Dette de l’Afrique: Une hausse de 374 % en deux décennies
Le Forum et réseau africain sur la dette et le développement (AFRODAD), en partenariat avec l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), a organisé, la IVe édition de l’initiative médiatique d’AFRODAD (AFROMEDI IV), du 19 au 21 mars 2024 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Environ 60 journalistes d’une trentaine de pays africains ont pris part à cette rencontre placée sur le thème : « Responsabiliser les médias pour une campagne efficace sur la dette africaine ».
La dette de l’Afrique est passée de 238 milliards de dollars américains au début des années 2000 à 1 130 milliards de dollars, soit une augmentation de 374,8 % en l’espace de deux décennies. Sur la période 2019-2023, cet endettement a atteint 86 % du PIB en Egypte, 198 % du PIB du Soudan, 83 % pour la Tunisie, 70 % pour le Maroc et plus de 100 % du PIB de la RDC, de la Zambie et du Mozambique, a fait savoir l’analyste politique et chargé de plaidoyer-gestion de la dette souveraine à AFRODAD, Shem Joshua. La soutenabilité de cet accroissement continue de la dette africaine et son impact sur le développement du continent étaient au centre de la IVe édition de l’Initiative médiatique d’AFRODAD (AFROMEDI IV), tenue, du 19 au 21 mars 2024 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Organisé par le Forum et réseau africain sur la dette et le développement (AFRODAD), en partenariat avec l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), cette rencontre, placée sur le thème : « Responsabiliser les médias pour une campagne efficace sur la dette africaine », a connu la participation d’environ 60 journalistes d’une trentaine de pays africains. Il s’agit, entre autres, de l’Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Tchad, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar.

Selon la responsable des campagnes et de la communication d’AFRODAD, Fidélité Nshimiyimana, cet atelier vise à outiller les journalistes afin qu’ils puissent jouer leur rôle d’agents de changement à travers l’interpellation des décideurs et la conscientisation des populations pour un endettement responsable et efficient au service d’un développement durable et inclusif du continent africain.
Pour ce faire, au cours de ces trois jours de travaux, les professionnels de l’information ont eu droit à des communications suivies d’échanges enrichissants sur la gestion durable de la dette, ses fondements juridiques complexes, les Droits de tirage spéciaux (DTS), l’humanisation des reportages sur la dette publique africaine, le traitement de l’information liée à la transparence et aux flux financiers illicites.
Explorer des politiques alternatives

Ils se sont également familiarisés avec la Charte africaine de l’emprunt, la campagne sur la dette africaine « arrêter l’hémorragie », la déclaration de Hararé, l’accès et la compréhension des données cruciales sur la dette, les alternatives à la dette croissante du continent africain. Pour Shem Joshua, l’Afrique a les ressources et les compétences pour prendre en charge le financement de son développement. Il est donc temps qu’elle explore des politiques alternatives afin de de briser les chaînes de la dette qui entravent sa marche vers la prospérité.
Le président du l’UNJCI, Jean-Claude Coulibaly, s’est réjoui de la tenue en Côte d’Ivoire de cette rencontre sur la dette qui participe au renforcement des capacités des journalistes africains, à leur spécialisation. Il a appelé ses confrères à plus de créativité pour contourner les contraintes liées à l’accès aux données sur la dette et à demeurer professionnels dans le traitement de l’information sur ce sujet sensible, qui suscite des passions.

Pour la représentante du ministre ivoirien de la communication, Agnès Kraidy, il n’y a pas de développement sans dette, mais le plus important est de s’assurer que cet endettement permet aux pays africains d’amorcer leur développement. Elle a salué cette initiative d’AFRODAD qui contribue à la capacitation des journalistes. Selon Mme Kraidy, la prise de conscience des enjeux liés à la dette par les journalistes est salutaire. Elle va permettre à l’Afrique de bâtir ses propres narratifs sur sa dette, son développement. Elle a appelé les médias à dédramatiser la dette.

Après ces 72 heures de partages d’expériences, les journalistes ont dit être disposés à jouer leur partition à travers des productions impactantes sur la dette africaine. « La dette publique est une notion complexe aux implications considérables. Mais grâce aux différentes présentations durant ces trois jours, j’ai retenu qu’il est important que les journalistes comprennent toujours les termes, les conditions et les conséquences potentielles des accords de prêts conclus par les gouvernements. Et si les journalistes africains travaillent en collaboration, nous pouvons contribuer à garantir que la dette publique soit gérée d’une manière qui profite à nos populations et favorise le développement durable », a confié la journaliste à la radio-télévision camerounaise, Rita Yuosembom.
Mahamadi SEBOGO
(Depuis Abidjan, RCI)
Forum de Boao pour l’Asie 2024 : solidarité autour des défis communs
(Note de l’éditeur : Cet article reflète le point de vue de l’auteur Karim Badolo et pas nécessairement celui de CGTN.)
Le Forum de Boao pour l’Asie (FBA) 2024 aura lieu du 26 au 29 mars dans la ville de Boao, à Hainan, la province méridionale de Chine. « L’Asie et le monde : défis communs, responsabilités partagées » est le thème autour duquel échangeront les dirigeants de l’Asie et d’autres parties de la planète. Les discussions vont être articulées sur des points majeurs comme l’« économie mondiale », l’« innovation technologique », le « développement social » et la « coopération internationale ». Un programme riche et variée se concentre sur les préoccupations communes et d’ordre mondial.
En considérant le thème de cette année, l’on voit bien que le FBA demeure attaché à son principe fondateur, à savoir fédérer les énergies positives pour le développement de l’Asie et du monde. Dans un monde où les intérêts sont de plus en plus imbriqués, il sied d’avoir une approche globale face aux défis communs qui demeurent le développement, la croissance économique, le changement climatique, la recherche de la paix dans un monde instable. C’est en coopérant de manière étroite et dans une compréhension mutuelle que les questions préoccupantes qui concernent tout le monde pourront avoir un début de solutions. Et le FBA entend, sous le leadership de la Chine, concrétiser cet idéal de rassemblement et de solidarité.
