développement de nos sociétés. L’exemple du Prophète est très illustratif en la matière. Il reçut les Chrétiens de Najran pour des échanges sur des sujets d’intérêts communs. Il leur permit, non pas parce qu’il partage leur foi, de prier dans sa mosquée à Médine quand il fut l’heure de leur prière.

Toutefois, il est important de préciser que la cohabitation et le vivre-ensemble ne signifient pas syncrétisme religieux parce qu’en matière de religion, « A vous, votre religion et à nous, notre religion » (S106 V06). C’est pourquoi, la sincérité nous amène à faire deux précisions sur deux situations qui créent souvent des polémiques inutiles dans nos contrées.

Il s’agit, d’abord, de la question de la nourriture. A ce sujet, le Maître suprême est clair. En effet, Allah dit : « Vous sont permises, aujourd’hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise » (S05 V05).

La mise en œuvre de ce verset du saint Coran fait l’objet de controverses même s’il faut retenir qu’on ne saurait être plus royaliste que le Roi. Il précise, de leurs nourritures, ce qu’on ne doit consommer. Il dit : « Certes, Il vous interdit la chair d’une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre qu’Allah » (S02 V173). Les Savants musulmans précisent que les gens du Livre dont il est question, ici, sont les Chrétiens et les Juifs.

Il s’agit, ensuite, du mariage mixte. Il y a deux situations distinctes à clarifier. Aux musulmans (hommes), Allah leur dit : « Vous sont permises les femmes vertueuses d’entre les croyantes, et les femmes vertueuses d’entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous » (S05 V05). Par ce verset, on comprend que le musulman peut marier une musulmane, une chrétienne ou une juive. S’il marie une chrétienne ou une juive, il doit savoir qu’il n’a aucun droit à la contrainte à abandonner sa religion pour le rejoindre dans sa foi. Mais, il doit, aussi, savoir qu’il est de son devoir d’éduquer tous ses enfants conformément à la foi musulmane parce que c’est une responsabilité pour laquelle il devra rendre compte devant son Seigneur Allah. En plus, il est important qu’il sache, que selon les Savants, aucun des deux conjoints, du fait de la différence de religions, ne pourra hériter de l’autre en cas de décès.

Pour la femme musulmane, la quasi-unanimité des savants est d’accord qu’il lui est fait interdiction de se marier à autre qu’un musulman. Et cela nous conduit, dans beaucoup de cas, à des conversions masquées juste pour le mariage. Des hommes se voient imposer cette conversion pour pouvoir marier la musulmane. Et nous sommes comme dans un jeu. Attention, on ne se convertit pas à une religion pour un mariage. Il faut que les non musulmans refusent cette imposition de la part de la famille de la femme juste pour le mariage. Aussi, les parents des musulmans doivent faire attention pour ne pas se faire duper.

Seigneur Allah, permets-nous de voir, en chaque homme, Ta face.

NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE

Imam à l’AEEMB et au CERFI

Iara Vidal, journaliste brésilienne : « Thomas Sankara est une référence pour la lutte des pays du Sud »

La journaliste brésilienne Iara Vidal est une admiratrice de l’ancien Président et père de la Révolution burkinabè, le capitaine Thomas Isidore Noël Sankara. Rencontrée le 8 mars 2024 à Béijing (Pékin) en République populaire de Chine, elle évoque, dans les lignes qui suivent, son admiration ainsi que les actes héroïques posés par l’homme politique.

Présente à Pékin en République populaire de Chine dans le cadre de l’édition 2024 du programme du centre international chinois de la presse et de la communication, la journaliste brésilienne, Iara Vidal, ne cache pas son admiration pour l’ancien Président et père de la Révolution burkinabè, le capitaine Thomas Isidore Noël Sankara.

A peine avoir entendu « Burkina Faso » lors de notre présentation, elle s’est aussitôt exprimée en ces termes « le pays de Thomas Sankara ». A l’issue des civilités, nous avons cherché à comprendre son enthousiasme pour l’ancien président burkinabè. Iara Vidal est une journaliste travaillant pour le media en ligne brésilien, « Revista Forum » traitant de la politique, des droits humains et de la culture, en donnant la parole à la classe ouvrière.

A l’en croire, elle s’intéresse au père de la Révolution burkinabè du simple fait qu’elle est elle-même une militante du mouvement marxiste. Par conséquent, a soutenu notre interlocutrice, elle se fait le devoir de connaitre la vie et les actions posées par les leaders africains comme Thomas Sankara et bien d’autres. Pour elle, le Président Sankara est spécial parce qu’il est une référence pour la lutte des pays du Sud.

« Il a su laisser une trace profonde durant son mandat. Il a donné du pouvoir aux femmes en les nommant dans son gouvernement et à d’autres postes de responsabilité. Il a su relancer l’industrie textile en donnant l’exemple de la souveraineté et de la fierté nationales. Il a vacciné massivement les enfants », se souvient-elle.

Selon la journaliste brésilienne, l’acte le plus important et héroïque posé par Thomas Sankara est d’avoir eu le courage d’affronter « les puissants du Nord, les colonisateurs qui perpétuent l’asservissement des pays pauvres grâce aux revenus financiers néocoloniaux du néolibéralisme ». Sa voix était si puissante qu’elle a été étouffée par la violence des seigneurs de la guerre, a regretté Iara Vidal.

Personnellement, elle dit n’avoir jamais rencontré l’homme politique mais l’a connu à travers un livre intitulé « Révolution africaine », traitant de trois décennies de lutte révolutionnaire en Afrique. De son avis, les articles de cette anthologie donnent un aperçu non seulement des diverses expériences politiques, mais aussi de toute la richesse et de la variété de la pensée marxiste africaine présentée par les textes et les discours de ses représentants les plus convaincus. Parmi ceux-ci, elle a cité Frantz Fanon, Kwame Nkrumah, Amilcar

Cabral, Eduardo Mondlane, Samora Machel, Agostinho Neto, Thomas Sankara et Samir Amin. De cette œuvre, elle rappelle les thèmes qui y sont abordés tels que le racisme dans la société de classe, la mentalité coloniale, l’idéalisation du passé africain et l’oppression patriarcale sur le continent, ainsi que des questions de tactique et d’organisation politique. A l’entendre, cette anthologie offre au public des perspectives théoriques qui concernent la révolution africaine.

Souaibou NOMBRE

Depuis Pékin (Chine)

snombre29@ yahoo.fr

Consommation du lait : Ce qu’il faut savoir

Le lait est un produit omniprésent dans nos réfrigérateurs mais les techniques de conservation de cette denrée ne sont pas toujours appropriées au caractère intrinsèquement fragile du lait. La méthode de conservation du lait dépend en grande partie de sa nature, de son type.

