Salam du Ramadan/Thème central : Les relations interpersonnelles: les relations d’apprentissage

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Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux.
Louanges à Allah, l’Omniscient, le Sage, qui a enseigné à l’homme ce qu’il ne connaissait pas. Il a fait, également, de l’Islam, la religion de la connaissance. Que Sa paix et Ses bénédictions soient en abondance sur le Messager de miséricorde, envoyé à l’univers comme tel et sur l’ensemble des croyants de tous les temps.

« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume, a
enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas » (S96 V1-5). Telle fut la toute première révélation du noble Coran par laquelle Allah enjoint, à l’homme, la quête de la science. Le musulman est, alors, appelé, du berceau à la tombe, à être dans cette dynamique de l’éducation, du savoir, du livre, du déchiffrement, de la quête de l’esprit critique. C’est la raison pour laquelle, le Coran, dans maints versets, parle à ceux qui sont doués d’intelligence.

« Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, sont-ils égaux ? Seuls réfléchissent ceux qui se remémorent, ceux doués d’esprit » (S39 V8-9) nous dit Allah. La réalité est que, conformément à la parole du Prophète : « La recherche de la science est une obligation pour tout musulman », l’homme, pour être un bon musulman doit avoir la connaissance au risque d’être dans un suivisme naïf. Cette obligation s’impose à tous, homme comme femme, riche ou pauvre, jeune ou vieux de quelle que couleur ou race que ce soit.

La connaissance du musulman doit lui permettre d’avoir une vie épanouie ici-bas et réussir dans l’au-delà surtout que son souci majeur se résume dans l’invocation suivante :
« Seigneur Allah, accorde-nous une belle part dans ce monde, une belle part dans l’au-delà et préserve-nous de l’Enfer ». C’est pourquoi, la quête de la connaissance doit concerner les sciences religieuses pour bien adorer son Seigneur mais, également, les sciences
profanes afin de vivre dignement.

Le musulman se met, donc, quel que soit le domaine, dans une posture d’apprentissage. Entre l’apprenant et l’Enseignant, l’apprenti et le Maître, une certaine éthique doit être respectée afin d’avoir la baraka d’Allah.
La première des choses, pour l’apprenant comme l’Enseignant, est de savoir que c’est Allah, l’Omniscient, qui éduque, qui enseigne. Il faut, alors, l’invoquer afin qu’il accorde la connaissance comme Il l’enseigne dans le noble Coran : « Et dis : « Ô mon Seigneur, accrois mes connaissances » » (S20 V114).

En vérité, c’est Allah qui vous instruit. Il est, toutefois, de notre responsabilité de bien choisir les établissements dans lesquels nos enfants doivent être formés. Allah nous dit « Instruisez-vous auprès des gens de science, si vous n’en êtes pas » (S16 V43). Par cette injonction, les parents ont la responsabilité de choisir, pour leurs enfants, un établissement, un formateur, un instructeur de qualité. Ainsi, ils auront une meilleure formation, que ce soit en formation théorique ou en formation pratique ou de métier, pour compter parmi les meilleurs.

Un élément assez essentiel est que cette formation doit lui permettre d’atteindre ses deux objectifs précités de vie en tant que musulman. Il doit pouvoir vivre pleinement sa foi et continuer de la belle manière son apprentissage.
Aussi, il sied de rappeler que l’apprenant ou l’apprenti doit une certaine révérence à l’Enseignant, au Maître. Il est celui par qui tu quittes le niveau de l’ignorance à celui de la connaissance dans un domaine donné. Il est ton Père « scientifique ». Il faut, alors, se montrer très attentionné et prévenant à son égard.

A travers son comportement, il doit faire preuve de ce respect. Il n’appartient, donc, pas, à celui qui apprend, de manquer de respect à celui qui l’enseigne. Jamais, il ne doit hausser le ton devant lui encore moins lui proférer des paroles blessantes ou des injures.
Malheureusement, il est assez récurrent, de voir certains élèves, étudiants ou apprentis, manquer, de manière notoire, de respect aux Enseignants.

Quand nous étions étudiants, dans nos amphis, mêlés à la masse, certains, effectivement, insultaient les Professeurs qui avaient peut-être l’âge de leurs pères. C’est dire qu’ils étaient capables d’insulter leurs propres géniteurs s’ils en étaient arrivés là. Comment voulez-vous que Dieu bénisse votre savoir quand vous insulter ceux-ci par qui vous les avez ? A la fin, on acquiert un diplôme dépourvu de toute bénédiction à moins qu’on se rappelle ce comportement inapproprié et demander pardon et revenir repentants au Seigneur. On s’étonne après d’avoir la connaissance mais de ne pouvoir l’exploiter. Nous devons nous réinterroger.

Également, dans notre pays, ici, des Enseignants ont été frappés par ceux qu’ils sont sensés former. C’est une
aberration contre laquelle les autorités doivent prendre toutes les mesures appropriées.
Il faut, en outre, souligner que l’Enseignant, doit, aussi, se comporter en bon Père de famille. Il doit rester digne de son statut pour mériter tout le respect. Aucun Enseignant ne doit s’attendre à ce respect s’il passe du temps, avec ses apprenants, en boite de nuit, à
festoyer, s’il descend les culottes de ses apprenantes, s’il monnaie ses notes que ce soit par de l’argent ou par des rendez-vous tard dans les nuits, dans son bureau ou ailleurs. Le bruit court vite et comme il est dit « les murs ont des oreilles ». Il s’agit, là, d’un sacrilège.
En outre, à côté du respect, il faut une relation de loyauté entre les deux, surtout entre l’apprenti et le Maître.

Le premier doit se concentrer pour apprendre. Il doit faire preuve d’une assiduité remarquable tout au long de son processus d’apprentissage. Il doit supporter tous les calvaires normaux de sa formation. Bref, la patience et l’endurance sont nécessaires dans tout processus de formation. L’apprenant doit éviter de sauter les étapes parce que se croyant intelligent.
Dans nos ateliers, certains apprentis sont trop pressés. Sans finir convenablement la formation, ils décident de s’installer pour leur propre compte alors qu’ils n’ont pas toute la maitrise du métier.

Même si, dès les premiers moments, ils peuvent avoir de nombreux clients, leurs carences finiront par avoir raison d’eux puisque ces derniers repartiront comme ils sont venus. Et les voilà en train de traiter Dieu de tous les noms. Au lieu de se remettre en cause et repartir à la formation, certains d’entre eux risquent la dépression, d’autres courront d’Imams en Imams, de Prêtres en Prêtres, de Pasteurs en Pasteurs, de Féticheurs en Féticheurs. Et en fin de compte, ils deviennent une perte pour eux, pour leur famille, pour la société.

Le manque de loyauté dans nos ateliers pousse certains apprenants à créer des ateliers clandestins chez eux à la maison et à détourner les clients du Patron. Ils mettent une certaine concurrence déloyale entre eux et le Patron, d’autant plus que ce dernier n’est au courant de rien. Après, on se plaint d’avoir l’argent et de ne savoir où il rentre. C’est juste parce qu’il n’est pas propre, il est dépourvu de baraka.

En revanche, le Maître doit faire preuve, à l’égard de l’apprenti, d’une sincérité dans sa formation. Il doit le traiter comme son enfant. Il doit, à son égard, être professionnel. Il doit lui apprendre tous les rouages du métier. Et quand il le sentira prêt, il pourra si
l’apprenant le veut, le libérer avec toutes ses bénédictions de Maître. Certains de ceux d’avant ont prospérer parce qu’ils ont été sincères envers leurs apprentis et ces derniers, fidèles aux Maîtres.

Les apprentis sont restés apprendre pendant des années. Et même quand ils ont maitrisé le travail, ils sont restés quand même aider le Patron avant de sortir ouvrir, avec les bénédictions de ce dernier, leurs propres ateliers. Malheureusement, aujourd’hui, tout le monde est pressé alors que la patience est un chemin d’or.
Seigneur Allah, donne-nous la clairvoyance de mettre la quête de Ton amour au-dessus de tout autre.

NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI

Lettre de l’éditeur: l’aventure continue

5 avril 1984 – 5 avril 2024. Il y a quarante (40) ans que la Haute-Volta, actuel Burkina Faso, créait son quotidien d’Etat, « Sidwaya », c’est-à-dire « la vérité est venue » en langue nationale mooré, en pleine ferveur de la Révolution démocratique et populaire (RDP), sous le leadership du capitaine Isidore Noël Thomas Sankara, Président du Conseil national de la Révolution (CNR) et chef de l’Etat. Ce nouveau-né va être auréolé d’une place et d’un rôle de « quotidien voltaïque d’information et de mobilisation du peuple ».
Voilà donc quarante ans que l’aventure continue !

L’éditorial du N°00 de ce nouveau support de presse écrite, signé du ministre de l’Information de l’époque, Adama Touré, figure charismatique du Parti africain de l’indépendance (PAI), donnait d’emblée le ton : « Sidwaya doit être en même temps la voix du peuple voltaïque et de toutes ses organisations révolutionnaires pour exprimer chaque jour ses préoccupations, ses aspirations et magnifier ses luttes contre ses ennemis pour la construction d’une Haute-Volta nouvelle débarrassée de la domination et de l’exploitation impérialiste ».

Quarante longues années sont passées, mais aujourd’hui plus que jamais, cette vision reste d’actualité au regard des défis auxquels le Burkina Faso est confronté. En effet, au même titre que la Révolution d’août 1983 avait besoin d’une « mobilisation permanente du peuple pour le développement et sa consolidation », la guerre sans merci engagée, depuis plusieurs années par le peuple burkinabè contre le terrorisme, a besoin d’un « engagement patriotique et d’une participation citoyenne » qui s’impose, hier, aujourd’hui et demain, comme une quête permanente.

Sur le « front » de l’information et de la communication, « Sidwaya » s’est toujours adapté aux différents contextes pour accomplir avec abnégation et professionnalisme sa mission. De la RDP à la Transition politique actuelle en passant par la Rectification, le retour à l’Etat de droit, l’Insurrection populaire d’octobre 2014, la Transition de 2015 et le pouvoir civil qui a suivi, le quotidien d’Etat a connu des fortunes diverses.

Des rédacteurs des articles du n°00 du 5 avril 1984, que sont le ministre Adama Touré, Marcel Belem, Ahmed Koné, Sita Tarbagdo, Béatrice Damiba, Luc Adolphe Tiao, Jean Paul Konseibo, Salia Zerbo, Feu Babou Paulin Bamouni, sans oublier le dynamique personnel de l’imprimerie, chapeauté par Ousseini Diallo, la direction générale et le service commercial, à la génération présente, la relève a toujours gagné le pari avec pleine conscience.
Parce qu’il est du devoir de chacun d’ajouter de la pierre à l’édifice tout en honorant les pères fondateurs et les devanciers avec l’obligation d’apporter une touche particulière pour marquer son époque.

Parfois critiqué à juste titre comme toute autre œuvre humaine, « Sidwaya » a toujours su jouer sa partition, celle de donner l’information juste et vraie aux populations.
Sous la houlette de femmes et d’hommes, hautement qualifiés et professionnellement rompus aux différentes tâches de la fabrication, de la gestion et de la distribution d’un journal, il a constamment ouvert ses colonnes aux Burkinabè des villes et des campagnes d’où son slogan « Le journal de tous les Burkinabè ».

Quarante ans après être porté sur les fonts baptismaux, le support du 5 avril 1984 s’est renforcé de ses acquis et s’est enrichi de ses insuffisances.
« Sidwaya » s’affiche et s’affirme chaque jour comme un « quotidien d’Etat » au service de la Nation toute entière. Son existence transcende le temps d’autant qu’il s’agit d’un « patrimoine national ».

Sans distinction aucune, chaque Burkinabè doit se sentir propriétaire de ce journal et ne pas hésiter à apporter sa contribution pour son plein essor, son plein épanouissement dans un élan mutuel d’asseoir un progrès socioéconomique et politique national durable. Des efforts ont été aussi consentis pour se rapprocher de la population.

Les moyens rudimentaires de l’époque se sont peu à peu modernisés. A cela s’ajoutent la création de plusieurs services et directions régionaux et la mise en place d’une imprimerie à Bobo-Dioulasso, pour servir au plus près les lecteurs du grand Ouest. L’idéal étant de fournir « l’information juste et vraie », en tout lieu et à temps, tout en s’adaptant à l’évolution technologique à travers des plateformes numériques.