Il faut le souligner, l’Asie joue un rôle prépondérant dans la croissance mondiale. Selon les estimations de The Economist Intelligence Unit Limited, l’Asie devrait représenter 60 % de la croissance du PIB mondial en 2024, un taux supérieur à la moyenne d’avant la pandémie. En dépit des risques géopolitiques, cette partie du monde restera la principale région pour les opportunités de croissance dans l’économie mondiale. Quoi de plus normal pour le FBA de servir de laboratoire de réflexions et de cadre de mobilisation de toutes les initiatives à l’échelle de la planète qui participent à une meilleure intégration des économies.
En matière d’innovation technologique et scientifique, l’Asie se distingue également par un dynamisme constant avec en tête la Chine qui a fait de l’innovation un pilier central de sa modernisation. À l’heure où l’intelligence artificielle connaît une expansion sans commune mesure et bouleverse les modèles traditionnels de développement, il importe de féconder des idées novatrices pour son appropriation conséquente. En convoquant l’innovation technologique dans cette conférence annuelle, il est aussi question d’accroître les opportunités dans la diversification des chaînes de valeur mondiales, incontournables dans la transformation des économies.
Comment l’Asie et le monde pourraient-ils mieux appréhender et assumer leurs responsabilités face aux défis communs ? C’est en pensant comme un et en agissant ensemble que cela est possible. D’où la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération entre l’Asie et le monde. Bien sûr, il y a lieu de renforcer la participation effective de toutes les voix à la construction d’un monde de paix résolument tourné vers les objectifs d’un développement harmonieux. La solidarité de toutes les parties est donc indispensable pour non seulement renforcer les liens mais aussi pour dessiner les perspectives d’une coopération inclusive, multipolaire et soucieuse des intérêts communs.
Le Forum de Boao s’évertue au fil des ans dans cette dynamique de créer des passerelles d’une cohabitation fructueuse entre l’Asie et le reste du monde. Le rendez-vous de 2024 ouvrira à coup sûr de nouvelles pistes pour une meilleure intégration économique et une appropriation efficiente des innovations technologiques et scientifiques à l’échelle de la planète, surtout en faveur du Sud global où se concentre la majeure partie des pays en développement.
Mis en place dans les années 2000 et basé en Chine, le FBA est une organisation internationale lancée conjointement par 29 États membres. Chaque année est organisée sa conférence annuelle à Boao autour d’un thème central, dans l’île de Hainan où en plus des pays asiatiques, d’autres nations du monde et institutions internationales sont conviées pour discuter des problématiques de développement et d’intégration économique.
Source : CGTN Français
(Photo : VCG)
Salam du Ramadan /Thème central : Les relations interpersonnelles : les relations fraternelles, la fraternité biologique
Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux.
Louanges à Allah qui a rendu sacré le lien de sang et a enjoint l’homme à le
respecter. Que Sa paix et Ses bénédictions soient en abondance sur le Messager de miséricorde, envoyé à l’univers comme tel et sur l’ensemble des croyants de tous les temps. Dans le cadre de cette chronique, nous appréhenderons la fraternité biologique
non dans une dynamique restrictive des liens qui lient des frères et sœurs de mêmes géniteurs mais plutôt dans sa dimension globale des liens qui lient les membres d’une famille. Il s’agit, ici, des liens de sang. Aujourd’hui, le constat semble amer à l’analyse de la fraternité biologique par rapport à ce qu’elle devrait être. Dans nos réalités traditionnelles, les membres d’une même famille étaient éduqués et initiés à la conscience de la responsabilité collective familiale. Ta vie n’avait de sens que parce que tu avais une utilité à l’égard des autres aussi du groupe.
A l’extérieur, par tes actes, tu n’engageais pas que ta responsabilité individuelle
mais, également, celle des autres. Les enfants mangeaient, jouaient, allaient à
l’école ensemble. Le soir, très souvent, autour du patriarche, ils étaient regroupés à écouter les histoires de la famille, du village, du clan, des histoires de la vie afin de devenir des hommes et des femmes de demain, utiles à eux et à aux autres. Aujourd’hui, le modèle de
développement, de vie a transfiguré la famille telle qu’elle était. Les mutations sont profondes. Le lien intime et fort d’antan a été remplacé par une sorte de
concurrence, la collectivité par l’individualisme, l’amour par la jalousie,
la sincérité par l’hypocrisie.
Dans beaucoup de cas, les frères ne sont frères
que par le sang qui les lie. Ils ne demeurent ensemble que parce que le
père est toujours de ce monde. Il suft de sa maladie annonçant sa mort
prochaine et chacun commence à se déchainer par la question de l’héritage.
Combien, dans le meilleur des cas, se sont trainés en justice pour cette
question et dans le pire des cas, se sont entretués ? Chacun préfère, surtout dans
les villes, se prélasser dans son petit confort avec sa petite famille dans l’ignorance totale des autres membres de la famille. Ils ne se rencontrent que lors des grands évènements familiaux et sans leurs enfants par souci de leur protection de la méchanceté ou de la
sorcellerie des autres. La famille n’est plus, comme avant, source de sécurité.
Elle est devenue l’objet de toutes les méfiances. Ce qui contribue à déchirer
davantage le tissu familial. Au-delà de ce constat, le musulman est interrogé dans sa foi intime vis-à-vis de Dieu et dans sa relation horizontale avec ceux qu’il n’a
pas choisi, ceux qui s’imposent à lui comme partie intégrante de sa vie. En
réalité, c’est de cela dont il est question. Pourquoi suis-je né dans telle famille et
pas dans telle autre ? Dans tous les cas et quelle que soit la
situation, « craignez de rompre les liens du sang.
Certes, Allah vous observe parfaitement » (S04 V01) nous prévient le tout Sachant Allah, qui a fait de l’afermissement de tels liens, un devoir pour le musulman. Il a catégorisé la rupture des liens de parenté parmi les lourds péchés en Islam. C’est une voie par laquelle, le contrevenant s’attire la malédiction de Son Seigneur et sans un repentir sincère elle peut conduire en Enfer. Il dit, en efet, « ceux qui violent leur pacte avec Allah après l’avoir engagé, et rompent ce qu’Allah a commandé d’unir et commettent le désordre sur terre, auront la malédiction et la mauvaise demeure » (S13 V25).