Excellente source de calcium, riche en lactose, bonne source de protéines, le lait favoriserait la santé cardiovasculaire et contient plusieurs vitamines et minéraux, dont le calcium et la vitamine D, essentiels au maintien de la santé osseuse. De plus, le calcium laitier pourrait jouer un rôle dans la prévention de diverses maladies telles les maladies cardiovasculaires, l’hypertension artérielle et l’obésité. D’autres composés bioactifs sont présents dans le lait et auraient eux aussi des effets positifs sur la santé. C’est le cas de la lactoferrine, une protéine qui joue un rôle dans la lutte contre les infections et protégerait aussi contre certains types de cancers.

Pendant longtemps le lait a été soupçonné de causer des maladies cardiovasculaires, du fait du calcium qu’il contient, de plus en plus d’études confirment le contraire. Elles relèvent que la consommation de lait et de calcium ne serait pas associée aux maladies cardiovasculaires et à l’infarctus du myocarde. Une faible consommation de lait a même été reliée, dans certaines études, à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires. La quantité de lait à consommer pour prévenir les maladies cardiovasculaires n’est pas déterminée pour l’instant, bien que les risques semblent augmenter pour les individus qui consomment moins de deux portions de lait par jour.

Comment bien choisir le lait ?

Le lait le plus consommé est celui de la vache, bien qu’il existe une multitude de laits qui proviennent de diverses espèces : chèvre, brebis, ânesse, etc. Reconnaissable à sa couleur blanche et à sa saveur très subtile, le lait est un ingrédient presque incontournable dans la préparation de certains plats. Cependant sa bonne conservation est nécessaire dans le maintien de sa qualité. En effet, le lait cru est un milieu propice à la prolifération des micro-organismes pathogènes dangereux pour la santé humaine. Santé Canada a rapporté récemment, en Ontario, des cas de contaminations par E coli pouvant être liés à la consommation de lait cru.

Même si certaines personnes prétendent que la consommation de lait cru par les agriculteurs et leur famille immédiate n’a pas d’impact négatif sur la santé, il n’y a pas d’étude scientifique pour confirmer ce fait. Il faut spécifier que depuis 1991, la vente de lait cru est strictement interdite dans certains pays comme le Canada par le règlement sur les aliments et drogues. Ainsi pour vous procurer votre lait, il est toujours conseillé de vérifier la date de péremption sur l’emballage. Le lait cru dispose d’une durée de consommation réduite, n’excédant pas 48 heures. Au-delà, il « tourne » et peut contenir des bactéries dangereuses pour la santé.

Il est permis d’utiliser le lait cru pour la production fromagère, car le lait cru conserve sa flore naturelle et permet de fabriquer des produits variés de haut de gamme. Il faut toutefois que ce produit dérivé soit conservé à une certaine température pendant une période de 60 jours minimum avant d’être consommé.

Au fil des siècles, les hommes ont donc cherché comment conserver cet aliment précieux, inventant plusieurs techniques parmi lesquelles figure… la pasteurisation ! Celle-ci permet en chauffant le lait, de détruire certains micro-organismes indésirables et de prolonger sa durée de conservation. Concrètement, le lait est chauffé 15 à 20 secondes à une température comprise entre 72 et 85 °C, ce qui préserve en grande partie ses qualités gustatives et bactériologiques.

Il est vendu en bouteille, entier ou demi-écrémé, au rayon frais des supermarchés, généralement sous la dénomination de « lait frais ». Pour une conservation optimale il est conseillé de le mettre au réfrigérateur car le lait pasteurisé peut se conserver une semaine. Le lait stérilisé ou Ultra haute température (UHT) quant à lui peut aller jusqu’à trois mois tant qu’il n’est pas entamé. Mais une fois entamé, il faut le consommer dans les jours qui suivent. La peau du lait, elle se conserve 48 heures. Vous pouvez aussi en cas de besoin, le garder au congélateur pendant six mois.

Quant aux laits stérilisés, ils se conservent encore plus longtemps pour des périodes pouvant aller jusque 150 jours soit environ 5 mois. Les laits UHT et stérilisés peuvent se conserver encore plus longtemps car les dates indiquées sur l’emballage sont des DLUO (Date limite utilisation optimale) maintenant qualifiées de DDM (Date de durabilité minimum). En d’autres termes, ils vont simplement présenter des caractéristiques organoleptiques différentes une fois la date dépassée, mais leur consommation est sans danger.

Quelques inconvénients du lait

Il convient de rappeler que le lait contient du lactose, un sucre relativement mal toléré au niveau digestif. En effet, la production de lactase, enzyme permettant de digérer le lactose, a tendance à diminuer drastiquement avec l’âge. C’est pourquoi la consommation de lait est souvent à l’origine de troubles digestifs chez l’adulte : nausées, diarrhées, ballonnements, etc. L’allergie aux protéines contenues dans le lait est également un vrai problème chez certains individus. Ses manifestations classiques sont des troubles digestifs (diarrhée, vomissement, crampe et douleur), des troubles respiratoires (bronchite, asthme) et des problèmes cutanés (eczéma).

Avec les arachides, les œufs et les fruits de mer, le lait constitue l’une des principales causes d’allergies alimentaires. L’allergie au lait de vache est l’un des syndromes cliniques les plus fréquemment rencontrés chez les jeunes enfants, soit de 1% à 5% selon les études. Cette fréquence élevée serait liée aux enfants ayant des antécédents familiaux d’allergie, ainsi qu’à l’introduction trop rapide du lait de vache dans l’alimentation des nouveau-nés. Cependant, les allergies au lait diminuent après l’âge de trois ans et disparaissent pratiquement à l’adolescence. Ce sont surtout les protéines présentes dans le lait qui sont responsables des réactions allergiques, principalement les caséines et la bêta-lactoglobuline.

Toutefois, le lait maternel, quant à lui, ne contient pas de bêta lactoglobuline. Si, en Occident, le lait est aujourd’hui considéré comme un aliment de base, ce n’est toutefois pas le cas en Asie, en Afrique et en Europe de l’Est, où l’on estime que de 20% à 100% des populations souffrent d’intolérance au lactose (le sucre du lait). Chez ces populations, l’organisme, une fois sevré, cesse de produire de la lactase, l’enzyme qui dégrade le lactose et le rend digeste. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cette intolérance, les unes d’ordre génétique, les autres climatiques. Mais on dit toujours que prudence est mère de sureté, donc sachons prendre nos précautions lorsqu’il s’agit des denrées alimentaires d’origine animal.