Quarante ans plus tard, l’enthousiasme de servir la mère patrie demeure. En dépit des bouleversements intervenus dans le paysage informationnel à cause de la prééminence des réseaux sociaux, « Sidwaya » tient toujours debout grâce au soutien indéfectible des pouvoirs publics et des partenaires, à l’accompagnement de la population lectrice et au dévouement de ses animateurs dans tous les compartiments.

Tenaillé entre le grand défi sécuritaire dû au terrorisme et l’épineuse conjoncture économique, tout comme en 1984, « Le journal de tous les Burkinabè » s’arroge encore le devoir de mobiliser le peuple burkinabè contre la menace nationale, l’ennemi commun. La mobilisation de toute la Nation autour de la lutte contre l’hydre terroriste voire
l’impérialisme est incarnée dans ses colonnes. Il s’agit
d’essaimer les graines d’une prise de conscience collective qu’il y a vraiment péril en la demeure.

En tandem avec l’Agence d’information du Burkina (AIB) qui commémore aussi ses soixante (60) ans d’existence le 27 mai prochain, « Sidwaya » entend tracer davantage les sillons d’un Burkina Faso prospère, dont les fondements reposent sur l’unité nationale et la cohésion sociale.

Assétou BADOH

Communauté burkinabè au Sénégal : Echanges fructueux avec le président de l’ALT

La résidence de l’ambassadeur du Burkina Faso à Dakar a servi de cadre d’échanges, le 1er avril 2024, entre la communauté burkinabè du Sénégal et une délégation conduite par le Président de l’Assemblée législative de Transition (ALT) du Burkina Faso, Dr Ousmane Bougouma, accompagné du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, du conseiller spécial
du président de la Transition, Serge Théophile Balima et du chargé de missions à la présidence du Faso, le capitaine Noufé Nohinté.

Présente à Dakar dans le cadre de l’investiture du nouveau président du Sénégal, la délégation a eu l’occasion de constater et d’apprécier la mobilisation des ressortissants
burkinabè au Sénégal. Pour Saïdou Maïga, ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal, les
ressortissants burkinabè forment une communauté soudée, solidaire et qui aime son pays. « Je sens et je vis tous les jours ce sentiment de patriotisme de nos compatriotes qui sont des soldats dans l’âme, debout et toujours engagés pour contribuer au retour de la paix et pour le développement du pays », a fait remarquer l’ambassadeur Maïga.

Le président de l’Union fraternelle des ressortissants burkinabè au Sénégal (UFRBS), Jacques Valian, a abondé dans le même sens en reconnaissant l’engagement de la communauté, à travers leur faîtière, pour répondre aux différents appels des autorités. Au nombre des actions de la communauté, le président de l’UFRBS a noté une contribution, en 2023, de plus de 13 millions F CFA, des dons en nature et une synthèse de propositions issues d’une conférence publique comme apport en termes de réflexion pour la gestion de la situation sécuritaire et sociale que connait le pays. Le Président de l’ALT, Dr Ousmane Bougouma, a salué la mobilisation et l’engagement des ressortissants burkinabè et les a invités à maintenir et à renforcer leur capacité d’intégration dans le pays d’accueil parce que les peuples sénégalais et burkinabè sont des peuples frères.

« C’est fort de cette fraternité légendaire que nous avons été mandatés par le Président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, pour participer à l’investiture du nouveau président du Sénégal et témoigner de son soutien et du soutien du peuple burkinabè au peuple sénégalais en ce moment historique », a-t-il ajouté. Tout comme l’ambassadeur et le président de l’UFRBS, Dr Bougouma a salué la bravoure des forces combattantes (FDS et VDP) qui permet d’enregistrer des résultats sur le terrain et la réinstallation progressive des Personnes déplacées internes (PDI) dans leurs localités.

Relever ensemble les défis

Une forte mobilisation de la communauté saluée par les autorités.

Outre la situation sécuritaire, d’autres points ont fait l’objet d’échanges entre la communauté et la délégation. Il s’agit notamment du retrait du pays de la CEDEAO, des tracasseries subies par les voyageurs routiers, de la promotion de l’expertise burkinabè dans les institutions internationales, de la facilitation de la délivrance des actes administratifs, de l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants burkinabè au Sénégal, de la construction de la Maison du Burkina au Sénégal et d’une meilleure prise en compte de la diaspora pour les offres immobilières de l’Etat.

A toutes ces questions, le président de l’ALT et le ministre en charge des affaires étrangères ont donné des réponses qui témoignent de la place importante que les plus hautes autorités accordent à la diaspora dans leur vision de développement socio-économique.La communauté a été invitée à participer à l’actionnariat communautaire pour permettre de construire des projets durables, développer l’économie et assurer la souveraineté du pays.

L’appel a été également lancé pour que les Burkinabè de l’extérieur s’approprient les initiatives d’industrialisation nationale et voir comment y participer, car pour les autorités, « c’est tous ensemble que nous allons relever les défis et atteindre le progrès ». Comme pour répondre à cet appel à l’union sacrée, l’UFRBS a informé de la tenue prochaine de la Journée culturelle et patriotique qui vise principalement à récolter des ressources pour alimenter le fonds de soutien patriotique et a invité les compatriotes et les amis du Burkina au Sénégal à la mobilisation pour faire de cette Journée une réussite.

Ambassade du Burkina Faso au Sénégal

Protection sociale : la Banque mondiale et le Burkina accordent leurs violons

Le Secrétariat permanent du Conseil national de la protection sociale (SP-CNPS) a organisé, le jeudi 4 avril 2024 à Ouagadougou, une rencontre d’échanges avec les acteurs de la Banque mondiale.

La représentation de la Banque mondiale (BM) au Burkina Faso a, depuis plus d’une dizaine d’années contribué à la promotion de la protection sociale au pays des Hommes intègres. On note à cet effet, la mise en œuvre du projet filets sociaux ’’Burkin Naong Saya’’, l’appui à l’élaboration du Programme national d’appui à l’autonomisation des ménages pauvres vulnérables (PAMPV) et le démarrage du processus de mise en place du Registre sociale unique (RSU).

C’est dans ce cadre que le Secrétariat permanent du Conseil national de la protection sociale (SP-CNPS) a tenu une rencontre d’échanges avec les responsables de la Banque mondiale, le jeudi 4 avril 2024 à Ouagadougou, pour définir des priorités en matière de protection sociale pour le pays. D’après le secrétaire permanent du conseil national de la protection sociale, Amédée Bamouni, la BM est en train de préparer une nouvelle opération au titre du Burkina.

Et, c’est pour cela que l’Etat burkinabè a défini des priorités sur lesquelles l’institution financière internationale veut s’aligner pour accompagner le développement du système de protection sociale à son sein. Au titre de ces priorités, M. Bamouni a cité la finalisation et l’adoption de l’avant-projet de lois portant cadre général de la protection sociale, l’opérationnalisation et le déploiement de RSU, l’opérationnalisation du Programme national d’appui à l’autonomisation des ménages pauvres vulnérables (PAMPV)…

En plus de cela, le secrétaire permanent a laissé entendre qu’il y a l’opérationnalisation de l’assurance maladie universelle. Au sujet de l’assurance chômage, il a confié qu’en tant que système de mitigations de la vulnérabilité des travailleurs, elle doit déployer des systèmes de sécurité sociale. D’où le souhait de M. Bamouni de l’installation d’un système d’information de gestion des données de la protection sociale.

Le directeur de cabinet du Premier ministre, Ferdinand Ouédraogo a affirmé qu’aujourd’hui, l’Etat a défini 10 priorités et parmi ces priorités, il y a l’adoption de l’avant-projet de loi sur la protection sociale, le développement d’un système d’information pour la protection sociale et aussi l’assurance chômage. «Cette rencontre a pour but d’harmoniser les compréhensions sur les priorités en matière de protection sociale au Burkina », a-t-il annoncé.

De son avis, plusieurs institutions contribuent à renforcer la protection sociale et la BM est l’un des partenaires les plus importants en matière de prise en charge de ces questions. Selon le directeur de cabinet, la nouvelle forme de coopération veut que les Etats définissent leurs priorités avant tout accompagnement. «Avant la présente, nous avons convié une première réunion ce matin avec les différents départements ministériels pour échanger sur ces priorités et nous nous sommes entendus sur ses 10 priorités », a-t-il fait savoir. Pour cette deuxième rencontre avec les acteurs de la BM, les échanges vont porter sur ces dix priorités en matière de protection sociale.

Evariste YODA
Christelle Bado
(Stagiaire)

Pr Basile Laetare Guissou : « Sidwaya s’est battu pour tracer son sillon dans l’univers médiatique burkinabè »

Dans le cadre de la célébration du 40e anniversaire de Sidwaya, nous avons rencontré le politicien et homme d’Etat, Basile Laetare Guissou. Dans cet entretien, celui qui fut ministre de l’Information entre 1986 et 1987 revient sur les péripéties qui ont marqué la création du « Journal de tous les Burkinabè », son évolution, son rôle dans l’univers médiatique burkinabè et dans l’ancrage de la Révolution.

Sidwaya (S) : Vous avez été ministre de l’Information entre 1986 et 1987. Quelle nécessité y avait-il à créer le ministère de l’Information à l’époque ?

Basile Laetare Guissou (B.L.G.) : Je fais partie du noyau fondateur du Conseil national de la Révolution (CNR). Le groupe qui a constitué le premier gouvernement du Burkina Faso était composé de dix personnes, quatre militaires et six civils. Les quatre militaires, étaient Thomas Sankara, Blaise Compaoré, Henri Zongo et Jean-Baptiste Lingani. Les six civils, étaient Adama Touré, Ousmane Touré, Philippe Ouédraogo qui formaient l’équipe du Parti africain de l’indépendance (PAI). Ensuite, il y avait un troisième parti, l’Union des luttes communistes, qui avait Dieudonné Valère Somé, Talata Eugène Dondassé et Basile Guissou.

La composition du gouvernement, a tardé à cause du poste du ministre de l’Information. Mes camarades du PAI voulaient que ce soit le ministère de la Propagande et de l’Idéologie. Ce que nous, de l’Union des luttes communistes et le groupe des militaires, avons recusé parce que cela n’était pas bon comme appellation. Donc, on a fini par convaincre nos camarades que c’est mieux d’utiliser l’appellation acceptée par l’opinion. C’est le ministère de l’Information, tout simplement. Et, c’est le camarade Adama Touré qui a occupé ce portefeuille.

S : Dans la foulée de la Révolution, Sidwaya était créée le 5 avril 1984. Avez-vous été associé à ce projet en son temps ?

B.L.G. : Oui. De toute façon, Adama Touré, notre camarade du PAI qui était ministre de l’Information, a présenté le dossier au Conseil des ministres pour la création du quotidien Sidwaya. Cela n’a pas fait l’objet de discussions parce que notre principe était qu’on ne pouvait pas avoir meilleur avocat que nous-mêmes. C’est nous qui faisons notre révolution. C’est nous qui défendons notre révolution. C’est nous qui lui donnons l’orientation que nous voulons.

Donc, il n’était pas question à l’époque de laisser d’autres penser à notre place ce que nous faisons. Nous expliquons nous-mêmes ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons et dans quels objectifs. A l’époque, dans l’opinion, c’était une volonté de défense de la Révolution. Ce n’était pas un crime, puisque le Comité de défense de la Révolution (CDR) était là pour défendre la Révolution. L’avènement du journal Sidwaya, « la vérité est venue » n’a pas posé de problème. Le nom Sidwaya, a été proposé et a été adopté en Conseil des ministres.

S : Et pourquoi la vérité est venue ?

B.L.G. : La vérité est venue parce que la Révolution, c’est la vérité. La vérité est venue, ce n’est pas du dénigrement de l’avant Révolution, mais c’était la rupture avec l’avant Révolution qui était en fait de caresser tout le monde dans le sens du poil, de dire que tous les Burkinabè, tout le monde est beau, tout le monde est gentil, alors que c’est en fait, la liberté du renard dans le poulailler. Les plus riches piétinent les moins nantis, abusent d’eux, les exploitent.