Pour mettre en exergue la tortuosité de cette voie de rupture des liens du sang,
lisons cette parole d’Allah : « Si vous vous détournez, ne risquez-vous pas de semer la corruption sur terre et de rompre vos liens de parenté ? Ce sont ceux-là
qu’Allah a maudits, a rendus sourds et a rendu leurs yeux aveugles » (S47 V22-
23). Il ne saurait en être autrement puisque celui qui agit ainsi est comparable a celui qui ne croit pas véritablement en Allah et n’est pas conscient qu’il rendre compte le jour
dernier, devant Lui, de ses actes. « Celui qui croit en Allah et au jour dernier, qu’il maintienne les liens de sang », nous dit le Prophète. Il nous informe, en plus,
que les acte de celui qui adopte une telle posture ne sont pas dignes d’être agréés par Allah et cela, conformément à sa parole : « Les actes des humains sont exposés à Allah chaque jeudi soir et les actes de celui qui rompt ses liens de sang
ne sont pas agréés ».
C’est pourquoi, le Prophète nous informe clairement que :
« Ne rentre pas au Paradis, celui qui rompt les liens de parenté ». En outre,
nous devons, tous, savoir qu’Allah est avec celui qui est en harmonie avec les
autres. Pour le musulman, l’enfer ne saurait être les autres. Ils sont les
moyens par lesquels il peut avoir l’agrément de son Seigneur, si, avec eux,
il agit convenablement, s’il résiste face aux épreuves qui émanent d’eux sans
rendre la pareille.
Allah est avec Son serviteur tant qu’il est en bons termes avec ses frères et sœurs. La sacralité des liens du sang réside, aussi, dans le fait qu’ils sont protégés par leur Créateur. Le Prophète nous enseigne « Après qu’Allah, le Très-Haut, a fini de créer les créatures, les liens familiaux se sont levés et ont dit : « ceci est le rang de ceux qui cherchent la protection d’Allah contre la rupture des relations familiales ».
Allah leur répond : « oui », et leur dit : « voulez-vous que Je tienne à celui qui
tient à vous et rompe avec celui qui rompt avec vous ? » Elles répondirent : « oui ». Allah leur dit : « Je vous l’accorde ». L’entretien et le maintien des liens de sang nécessitent que l’on aille, souvent, au-delà de notre amour propre, que l’on aille puiser dans la profondeur du puits de l’humilité et de la modestie. Il pourrait exister mille et une raisons, du fait des agissements des autre membres, pour que tu t’isoles. Mais il suft de penser à sa foi pour trouver la force d’aller de l’avant.
Pour connaitre, vraiment, celui qui consolide les liens de sang, le Prophète nous dit : « Il ne fait pas partie de ceux qui afermissent les liens de sang celui qui agit par compensation, mais celui qui rétablit ses liens de sang à chaque fois qu’ils sont rompus ». Il est assez intéressant de souligner parce qu’il y en a qui saluent que parce qu’ils sont salués, ils ne visitent que parce qu’ils sont visités, ils ne donnent que parce qu’ils en ont reçu, ils n’assistent que parce qu’ils avaient, une fois, été assistés.
Il s’agit de prendre l’initiative en premier, de visiter celui qui rompt avec
nous, de téléphoner pour avoir des nouvelles malgré le silence et la distance de l’autre, d’assister moralement et matériellement en cas de difculté, de partager les moments de joie, d’aller faire preuve sincérité dans le conseil qu’on donne. Il s’agit de renouer avec celui qui abandonne. Un homme avait dit au Prophète : « J’ai des proches qui rompent les liens de sang qui nous unissent à chaque fois que je tente de les rétablir, qui me font du mal à chaque fois que j’essaie de leur faire du bien, qui m’ignorent pendant que je pense à eux ».
Le Prophète lui dit : « Si ce que tu dis est vrai, c’est comme s’ils se brûlaient avec des braises. Et tant que tu continueras ainsi, Allah t’apportera aide et assistance ». L’entretien des liens de sang présente beaucoup d’avantages parmi lesquels nous retenons, pour icibas, cette parole du Prophète : « Quiconque veut avoir beaucoup de richesses et une longue vie doit consolider les liens familiaux ». En plus, la bonne action comme l’aumône est davantage aimée d’Allah lorsqu’elle est en faveur des proches.
Seigneur Allah, fais-nous vivre la plénitude de la fraternité comme Tu l’a instituée.
N B :La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.
Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI
Election présidentielle au Sénégal : les Sénégalais au Burkina ont voté dans le calme
Le Sénégal a organisé, hier dimanche 24 mars 2024, son élection présidentielle en vue de la succession du Président sortant, Macky Sall, dont le mandat s’achève, le 2 avril prochain. A l’instar de leurs compatriotes du monde entier, les Sénégalais vivants au Burkina ont accompli leur devoir civique, à Ouagadougou, sans incidents majeur.
Après, les soubresauts socio-politiques que leur pays a traversé, les Sénégalais ont été appelés aux urnes, hier dimanche 24 mars 2024, pour élire leur nouveau président pour la succession du président, Macky Sall. Ceux vivant au Burkina n’ont pas dérogé à la règle. Ils se sont mobilisés pour accomplir leur droit civique, à l’Ecole primaire publique de Kamsoaghin A de Ouagadougou, lieu choisi pour le déroulement du vote. Il était 9 heures passé de quelques minutes, lorsque nous arrivions sur les lieux.
La mobilisation était perceptible dans les trois bureaux de vote à Ouagadougou, en présence de certains observateurs et des éléments de sécurité. En couple, individuellement ou par petits groupes, les Sénégalais établis au pays des Hommes intègres se sont succédé aux urnes pour choisir leur nouveau président. « Pour l’instant, depuis l’ouverture des bureaux de vote, tout se passe assez bien. Nous n’avons pas encore rencontré d’incidents majeurs et les gens viennent petit à petit », a confié le président du bureau de vote n°3, Daouda Dieng.
Cette impression est partagée par le représentant du Parti de l’unité et du Rassemblement (PUR), Abdoulaye Diop. En effet, a-t-il dit, le processus se déroule bien souhaitant que d’ici à la fermeture des bureaux de vote, l’ensemble des inscrits sur les listes électorales puisse, chacun, accomplir son droit de vote afin « d’amener le changement » à la tête de la magistrature suprême de l’Etat sénégalais. « C’est un soulagement pour nous sénégalais de pouvoir voter.