Donald Wendpouiré NIKIEMA

Source internet

Modernisation de la Chine: des journalistes d’Afrique francophone à l’école du Pr Tiebing Xu

Le Professeur et chercheur en relations internationales à l’université internationale de communication de Beijing (Pékin) en République populaire de Chine, Tiebing Xu, s’est entretenu avec une dizaine de journalistes d’Afrique francophone sur le modèle de modernisation de son pays, le mercredi 13 mars 2024.

Le professeur et chercheur en relations internationales à l’université internationale de communication de Pékin Tiebing Xu a édifié une dizaine de journalistes d’Afrique francophone sur le processus de développement de la Chine, le mercredi 13 mars 2024. Cette conférence s’inscrit dans le cadre de l’édition 2024 du programme du Centre internationale chinois de la presse et de la communication. Face aux hommes de médias, le Pr Tiebing Xu a de prime abord, fait savoir que la Chine ne veut pas s’ériger en donneur de leçons aux pays africains francophones mais c’est une immense fierté pour lui de présenter le modèle de modernisation de la Chine.

De son avis, son pays s’est basé sur un certain nombre de socles qu’il a qualifiés de fonds d’héritage. Il a fait cas de « l’Etat civilisationnel en continuité plurimillénaires » en mettant l’accent sur l’expérience de la gouvernance avec le Parti communiste chinois (PCC). Il a en outre évoqué d’autres atouts tels que l’immensité territoriale de la Chine dont la superficie est de 9 000 067 km2 et de sa population estimée à plus de 1,4 milliard d’habitants faisant d’elle le deuxième pays le plus peuplé du monde après l’Inde.

Ensuite, le Pr Xu a précisé que la force de la Chine réside dans ses valeurs et cultures transmises de génération en génération. Hormis ces qualités, il a affirmé que le développement socioéconomique de son pays a débuté depuis 1952 avec la programmation des plans quinquennaux dont le 14e est en cours. Toute chose qui selon lui, favorise un équilibre entre les différents secteurs d’activité notamment l’industrie, l’agriculture, la défense nationale, la science et la technologie. Quant aux infrastructures sociales, le chercheur a précisé que le gouvernement chinois travaille à garantir à son peuple une éducation publique et une formation professionnelle de qualité.

A cela s’ajoute des infrastructures sanitaires pour assurer le bien-être de la population. « Cela se fait par la mise en œuvre de politiques sociales et écologiques à travers la redistribution des richesses, l’éradication de la pauvreté en protégeant les couches sociales les plus fragiles », a-t-il expliqué.

En plus, il a déclaré que tout ce processus permet à la Chine d’être un acteur primordial sur la scène international en œuvrant pour la coexistence pacifique à travers la résolution des conflits qui secouent le monde. A l’entendre, la vision de la Chine est de parvenir à un monde de paix et de stabilité pour un co-développement gagnant-gagnant où chaque partie trouvera son intérêt.

A la question de savoir comment les pays africains francophones pourraient s’inspirer de l’exemple chinois ? Le Pr Xu a dit que ces pays devraient se baser sur leur héritage historique quand bien même il a été difficile et pénible. Selon ses dires, l’édification d’une nation unifiée à travers le renforcement de la cohésion sociale entre les différentes ethnies qui la composent est primordiale.

Il a en outre évoqué le regroupement sous-régional pour les pays africains francophones en vue de mieux surmonter les défis de développement. C’est en ce sens qu’il a suggéré qu’il y ait des corridors pour permettre aux pays enclavés de bénéficier de certains avantages comme les pays côtiers pour la construction d’un Etat moderne pour le bien-être de leurs différentes populations.

En guise de conclusion, le Pr Tiebing Xu a affirmé que la coopération entre les pays voisins pourra non seulement faciliter les échanges commerciaux mais également l’intégration des peuples.

Souaibou NOMBRE

Depuis Pékin (Chine)

snombre29@yahoo.fr

Région du Nord : le ministre Kassoum Coulibaly à l’écoute des forces vives

Une délégation ministérielle composée du ministre d’Etat, ministre de la Défense et des Anciens combattants, Kassoum Coulibaly, celui de la Sécurité et de l’Administration territoriale, Emile Zerbo et celui en charge de la santé, Lucien Kargougou, a échangé avec les populations de la région du Nord, le vendredi 15 mars 2024 à Ouahigouya.

Dans l’après-midi du 15 mars 2024 à Ouahigouya, trois ministres ont eu un franc parler avec les populations de la région du Nord. Il s’est agi du ministre d’Etat, ministre de la Défense et des Anciens combattants, Kassoum Coulibaly, celui de la Sécurité et de l’Administration territoriale, Emile Zerbo et celui en charge de la Santé, Lucien Kargougou. Le retour de la paix, la restauration de l’intégrité  du territoire, le blocus des axes Ouahigouya-Titao et Ouahigouya-Thiou frontière du Mali et la marche du 29 janvier 2024, ont été, entre autres, les sujets des discussions entre les ministres et les forces vives de la région.

Le ministre en charge de la défense, Kassoum Coulibaly a déploré la marche du 29 janvier dernier et a demandé aux populations à ce que ce genre de manifestation ne se reproduise plus. Il les a, par ailleurs, rassurées de la détermination de la Transition à ramener la paix et la restauration du territoire. Le député de la région, Youssouf Ouédraogo, le membre du conseil régional des organisations de la société civile, Rasmané Barry en passant par le secrétaire général du mouvement les patriotes du Nord, Ali Badini, tous ont apprécié ce cadre d’échanges directs.

« Toutes les vérités ont été dites et on a eu des réponses satisfaisantes. Il y a eu des propositions sur la lutte contre le terrorisme dans la région du Nord, les questions des droits humains, l’achèvement des travaux du barrage de Guitti, le blocus de l’axe Titao-Ouahigouya et la route Ouahigouya-Thiou frontière du Mali. C’est ensemble que nous pouvons réussir », a souligné Rasmané Barry. Pour le député à l’Assemblée législative de Transition (ALT), ce fut un cadre d’échanges assez fructueux.

Le ministre en charge de la défense, dans un franc parler, s’est adressé aux forces vives de la région et celles-ci ont aussi égrené un chapelet de doléances et réaffirmé leur soutien à la Transition.« Nous souhaitons que de pareilles occasions soient offertes à la population. Car, elles permettent d’aplanir les divergences et d’éclairer les zones d’ombre et aller vers des lendemains meilleurs », a-t-il souhaité.

Et Ali Badini de poursuivre que les ministres ont écouté le cri du cœur des populations et il pense que quelque chose sera fait pour le grand bonheur des populations surtout celles des provinces du Yatenga et du Loroum. Kassoum Coulibaly a, par ailleurs, invité la population du Nord à s’armer de courage, à rester solidaire auprès des FDS et des VDP et à dénoncer les mauvais comportements.