Nous venons pour dire la vérité. Dans la société, il y a des mauvais types, il faut les combattre. Il y a des gens qui volent. Il faut les mettre en prison. Il faut les juger et les enfermer. Il y a des tricheurs dans le jeu. Il faut les sortir du jeu. Nous avons séparé le bon grain de l’ivraie et créé le tribunal populaire de la Révolution. Nous n’étions pas pour dire que tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Nous avons notre camp et ceux qui étaient contre nous, n’avaient qu’à nous affronter. Nous devions nous aussi, les mettre de côté et avancer.

S : Sidwaya relevait du ministère que vous avez dirigé. Quelles étaient vos attentes du journal ?

B.L.G. : A l’époque, comme dans tous les services de l’Etat, il y avait un Comité de défense de la Révolution y compris à Sidwaya et à l’information. Rien ne se faisait sans la participation de ces structures. Ils étaient dans le groupe des réflexions pour dégager la ligne éditoriale. La composition du journal, les rubriques …, tout a été discuté par des techniciens du ministère, donc des journalistes et des techniciens de l’imprimerie, etc. Puis, on a engagé le processus.

S : Quelle était la place de Sidwaya dans la conduite de la Révolution ?

Pr Basile Laetare Guissou : « La délégation du PAI voulait un ministère de l’Idéologie et de la Propagande, mais mon parti et le groupe des militaires avons refusé cette dénomination ».

B.L.G. : Notre Président Thomas Sankara, à l’époque, venait de quitter, il n’y a pas très longtemps son poste de secrétaire d’Etat à l’information, avec lequel, il s’est battu comme un beau diable pour défendre la liberté de la presse. A l’époque déjà, le motif qu’il a avancé pour quitter son poste,c’était l’atteinte à la liberté de presse, en disant : « Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple ». Le droit de parole, le droit de critique, la liberté d’expression étaient le leitmotiv de Sidwaya, c’est-à-dire que Sidwaya était la voix du peuple.

N’en déplaise à nos détracteurs, jusqu’à aujourd’hui, je suis de ceux qui défendent la justesse de cette option. Parce que je ne connais pas de journalisme neutre, de journal neutre, ou de journal incolore, inodore. A la création de Sidwaya, j’étais ministre de l’Environnement et du Tourisme, avant de devenir plus tard, ministre de l’Information. Je crois que s’il n’y avait pas eu Sidwaya, la répercussion des actions du CNR n’aurait pas eu la moitié, même pas le quart de la répercussion que ses actions ont eue dans l’opinion publique interne et externe, nationale et internationale. Sidwaya a été vraiment un porte-voix qui a amplifié les actions du CNR et de son gouvernement. C’est incontestable, surtout qu’en fait, c’était le premier quotidien d’Etat.

S : David Barry était le Directeur général (DG) d’alors. Quelles étaient vos relations avec ce dernier ?

B.L.G. : Moi je le connaissais bien avant d’être ministre. Nous étudions ensemble. Donc, je n’avais pas d’animosité particulière avec lui, lui non plus je crois, envers moi. Et nous avons collaboré. Je dirais même qu’il était plus proche de moi que d’autres prétendus camarades qui sabotaient le travail en souterrain. Sidwaya aussi avait ses propres agents camouflés à l’intérieur qui faisaient du sabotage systématique et que nous avons combattu.

S : A cette période, est-ce que vous lisiez le contenu de Sidwaya avant parution ?

B.L.G. : Non. Je faisais confiance à mon équipe. Bizarrement, contrairement à tout ce qui se raconte, concernant la presse précisément, je ne peux pas répondre à d’autres organes, mais l’organe d’Etat, qu’était Sidwaya, n’a jamais réprimé la plume d’un journaliste par rapport à la défense ou non de la ligne éditoriale. Peut-être pour d’autres fautes, oui. Pour d’autres fautes, nous avons sanctionné, suspendu, dégagé peut-être, mais pas pour ça.

S : Est-ce qu’il vous est arrivé d’être sermonné en Conseil des ministres pour un article paru dans Sidwaya ?

B.L.G. : Non, pas du tout. Mais de toute façon, c’était un débat. Mon parti politique a été attaqué par des sous-marins camouflés dans Sidwaya et nous avons répondu publiquement par Sidwaya aussi. On ne se laissait pas marcher sur les pieds. Chacun exprimait son point de vue. Je me souviens très clairement que ce papier dont je parle a traité mon parti, les militants de mon parti, mes camarades de « milices au service de la contre-Révolution ». Nous avons répondu pour dire que les milices se connaissent. Et en Conseil des ministres, la question a été posée et nous avons assumé.

S : Quelles autres anecdotes avez-vous à nous raconter en la matière ?

B.L.G. : Il y a eu des attaques, des jeunes qu’on appelait les journalistes révolutionnaires, qu’on avait infiltrés dans le ministère pour m’empêcher de travailler à l’époque.

S : Pourquoi ? Vous n’étiez pas révolutionnaire ?

B.L.G. : Non. La Révolution, ce n’est pas un dîner de gala. C’est un combat de boxe. Donc à l’intérieur ça chauffait comme à l’extérieur. Il y avait des journalistes qui avaient des comportements très irrespectueux à mon endroit en tant que ministre.

S : Après 40 ans dans l’univers médiatique, comment voyez-vous le contenu informationnel de Sidwaya ?

B.L.G. : Si Sidwaya n’était pas capable de faire face à la concurrence et à l’adversité, Sidwaya aurait disparu purement et simplement. Si, Sidwaya est là, sait qu’il a mérité d’être là. Il s’est battu pour tracer son sillon dans l’univers médiatique du Burkina. Je pense qu’il continue à se défendre comme il faut, tel que ses pères fondateurs l’ont cédé aux générations suivantes. Je ne vois pas en quoi aujourd’hui Sidwaya a perdu quoique ce soit en matière de pertinence de sa présence dans l’univers médiatique du Burkina.

S : Quel rôle Sidwaya peut-il jouer dans ce contexte d’insécurité que nous vivons actuellement ?

B.L.G. : Je pense tout simplement que le journal est un moyen de défendre notre identité, notre culture, nos choix républicains, de défense de l’intégrité de notre territoire et du refus de nous laisser abattre par le découragement ou le défaitisme. Je pense que jusqu’ici, Sidwaya tient bien sa place et joue son rôle en tant qu’organe de presse, comme il se débaptise lui-même, c’est « Le journal de tous les Burkinabè ».

S : Quels sont vos vœux pour Sidwaya pour les prochaines années ?

B.L.G. : Je pense que l’équipe qui a fait vivre Sidwaya depuis 1984, peut être fière d’avoir réussi quelque chose qui n’était pas donné d’avance. Parce que Sidwaya a traversé des épreuves. Même pour naitre, Sidwaya a affronté des épreuves internes, comme à externes. Il a pu les surmonter, affiner sa plume, la qualité de son travail, même le papier. Il y a eu un moment où pour avoir le papier-journal, c’était un problème. Il nous a fallu faire des négociations. Il a traversé des difficultés matérielles, des journalistes ont quitté Sidwaya parce qu’ils ne se sentaient pas bien, ils se sentaient à l’étroit, ils ont préféré prendre leur liberté. Cela n’a pas empêché ceux qui y croyaient de se battre pour que le journal tienne la route. Et je crois qu’aujourd’hui, en 40 ans, Sidwaya peut quand même se flatter de faire partie des organes qui ont résisté au temps et qui se sont bonifiés avec le temps.

S : Pensez-vous que le bébé que vous avez vu naître a atteint sa maturité ?

B.L.G. : Le bébé est né avec des dents, ce n’est pas n’importe quel bébé. Car, c’est trois partis politiques qui constituaient le gouvernement et qui géraient l’Etat qui a promu sa presse. Sidwaya n’est pas un journal qui a balbutié. Le bébé parlait déjà, c’était quand même le porte-parole de l’Etat. C’est notre journal, c’est un bébé qui est né avec des dents et qui parlait déjà en naissant. Il a grandi avec les autres et il leur a prouvé qu’il est un garçon valable.
Joyeux anniversaire à notre journal Sidwaya qui est un héritage et un objet de fierté pour l’équipe qui, à l’époque, dirigeait ce pays.

Interview réalisée par
Wamini Micheline OUEDRAOGO

Conseil des ministres : des noms de personnalités attribués aux universités de Fada N’Gourma, de Ouahigouya et de Dédougou

Le Conseil des ministres s’est tenu, ce jeudi 4 avril 2024, sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, Président de la Transition, chef de l’Etat. D’importantes décisions ont été prises selon le ministre d’Etat, porte-parole du gouvernement Jean Emmanuel Ouédraogo.

Au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Conseil a adopté un décret portant changement de dénomination des universités publiques de Fada N’Gourma, de Ouahigouya et de Dédougou qui porteront désormais des noms de personnalités Burkinabè. Pour le ministre en charge de l’enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, il s’agit de « personnalités inspirantes aussi bien pour les enseignants-chercheurs, les étudiants que pour les cadres des différentes localités, mais au-delà des localités de toute la nation entière ».

Ainsi, l’université de Fada N’Gourma devient « université Yembila-Abdoulaye-Toguyeni», l’université de Ouahigouya, « université Lédéa-Bernard-Ouédraogo » et l’université de Dédougou, « Université Daniel-Ouezzin-Coulibaly ». Pour le compte du Ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, le Conseil a adopté le décret portant création, composition et attributions du Haut conseil des Burkinabè de l’étranger.

Selon le ministre Karamoko Jean Marie Traoré, sur la base des expériences tirées des limites du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger, il était nécessaire de trouver un instrument qui permette une meilleure organisation des compatriotes de l’étranger. Ce décret donne un cadre juridique qui permet « d’optimiser non seulement la contribution des Burkinabè de l’étranger au processus de développement » mais également de créer une passerelle plus efficace pour faire prendre en compte leurs préoccupations, a expliqué le ministre Traoré.

Au titre du ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective, deux rapports ont été adoptés. Le premier porte sur l’opérationnalisation des trésoreries ministérielles et institutionnelles dont l’objectif, selon le ministre en charge des finances, Aboubakar Nacanabo, est de faciliter les opérations dans les départements ministériels et les institutions. « Cette réforme permettra d’accélérer les opérations de règlement
et les opérations de recouvrement et apporter une amélioration dans l’exécution de la dépense publique », a-t-il souligné.

Le deuxième rapport porte sur l’autorisation donnée au ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective, de percevoir des recettes au titre de la mise en œuvre du e-bulletin. Sur la plateforme, « le bulletin est totalement gratuit. Maintenant les agents publics qui souhaitent avoir des duplicatas doivent payer 1000 F CFA par duplicata pour les bulletins de l’année en cours et 1500 F CFA pour les bulletins des années antérieures »,
a précisé le ministre Aboubakar Nacanabo.
L’utilisation de la plateforme à des fins publicitaires et l’accès aux e-bulletins des agents publics par les banques sont aussi soumis à un paiement.

Direction de la Communication de la Présidence du Faso

La mouche écrasée

J’ai écrasé une toute petite mouche ce matin

J’ai tué une volatile vie volante pleine d’entrain

Et d’une chiquenaude je m’en suis débarrassé

De vie à trépas il passa, les ailes froissées

Mais ce n’était qu’une minuscule mouche sans scrupule

Ce n’était qu’une mouche trouble-fête infecte, une crapule

C’était un insecte abject aux relents d’égouts

C’était un intrus imbu de ses mauvais goûts

A quoi sert la mouche qui sur ma choucroute se mouche ?

Pourquoi c’est toujours elle qui fait du zèle sans louche ?

Diantre, pourquoi des mouches dans mon jardin d’idylle

Haro sur les débiles éboueurs profanateurs vils

Les odeurs attirent d’innocentes mouches sans péché

Le bon parfum s’exhale sans savoir rien cacher

La mouche meurt pour sa puanteur et demeure l’odeur

Le pourrissoir a l’haleine d’une puritaine fleur

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Madagascar : L’ambassadrice de l’Union européenne déclarée persona non grata

Le président malgache, Andry Rajoelina a demandé le départ de l’ambassadrice de l’Union européenne (UE), Isabelle Delattre de son pays. Cette décision fait suite à des déclarations de l’ambassadrice sur une loi introduisant la castration chirurgicale pour les violeurs d’enfants adoptée fin février par Madagascar.