Aujourd’hui, après les événements que le pays a traversé », s’est-il réjoui. C’est la même fierté qu’a exprimée, Abass Diop, à la suite de l’accomplissement de son vote. « Je suis très fier d’avoir voté et j’invite tous ceux qui voteront de faire le bon choix pour le changement », a fait savoir M. Diop. Pour Alioune Kane, citoyens sénégalais établit au pays des Hommes intègres depuis plus de deux ans, après avoir glissé son bulletin dans l’urne, a signifié que la tenue de cette élection matérialise la maturité du peuple sénégalais et de sa démocratie lorsqu’il se réfère aux turbulences que son pays a traversé avant cette journée électorale.
« Je souhaite que le meilleur gagne pour le renforcement de notre démocratie », a laissé enten-dre Alioune Kane. Dans l’ensemble, les citoyens de la Terenga qui ont pu exprimer leur choix ont traduit leur satisfaction pour le bon déroulement du scrutin et des défis qui ont été relevés par le peuple sénégalais. « Nous sommes satisfaits d’avoir voté dans la paix, dans la tranquillité et la sérénité.
Mon vœu est qu’au soir de cette journée, on puisse féliciter le vainqueur de cette élection », a laissé entendre Ousmane Niang, citoyens sénégalais. Pour cette élection présidentielle, ils sont 1 576 sénégalais à être inscrits sur la liste électorale au Burkina. Ils devront choisir leur nouveau président parmi les 20 candidats dont Amadou Ba, représentant de la coalition au pouvoir et soutenu par le président Macky Sall, ainsi que Bassirou Diomaye Faye, issue de l’ex-parti Pastef de l’opposant, Ousmane Sonko.
Soumaïla BONKOUNGOU
Centre national d’entraînement commando: une soixantaine de « mono-commandos » qualifiés
Le Centre national d’entraînement commando (CNEC) a organisé une cérémonie de fin de stage de qualification aux techniques commandos des instructeurs, moniteurs et aides-moniteurs, le jeudi 21 mars 2024 dans la garnison de Pô, région du Centre-Sud.
La filière commando s’enrichit au fil des ans. Avec la renaissance du Centre national d’entraînement commando (CNEC), la famille des commandos a de beaux jours devant elle. En effet, le jeudi 21 mars dernier, le CNEC a qualifié une soixantaine de stagiaires tous spécialisés aux techniques commandos des instructeurs, moniteurs et aides-moniteurs.
Selon le capitaine Patrick Bado, commandant du CNEC, sur 70 inscrits au départ, ils sont 60 stagiaires à terminer le parcours, soit un taux de succès de 85,71%. « C’est avec humilité et assurance que nous déclarons que ces commandos sont qualifiés, bien outillés en connaissances nécessaires pour assumer et assurer les tâches attendues des instructeurs », a fait savoir le patron du CNEC.
Selon lui, le stage de qualification répond au besoin d’avoir un personnel d’élite, compétent et qualifié pour instruire les techniques commandos aux autres entités des forces de défense et de sécurité d’une part, et d’autre part de disposer d’un réservoir de personnel aguerri et apte pour les actions audacieuses. S’adressant aux stagiaires sortants, le capitaine commandant du CNEC d’insister que : « désormais pour vous, tout ce qui doit être fait, doit l’être avec vigueur, énergie, avec entrain et conviction».
La formation comme l’a expliqué le commandement du CNEC a duré deux mois. Et le stage s’est effectué en deux phases dont la première, très intense physiquement et moralement, fait appel aux nerfs, muscles et au moral qui sont mis à rude épreuve. En réalité, cette phase visait à approfondir l’aguerrissement des futurs commandos pour faire face à toutes les difficultés potentielles du champ de bataille, selon les explications du capitaine Bado.
La deuxième phase, quant à elle, a consisté à repartir les stagiaires en trois groupes. Les stagiaires suivant les besoins du centre dans les disciplines commandos dans le but d’affiner leurs connaissances et leurs capacités suivant des méthodes pédagogiques. Pour le Chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT), le colonel Théophile Nikièma qui a présidé la cérémonie, le mérite du CNEC est à saluer. Selon lui, la relève est désormais assurée au grand bonheur des armées et de la lutte anti-terroriste. « Les aides-moniteurs qui ont été formés sont des piliers de la chaîne de formation des unités d’élite de cette armée. Mais aussi ceux qui participent à l’aguerrissement de nos hommes sur le terrain », a indiqué le CEMAT.
Honneur aux anciens commandos

des impétrants, a indiqué que le CNEC est stratégique dans le dispositif martial national
Tout comme les autorités militaires qui attachent du prix au CNEC, la gouverneure de la région du Centre-Sud, Yvette Nacoulma, a insisté sur le rôle important que joue ce centre d’excellence militaire dont la participation à la lutte contre le terrorisme au Burkina n’est plus à démontrer. « Nous sommes dans une coordination pour la sécurisation de notre région et le CNEC participe à tout ce qu’il y a comme action déroulée dans ce sens », a-t-elle affirmé. A cette cérémonie de fin de stage, les invités spéciaux étaient les anciens du CNEC. Ils ont manifesté leur satisfecit et leur soutien aux initiatives du « CNEC ressuscité ». En leur honneur, une statue du buste du capitaine-président, Thomas Sankara, premier commandant du CNEC, a été réalisée à l’entrée du centre.
Aussi, une salle des traditions du CNEC a été inaugurée et porte le nom de l’adjudant-chef major, Sansan Albert Kevin Kambou, ancien commando du CNEC. Le capitaine Thomas Sankara est le premier chef de corps du CNEC. C’est lui qui a donné le nom CNEC. Pour les anciens du CNEC, le centre renaît enfin de ses cendres. « C’est d’abord une fierté pour nous et c’est un hommage mérité au capitaine Thomas Sankara qui s’est beaucoup investi pour rendre l’armée plus opérationnelle, à travers son combat dans le cadre de la formation des hommes particulièrement », a confié l’adjudant-chef à la retraite, Abdrahamane Zeytenga, ancien élément du CNEC sous le capitaine Thomas Sankara. Selon le lieutenant Mahamadou Sow, ancien pensionnaire du CNEC et aujourd’hui instructeur à l’Académie militaire Georges-Namoano de Pô, la place du commando est impérative dans le dispositif militaire.