Fleur BIRBA

Assemblée législative de Transition: le ministre Gouba annonce une révision du code minier

Le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba et son homologue de l’Economie, des Finances et de la Prospective, Aboubakar Nacanabo ont répondu aux questions orales formulées par les députés lors de la séance plénière de l’Assemblée législative de Transition, le 15 mars 2024, à Ouagadougou.

Le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a annoncé la révision du code minier et de la loi sur la commercialisation de l’or, au cours d’une séance plénière de l’Assemblée législative de Transition tenue, le 15 mars 2024, à Ouagadougou. « A travers ces réformes, c’est un ensemble de politiques volontaristes que l’Etat veut porter afin que le sous-sol burkinabè profite effectivement à toute la population », a-t-il justifié.

Cette annonce fait suite aux questions orales posées par le député Mamadou Yaro, en vertu du contrôle de l’action gouvernementale exercée par la représentation nationale. Plus précisément, le député Yaro souhaitait savoir les dispositions prises par le département en charge des mines pour rendre efficace et efficiente les contrôles effectués par les administrations qui ont la charge du secteur minier. Il a aussi interrogé le ministre sur l’existence d’un dispositif permettant aux services publics de contre-expertiser et de contrôler de manière indépendante certains éléments d’information communiqués par les différentes sociétés minières et la fiabilité des éléments d’imposition de l’assiette fiscale du secteur minier.

Yacouba Zabré Gouba a relevé que l’administration minière a prévu des dispositions pour assurer un suivi-contrôle des activités minières. Il s’agit des missions de pesée-colisage qui ont pour objectif de s’assurer de la quantité d’or produite par les sociétés minières, des missions spontanées et inopinées pour vérifier les documents ayant servis à la déclaration des sociétés en termes de production minière.

Traquer la fraude de l’or

En plus, la brigade nationale anti-fraude de l’or intervient en cas de suspicion de fraude dans le volet mine industrielle et la direction générale des mines et de la géologie effectue des missions de réconciliation lors desquelles, elle analyse les documents de production afin de faire la différence entre les quantités d’or produites par mine. En matière de contre-expertise des informations fournies par les sociétés minières, tout comme dans le domaine de la fiscalité minière, le ministre a affirmé que des dispositions réglementaires encadrent bien ces aspects.

Les ministres en charge des mines Yacouba Zabré Gouba (gauche) et de l’économie (Aboubakar Nacanabo) ont répondu aux questions des députés.

Cependant, il a reconnu un certain nombre d’insuffisances. La prise en charge intégrale par les sociétés minières des frais de mission des agents publics chargés des pesée-colisages et l’absence des représentants de l’Etat lors de la coulée des lingots d’or ont provoqué l’indignation des députés. Selon le ministre en charge des mines, le projet de révision du code minier est fin prêt et leur sera soumis après son adoption par le conseil des ministres. « Ce projet de loi comporte plus de 30 innovations qui vont prendre en compte toutes les préoccupations de l’ensemble des acteurs.

Il sera à l’image de ce que les acteurs veulent », a-t-il déclaré. Lors des débats, plusieurs députés dont le Président de l’Assemblée législative de Transition, Ousmane Bougouma, ont insisté pour que le gouvernement assure la participation effective des fonctionnaires à la coulée des lingots d’or. « Nos services ont élaboré un protocole dans ce sens et dans deux mois maximum les techniciens assisteront à la coulée de l’or », a annoncé le ministre Gouba.

Les pratiques déviantes autour des avenants questionnées

Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Prospective, Aboubakar Nacanabo, a répondu aux questions orales formulées par le député Kanibè Tuina. Il a demandé si le ministre est au courant que certaines entreprises bénéficient d’informations de la part d’agents publics en vue de se voir attribuer un marché avec une offre financière anormalement basse pour ensuite demander un avenant lors de l’exécution.

Il a aussi interrogé le ministre sur le montant annuel des avenants dans le cadre de la passation des différents marchés publics. « N’y a-t-il pas lieu de renforcer les mesures qui encadrent les avenants afin de minimiser leur mise en œuvre qui fait perdre chaque année à l’Etat des ressources colossales ? », a été sa dernière question.

Le ministre en charge de l’économie a expliqué la procédure de passation des marchés publics et les conditions pour que les acteurs en arrivent à un avenant.

« L’avenant est une pratique normale qui est prévue par les textes. Il existe parce qu’une fois qu’on a passé le marché, il peut y avoir des modifications qui se justifient. Les avenants sont encadrés de sorte à ce qu’ils ne soient pas supérieurs au marché initial.

Si les acteurs jouent leur rôle, il est évident que le problème de l’avenant ne devrait pas se poser », a-t-il commenté. Selon le ministre, si l’avant-projet de loi portant modification du code des marchés publics est adopté par l’Assemblées législative de Transition, il y aura beaucoup d’améliorations, notamment la définition de l’offre anormalement basse.

Au titre des statistiques, le ministre a informé les députés que le montant des avenants s’élève à 567,74 millions FCFA en 2023, 127,69 millions FCFA en 2022 et 15,59 milliards FCFA pour l’année 2021.

Nadège YE

Wendlasida Haadiyatou NACANABO

(Stagiaire)

Des opérations menées avec succès par les forces combattantes

Les forces combattantes ont effectué le weekend des opérations dans les régions du Centre-Nord et de l’Est qui ont permis de neutraliser de nombreux terroristes, de récupérer du matériel et de consolider la pacification de certaines localités, a appris l’AIB auprès de sources sécuritaires.

A la suite des opérations aéro-terrestres du 15 mars 2024 qui ont permis de se débarrasser de plusieurs terroristes dans la zone de Kossouka dans le Centre-Nord, les forces du mal voulaient coûte que coûte attaquer les paisibles citoyens. C’est pourquoi des survivants sont revenus par petits groupes dans la matinée du 16 mars pour accomplir leur sale besogne. Ces groupes seront rejoints par d’autres assassins sous un grand arbre. Fort heureusement, les vecteurs aériens veillaient au grain et ont pu frapper cette horde avant son assaut.

Outre la zone de Kossouka, d’autres groupes de malfaiteurs projetaient d’attaquer dans la zone de Silmangue. C’est ainsi que dès le 15 mars, un groupe de terroristes est repéré dans un village de Taparko, zone de Yalgo Centre-Nord). Le lendemain matin, ces centaines de criminels assoiffés de sang se mettent en ordre de bataille pour Silmangue. On les voit sur plusieurs kilomètres, à bord de motos et de véhicules. C’est au moment où les hordes observent un arrêt pour prendre les dernières consignes que les pilotes vont enclencher des frappes successives.