Sidwaya.info

Délestage au Burkina Faso : la demande dépasse l’offre, (directeur général SONABEL, Souleymane Ouédraogo)

 

Le directeur général de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL), Souleymane Ouédraogo, invité du 20h de la télévision nationale, a donné les raisons des délestages intempestives d’électricité actuellement au Burkina Faso.

« Il y a un déficit important en matière d’investissement dans le secteur. Entre 2011 et 2024, la puissance additionnelle demandée par les clients de la SONABEL est estimée à 490 mégawatts. Sur cette même durée, les investissements qui ont été réalisés pour accroître la puissance, ont permis de mobiliser 222 Mégawatts. Donc, nous avons un gap énorme entre les besoins de l’économie burkinabè et ce qui a été réalisé comme investissement », a-t-il indiqué.

« De 2011 à 2014, la SONABEL a pu installer autour 149 Mégawatts. Il s’agit essentiellement de la centrale du Komsilgha autour de 94 mégawatts, de la centrale de Bobo 2 autour de 49 mégawatts et des petites centrales qui ont été dispatchées à Dori, à Gaoua et à Dédougou. Pour la période 2016 à 2020, on a pu installer seulement 9 mégawatts dont 8 mégawatts à Fada et 1 mégawatts à Dori. Pour la période 2021 à maintenant, on a pu installer 64 mégawatts. Le rythme de réalisation des investissements n’a pas suivi le rythme de l’augmentation de la demande », a souligné le directeur général Souleymane Ouédraogo.

Sidwaya.info

 

Elie Kaboré, spécialiste des questions minières : « La fausse facturation commerciale fait perdre 288 milliards de dollars chaque année à l’Afrique »

Elie Kaboré est journaliste et directeur de publication du journal minesactu.info, spécialisé dans le traitement de l’information sur le secteur minier. Dans cette interview accordée à Sidwaya, en marge de la IVe édition d’AFROMEDI, tenue à Abidjan du 19 au 21 mars 2024, M. Kaboré aborde l’ampleur des flux financiers illicites, leur impact sur le développement de l’Afrique et le rôle des journalistes dans la lutte contre ce phénomène.

Sidwaya (S) : Quelle est la situation des flux financiers illicites en Afrique en général et au Burkina, en particulier ?

Elie Kaboré (E.K) : Les Flux financiers illicites (FFI) sont des ressources d’argent dont les origines sont illicites et qui sont déplacées hors des
frontières. On retrouve deux composantes dont l’origine illicite qui peut provenir de la fraude fiscale, la fraude à la production, la contrebande, la contrefaçon, le vol, la corruption, l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent, la rétro-commission, etc. et l’aspect transfert hors des frontières. Les FFI sont l’œuvre des multinationales qui transfèrent et dissimulent le plus souvent ces sommes dans des paradis fiscaux, c’est-à-dire des pays où la fiscalité et la divulgation des proprétaires de ces ressources ne sont pas contraignantes.

Il est difficile de quantifier de manière exacte la situation des FFI. Toutefois, des publications d’institutions donnent des orientations qui permettent de modéliser l’ampleur. La plus célèbre des publications est le rapport du Groupe de haut niveau sur les FFI en provenance d’Afrique publié en 2015 qui a estimé que l’Afrique a perdu plus de 1 000 milliards de dollars du fait des FFI au cours des 50 dernières années. Un chiffre qui équivaut à l’aide publique au développement reçue par l’Afrique pendant la même période. Sur ce montant, 65% provient des activités commerciales des entreprises, 30% des activités criminelles et 5% de la corruption.

C’est après la publication de ce rapport que l’Afrique a pris conscience du phénomène et des campagnes de lutte ont commencé.
Le rapport de de mars 2020 indique que la fausse facturation commerciale entre les Etats fait perdre 288,267 milliards de dollars chaque année à l’Afrique. La fausse facturation est la surévaluation ou la sous-évaluation des valeurs des marchandises à
l’importation et à l’exportation.

A travers cette technique, les entreprises transfèrent illégalement de l’argent à travers les frontières et cachent les gros bénéfices. Pour détecter cette fausse facturation, GFI compare les factures entre les pays et révèle des écarts.
Pour le cas du Burkina, l’audit en cours de la Cour des comptes pourra donner un aperçu pour ce qui concerne l’ampleur des FFI dans le secteur extractif. Pour vous donner quelques indications de FFI dans ce secteur, des avantages fiscaux sont accordés aux entreprises sous prétexte de les attirer.

Entre 2016 et 2017, les avantages fiscaux accordés au secteur minier s’élèvent à 95,084 milliards FCFA, soit 37,18% de l’ensemble des avantages accordés. Ces données proviennent des rapports d’évaluation des dépenses fiscales publiés par le gouvernement. Ce sont des manques à gagner qui profitent aux entreprises et aucune évaluation sérieuse n’est réalisée pour comprendre si les objectifs recherchés à travers ces avantages sont atteints.

J’ai publié une enquête en 2019 où j’ai évalué à 551,163 milliards FCFA, le manque à gagner du Burkina sur les taxes et les redevances minières en 10 ans. Sur ces 2 derniers exemples, vous vous rendez compte que ce sont nos propres textes qui favorisent cette évasion fiscale. Ces sommes d’argent qui échappent aux caisses de l’Etat sont transférées par les entreprises extractives vers d’autres pays.

S : Les avantages fiscaux étant légaux, peut-on les évoquer quand on parle de FFI ?

E.K : Une exonération fiscale est une subvention que l’Etat accorde à une entreprise en refusant de prélever normalement l’impôt. Ce que l’Etat n’a pas perçu devait servir à financer un aspect du développement par exemple, prendre l’équivalent en actions dans le capital pour récolter des dividendes plus tard, exiger un plan d’investissement en infrastructures, en somme créer de la valeur ajoutée avec cette subvention. Mais on remarque qu’en Afrique, on se contente de donner ces exonérations.

Au Burkina par exemple, le Code minier de 2003 fixe l’impôt sur les sociétés à 17,5% alors que le droit commun est à 27,5%. Les entreprises qui ont eu les permis sur la base du Code bénéficient de cette réduction de 10 points durant toute la vie du permis. C’est légal, mais l’Etat n’en profite pas et les entreprises comptabilisent comme un gain qu’elles peuvent transférer hors du pays au profit de ses actionnaires ou utiliser cet argent pour d’autres investissements.

Ces flux ne sont pas illégaux, mais sont considérés comme le fruit d’une évasion fiscale qui consiste à exploiter les insuffisances contenues dans les failles dans les textes nationaux et internationaux pour obtenir des avantages. Ils sont considérés comme des FFI parce que ce sont des opportunités de financement du développement que l’Afrique perd au profit de bénéficiaires établis hors de l’Afrique. De ce point de vue, une exonération fiscale est considérée comme des FFI. C’est la conception des choses.

S : Quel est l’impact de ces FFI sur le développement de l’Afrique ?

E.K : Les FFI font perdre à l’Afrique des ressources financières domestiques. Dans le classement 2022, de l’indice de développement humain, ce sont les pays africains riches en ressources extractives qui sont les plus pauvres dont la République démocratique du Congo, Guinée, Burkina, Centrafrique, Tchad. Ces pays ont un niveau d’endettement très élevé. Cela veut dire qu’au lieu de lutter contre les FFI et financer les déficits budgétaires et les investissements, ils préfèrent s’endetter.

Certains contractent les prêts dont le remboursement est réalisé soit directement en ressources naturelles en nature (pétrole, or, diamant, bauxite), soit par des revenus générés par lesdites ressources. Cela veut dire qu’au moment de l’extraction, la ressource n’appartient plus aux populations. Si ces prêts sont mal utilisés, il faudrait un autre prêt pour combler le vide.

Ces pays se retrouvent dans un cycle infernal d’endettement et de remboursement de la dette et sont souvent obligés de s’endetter pour faire face aux charges de fonctionnement comme le paiement des salaires. Le développement des pays passe en grande partie par la mobilisation des ressources internes auprès des plus riches pour créer une sorte de justice fiscale entre les citoyens. Une vraie lutte contre les FFI peut permettre aux pays de réaliser ces objectifs de développement.

S : Existe-t-il de mécanismes efficaces de lutte contre ces FFI sur le continent africain ?

E.K : Il existe plusieurs mécanismes efficaces de lutte contre ces FFI sur le continent africain. Des mécanismes au niveau national à travers les cadres légaux et réglementaires, des institutions et structures mises en place dans plusieurs secteurs dont les corps de contrôle, etc.
Au niveau sous régional, africain et mondial, des mécanismes existent et les pays font des efforts pour les intégrer dans leurs lois nationales ou intégrer ces initiatives. Les pays doivent être dans une posture d’adaptation de leur cadre juridique.

Les Codes miniers, pétroliers, des impôts, des douanes, etc. doivent être revus périodiquement pour adapter les contenus aux défis de l’époque. L’Afrique doit être moins généreuse dans ses contrats et conventions. Les régies de recettes doivent avoir les capacités humaines, techniques et matérielles pour faire face aux montages financiers complexes des multinationales. Les pays doivent exceller dans la coopération fiscale afin de pouvoir s’échanger rapidement les informations fiscales. Au niveau pays, il est important que des régies de recettes mettent plus l’accent sur les opérations de contrôle des entreprises et la poursuite des contentieux constatés.

Eviter les règlements qui font perdre des dizaines de milliards FCFA aux pays parce que l’entreprise est consciente qu’elle est en faute au moment de poser certains actes. Plusieurs dossiers dorment dans les tiroirs à la douane et aux impôts et il faudrait les conduire jusqu’au bout.
Le manque de sanctions ou la faiblesse des sanctions dans certains cas encourage les FFI. Pour lutter contre les FFI, l’Afrique doit aussi lutter contre les dysfonctionnements de l’Etat, qui font perdre des ressources aux Etats. J’estime qu’un meilleur suivi et un meilleur contrôle de l’activité économique est un bon début de lutte. Il faut de la volonté et se donner les moyens de réaliser.

En République démocratique du Congo par exemple, ITIE-RDC a évalué un contrat minier qui a révélé des pertes de ressources pour l’Etat. Le gouvernement a été obligé de renégocier le contrat qui a contribué à hausser des recettes de 4 milliards de dollars US (près de 2.500 milliards FCFA).

S : Quel doit être le rôle des journalistes dans la lutte contre les FFI ?

E.K : Le travail du journaliste consiste à collecter, traiter et diffuser des informations. Dans ce sens, les journalistes ont un rôle important dans la détection des doutes et des anomalies sur les FFI et dans la dénonciation.

S : Concrètement, comment les journalistes doivent-ils s’y prendre pour un meilleur
traitement de l’information liée aux FFI ?

E.K : Le journaliste peut utiliser les techniques adaptées comme l’investigation pour détecter et révéler ce qui est caché. L’investigation va au-delà du journalisme classique qui rend compte. Le data journalisme est le journalisme basé sur
l’utilisation des données et le fact checking basé sur la vérification des faits et de l’exactitude des chiffres et propos sont propices à ces sujets.

A travers ces outils, le journaliste peut aborder les FFI sous divers angles dont la provenance, l’ampleur, l’évolution, les motifs, causes ou facteurs favorisants, les acteurs impliqués, la destination, l’impact et les mesures réglementaires prises pour lutter contre. Mais, il se doit de respecter l’éthique et la déontologie du métier en vérifiant ses informations auprès de plusieurs sources crédibles.
Les journalistes doivent relever un certain nombre de défis dont le renforcement des capacités parce que le sujet est très technique. La spécialisation est un bon moyen pour se former.

Interview réalisée par
Mahamadi SEBOGO

Sur 600 sacs de céréales, il dit n’avoir reçu que 495

G.M a comparu ce mardi 2 avril 2024 au TGI de Dédougou pour abus de confiance. Le prévenu est un revendeur de céréales vivant dans la province des Banwa, Solenzo. Son partenaire O.M, résident à Dédougou se fait livrer la marchandise à tout moment. Les affaires marchaient très bien entre les deux et se chiffraient à coût de millions de francs CFA. G.M a même déjà livré à son client des céréales de 1 000 sacs sans aucun incident. Le problème surviendra en 2022, à la suite d’une incompréhension sur une commande de 600 sacs qui coûtaient 18 millions F CFA.