Wanlé Gérard COULIBALY
Reconnaissance aux anciens commandos
Les anciens militaires du CNEC ont été conviés à cette cérémonie. Il s’agit des tout premiers commandos du Burkina. Tous à la retraite actuellement, certains ont travaillé avec le capitaine Thomas Sankara, premier chef de corps du CNEC. Ainsi, les anciens pensionnaires du CNEC de Pô ont assisté à la découverte du buste du capitaine Thomas Sankara dans l’enceinte de ladite caserne. Toujours en marge de cette activité, la salle des traditions du CNEC a été inaugurée. Elle porte le nom de l’adjudant-chef Sansan Albert Kevin Kambou.
Désormais à l’entrée du camp Thomas-Sankara, c’est le buste du capitaine-président Thomas Sankara qui accueille toute personne qui y mettra les pieds. Ce monument du père de la Révolution d’août 1983 a été inauguré par le CEMAT, le colonel Théophile Nikièma, accompagné de la gouverneure de la région du Centre-Sud, Yvette Nacoulma, en marge de la cérémonie de fin de qualification aux techniques commandos des instructeurs, moniteurs et aides-moniteurs. La statue relate l’histoire de Thomas
Sankara et fait 8,3 mètres (à la base) comme 83 dans 1983 (son arrivée au pouvoir), de 8,7 mètres de haut comme 87 dans 1987 (départ du pouvoir) et 4 mètres de haut du buste en lui-même, comme sa durée au pouvoir.
W.G.C
Technologies de l’information et de la communication : Huawei annonce la formation de 5000 jeunes au Burkina Faso
Le Président de la Transition, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a reçu en audience, ce vendredi en fin de matinée, le Directeur général de Huawei Burkina, Christophe Liu. Il a fait, au chef de l’Etat, le point de la mise en œuvre des projets initiés avec le gouvernement.
« Nous sommes venus saluer le chef de l’Etat et lui faire le point des différents projets que nous sommes en train de mettre en œuvre », a déclaré Christophe Liu. Selon M. Liu, les projets sont centrés sur la sécurité urbaine, l’énergie avec l’électrification des zones rurales, l’accès à Internet et la formation des jeunes talents dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.
« Nous voulons former les jeunes burkinabè dans le domaine des TIC, la 5G, le cloud, l’IA », a fait savoir Christophe Liu qui a annoncé un projet avec le département en charge de la transition digitale visant la formation de cinq mille jeunes aux TIC, sur une période de cinq ans. Sur le projet infrastructures des TIC, le directeur général de Huawei Burkina, Christophe Liu, a annoncé que plus de deux mille kilomètres de fibre optique seront réalisés pour couvrir le territoire. « Cette fibre va fournir la connexion entre les différentes zones du pays. En même temps, elle va connecter différents secteurs de l’Administration pour améliorer l’efficacité de la communication entre les différents départements », a-t-il conclu.
Direction de la communication de la présidence du Faso
Questionner notre patriotisme
Le gouvernement burkinabè a adopté, en Conseil des ministres du 22 novembre dernier, un décret instituant les Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne. Ces Journées qui débutent demain 26 mars seront notamment marquées par une montée des couleurs sur toute l’étendue du territoire national, dans les ambassades et consulats généraux du Burkina Faso à l’étranger, suivie d’un message du chef de l’Etat sur l’engagement patriotique et la participation citoyenne.
Dans un contexte de guerre et de reconquête du territoire national, quoi de plus normal, d’éveiller la conscience patriotique et l’engagement citoyens des Burkinabè, en promouvant les valeurs de civisme, de tolérance, de patriotisme, de courage, de respect et de solidarité.
Dans un pays qui a mal à son vivre-ensemble, dans un pays en pleine crise sécuritaire qui a ébranlé la Nation jusque dans ses fondements, une telle initiative doit être mise à profit pour interroger notre patriotisme et surtout les valeurs léguées par nos aïeux. Qu’avons-nous fait de la dignité, de l’intégrité, de l’entraide, de la solidarité, ces valeurs qui ont toujours caractérisé le Burkinabè ? Clamer sur tous les toits son intégrité, porter des tenues traditionnelles, chanter l’hymne national par cœur suffisent-ils pour prouver son attachement à la patrie ?
A l’évidence, la réponse à ces questions se situe à l’échelle individuelle et collective. D’où l’opportunité de telles journées qui vont permettre aux Burkinabè, d’interroger leur relation avec la Nation, leur contribution à son développement, pour donner une nouvelle orientation à la conduite de la Nation. Cette réflexion pourra aider la lutte contre le terrorisme, parce qu’on ne saurait lutter contre et vaincre un ennemi, dans l’incivisme, l’indiscipline, la désunion et surtout que certains Burkinabè entretiennent une complicité avec les forces du mal. Comme des taupes, ils contribuent à saper les efforts collectifs, les sacrifices communs.
Le civisme et la discipline font la force des grandes Nations et se les imposer dans notre situation, est le prix à payer afin que le Burkina Faso puisse également booster son développement tant attendu. De façon singulière, l’engagement citoyen c’est aussi la contribution au Fonds de soutien patriotique, le paiement de ses impôts et autres taxes, la participation à la mobilisation de l’épargne populaire pour le financement des entreprises communautaires par actionnariat populaire dans les différents secteurs d’activités, notamment l’agriculture, l’élevage, l’agro-alimentaire, le textile et les mines sur toute l’étendue du territoire.
L’engagement patriotique, c’est également exprimer son amour pour le pays par des actions concrètes qui se manifestent comme des défis personnels dans un pays où tout le monde appelle au changement mais très peu d’entre nous l’acceptent pour peu que nos intérêts ne s’en trouvent menacés.
Taire les divergences, enterrer les égos, au nom de l’intérêt général doivent désormais être inscrits sur le tableau de bord du quotidien des Burkinabè sans exclusive. Il faut pour cela accepter une réinitialisation mentale, afin que nos propres valeurs ne soient plus vues par nous-même comme de l’exotisme. Garnir fièrement nos tables de nos mets locaux et arborer nos étoffes, c’est aussi cela le Burkinabè débarrassé de tout complexe.