Un grand groupe de tueurs est bousillé sous un arbre touffu, poussant les autres à sortir de leur cachette pour fuir. Mais, les pilotes maintiennent la pression et en neutralisent le plus grand nombre. Des rescapés qui ont sauté dans un pick-up rempli de logistique n’ont pas pu aller loin, car un missile les a envoyés en enfer. Tôt dans la matinée du 17 mars, des éléments du 5e bataillon d’intervention rapide ont lancé une opération dans la zone ennemie en vue de neutraliser tout criminel qui y rôderait.

Les opérations se sont poursuivies, le dimanche 17 mars 2024 vers 7h à l’Est du pays où plusieurs criminels étaient aux portes de Natiaboini sous de grands arbres. Au bon moment, les pilotes envoient un puissant missile qui va les cramer dans leur touffe. Des rescapés tentent de s’extirper des flammes mais s’écroulent plus loin à quatre pattes. La suite des observations permet aux renseignements de se rendre compte qu’il s’agit d’une grande base.

Une opération est immédiatement montée et un commando du centre national d’entraînement commando de Pô déjà en opération dans la zone, est héliporté sur la base. Dès que les boys foulent le sol, ils engagent un combat sans merci avec les assassins et en font une bouchée. Ensuite, le commando ratisse toute la zone, récupère les armes encore utilisables et détruit tout le reste qui ne peut être emporté. Enfin, les patriotes mettent le feu à la base avant d’être exfiltrés sains et saufs.

Agence d’information du Burkina

Salam du Ramadan/ Thème central : Les relations interpersonnelles : Les relations parentales, la responsabilité des parents 1/2

Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux.

Louanges à Allah autant de fois qu’Il a de créatures et autant de fois que cela Lui plaise pour Ses différents bienfaits sur nous. Que Sa paix et Ses bénédictions soient en abondance sur Son Messager Mouhammad qu’Il a envoyé à l’univers comme miséricorde ainsi que sur les membres de sa famille, ses compagnons et sur tous les croyants de tous les temps.

En Islam, les parents et les enfants sont liés par des obligations et des droits réciproques. Nous avons abordé la responsabilité des enfants sous le prisme de la piété filiale. Il est question, dans cette chronique, d’aborder la responsabilité des parents à l’égard de leurs enfants. D’abord, soulignons que les enfants sont une grâce et une miséricorde d’Allah qu’Il donne à qui Il veut et qu’Il refuse à qui Il veut. A certains, Il ne donne que des filles. A d’autres, Il ne donne que des garçons.

Et à d’autres encore, Il leur donne des garçons et des filles. La venue d’un enfant, lorsque cela a suivi les règles est, très souvent, un évènement heureux qui mobilise au-delà de la famille afin d’exprimer la reconnaissance à Dieu et de Lui demander de bénir le nouveau-né. Avoir une progéniture a toujours fait partie des soucis même des plus rapprochés. Souvenons-nous le Prophète Zacharie, quand il implora Son Seigneur : « Mon Seigneur, ne me laisse pas sans héritier, bien que Tu sois le meilleur héritier » (S21 V89).

L’autre réalité est le fait qu’avoir un enfant n’est pas seulement un évènement heureux. Il est source d’une responsabilité et pas la moindre. C’est pourquoi Allah nous dit ceci : « Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation, alors qu’auprès d’Allah est une énorme récompense » (S64 V15). Ils sont une tentation parce qu’ils sont une épreuve et un test de votre Seigneur pour vous afin de voir si vous observerez la droiture à leur égard.

Certains enfants sont la cause de perdition de leurs parents soit du fait d’un amour excessif, soit du fait de la négligence de leur responsabilité. C’est la raison pour laquelle le Seigneur nous prévient en ces termes : « O vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu’Il leur commande, et faisant strictement ce qu’on leur ordonne » ( V6).

Le Prophète abonde dans le même sens quand il souligne que : « Chacun d’entre vous est un berger et chacun d’entre vous est responsable de son troupeau. L’imam est un berger et responsable de son troupeau. L’homme est un berger dans sa famille et responsable de son troupeau. La femme est une bergère dans la maison de son mari et responsable de son troupeau. Le serviteur est un berger quant aux biens de son maître et responsable de son troupeau. Chacun de vous est donc berger et responsable de son troupeau ».

Au regard de ce qui précède, il importe de rappeler qu’être parent est une lourde responsabilité. Il ne suffit pas d’être marié encore moins si on est célibataire et d’être physiquement prêt pour faire des enfants. Il faut être, dans le lien du mariage, bien préparés

avant d’envisager de faire des enfants. Cela ne garantit pas obligatoirement le résultat mais il est de notre devoir, en tant que musulmans de faire tout ce que l’on peut et qui est de l’ordre de l’humain avant de nous confier entièrement à Allah à qui, il appartient les décisions.

Ces dispositions nous permettraient de bien assumer nos responsabilités vis-à-vis de nos enfants. Et la première responsabilité de chaque parent à l’égard de ses enfants réside dans le bon choix de son conjoint. Il est du devoir du père de trouver, à ses futurs enfants, une bonne mère tout comme il est du devoir de cette dernière de leur trouver un bon père.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, on ne se marie pas à tout le monde. Est-il bien comme père de mes enfants ? Est-elle bien comme mère de mes enfants ? Quelle éducation a-t-il reçu ? Quelle éducation pourra-t-elle donner à mes enfants ? Les réponses à ces questions sont utiles dans le choix de son conjoint afin de réussir sa vie de famille et de pouvoir assumer ses responsabilités.

Puisse Allah nous pardonner, nous faire davantage miséricorde et nous agréer.

Seigneur Allah, accorde-nous, en nos épouses, en nos époux et en nos enfants, la joie des yeux et des cœurs et fais de nos familles des modèles pour les croyants.

NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE

Imam à l’AEEMB et au CERFI

Une véritable bouffée d’oxygène

Le mercredi 13 mars 2024, le Conseil des ministres a décidé d’une nouvelle tarification des examens de scanners, d’IRM (Imagerie par résonance magnétique) et d’actes d’hémodialyse dans les hôpitaux publics. En effet, à partir de fin avril, les coûts des examens de scanners passeront de 50 000 F CFA à 25 000 F CFA soit une réduction de 50% quel que soit la localisation et la technique. Pour les examens d’IRM, la tarification passe de 100 000 à 40 000 F CFA soit une réduction de 60%. A cela s’ajoutent la baisse du coût de la séance de dialyse qui passe de 15 000 à 2 500 F CFA et la suppression de la caution de 500 000 F CFA pour la prise en charge des malades souffrant de l’insuffisance rénale.