Le prévenu reconnait avoir livré la totalité de la commande. Quant à la victime, il dit n’avoir reçu que 495 sacs sur les 600 prévus. D’où un manque de 105 sacs. Pendant près de deux heures de débats, le prévenu tient mordicus à son honnêteté. Même le témoignage du chauffeur du camion qui transportait la marchandise n’a pas pu le faire fléchir.
Presqu’à la clôture des débats contradictoires, le prévenu a souhaité la présence de deux témoins, en l’occurrence ses fils. Leur témoignage, pense-t-il, pourrait contribuer à le blanchir. Pour lui permettre d’assurer convenablement sa défense, le parquet n’a pas vu d’inconvénient en renvoyant le dossier au 9 avril prochain.


Un employé de commerce dissipe plus de 20 millions de F CFA de son patron

A.Z est employé de commerce et gérait une succursale de son patron, H.O, à Gaoua. Il est prévenu d’abus de confiance sur la somme de 20 millions 250 mille F CFA et a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso, le mardi 2 avril 2024. Les faits se sont déroulés courant 2023. H.O envoyait des marchandises, dont principalement des cigarettes et d’autres denrées.

En retour, A.Z était chargé d’écouler lesdites marchandises et de rendre compte à son patron. Seulement, par deux fois, comme l’a expliqué H.O, A.Z manquera de lui reverser respectivement les sommes des ventes de 9 millions et 10 780 000 F CFA. La première fois, en octobre 2023, pour une marchandise (cigarettes) de 21 millions de F CFA qui lui a été livrée, A.Z n’a reversé que 12 millions F CFA à son patron.

Puis suivra quelque temps après un autre préjudice de 10 780 000 F CFA. Dans les débats, le prévenu a reconnu devoir de l’argent à son patron même s’il estime sans conviction le montant dû à environ 19 millions de F CFA. Où a-t-il investi toute cette somme ? A cette question du ministère public, le mis en cause a été incapable de donner une réponse satisfaisante, arguant qu’il s’est perdu dans ses comptes.

Tout en affichant sa ferme volonté de rembourser le montant une fois en liberté, A.Z a demandé l’indulgence du tribunal. Pour son conseil, le patron de son client est en partie comptable de son délit en lui confiant une tâche de comptabilité tout en sachant qu’il est illettré. « L’argent s’est perdu parce qu’il ne sait pas faire de la comptabilité. Ce n’est pas sûr qu’il avait la volonté de dissiper ces fonds », s’est convaincu l’avocat de la défense. De ce fait, l’avocat a plaidé que le tribunal tienne compte de ce contexte de déroulement des faits en accordant, pourquoi pas un sursis à son client. Pour le procureur, les faits d’abus de confiance sont suffisamment constitués. Il a requis de maintenir le prévenu dans les liens de la prévention et de le condamner à 24 mois de prison et à une amende d’un million de F CFA, le tout ferme.

La victime s’est constituée partie civile, et a réclamé le remboursement de 20 250 000 F CFA, le versement de cinq millions de F CFA à titre de dommage et intérêt et 700 000 F CFA pour des frais exposés au dossier et non compris dans les dépens. Le tribunal a reconnu A.Z coupable des faits d’abus de confiance, et l’a condamné à 24 mois de prison et une amende d’un million de francs CFA le tout ferme. Par ailleurs, la constitution de partie civile a été reçue et déclarée partiellement fondée. Le prévenu a en outre été condamné à verser 19 780 000 F CFA, un million de F CFA à titre de dommage et intérêt et 500 000 F CFA comme frais non compris dans les dépens. Une contrainte d’exécution judiciaire a par ailleurs été fixée à 3 mois de prison ferme et une amende d’un million de francs CFA.


La fille découvre la supercherie sur les biens immobiliers de son défunt père

O.T est poursuivi à lui seul pour quatre chefs d’accusation. En effet, il s’agit de stellionat, de blanchiment de capitaux, de faux et usage de faux. L’affaire a été jugée, le mardi 2 avril 2024, devant la Chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso même si le prévenu n’a pas comparu. Les faits portent sur la vente d’une cour appartenant à S.D, défunt et ancien collaborateur du prévenu. C’est la fille, M.D du défunt qui a levé le lièvre lorsqu’elle a entrepris des démarches pour avoir l’état des lieux des biens immobiliers de son défunt père. Elle rencontrera dans ce processus, sieur O.T qui lui fera savoir qu’il n’était au courant d’aucun bien immobilier de feu S.D. Après quelques enquêtes menées, M.D découvre l’existence de la cour aujourd’hui à palabre. Interrogé, O.T dira que la cour lui a été cédée gracieusement par son défunt collaborateur.

Pour le ministère public, tous les faits sont suffisamment caractérisés. Concernant les faits de faux, le prévenu aurait fabriqué un acte de vente datant du 9 avril 2014 et comportant la signature du défunt qui est pourtant décédé, le 8 septembre 2013. Il utilisera le même acte de vente pour s’établir un nouveau Permis urbain d’habiter (PUH) qui lui servira à vendre la cour à 25 millions de F CFA à un certain P.S. Selon M.D, depuis le décès de son père, aucun frais de loyer n’a été perçu par la famille. Or ,il se trouve que son père avait confié la gestion des loyers de cette cour au prévenu.

La partie plaignante s’est constituée partie civile, et a réclamé le loyer non perçu de la cour jusqu’avant sa cession à P.S, le versement d’un million de F CFA à titre de dommage et intérêt et de 500 000 F CFA comme frais exposés et non compris dans les dépens. Le procureur, estimant le prévenu coupable des faits à lui reprocher, a alors requis contre lui 3 ans de prison et une amende de 75 millions de F CFA, le tout ferme. Le dossier a été mis en délibéré pour le 16 avril 2024.


Condamné en février avec sursis, il est à la barre pour vol de 2 poulets

M.W a comparu ce mardi 2 avril 2024 devant le TGI de Dédougou devant la Chambre correctionnelle pour répondre des faits de vol portant sur deux poulets. Faut-il le rappeler, le prévenu est un récidiviste. Le 13 février 2024, soit moins de deux mois, il était à la barre pour des faits de vol. Il avait écopé d’une peine de 24 mois et une amende d’un million de francs CFA, le tout assorti de sursis à exécution.

Cette peine n’a rien servi au prévenu car le 20 mars dernier, il est pris en flagrant délit dans un vol de poulets. A la barre, M.W reconnait les faits et prétend qu’il a volé ces poulets pour pouvoir se faire établir une carte nationale d’identité. Un comportement mal vu par le procureur du Faso qui estime que le tribunal lui a donné une deuxième chance en février dernier en lui accordant un sursis.

Malheureusement, déplore le parquet, le prévenu n’est pas près de se reconvertir. Donc, il pense qu’il est utile de l’éloigner carrément de la société. Il a requis contre lui, une peine de douze mois et une amende d’un million de francs CFA, le tout ferme. Il a invité le tribunal a révoqué également le sursis de sa précédente condamnation. Le parquet a été suivi par le tribunal. En tout, M.W doit séjourner en taule pendant 36 mois et doit verser une amende ferme de deux millions de francs CFA.


Un agent de l’action humanitaire à la barre pour avoir escroqué 125 000 F CFA à des PDI

Agé de 33 ans et père de 3 enfants, S.O. était devant les juges, le mercredi 3 avril 2024, au Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma, pour répondre des faits de concussion et de népotisme. En ce qui concerne le premier chef d’accusation, le prévenu, alors chef de service de la promotion de la femme et du genre à la direction provinciale en charge de l’action humanitaire du Gourma, a usé, selon le procureur, de son statut pour réclamer, courant 2023, 50% des fonds de roulement octroyés à des femmes vulnérables dont des Personnes déplacées internes (PDI), bénéficiaires du projet « 1000 métiers à tisser ».

Des faits que S.O. a reconnus, sans ambages, dès le début de sa comparution.
En fait, il a expliqué que son supérieur hiérarchique l’a instruit de cibler 135 femmes qui seront outillées dans le cadre dudit projet. A la fin de la formation, a-t-il poursuivi, chaque participante devra recevoir, en plus du matériel, un fonds de roulement de 100 000 francs CFA, en deux tranches. L’agent public s’est arrogé le droit d’exiger 25 000 FCFA à cinq femmes qui ont été inscrites sur la liste grâce au concours de sa concubine. Il a récolté, en tout, 125 000 F CFA avant de restituer à chacune d’elles l’entièreté de la somme indûment perçue quand l’affaire a fuité.

Quant aux accusations de népotisme, S.O. a tout rejeté en bloc, dans un premier temps. Mais, acculé et bousculé par les questions du procureur et du président du Tribunal, il s’est ravisé et a avoué qu’il a inscrit sa femme O.N. sur la liste des bénéficiaires du projet alors qu’elle n’est ni PDI, ni personne hôte vulnérable.

Pour le procureur, les infractions de concussion et de népotisme sont largement constituées. En répression, il a requis contre le prévenu une peine d’emprisonnement de 15 mois, assortie de sursis et une amende de 250 000 F CFA, ferme. En fin de compte, le Tribunal a maintenu S.O. dans les liens des deux infractions et l’a condamné à une peine d’emprisonnement de 12 mois assortie de sursis et une amende de 250 000 F CFA ferme.


Accusé d’évasion et de menaces de mort, un chef de village est totalement blanchi

Né en 1976, polygame et père de trois enfants, M.O., chef d’un village qui relève de la commune rurale de Diabo, dans la province du Gourma, a comparu devant le Tribunal correctionnel de Fada N’Gourma, hier mercredi 3 avril 2024. L’autorité coutumière est poursuivie pour des faits d’évasion et de menaces de mort.

M.O. est accusé, en effet, d’être l’auteur d’un audio dans lequel, il a proféré, en 2024, des menaces de mort contre Y.M., l’un de ses sujets. Aussi, il lui est reproché de s’être évadé en mars 2024 des locaux de la gendarmerie de Diabo où il était détenu. Le prévenu a déclaré qu’il n’a jamais menacé de mort une personne, encore moins son sujet. Selon ses explications, son village devait répondre à l’appel de la mobilisation de VDP.

Sur recommandation de certains VDP, le Commandant de la brigade(CB) de gendarmerie de Diabo aurait confié le projet à Y.M, chose que l’autorité coutumière n’a pas appréciée, estimant que Y.M. veut lui voler la vedette. C’est ainsi que les deux vont se retrouver à la brigade avec deux listes. « A la gendarmerie, il a dit au CB que nous ne sommes pas venus ensemble.

Après, je lui ai fait savoir que je ne suis pas du tout content de lui et nous avons fait la paix. C’est tout », a-t-il relaté. Au sujet de l’audio, un enregistrement quasi inaudible qui l’incriminerait, le prévenu a signifié au Tribunal n’avoir même pas eu l’occasion de l’écouter. Selon le plaignant, Y.M. a reconnu que le chef n’est pas l’auteur de l’audio. Il a indiqué que c’est un VDP qui a enregistré les déclarations d’un certain D. dans l’audio.

Lesquelles déclarations révèlent, selon lui, que le chef est décidé à l’éliminer en utilisant de la magie noire. Pourtant, a souligné le procureur, le nommé D. ne reconnait pas être l’auteur de ces déclarations. C’est bien sa voix, a insisté Y.M.
A bien analyser, a dit le procureur, l’attitude du plaignant est assimilable à un acharnement sur la personne du chef. Et le ministère public de lui rappeler que la dénonciation calomnieuse est passible de poursuites.

Pour les faits d’évasion, M.O. a laissé entendre qu’il ne se sentait pas en sécurité dans les locaux de la gendarmerie. Il a expliqué, en fait, que parmi les VDP qui étaient venus prêter main forte à l’équipe de garde à la gendarmerie, figurent des proches de Y.M. « Leurs comportements m’effrayaient.

C’est là que j’ai fui. Mais le lendemain, très tôt, je suis allé me faire prisonnier au commissariat de police », a-t-il raconté. Pour le procureur, le prévenu n’avait pas l’intention de se soustraire totalement de l’autorité dès lors qu’il s’est rendu au commissariat. Il a donc conclu que les faits d’évasion et de menaces de mort ne sont pas caractérisés et requis la relaxe pour M.O. A sa suite, le Tribunal a renvoyé le prévenu des fins des poursuites.