En ces circonstances, une grande dose de chauvinisme ne peut qu’accentuer cet esprit patriotique qui se nourrit également de solidarité, d’entraide, de cohésion. L’histoire de ce pays nous enseigne que chaque étape de notre évolution a été arrachée au prix de fortunes diverses. L’amour de la patrie ne se décrète pas, il se vit et se démontre. La principale motivation aujourd’hui doit-être la victoire contre le terrorisme, afin de léguer une Nation prospère aux générations futures.
Par Assetou BADOH
badohassetou@yahoo.fr
Joueurs, entraineur et dirigeants se prononcent après la défaite des Etalons face à la Libye
Le Ministre des Sports, de la jeunesse et de l’emploi, Dr Boubacar Savadogo : « Nous nous sommes créés des occasions de buts… »
Nous avons vécu une entame de rencontre où les Etalons ont fait circuler le ballon, avec beaucoup de mouvements, de solidarité entre les joueurs. Nous avons vu aussi qu’il y a des automatismes qui sont en train de se créer. Mais, nous avons toujours le même péché, ne pas beaucoup marquer des buts alors que nous nous sommes créés des occasions. Cependant, avec ce que nous avons vu, l’engagement qu’il y a eu et la profondeur de banc et les automatismes qui se mettront en place, les coachs vont pouvoir travailler pour de meilleurs résultats. Notre attaquant de pointe aujourd’hui, Lassina Traoré qui n’a pas pu jouer la CAN était présent. Il est en train de reprendre la compétition et nous avons vu son état d’esprit avec ces coéquipiers. Cela augure de bonnes choses pour la suite. Je les ai vus dans le vestiaire et nous n’avons pas de blessés. Les coachs ont pu tirer des enseignements. C’est la première fois que ce trio est ensemble. C’est leur première liste, ils auront le temps d’ajuster pour que le mardi (NDLR : contre le Niger) nous marquons plus de buts.
Le président de la FBF, Lazare Banssé : « …le staff est libre de ses choix »
J’ai assisté à un match bien animé, à une volonté de jouer. En tout cas, j’ai vu une équipe décidée. Au-delà de la défaite, c’est une équipe qui se met en place et nous pouvons continuer de voir ce que cela va donner pour les prochains matchs. Mais j’ai bon espoir, parce qu’on sent après la CAN une volonté de repartir sur de meilleures bases et reconstruire dans la durée. C’est un peu la mission de Brama Traoré, c’est-à-dire nous reconstruire une équipe dans la durée. Et c’est dans cet esprit que nous sommes. C’est le sélectionneur lui-même qui a composé son staff. Il a eu la liberté de le faire et c’est la première fois que cela arrive. C’est de notre volonté de faire confiance à Brama Traoré, à l’expertise nationale et aussi de les laisser travailler. Sur ce point-là nous sommes clairs et nets : ils ont la responsabilité de l’équipe entière. Ils sont donc libres de leur choix.
Le sélectionneur des Etalons, Brama Traoré : « Nous allons continuer à travailler »
Au-delà du résultat, c’est le contenu du match qui retient notre attention. Nous avons voulu voir ce que ces jeunes joueurs étaient capables de faire. Nous avons vu sur le plan du contenu qu’il y a des choses à retenir, même s’il qu’il y a eu des ratées avec toujours l’éternel problème des balles arrêtées. Nous avons péché sur le plan de l’animation offensive. Même si nous avons marqué un seul but, il y avait des situations pour en marquer d’autres. Nous nous sommes créés des occasions de buts que nous n’avons pas pu concrétiser. Nous allons continuer à travailler, il n’y a pas lieu de se décourager. Ce sont de jeunes joueurs que nous avons alignés. Ils vont se bonifier au fil des matchs. Le prochain match face au Niger sera très important parce que le fait de perdre ce soir nous met déjà la pression. Nous allons travailler sereinement pour corriger nos erreurs constatées ce soir et pouvoir aborder le match avec beaucoup de chance de notre côté.
Le capitaine, Franck Lassina Traoré : « Avec les nouveaux, c’était compliqué d’avoir des automatismes… »
Nous avons malheureusement perdu ce soir, mais je suis content du groupe. Nous nous sommes adaptés au système en début de match, mais nous avons baissé de régime après et nous avons encaissé le but. Après nous avons su revenir. En seconde période, nous avons entamé le match avec un peu plus de difficultés. Nous avons encaissé le 2e but et nous n’avons pas pu revenir. Nous sommes déçus de la défaite mais nous sommes fiers de ce que le groupe a produit comme jeu, nous espérons continuer sur cette lancée. Il y avait des nouveaux dans le groupe et c’était compliqué d’avoir des automatismes. Mais en travaillant, nous allons réussir à nous comprendre sur le terrain. C’est le premier match, nous allons nous remobiliser pour le second.
Propos recueillis à Casablanca par Sié Simplice HIEN
Football : la Libye bat le Burkina Faso par 2 buts à 1 en match amical
2 buts à 1, c’est le score final qui a séparé les Libyens et les Burkinabè en match amical, disputé au stade « Père Jego » de Casablanca au Maroc le 22 mars 2024 à 22H GMT.
Les Chevaliers de la Méditerrané ouvrent le score sur un corner à la 35e mn, mais la réaction des Etalons fut immédiate ; Ousséni Bouda égalise à la minute suivante. Les deux équipent vont à la mi-temps sur ce score nul d’un but partout. A la reprise, les Etalons concèdent un 2e but dès la 50e mn et toutes leurs tentatives pour revenir au score seront vaines.
Les Etalons affrontent le Niger le mardi 26 mars 2024 lors de leur 2e sortie sous l’ère du sélectionneur Brama Traoré.
Hubert Bado
Académie de police : des réflexions sur les enjeux de la science dans le domaine de la sécurité
La 1ère édition des Journées scientifiques de l’Académie de Police (JSAP) a eu lieu les 21 et 22 mars 2024.La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité Chargé de la Sécurité, Mahamadou Sana.