Consensus, voire plus, unanimité au sein de l’opinion nationale : cette mesure est salvatrice ! Le professeur Albert Ouédraogo, président de l’Association burkinabè des dialysés et insuffisants rénaux (ABUDIR), est allé plus loin, le 14 mars dernier, lors d’une conférence publique en lien avec la commémoration de la Journée mondiale du rein, le lendemain de la décision. Pour lui, il s’agit d’une décision historique traduisant une volonté d’être à l’écoute des populations, eu égard au contexte, de gagner la bataille de la paix face aux terroristes. Si comme le chante Black So man, « le meilleur messager d’une prison est bien un prisonnier », le meilleur ambassadeur des souffrants de cette maladie, est avant tout un malade et le président de l’ABUDIR, Albert Ouédraogo, l’a si bien campé quand il affirme que « ce que le gouvernement vient de faire est hautement salutaire …, surtout quand on le met dans un contexte d’insécurité, où la priorité des priorités est l’achat des armes pour pouvoir lutter contre cette horde barbare qui attaque notre pays ».

De toute évidence, il s’agit d’un sacrifice. Pour un gouvernement attaché aux valeurs de paix, de sécurité pour sa population, cela entre en droite ligne d’une vision affichée et qui se déroule en fonction des résultats engrangés dans certains secteurs pour offrir l’égalité de chance à toutes les filles et tous les fils du pays. A coup sûr, cette volonté exprimée apporte une bouffée d’oxygène aux malades du Burkina qui retiendront donc cette date comme une victoire pour tous ceux qui sont affectés ou infectés par cette pathologie. Cette décision vient comme une dose d’espoir pour les malades. Non pas que l’Etat décrètera la gratuité, mais qu’il travaille inlassablement à rapprocher l’hôpital des malades avec les technologies adaptées. Tout récemment, l’acquisition et la mise en service des IRM et Scanners dans plusieurs hôpitaux et l’inauguration du centre de dialyse à Tenkodogo en sont la preuve. Cela donne également un espoir à tous ceux qui souffrent dans leur corps d’une quelconque maladie de voir un jour l’Etat les soulager en influant sur les coûts des soins. Ce ne sera pas de toutes les façons une première. Sur la dengue qui se manifestait, l’Etat avait pris une mesure saluée par tous pour l’effet induit, en décidant de la gratuité du dépistage. Cette décision longtemps attendue, peut-être prise dans ces proportions.

Au Burkina, la journée internationale des reins revêtira désormais un cachet tout particulier, celui de la possibilité de bien de malades qui n’osaient pas penser un seul instant à aller dans les officines de soins de s’y rendre en toute sérénité. Et pour cause, même pour les privilégiés, débourser 500 000 F CFA avant toute consultation, n’était pas gagné d’avance, a fortiori ces Burkinabè qui, au quotidien, sont à la bêche pour trouver la pitance. En amont, cette décision vient comme pour couronner une vision, celle de doter les grands centres hospitaliers de plateaux techniques de dernière génération afin de mieux faire face aux besoins des populations. En tout cas, tout semble le dire, avec la sécurité, la santé et l’agriculture, de grands pas sont en train de se dessiner. La balle est désormais dans le camp de l’administration hospitalière à qui revient la responsabilité d’entretenir ces équipements et une programmation efficiente afin que les malades puissent véritablement bénéficier de cette mesure.

Assétou BADOH

Liste Etalons/Journées FIFA : « Je n’ai écarté personne… », Brama Traoré, sélectionneur

Les Etalons, à l’occasion de la journée FIFA de ce mois de mars, disputeront deux matchs amicaux à Casablanca au Maroc le 22 contre la Libye et le 26 contre le Niger. Pour ces deux rencontres, le nouveau sélectionneur des Etalons, Brama Traoré, a convoqué 25 joueurs dont les noms ont été dévoilés, le samedi 16 mars 2024, au cours d’une conférence de presse.

Le nouveau sélectionneur, Brama Traoré, va vivre son baptême du feu avec les Etalons A les 22 et 26 mars prochain à Casablanca au Maroc. En effet, ses poulains seront opposés, dans la capitale économique marocaine, respectivement aux Chevaliers de la méditerranée de la Libye et au Mena du Niger, en match amical comptant pour la journée FIFA du mois de mars. Pour ces deux rencontres amicales, Brama Traoré a dévoilé une liste de 25 joueurs lors d’un point de presse tenue le 16 mars dernier.

Le moins que l’on puisse dire est que l’ancien sélectionneur des Etalons U20 a fait des choix forts pour sa première liste. Le capitaine Bertrand Traoré, le vice-capitaine Issoufou Dayo et le portier Hervé Koffi, les cadres du vestiaire, ne figurent pas sur sa liste. Un choix qui a suscité de nombreuses réactions que le nouvel entraineur des Etalons a tenu à justifier au cours de la conférence de presse. « Concernant Bertrand, il vient d’arriver dans un nouveau club, il a du temps de jeu. C’est bien de le laisser s’exprimer en Liga et de nous revenir pimpant neuf.

Ce sont des matchs amicaux, il faut amener d’autres joueurs pour augmenter le potentiel de cette équipe. Certains ont dit que j’ai écarté 3 joueurs (Bertrand, Dayo, Koffi) sans parler des autres absents. Je n’ai écarté personne… », a expliqué Brama Traoré dit Chercheur. En plus de ces trois cadres de l’équipe nationale, sept autres joueurs présents à la dernière CAN n’ont pas été retenus pour ces deux matchs amicaux. Il s’agit de Mohamed Konaté, Mamady Bangré, Hassane Bandé, Fessal Tapsoba, Hillel Konaté, Dramane Salou et Abdoul Razack Guiebre.

Par contre, six joueurs sont convoqués pour la première fois dans l’écurie des Etalons. Brama Traoré a fait confiance à deux jeunes joueurs qu’il a coachés chez les Etalons U20 : les attaquants Salif Tieteta du SC Majestic et Kader Ouattara du cercle Bruges en Belgique. Le défenseur Mohamed Ouédrago de Rheindorf Altach (Autriche), les milieux de terrain Hassimi Traoré de Cancun FC (Mexique) et Clément Pitroipa (As Douanes) ainsi que l’attaquant de Estrela da Amadora, en première division Portugaise, Régis N’do sont les autres nouveaux de cette liste. Aussi, quatre Etalons, Franck Lassina Traoré, Ousséni Bouda, Razack Yoda et le portier de l’As Douanes, Mohamed Zegue Traoré effectuent leur retour en sélection après quelques temps d’absence pour des raisons diverses.