Rédactions de la DRO et de Fada N’Gourma

Des jalons pour l’absorption du chômage

Le Président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a posé, vendredi dernier, la première pierre de l’usine de transformation de coton dénommée IRO-TEXBURKINA. Il s’agit d’une unité industrielle qui sera érigée sur une superficie de 42 hectares à Sourgou (Centre-Ouest) et une autre de 50 hectares à Boromo (Boucle du Mouhoun).
L’investissement total annoncé est de 165 milliards F CFA en vue de transformer, sur place, le coton burkinabè.

Au-delà du développement endogène et de la relance économique dans les zones concernées, il s’agit d’un acte concret de création d’emplois. Autrement dit, les autorités de la Transition viennent ainsi de poser un pas vers l’absorption du chômage des jeunes. En effet, il ressort qu’à terme, ce complexe textile va créer plus de 4 000 emplois directs et 15 000 emplois indirects pour les deux sites. Le chef de l’Etat a rappelé, à l’occasion, que le Burkina Faso s’est lancé dans un processus d’industrialisation.

« Dans toutes les zones du Burkina qui ont des spécificités, nous mettrons tout en œuvre pour transformer nos produits sur place. C’est à travers l’industrialisation que nous pouvons créer assez d’emplois pour que la jeunesse puisse s’épanouir », avait-il lancé.
Il est clair qu’avec le nombre croissant de diplômés qui sortent de nos universités, instituts et écoles, la problématique de l’emploi se pose avec acuité. Il serait illusoire de penser que la fonction publique pourrait absorber les nombreux chômeurs.

Par ailleurs, tandis que le nombre de candidats augmente chaque année (atteignant presque 2 millions en 2023), l’on constate que le nombre de postes à pourvoir à la Fonction publique baisse, passant par exemple de 7 218 (pour 1 969 736 candidats) en 2023, à 5 364 postes cette année.

L’option de création d’emplois parallèlement au recrutement de la fonction publique se présente comme l’une des meilleures alternatives. Pour absorber les milliers de chômeurs et de jeunes sans emploi, il convenait de changer de paradigme. Les premières autorités l’ont compris. Au cours d’une de ces récentes sorties, le ministre en charge du Travail et de la Promotion sociale a expliqué que l’on ne devrait plus faire de la fonction publique une fixation.

Pour lui, il faut plutôt prospecter d’autres niches. Les initiatives comme les exploitations agricoles à Bagré où, des étudiants sont en immersion dans le secteur de l’agriculture s’inscrivent dans cette dynamique. Il s’agit d’un projet incubateur de technologies dans le domaine agro-sylvo-pastoral et connexes de l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et des innovations (ANVAR).

Le 7 mars dernier, en marge de la célébration de la journée internationale de la femme, le Président Ibrahim Traoré a effectué une visite sur le site et a encouragé les étudiants.
On le voit, après l’usine de tomate à Bobo-Dioulasso, la raffinerie d’or et l’usine de traitement des résidus miniers à Ouagadougou, les autorités de la Transition joignent l’acte à la parole en ce qui concerne la recherche de solution à l’emploi des jeunes.

Certes, les défis sont énormes. Mais les initiatives pour juguler la problématique telle l’implantation d’unités de production sont sources d’espoir. Vivement que d’autres usines voient le jour dans d’autres localités du Burkina Faso.

Alban KINI
alban-kini@yahoo.fr

Thème central / Les relations interpersonnelles : les relations avec les orphelins

Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux.
Louanges à Allah, qui n’éprouve jamais le croyant pour le rabaisser mais pour lui permettre de gravir les échelons de la foi et d’avoir une proximité étroite avec Lui. Allah est Omniscient et Sage. Que Sa paix et Ses bénédictions soient en abondance sur le Messager de miséricorde, envoyé à l’univers comme tel et sur l’ensemble des croyants de tous les temps.

Le statut d’orphelin est un statut spécifique en Islam. Est orphelin, en principe, cet enfant légitime dont le père est décédé. Dans le modèle familial de l’Islam, il appartient aux hommes de prendre en charge, en fonction de leurs capacités, l’ensemble des besoins de la famille. C’est, aussi, la raison pour laquelle le statut d’orphelin est lié au décès de celui qui subvenait aux besoins de l’enfant. Cependant, il appartient aux savants de nos pays d’analyser les textes à la lumière de nos contextes pour voir s’il n’y a pas lieu de revoir ce statut. Dans nos pays, en effet, et contrairement au modèle islamique, de nombreuses familles ne tiennent que par les efforts des femmes.

La responsabilité de certains hommes ne se limite qu’à la procréation. Il appartiendra, alors, à leurs femmes de s’occuper entièrement des enfants à tel point que, souvent, en termes de satisfaction de leurs besoins, la présence des pères équivaudrait à leur absence.
L’orphelin, avec la perte de son géniteur, est, naturellement, dans une situation délicate nécessitant de la compassion, de la miséricorde afin qu’il puisse faire face à cette épreuve, garde espoir dans la vie et se battre pour un avenir radieux. Et Allah lie le traitement à réserver à cette personne vulnérable à la foi. En effet, Il dit, dans Son noble Coran, : « Vois-tu celui qui traite de mensonge la Rétribution ?

C’est bien lui qui repousse l’orphelin » (S107 V1-2). Par ce verset, nous comprenons que celui qui maltraite l’orphelin est celui qui n’a pas pris conscience qu’il retournera à son Seigneur et rendra compte de ses actes pour la bonne (Paradis) ou la mauvaise (Enfer) Rétribution. Dans cette même dynamique, Allah nous dit : « Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien ; (…) Et ne vous approchez des biens de l’orphelin que de la belle manière, jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité » (S9 V151-152). Il est important que chacun travaille à connaitre Dieu, à L’aimer, à Le craindre en toute circonstance et à vivre pleinement sa foi. Mais il serait encore mieux que cela soit généralisé dans nos familles.

Aujourd’hui, certes, la peur de la mort est une réalité, mais la question du devenir des enfants dans la famille, derrière soi, est, souvent, une plus grande préoccupation pour certains. Ils n’ont pas du tout tort quand on sait que, suite à des décès, des membres de certaines familles, très souvent, les frères, sœurs, géniteurs et oncles des défunts, avant même l’élaboration d’un programme des obsèques, ne sont préoccupés que par la sécurisation, à leurs seuls profits, des biens de ces derniers. L’état des orphelins et des veuves n’est guère une préoccupation pour eux. Pire, c’est dans cette situation qu’ils brutalisent la femme pour obtenir les documents des parcelles, de la voiture et des autres biens.
Après l’enterrement, les enfants sont, comme les différents biens de leur parent défunt, partagés entre ces derniers comme s’ils allaient bien s’occuper d’eux. Le plus chanceux sera celui qui continuera l’école sinon, il sera déscolarisé, envoyé au village pour cultiver et garder les animaux. La veuve, quant à elle, sera purement et simplement, renvoyée dans sa famille biologique. Venue comme une étrangère, selon eux, elle repartira comme telle.
Je profite demander aux lecteurs de protéger leurs familles en faisant, en plus du mariage religieux, le mariage civil pour qu’au cas où la foi des membres de la famille ne les amène pas à respecter les normes divines, que le juge les oblige au respect des droits des héritiers.

Aussi, demande est faite aux veuves, dans ces circonstances difficiles, de ne pas hésiter à saisir les autorités religieuses pour un règlement à l’amiable, spirituel de ces cas. En cas d’échec, saisissez les autorités étatiques qui ont le monopole de la contrainte publique. Allah recommande la bienveillance à l’égard de l’orphelin. Le tuteur doit éduquer l’orphelin comme son propre enfant. Au mieux, il ne doit faire aucune discrimination entre lui et les siens.

S’occuper convenablement d’un orphelin a beaucoup de mérites auprès d’Allah. Rappelons-nous cette parole : « Quand l’orphelin pleure, le Trône du Créateur frémit. Alors, Allah, Gloire à Lui, dit à Ses Anges : « Ô Mes Anges ! Quel est celui qui a fait pleurer cet orphelin dont j’ai enseveli le père dans la Poussière ? » Les Anges répondent : « Ô Allah ! Tu es l’Omniscient ». Allah leur dit alors : « Je vous prends à témoin, Ô Mes Anges, que celui qui le consolera et le satisfera, Je lui donnerai satisfaction le Jour du Jugement Dernier ».

En dehors du fait qu’on redonne l’espoir à un enfant dans sa bonne éducation, bien s’occuper de l’orphelin, c’est se garantir, soi-même, une place de choix, une place considérable au Paradis d’Allah. Le Prophète a dit : « Nous serons au Paradis, moi et celui qui s’occupe de l’orphelin comme cela » et il montra deux de ses doigts côte à côte. Dans un autre propos, il ajoute : « Celui qui subvient aux besoins de trois orphelins est semblable à celui qui passe la nuit en prières, qui jeûne le jour et brandit son épée pour la cause d’Allah.

Nous serons, lui et moi, au Paradis tels des frères, tout comme ceux-ci » et il joignit l’index et le majeur. La qualité du musulman réside, également, dans sa capacité à exprimer de la bonté, de la bienveillance et la miséricorde à cette vulnérable personne, souvent de qui on ne s’attend rien, l’orphelin. « La meilleure des maisons musulmanes, nous dit le Prophète, est celle où l’on héberge un orphelin et où on le traite avec bonté. En revanche, la pire des maisons musulmanes est celle où on héberge un orphelin et on le maltraite ». Effectivement, il nous est mis en garde contre la maltraitance de l’orphelin ainsi que de la dilapidation de ses biens acquis de l’héritage. En nous disant : « Éloignez-vous des sept grands péchés destructeurs », le Prophète cite, en bonne place, la dilapidation des biens de
l’orphelin.

Allah, pour ce qui est des biens de l’orphelin, ordonne au tuteur leur remise dans la totalité lorsque ce dernier atteindra un âge mûr. Il interdit, ainsi, au tuteur, d’en disposer de manière injuste. Il dit, à ce sujet, : « Et donnez aux orphelins leurs biens ; n’y substituez pas le mauvais au bon. Ne mangez pas leurs biens avec les vôtres : c’est vraiment un grand péché » (S04 V02). Certains sont étonnés malgré tous leurs efforts
d’investissements sur leurs propres enfants. C’est souvent du fait de l’injustice causée aux faibles sous vos responsabilités. Il est faite obligation, au tuteur, de bien gérer les biens de
l’orphelin, de le préparer à cette bonne gestion et de les lui remettre quand il sera prêt et à sa majorité.

C’est ce que nous fait savoir Allah dans ce verset : « Et éprouvez (la capacité) des orphelins jusqu’à ce qu’ils atteignent (l’aptitude) au mariage ; et si vous ressentez en eux une bonne conduite, remettez-leur leurs biens. Ne les utilisez pas (dans votre intérêt) avec gaspillage et dissipation, avant qu’ils ne grandissent.
Quiconque est aisé, qu’il s’abstienne d’en prendre lui-même. S’il est pauvre, alors qu’il en utilise raisonnablement ; et lorsque vous leur remettez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre » (S04 V06).

Allah nous prévient de la gravité de disposer injustement des biens de l’orphelin quand Il dit : « Ceux qui mangent (disposent) injustement des biens des orphelins ne font que manger du feu dans leur ventre. Ils brûleront bientôt dans les flammes de l’Enfer » (S04 V10).
Seigneur Allah, fais-nous bienveillants et bienfaisants à l’égard des orphelins, des
pauvres et autres indigents.
Seigneur Allah, donne-nous la clairvoyance de mettre la quête de Ton amour au-dessus de tout autre.
NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI

Prise en charge des adolescents infectés du VIH: un nouveau souffle pour des « oubliés »

Toujours prise en charge en pédiatrie au lieu d’être dans le fil actif adulte, les adolescents infectés du Virus de l’immunodéficience humaine (VIH), âgés de 15 à 24 ans, peinent à faire face à leur situation. Les pédiatres, de leur côté, assurant jusque-là leur prise en charge par manque de formation adaptée pour leur accompagnement psychosociale, ne savent plus à quel saint se vouer. Face à ces difficultés, certaines structures ont décidé de prendre à bras-le-corps la problématique. Nous sommes allés à leur rencontre.