L’Académie de Police a organisé ses premières journées scientifiques sous le thème « apport de la science dans la lutte contre l’insécurité ». Une édition qui se veut être une première dans ce centre de formation des commissaires et officiers de la Police nationale. Pour l’Academie de Police, l’objectif rechercher durant ses journées est de créer un cadre d’échanges et de réflexion sur les questions liées à la Sécurité en vue de promouvoir la contribution de la recherche scientifique à la préservation de la paix et de la sécurité en Afrique d’une manière générale et au Burkina Faso, de façon particulière. Ces journées ce veulent donc être un espace de discussions, de réflexion et de partage de savoirs en sécurité entre le monde scientifique et le grand public. L’événement a réuni, le jeudi 21 mars 2024 à Pabré, des acteurs du monde universitaire, des centres de recherches, des organisations non-gouvernementales (ONG) intervenant dans le domaine de la sécurité, des acteurs de la sécurité ainsi que des étudiants et des doctorants des universités du Burkina Faso.

Le directeur général de l’Académie de Police, le Commissaire divisionnaire de police, Edmond Tapsoba, a affirmé que « de plus en plus de voix s’élève pour sommer la Science de prouver son utilité, plus exactement sa capacité à contribuer à la prévention de l’insécurité et à la résolution des différentes crises auxquelles sont confrontées nos sociétés actuelles ». L’Académie de Police dont l’une des missions est de promouvoir les études et les recherches sur la sécurité à travers sa Direction de l’institut de recherche, de perfectionnement et de la Coopération (DIRPC) ne pouvait, a-t-il ajouté, rester en marge de ces préoccupations.
Pour le président du comité scientifique, le Pr Tindano Félix Vallean, enseignant-chercheur à l’Ecole Normale Supérieure à Koudougou, la science pourrait être un recul pour réfléchir, faire des propositions et accompagner les acteurs de la sécurité sur le terrain.
Plus d’une vingtaine de communications seront assurées, a-t-il annoncé, par des chercheurs et experts sur l’environnement, la psychologie, les politiques publiques, les sciences forensiques, humaines et sociales. Le parrain de l’événement, le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’innovation, Adjima Thiombiano, représenté par le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales, Jacques Sosthene Dingara, cette initiative est une occasion d’échanger, débattre et construire dans l’union des réponses innovantes aux défis sécuritaires de notre époque, le tout, dans un esprit scientifique.
Le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité chargé de la Sécurité, Mahamadou Sana, a, pour sa part, souligné l’importance que son département accorde à la promotion de la recherche scientifique et à la valorisation des résultats de la recherche dans le domaine de la sécurité. En associant les compétences des forces de sécurité, des universitaires et chercheurs, les réponses face aux défis sécuritaires ne peuvent, a-t-il poursuivi, que s’améliorer à travers de bonnes idées.
Dié Arsène MILLOGO
Technologies de l’information et de la communication : Huawei annonce la formation de cinq mille jeunes au Burkina Faso
(Ouagadougou, 22 mars 2024). Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE a reçu en audience, ce vendredi en fin de matinée, le Directeur général de Huawei Burkina, Christophe LIU. Il a fait, au Chef de l’Etat, le point de la mise en œuvre des projets initiés avec le gouvernement.
« Nous sommes venus saluer le Chef de l’Etat et lui faire le point des différents projets que nous sommes en train de mettre en œuvre », a déclaré Christophe LIU.
Selon M. LIU, les projets sont centrés sur la sécurité urbaine, l’énergie avec l’électrification des zones rurales, l’accès à Internet et la formation des jeunes talents dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.
« Nous voulons former les jeunes burkinabè dans le domaine des TIC, la 5G, le cloud, l’IA », a fait savoir Christophe LIU qui a annoncé un projet avec le département en charge de la transition digitale visant la formation de cinq mille jeunes sur les TIC sur une période de cinq ans.
Sur le projet infrastructures des TIC, le Directeur général de Huawei Burkina Christophe LIU a annoncé que plus de deux mille kilomètres de fibre optique seront réalisés pour couvrir le territoire. « Cette fibre va fournir la connexion entre les différentes zones du pays. En même temps, elle va connecter différents secteurs de l’administration pour améliorer l’efficacité de la communication entre les différents départements », a-t-il conclu.
Direction de la Communication de la Présidence du Faso
Hanane Thamik : la démocratie à la chinoise est une approche unique qui priorise la participation, la consultation et la stabilité
Dans une interview accordée à CGTN Français, la Marocaine Dr Hanane Thamik a donné sa lecture de la démocratie populaire intégrale en Chine. Pour elle, cette forme de démocratie contribue à la gouvernance efficace et à la stabilité sociale de la Chine.
Dr Hanane Thamik, collaboratrice de CGTN et du magazine canadien États de splendeur, a affirmé que la démocratie à la chinoise est inclusive dans la mesure où elle favorise un sentiment de responsabilité parmi les citoyens. Ce qui contribue à la gouvernance efficace et à la stabilité sociale en Chine, selon elle. « La mise en œuvre de la démocratie populaire en Chine est un système complexe et multiforme qui diffère considérablement des modèles de démocratie occidentaux. Ce système met l’accent sur l’importance de la participation et de la consultation directes de la population à différents niveaux de gouvernance », a expliqué Dr Thamik.
De son avis, la recherche du consensus et la consultation est une des caractéristiques de la démocratie populaire en Chine. A titre d’exemple, les processus décisionnels impliquent souvent de vastes consultations avec diverses parties prenantes. Une autre caractéristique, a décrit Dr Hanane Thamik, est l’accent mis sur la participation à la base. « Grâce à des mécanismes tels que les comités de village et les conseils de quartier, les citoyens ont la possibilité de participer directement aux processus décisionnels locaux. Cela renforce non seulement la légitimité de la gouvernance, mais également favorise un sentiment de responsabilité parmi les citoyens pour le développement de leurs communautés », a-t-elle argué.
Aux dires de Dr Thamik, la démocratie à la chinoise est une approche unique qui priorise la participation, la consultation et la stabilité. « Bien qu’elle diffère considérablement des modèles de démocratie occidentaux, elle présente des caractéristiques et des avantages distincts qui contribuent à une gouvernance efficace et à la stabilité sociale en Chine », a-t-elle souligné.
Source : CGTN français
Chine : Xi Jinping inspecte les travaux agricoles de printemps
Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois, s’est rendu dans un champ pour inspecter l’agriculture de printemps et les travaux de préparation lors de son inspection mardi dans la ville de Changde, dans la province chinoise du Hunan (centre).