Le retour de Franck Lassina Traoré

La bonne nouvelle pour le sélectionneur Brama Traoré est sans conteste le retour de l’attaquant Franck Lassina Traoré, absent de la dernière CAN pour cause de blessure, et qui est de retour depuis peu sur les pelouses avec son club du Shakhtar Donetsk et qui retrouve déjà ses sensations de buteur. Ainsi, Brama Traoré a retenu trois joueurs locaux (Mohamed Zegue Traoré, Clément Pitroipa et Salif Tieteta) pour les deux matchs amicaux, malgré l’arrêt du championnat burkinabè.

« L’arrêt du championnat n’est pas un problème pour moi. Nous avons de très bons joueurs dans notre championnat. Clément est l’un des meilleurs milieux de notre championnat et Zegue fait partie des meilleurs gardiens. Et Tieteta est allé faire un test en Autriche qui a été concluant. Ce sont des joueurs ambitieux, je les connais », a justifié Brama Traoré. En plus de se faire une idée sur les joueurs sélectionnés, l’objectif à Casablanca

selon le nouveau sélectionneur, est d’expliquer le projet de jeu et les attentes du staff technique. « Il nous faut des joueurs complémentaires. Pour gagner un match, il faut se battre. Nous avons donc besoin de joueurs combatifs et déterminés, pleins d’engagements. Nous n’avons pas le meilleur effectif des équipes africaines, mais nous devons exploiter nos qualités qui sont physiques mais aussi tactiques », a souligné Chercheur tout en indiquant que le milieu de terrain est son premier gros chantier.

Lors de la conférence de presse, le sélectionneur n’a pas échappé à la question du capitanat, notamment pour les deux matchs amicaux à venir avec l’absence des trois capitaines de l’équipe. « Arrivé au Maroc on verra. Je veux un capitaine discipliné, conscient et qui est à l’écoute des autres. Je n’ai pas dit que ce n’était pas le cas avant… Ce n’est pas au cours de ces deux matchs que je vais choisir le capitaine », a affirmé Brama Traoré. Le point de presse a été également une occasion pour le sélectionneur de dévoiler les membres composants son staff technique.

Sié Simplice HIEN


La liste des 25 Etalons

Gardiens

–Zegué Traoré ( As Douanes)

-Kylian Nikiema( ADO La Haye, Hollande)

-Sébastien Tou(Sabadell)

Défenseurs

–EdmondTapsoba(Leverkusen/All)

-Steeve Yago(Aris/Chypre)

-Nasser Djiga(Étoile Rouge/Ser)

–Adama Nagalo(Nordjaelland/Danemark)

-Valentin Nouma(Lupopo RDC)

-Mohamed Ouédraogo (Altach/Autriche)

–Issa Kaboré (Luton Town/Angleterre)

Milieux

-Sacha Bansé (Valenciennes France)

-Abdoul Razack Yoda(Hobro/Danemark

–Ismahila Ouédraogo (Panseikaros/Grèce)

–Blati Touré (Pyramids/Égypte)

-Aziz Ki (Young Africa/Tanzanie)

-Gustavo Sangaré (Quevilly/France)

Attaquants

–Salif Tieteta(Majestic/Burkina Faso)

-Clément Pitroipa (As Douanes /Burkina Faso)

-Cédric Badolo (Shérif Tiraspol/Moldavie)

-Régis N’Do (Estrela da Amadora/Portugal)

-Kader Ouattara (Cercles Bruges/Belgique)

–Dango Ouattara (Bournemouth/Angleterre)

–Lassina Traoré (Shakatar Donetsk/Ukraine)

–Hassami Traoré (Cancun FC/Mexique)

– Ousseni Bouda (E.San José, USA)

Encadrement technique des Etalons

Sélectionneur : Brama Traoré

Premier assistant : Issa Balboné

Deuxième assistant : Pierre Bazié

Entraîneur des gardiens : Mohamed Kaboré

Préparateur physique : Wilfried Dah

Lutte contre le terrorisme : les blessés en opération plaident pour l’instauration d’une journée d’hommage

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE a présidé, hier après-midi, la clôture de la conférence sur l’amélioration de la prise en charge des blessés en opération.

Plus de 500 participants dont 300 blessés en opération ont, pendant 72 heures, mené la réflexion sur l’amélioration de la prise en charge des blessés et leur réinsertion socio- professionnelle. Ils ont passé en revue les différents textes en matière de lutte contre le terrorisme et ceux relatifs au traitement réservé aux blessés.

A l’issue des travaux, les participants ont recommandé la création d’un service pluridisciplinaire pour la gestion des blessés en opération dans chaque entité et la création d’une structure autonome pour la prise en charge médicale en urgence des blessés et leur évacuation hors du pays.

La mise en place d’un programme spécial de réinsertion professionnelle au profit des Volontaires pour la Défense de la Patrie blessés lors des opérations et des mobilisés, a aussi été proposée ; ainsi que l’institution de dispositifs et stratégies de prises en charge psychologique, sociale et spirituelle dans chaque entité des Forces de défense et de sécurité.

Les blessés en opération ont également souhaité l’instauration d’une journée pour leur rendre hommage, la réactivation de la commission de réformes des Forces armées nationales et sa mise en place dans les autres entités, et l’adoption de textes spécifiques sur les blessés en opération.

En réponse, le Chef de l’Etat a assuré que des actions sont en cours pour améliorer leurs conditions. Il s’agit notamment du renforcement et de l’amélioration du plateau technique du centre médical des armées ainsi que la prise en charge gratuite et rapide des blessés dans tous les centres hospitaliers régionaux du pays dont la pratique est déjà opérationnelle.

Direction de la Communication de la Présidence du Faso

Blessés en opération : « Gardez le moral et l’espoir »,  capitaine Ibrahim Traoré

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré a eu, dans l’après-midi d’hier, des échanges directs avec les blessés en opération, à la fin des travaux de la conférence sur l’amélioration de leur prise en charge.

Le Chef de l’Etat a voulu cette rencontre pour rendre hommage à ces héros de la Nation, et surtout pour leur rappeler que les autorités ne les oublient pas dans leur situation de blessure due à la guerre que mène notre pays contre le terrorisme depuis bientôt 10 ans. « Gardez le moral et l’espoir », leur a-t-il dit.

Au cours des échanges, les participants ont reconnu les efforts consentis par le gouvernement à leur endroit et ont remercié le Chef de l’Etat pour cela. Portant toujours les séquelles physiques pour certains et psychologiques pour d’autres, les blessés en opération ont saisi l’occasion pour formuler quelques doléances et préoccupations liées à leur état.

La question de la gestion des carrières notamment les avancements et les stages, l’amélioration du plateau technique du centre médical des armées, la prise en charge psychologique des blessés en opération constituent des préoccupations majeures des interlocuteurs du Chef de l’Etat.