Nafi, Moussa et Alizéta (noms d’emprunt) font partie des 400 jeunes adolescents et adultes qui ont eu la chance d’être pris en charge par l’Association espoir pour demain (AED) dans le quartier Bolibanna, au secteur 18 de Bobo-Dioulasso. Suivis depuis la petite enfance par les médiatrices de l’association, dans les centres pédiatriques de la ville de Sya, ils ont été transférés à l’AED dès l’âge de 15 ans, afin de bénéficier d’une prise en charge adéquate du fait de leur passage de l’enfance à l’adolescence. « Ici, nous avons créé un cadre qui leur permet de se sentir en famille grâce à l’accompagnement des médiatrices, des psychologues et des médecins », indique le secrétaire général de l’AED, Jacques Sanogo. Malheureusement, tous n’ont pas cette chance de transition dans leur prise en charge.

Estimés à environ 3 300 jeunes adolescents et adultes encore en pédiatrie, selon le Réseau pour une plus grande implication des personnes infectées et affectées par le VIH/SIDA dans la lutte contre le VIH/SIDA au Burkina (REGIPIV-BF), leur transition semble ne pas encore à l’ordre du jour. « De nos jours, on retrouve encore des jeunes de 15 à 24 ans et parfois plus qui sont dans les fils actifs pédiatriques alors qu’ils n’ont plus les mêmes problèmes que les enfants », fait marquer le coordonnateur du REGIPIV-BF, Adama Ouédraogo. Ainsi, pour leur apporter l’appui nécessaire, un projet pilote de transition a vu le jour en 2019 et exécuté au Burkina Faso et au Sénégal avec le soutien d’Expertise France. « Mais, c’est le Burkina qui a la plus grosse cohorte avec 130 adolescents pour la première phase et 30 autres pour la deuxième phase », précise M. Ouédraogo.

Le SG de l’Association espoir pour demain, Jacques Sanogo : « Aujourd’hui, les partenaires ont tendance à se désengager de la lutte ».

Piloté par le REGIPIV-BF, ce projet dont l’objectif est de permettre aux jeunes toujours en pédiatrie, de transiter sans grande difficulté vers les sites adultes, a défini trois volets pour y parvenir. Il s’agit des volets clinique, recherche et communautaire. Dans le premier volet, les adolescents infectés passent des mains des pédiatres à celles des médecins. Mais avant, ils suivent une préparation spécifique. « Nous informons trois à six mois avant ce passage l’ensemble des parties que sont les jeunes, les parents et les médecins des sites adultes, afin qu’ils s’impliquent dans le processus pour faciliter la transition », explique Dr Arthur Sawadogo, moniteur du projet. Une préparation nécessaire, selon lui, car avant la mise en place de ce système, le constat était que le jeune, une fois sur le site adulte, s’il n’a pas été bien accueilli, « soit il a tendance à vouloir revenir en pédiatrie, soit il ne revient même plus aux consultations au niveau du site adulte ».

Créer un environnement familial

En charge des enfants à la pédiatrie du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO), le professeur Caroline Yonaba, pour avoir travaillé durant plusieurs années avec eux, justifie ce refus par la peur de se confier à un visage étranger mais aussi, par le fait qu’à ce niveau, les bilans de santé sont financièrement pris en charge par le malade. « Pourtant, malgré leur âge, lorsqu’ils tombent malades en pédiatrie, ils sont entièrement pris en charge, car nous avons des partenaires qui nous accompagnent. C’est pourquoi au début de ce projet, il était d’abord question à notre niveau, de travailler à ce qu’ils acceptent d’aller dans les services adultes malgré les charges que cela va entrainer », appuie-t-elle. Pair éducateur dans le processus, Ahmed Congo qui est passé par la même situation confirme que cela est compréhensible.

« Pour un jeune qui s’est vu suivre depuis son enfance par un personnel qui a su créer un environnement familial où, il se sent à l’aise, aimé, protégé, en sécurité et un jour, on lui dit qu’il n’est plus habilité à bénéficier des services de cette famille et que par conséquent, il doit aller dans une autre famille, cela n’est pas facile », fait-il observer. Médiatrice à l’Association espoir pour demain, Adja Tounkara, qui joue l’interface entre les formations sanitaires et l’association rassure que tant que cette confiance n’est pas établie, aucune transition ne peut s’effectuer. « Nous avons perdu un adolescent parce qu’il a refusé de se confier au médecin et ne prenait pas les produits », se souvient-elle.

Aussi, pour faciliter cette intégration qui est la priorité dans le projet, plusieurs approches furent développées dans le volet clinique. Il s’agit de la visite du site adulte, de la prise de langue avec les médecins qui les auront désormais en charge, mais aussi, des services annexes. « Tout cela, pour leur permettre de s’habituer au fil adulte et de se familiariser avec le personnel soignant », soutient Dr Arthur Sawadogo. Il y a également les groupes de parole organisés chaque trimestre pour leur donner l’occasion de se côtoyer, d’apprendre avec d’autres jeunes et de se soutenir mutuellement.

Pour Pr Caroline Yonaba du CHU-YO, leurs services pédiatriques ne sont pas toujours adaptés à suivre les adolescents.

« Là, ils sont soutenus par des jeunes modèles appelés pairs éducateurs que nous avons choisis sur le site adulte dont le rôle est d’abord de rassurer les adolescents qu’ils ne seront pas seuls mais aussi, leur faciliter le contact avec les agents soignants dans leur nouveau centre de suivi », précise le moniteur. Pour Ahmed Congo, pair éducateur dans le cadre du projet transition, l’accompagnement des jeunes se fait sur tous les plans de sorte à faciliter leur intégration et leur maintien dans les centres adultes. Cette phase préparatoire dure douze mois, selon M. Sawadogo, à l’issue de laquelle, les jeunes passent dans les mains des médecins du site adulte. Dans le second volet (volet recherche, ndlr), Dr Sawadogo rassure qu’il est consacré à la collecte des données qui seront valorisées à la fin du projet.

Deux associations pour mieux porter la voix

Mis en place pour permettre aux jeunes concernés de pouvoir se mettre en association pour porter le plaidoyer auprès des décideurs, le volet communautaire a permis la création de deux associations. Il s’agit de l’association des Jeunes pour la lutte contre le VIH (JLV) et l’association des Jeunes orphelins infectés et affectés par le VIH (JOIA).
« Dans l’environnement des associations, nous avons constaté qu’il n’y a pas d’association de jeunes infectés dans la lutte contre le VIH. Or, nous avons besoin d’eux pour prendre la parole devant des décideurs pour décliner leurs besoins », remarque le moniteur. Après trois ans d’exécution, l’ensemble des parties sont unanimes quant aux résultats. Dr Arthur Sawadogo relève qu’au plan clinique, les preuves sont palpables car à 12 mois de suivi, 94% des jeunes ont éliminé leur charge virale. Au plan communautaire, il affirme que les deux associations vont contribuer à l’animation de la vie collective et à l’organisation de cadres permettant aux différents membres de pouvoir s’exprimer, de renforcer leur estime de soi et de se redonner confiance.

« Déjà, celle qui a pris la parole lors de la commémoration de la journée du SIDA 2023 est un pur produit d’une de nos associations », relève-t-il (voir encadré, ndlr). Pour le Pr Yonaba du CHU-YO, ce projet fut un soulagement au regard des difficultés qu’ils éprouvaient quant à la prise en charge des adolescents.
« Nous n’avons pas reçu de formation pour la prise en charge des adultes. Aussi, tout ce qui concerne la santé reproductive, les pathologies des adultes et beaucoup d’autres aspects, nous n’arrivons pas à gérer. Malheureusement, il n’y a pas non plus de documents formels qui nous expliquent comment on doit préparer nos jeunes pour la transition», déplore Pr Caroline Yonaba. Abou Yéré, l’un des bénéfi-ciaires, se réjouit du fait que le

Grâce aux anti-rétro-viraux, ces jeunes voient leur vie s’améliorer.

projet ait pris en compte plusieurs aspects de leur vie. « Avant, je partais juste à l’hôpital pour mes médicaments. Mais aujourd’hui, je peux échanger avec vous. Je sais désormais comment vivre en société, en famille …

Mobiliser plus de fonds

Et le plus important, j’ai compris que même avec la maladie, je peux fonder une famille », déballe le jeune Yéré. Il salue également l’accent mis sur l’auto-emploi en vue de leur permettre de créer leurs entreprises.
D’un coût de plus de 111 millions F CFA (environ 172 000 euros), cette phase pilote a été exécutée dans cinq centres de santé, à savoir les pédiatries Charles de Gaulle, de Tengandogo, de Bogodogo, de Pissy et de Kossodo. Malgré les difficultés organisationnelles, la circonscription du projet dans la région du Centre, la limitation des ressources, le déplacement des parents d’enfants infectés et l’affectation des médecins soignants, notamment, le coordonnateur du projet, Adama Ouédraogo, pense qu’au regard des résultats qu’il trouve satisfaisants, la vulgarisation du projet sur toute l’étendue du territoire va permettre de réduire encore plus la séroprévalence qui est actuellement de 0,6% au Burkina Faso.

« D’ores et déjà, quelques bases sont jetées car la situation est urgente et plusieurs enfants sont toujours en attente d’accompagnement. Avec les bailleurs, nous essayons de mobiliser des fonds pour les accompagner. Nous serons à N’Djamena les jours à venir avec le réseau d’enfants VIH en Afrique, pour faire le point sur la transition avec les bailleurs et voir dans quelle mesure on peut poursuivre le plaidoyer pour davantage mobiliser les ressources », confie M. Ouédraogo. Et pour ceux qui n’auront pas la prise en charge complète à l’issue de la phase pilote, le coordonnateur préconise qu’au moins deux pairs éducateurs formés soient installés dans les différentes régions par l’Etat pour les accompagner.

Donald Wendpouiré NIKIEMA
touunis.do@gmail.com


Prendre en compte le besoin des jeunes

Depuis longtemps, la lutte contre le VIH a eu un visage adulte et féminin. Les enfants sont oubliés. Aujourd’hui, ces enfants sont des adolescents ou de jeunes adultes qui n’ont pas reçu tout l’accompagnement nécessaire. Laissés à eux-mêmes, ils peuvent être des sources d’augmentation de la séroprévalence. C’est pourquoi, il est temps que les autorités et les partenaires aient un regard sur cette cible car le besoin est énorme.
D.W.N


Le message de la jeune Sandrine Nanga aux décideurs à l’occasion de la Journée mondiale du SIDA 2023

« Malgré les efforts fournis, le VIH a fait et continue de faire des victimes dans la société, nous en sommes la preuve. Suite à cette maladie, nombreux sont les enfants qui ont perdu la vie. Quant à nous les survivants, ce sont nos parents que nous avons perdus, faisant de nous des orphelins depuis le bas âge. Chers parents, tout enfant a besoin de chaleur maternelle et paternelle, de compassion, de soutien moral mais nous, à cause du VIH, nous avons été privés de tout cela. Naitre avec le VIH n’a pas été un choix, ce lourd fardeau, nous le savons puisque nous sommes confrontés à la stigmatisation, la discrimination et le jugement de la société. La lourdeur du traitement, le découragement, la tristesse, le poids du secret font que nous avons souvent envie d’abandonner.

Vous imaginez ! Nous portons le VIH depuis notre tendre enfance, nous avons grandi avec, il nous a submergé dans chaque étape de notre vie. L’adolescence qui est la période où l’homme pose les fondations de son identité, nous l’avons traversée avec un esprit de victime, de faiblesse, de manque d’estime et de lamentations. Nous nous posons des questions. Qui sommes-nous et pourquoi nous ? Ces questions sans réponses ne cessent de nous hanter et nous poussent dans nos plus profonds retranchements. Aujourd’hui, à notre âge, elles sont liées à la gestion de notre sérologie, au partage du statut et à notre envie de fonder une famille. Vous pensez comprendre ce que nous vivons mais la réalité est un peu plus différente. Il faudra porter nos sandales de père et de mères du VIH pour le savoir. Nos sandales d’enfants où on nous submergeait déjà de produits sans que nous sachions exactement les raisons.