Ils ont aussi évoqué leurs encouragements à travers les décorations, les primes d’opération, et leurs affectations dans des services moins contraignants, la reconversion dans d’autres métiers ou fonctions, l’affectation de leurs conjointes dans leur lieu de résidence afin de faciliter la gestion de leur situation d’invalidité ou de handicap.

Touché par la situation de ces blessés en opération, le Président de la Transition a souligné l’opérationnalisation de la Caisse d’assurance maladie des armées, la formation et la reconversion en 2023 de certains blessés qui vont se poursuivre, la mise en place d’une agence pour la prise en charge de la gestion des carrières qui sera opérationnelle dans les prochains mois.

Le Capitaine Ibrahim TRAORE a également rappelé que des réformes et des réflexions sont en cours en vue de prendre en compte et en charge, de façon diligente et efficace, l’ensemble des préoccupations exprimées par les blessés en opération.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Vive le 15 mai, amen !

Depuis que le gouvernement a décrété que le 15 mai de chaque année sera dédié à la célébration de nos coutumes et traditions, mon voisin marche avec une petite queue en main. Le jour de l’annonce de la décision, il a escaladé les branches de son arbre généalogique en criant le prénom de tous ses vaillants ancêtres. Il a chanté leurs louanges toute la nuit dans sa langue maternelle. Il a fait usage de son fusil traditionnel en donnant trois coups de semonce dans le ventre noir du ciel. Il a même allumé un grand feu au milieu de sa cour et a dansé autour du brasier pour remercier ses aïeux d’avoir exaucé sa prière. Mon voisin n’a pas fermé l’œil de la nuit. Il a tenu en haleine et en état de veille tout le quartier. Pour lui, il n’y a pas meilleure décision que celle-là. « Cela montre et démontre que nous sommes sur la bonne voie », s’écria-t-il.

« Nous ne pouvons pas nous développer en nous débarrassant de notre âme, de notre identité. Le vrai développement est endogène, c’est-à-dire qu’il est et reste ancré dans le terreau fertile de nos traditions », a-t-il ajouté avec une conviction qui faisait crépiter le feu ardent de la renaissance. « Il n’y a pas de petite croyance, il n’y a pas de petite tradition ; il n’y a que de petites gens déracinées qui ne savent pas d’où elles viennent et qui tâtonnent en plein jour dans le noir touffu de leur propre ignorance », a-t-il dit. En effet, ce décret retentit comme une interpellation, une exhortation à un retour aux sources. Et ce retour doit s’opérer la tête haute, avec la fierté d’appartenir à une culture, à une tradition à des us et coutumes. Tant pis si l’on nous traite de primitifs, de sauvages même, pire de mécréants ou de tradition de paganisme.

Il n’y a pas de guerre de religion dans la tradition. Il n’y a pas de lutte de leadership dans la vraie tradition, point de concurrence. Dans la tradition, on ne foule pas aux pieds le sacré et sortir indemne de l’autel. Celui ou celle qui viole les commandements divins boira à la coupe sacrée de vin de libation mais ce sera la fin d’une vie bâclée. Dans la tradition, seuls les dignes ont voix au chapitre, ont droit de cité. Dans la tradition, le droit coutumier n’est pas écrit, mais il régit la vie des hommes. Il n’y a pas de code écrit, point de constitution, tout est oral, mais rien n’est du vent.

Mais, il suffit de violer un seul précepte pour répondre auprès des ancêtres et la réponse des ancêtres n’est pas celle de la complaisance. Les ancêtres « verrouillent et frappent avec efficacité » de sorte à ce que le bon exemple soit pérennisé et perpétué de génération en génération. Parce qu’au commencement était le verbe. Dans la tradition, on ne couche pas avec sa sœur ou sa mère et se bomber le bas ventre dodu sur la place du marché. Dans nos traditions, on ne célèbre pas les fiançailles ou le mariage de couple de même sexe. Dans la tradition, on ne vole pas le poulet ou la chèvre du voisin et manger sous le ciel armé de tonnerre ; dans la tradition, on ne déshonore pas sa mère et devenir quelqu’un, il suffira juste qu’elle brandisse son sein au ciel et déclamer les maux qui l’ont blessée et le ciel fera le reste avec une pluie de malédictions bien méritées. Dans la tradition, les menteurs confessent leurs mensonges dans la douleur devant l’autel sacrificiel des Pères. Le malfaiteur sorcier ou sorcière s’arrachera ses « bijoux de mâles » ou ses cheveux tressés au prétoire des dieux.

Dans la tradition, la justice n’est pas un jeu de ping-pong procédural fait de renvoie et de suspension, elle est rendue sans complaisance dans la vérité et en toute vérité. On n’a même pas besoin d’avocat pour défendre parfois l’indéfendable. On n’a pas besoin de dessous de table pour avoir le dessus sur les autres parce que dans la tradition, l’égalité de chance est un principe sacré, l’équité et la dignité sont un couple qui fait bon ménage. Le plus fort qui abuse de sa force sera impotent avant de mourir. Le riche qui triche pour être plus riche sera ruiné et verra son empire s’effondrer. Bref dans la tradition, celui qui n’aime pas son prochain subira les affres de son propre « ventre noir ». Cette journée des coutumes et traditions devra éviter d’être une kermesse de tintamarres cacophoniques. Elle devra savoir s’élever au-dessus des mondanités creuses pour être une opportunité d’enseignement et d’apprentissage des populations sur le sens véritable de nos valeurs sociales, culturelles et cultuelles dans toute leur diversité.

Elle devra être l’occasion de penser notre école et faire en sorte qu’elle soit plus complète, parce que prenant en compte nos valeurs traditionnelles, nos langues, nos pratiques culturelles, nos interdits ou totems, nos contes, nos chants et proverbes, nos signes et nos symboles, bref, notre passé, notre histoire. Cette journée aura tout son mérite si elle parvient à s’élever au-dessus des menus fretins politiciens. De toute façon, si elle repose sur du faux, il y aura toujours le retour du boumerang pour recadrer les imposteurs indignes. En attendant le 15 mai, que chaque Burkinabè ait le courage de chercher à connaître la route de son village, de faire le premier pas vers lui-même et d’oser se prosterner devant l’autel de ses ancêtres s’il existe encore, sans complexe aucun et sans aucune culpabilité . Parce que parmi nos ancêtres, il y avait des saints. Et, nous devons briser la glace de l’aliénation séculaire et impérialiste pour acclamer le sublime poulet sacrificiel qui tombe sur le dos comme le super miracle qui s’opère ailleurs avec la même ferveur, avec la même foi, la foi au même Dieu créateur ! Que celui qui n’a pas de totem jette la pierre à cette chronique !

Clément ZONGO clmentzongo@yahoo.fr