Nos sandales d’adultes où nous aspirons à une réussite professionnelle, à fonder une famille et à vivre heureux, mais nous avons peur. Toutes les étapes de nos vies sont déviées de leur cours normal à cause du VIH. Je suis devant vous en tant que représentante d’adolescents et de jeunes adultes infectés et affectés par le VIH avec le message que m’ont confié mes pairs. Ils me chargent de vous dire qu’ils existent. Ils ne sont pas simplement des codes ou des chiffres qu’on attribue à des dossiers. Ils sont des êtres humains avec des droits. Ils sont fatigués de se cacher comme s’ils avaient commis un crime. Ils sont fatigués d’avoir peur, ils ont besoin d’un regard et d’une attention particulière. Chers parents, le VIH, nous ne l’avons pas invité dans nos vies, il s’y est installé tout seul faisant de nous ses hôtes.

Jusqu’à quand devons-nous souffrir, porter ce lourd fardeau, nous inquiéter de notre lendemain ? Si être infecté n’est pas notre choix, alors il serait temps qu’ensemble nous ayons un nouveau regard sur les enfants et adolescents infectés et affectés par le VIH qui ont besoin d’être à l’abri et protégés. Cela doit se faire avec nous, car personne d’autres n’est mieux placé que nous pour dire ce qui ne va pas et comment améliorer. Il s’agira comme action, de lever les dispositions discriminatoires qui pourraient empêcher l’accès à certains types d’emplois, d’accentuer l’appui à la formation au profit des jeunes infectés par le VIH, de renforcer la prise en charge médicale en accélérant l’application du décret portant gratuité des examens de suivi biologiques, de renforcer les capacités des acteurs de la chaine de prise en charge médicale pour une meilleure préparation de la transition dans les soins entre le fil actif pédiatrique et adulte ».

D.W.N

Candidature pour la direction générale de l’ASECNA : le Tchad sollicite le soutien du Burkina

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré a accordé une audience ce matin, à une délégation tchadienne conduite par le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, Mahamat Assouyouti Abakar. Le Tchad est candidat pour la direction générale de l’Agence pour la Sécurité et la Navigation aérienne en Afrique (ASECNA).

Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, Mahamat Assouyouti ABAKAR a donc indiqué être venu solliciter le soutien du Burkina Faso à la candidature du Tchad au poste de directeur général de l’ASECNA. Pour M. Abakar, « la candidature du Tchad à l’ASECNA, c’est avant tout une candidature pour la région du Sahel. Je tiens à remercier le Président pour son soutien sans équivoque ».

Mahamat Assouyouti Abakar a également transmis au Chef de l’Etat le message de fraternité et d’amitié du président tchadien. « Le Tchad a toujours été aux côtés du peuple burkinabè dans la poursuite de cette aspiration légitime du peuple burkinabè pour le développement économique et social », a t-il indiqué.

Les relations bilatérales ont aussi été évoquées au cours des échanges entre le Capitaine Ibrahim Traoré et la délégation tchadienne. Mahamat Assouyouti ABAKAR a rassuré que les relations entre le Burkina Faso et le Tchad sont séculaires et au beau fixe.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Vente de terres à Pô: Plusieurs médiations au milieu des incompréhensions et des accusations

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A Pô, chef-lieu de la province du Nahouri, la famille Gomgnimbou qui comprend trois composantes (les « Kolo »,les « Kanzono » et les « Mora »), est propriétaire terrien. Le patriarche de la composante « Kanzono » et ses deux neveux, Marc Salazar et Claude, sont à couteaux tirés, sur fond d’accusations de vente illégale de terre. Malgré les médiations de l’ancien Président de la délégation spéciale (PDS), du chef coutumier et du responsable de la radio communautaire Goulou de Pô, les incompréhensions demeurent, les accusations aussi.

Plus rien ne va entre le patriarche de la composante « Kanzono », Michel Adoubé Gomgnimbou de la grande famille Gomgnimbou de Pô et ses deux neveux, Marc Salazar et Claude Gomgnimbou. Et pour cause, le patriarche et ses deux neveux s’accusent mutuellement de la vente illégale des terres familiales. Pour Marc Salazar
Gomgnimbou, le problème avec son oncle (frère cadet de son père) remonte à cinq ou six ans avec le bornage des terrains sur leurs terres aux secteurs 6 et 7 de la ville, ainsi que dans le village de Katchéli. Il a indiqué que celui-ci fait de la vente de terre son fonds de
commerce.

« Nous lui avons dit d’arrêter la vente des terres, en vain. Dès qu’il a une opportunité, il n’hésite pas à le faire. Etant l’aîné de la famille, nous avons cru qu’il mettra fin aux ventes, jusqu’à ce que l’affaire de lotissement soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase », a souligné Marc Salazar Gomgnimbou. Pour sa part, l’oncle Michel Adoubé Gomgnimbou, a signifié que l’objectif des opérations de lotissement est d’empêcher ses deux neveux de mettre en œuvre leur stratégie de conservation et de vente des terres à des particuliers.

« Nous avons compris que si nous les laissons faire, à la longue, nous n’aurons plus de terre », a insisté Michel Gomgnimbou. A ce sujet, Marc Salazar Gomgnimbou a déclaré que chez eux, on ne vend pas la terre, mais on peut la prêter pour une exploitation agricole ou pour y bâtir un logement en respectant la tradition qui consiste à prendre avec l’intéressé 4 poulets, du tabac et une daba. Partant de ce principe, il dit avoir cédé des terres en sa qualité de chef de terre à plusieurs personnes. Quant à son frère Claude Gomgnimbou, il a également admis avoir cédé la terre à plusieurs personnes en tenant compte de la tradition.

« J’ai donné 4 hectares au secteur 7 à quelqu’un pour la réalisation d’un projet agro￾sylvo-pastoral. Ce dernier a borné la superficie et a fait établir tous les documents.
J’ai pris soin d’informer la famille. Je précise que je n’ai pas pris de l’argent avec la personne », a-t-il renseigné. De son côté, leur oncle a avoué avoir « installé » une
vingtaine de personnes en respectant la tradition. « En retour, quand la personne
installée est satisfaite, elle me donne juste du carburant à hauteur de 10 000 F CFA
pour couvrir mes frais de déplacement », a justifié Michel Adoubé Gomgnimbou.

Faire preuve de maturité

Marc Salazar Gomgnimbou a laissé entendre qu’il est inconcevable que son oncle soit propriétaire terrien et employé d’une agence immobilière sur ses propres terres.

C’est dans ce branlebas de mécontentements et d’accusations réciproques,
que les neveux ont adressé une correspondance à l’ancien Président de la
délégation spéciale (PDS) de Pô, avec ampliation au haut￾commissaire du Nahouri, au
directeur régional en charge de l’urbanisme du Centre-Sud et aux agences immobilières concernées, pour demander l’arrêt des opérations de lotissement sur ces terres. Le préfet et PDS de Pô de l’époque, Valérie Bama, a affirmé que lorsqu’il a été sollicité, il a
tenté de mener une médiation. Il a indiqué que sa mission a consisté à inviter les protagonistes à faire preuve de maturité et à éviter d’autres conflits au pays qui pourraient mettre à mal la paix et la cohésion sociale à Pô et particulièrement au sein de la famille
Gomgnimbou.

« Chaque partie doit faire preuve de maturité et  accepter de dialoguer pour
trouver une solution au problème. Avec les discussions, ils pourront
s’entendre sur le minimum. Nous sommes convaincus de cette démarche et nous
les encourageons à aller dans ce sens », a souhaité l’ancien PDS de Pô. Durant
tout le long de sa médiation, M. Bama dit avoir rendu compte à sa hiérarchie. Il
dit avoir aussi décidé de la suspension de toutes les activités d’aménagement
sur le terrain par les promoteurs immobiliers, le temps de résoudre le problème afin de pouvoir poursuivre dans la sérénité.

« Pas de coup d’Etat dans nos coutumes »

Marc Salazar et Claude Gomgnimbou ont aussi sollicité le chef coutumier
de Pô, le Pôpê pour interpeller leur oncle. Selon eux, leurs démarches ont
été infructueuses. De son côté, le chef coutumier de
Pô, le Pôpê dit avoir invité les deux neveux à respecter la tradition en mettant fin à
leur différend avec le patriarche qui, selon lui, est la personne habilitée en tant que le plus ancien de la famille, à avoir le dernier mot sur les décisions concernant les terres
familiales. Il dit avoir aussi invité tous les membres de la famille Gomgnimbou
résidant à Pô et ailleurs, à se respecter et à respecter la famille en restant
disciplinés et en respectant la hiérarchie.

Le chef de la composante « Kanzono », Michel Adoubé Gomgnimbou dit être dans ses droits pour autoriser des opérations de lotissement.

« Qu’ils se contentent de se respecter parce que chez nous, il n’y pas de coup d’Etat. Chez nous, on ne remplace pas un notable de son vivant. C’est après sa mort qu’on le remplace. Tant qu’il est vivant, il est à son poste.Que les membres de la famille Gomgnimbou le sache. Il n’y a pas de coup d’Etat dans nos familles coutumières », a averti le chef coutumier de Pô. Le Pôpê a également relevé que le chef de terre n’est pas « n’importe qui », parce qu’il s’occupe d’un biencommun. « La terre est un bien commun à tout le village. La terre n’appartient pas à une famille encore moins à un individu », a-t-il renchéri.

Le chef coutumier dit être intervenu dans le différend, non pas dans le cadre de la contestation de Marc Salazar et Claude Gomgnimbou, mais plutôt dans la dynamique de faire respecter la hiérarchie traditionnelle et coutumière. « Je suis intervenu pour leur faire comprendre que même dans la coutume, on a besoin de discipline et de respect. Michel Gomgnimbou est chef de terre aujourd’hui parce que son père est décédé et il lui a succédé. (…). Quand il vient me consulter pour avoir mon avis sur des sujets, s’il n’y a rien à redire, je dis ok », a décrit le Pôpê.

L’homme de média, neveu et cousin médiateur

Outre le PDS et le Popê, le directeur de la radio communautaire Goulou de Pô, Donald Tagnabou a également joué un rôle de facilitateur dans ce conflit foncier. M. Tagnabou est le cousin de Claude Gomgnimbou et le neveu de Michel Adoubé Gomgnimbou. Ce dernier, a
expliqué M. Tagnabou, a été le premier à venir faire passer un communiqué à la radio pour le compte de la société immobilière ZOTIMSON dont il est le représentant à Pô.
Donald Tagnabou dit avoir profité du passage de son oncle à la radio pour lui
donner des conseils en l’invitant surtout à apaiser la tension avec ses neveux.

A écouter le chef coutumier de Pô, le Pôpê, c’est une situation qui ne devrait pas arriver parce que dans la coutume, il n’y a pas deux ou trois chefs de terre, mais un seul.

Quelques jours plus tard, indique Donald Tagnabou,
c’est son cousin Claude Gomgnimbou qui est venu à la radio avec un
communiqué « belliqueux » pour diffusion. « Il était très en colère et remonté contre
son oncle Michel Aboubé Gomgnimbou », a-t-il affirmé. M. Tagnabou lui a suggéré de garder son calme, de dépassionner les choses et de revoir le contenu de son
communiqué.

Après une semaine d’attente, Claude Gomgnimbou est revenu avec un autre communiqué « moins belliqueux » qui a finalement été diffusé. En sa qualité d’homme de média, de neveu et de cousin, Donald Tagnabou a opté pour la facilitation entre les protagonistes afin d’éviter d’envenimer la situation. Il a précisé que la radio est un outil de communication très puissant donc qu’il ne peut pas l’utiliser pour valoriser une partie et dénigrer l’autre.

Les médiations successives de l’administration, de la chefferie coutumière et de la radio Goulou de Pô, n’ont pas permis de mettre fin aux incompréhensions et aux accusations entre les uns et les autres. Pire, ce problème de vente de terre a montré les divergences
des trois composantes que sont les « Kolo », les « Kanzono » et les « Mora » sur
l’organisation sociale de leur grande famille Gomgnimbou :
chaque composante accuse les autres de ne pas jouer le rôle qui
leur est dévolu par la tradition. Il serait souhaitable que les membres de la grande famille
Gomgnimbou s’accordent sur l’essentiel en vue de préserver
la cohésion familiale.

Souaibou NOMBRE
snombre29@yahoo.fr