Une bonne agriculture de printemps et de bons travaux de préparation sont cruciaux pour assurer la récolte des céréales et la sécurité alimentaire, a déclaré M. Xi.
Toutes les régions et tous les départements doivent définir leurs responsabilités, garantir une superficie suffisante pour les semis de printemps, affiner la gestion des champs de printemps, assurer un approvisionnement agricole suffisant et renforcer les services agricoles socialisés, a-t-il noté.
Il a appelé à redoubler d’efforts pour approfondir l’intégration de semences, de méthodes agricoles, de machines agricoles et de terres agricoles de haute qualité.
Les politiques de soutien à l’agriculture et aux agriculteurs doivent être bien mises en œuvre pour garantir le revenu des producteurs de céréales et les inciter à planter des céréales afin d’assurer un bon départ dans l’augmentation de la production céréalière et des revenus des agricultures pour toute l’année, a ajouté M. Xi.
(Source : Xinhua)
Salam du Ramadan : Thème central : les relations interpersonnelles, les relations fraternelles, la fraternité religieuse :Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux.
Louanges à Allah, qui a envoyé Son Messager avec la religion de vérité ; religion qui triomphera sur tout autre n’en déplaise aux négateurs. Que Sa paix et Ses bénédictions soient en abondance sur le Messager de miséricorde, envoyé à l’univers comme tel et sur l’ensemble des croyants de tous les temps. L’essence de l’Islam est d’être une religion universelle par excellence comme le dit Allah : « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant qu’annonciateur et avertisseur pour l’humanité » (S34 V28). De cette universalité, se crée une communauté (Oummah) de foi au-delà de la diversité raciale, linguistique, ethnique … Entre les membres de cette communauté, Allah a établi les liens sacrés de la fraternité : « Les croyants ne sont-ils pas des frères ? Réconciliez donc vos frères et craignez Dieu, afin de mériter Sa miséricorde » (S49 V10).
Cette fraternité est régie par des principes. Elle a ses exigences. La base de l’Islam, le fondement de toute notre adoration, c’est l’amour. Et il est assez regrettable que cela ne soit pas assez mis en exergue par les musulmans. Allah nous dit, en efet : « Si vous aimez vraiment Allah, suivezmoi. Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (S03 V3). Allah, dans ce sens, a fait de l’amour le socle de ce lien sacré de la fraternité et même une condition d’acquisition de la foi véritable voire un moyen d’accès au Paradis. C’est pourquoi le Prophète nous dit : « Nul d’entre vous ne sera croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même ».
Dans un autre hadith, il dira : « Vous n’entrerez pas au Paradis tant que vous ne croirez pas, et vous ne croirez pas tant que vous ne vous aimerez pas les uns les autres. Voulez-vous que je vous indique une pratique qui répandra l’amour entre vous ? Propagez le Salam entre vous ». Il ne saurait en être autrement puisque nul n’entre au Paradis s’il n’est croyant alors qu’il ne sera croyant que lorsqu’il voudra, aussi, ce Paradis pour son frère. L’égoïsme et l’égocentrisme ne doivent aucunement prospérer entre musulmans puisque selon les précédents enseignements, la générosité, la solidarité et l’altruisme doivent être répandus entre eux.
Afin de bien expliciter les liens sacrés de la fraternité qui unient les croyants,
le Prophète croisa les doigts et dit : « Les croyants sont entre eux comme les briques d’une construction, ils se soutiennent les uns les autres ». Dans une autre parole, il dira : « Les croyants, dans la façon dont ils sont aimants, miséricordieux et solidaires les uns
envers les autres, sont comparables à un corps : lorsque l’un de ses membres souffre, l’ensemble du corps subit l’insomnie et la fièvre faire ». Ce modèle de vie entre musulmans prôné par l’Islam ne signifie aucunement qu’ils doivent vivent replier exclusivement entre eux. Il n’y a pas de communautarisme par lequel on n’est mieux croyant que parce que je suis dans un milieu réservé aux musulmans, je ne travaille qu’avec eux … Cela n’a jamais été une réalité dans l’histoire de l’Islam.
Les musulmans ne doivent, donc, pas, au nom de leur fraternité, vouloir,
exclusivement, tout faire entre eux et pour eux. C’est dans ce sens qu’ils ne doivent pas traverser des quartiers pour payer des articles parce que c’est chez leurs frères. Ils ne doivent pas, lorsqu’ils occupent des postes de responsabilité, ne nommer que leurs frères comme s’ils sont dans une mosquée.
A leurs cérémonies, ils ne doivent pas réserver le service aux seuls membres de leur communauté malgré la présence des autres. S’ils doivent se refuser d’agir ainsi, ils doivent, également, dénoncer lorsque cela est pratiqué ailleurs. Au nom de la sacralité de la fraternité, les musulmans doivent proscrire entre eux un certain nombre de comportements. Le prophète le résume si bien dans une de ses paroles : « Ne vous enviez pas les uns les autres, ne trichez pas dans le commerce et ne vous tournez pas le dos ! Soyez des serviteurs d’Allah et des frères comme Allah vous l’a ordonné. Le musulman est le frère du musulman, il ne l’opprime pas, il ne l’abandonne pas et ne le méprise pas ».
Après quoi, il dit, en désignant trois fois sa poitrine : « C’est là que réside la crainte d’Allah. Le fait même qu’un musulman méprise son frère est déjà un mal en soi. Toute la personne du musulman est sacrée à l’égard de son frère : tant sa vie que son honneur et ses biens ». Parce que la fraternité estsi chère, le Prophète met en garde les musulmans sur ce qui pourrait l’altérer. Il dit, en efet: « Gardez-vous des mauvaises pensées, certes les mauvaises pensées [infondées] sont les propos les plus mensongers.
Ne cherchez pas à connaître les défauts des autres, ne vous espionnez pas, ne surenchérissez pas sur les marchandises pour tromper, ne vous enviez pas, ne vous haïssez pas, ne vous détournez pas les uns des autres. Et soyez esclaves de Allah, des frères ». Dans cette même dynamique : « Il n’est pas licite à un musulman, après avoir entendu une parole de son frère, d’en penser du mal tant qu’il peut l’interpréter en bien ». Il s’agit, également, pour garder une bonne opinion de son frère lorsqu’on ne connait que du bien de lui, d’éviter d’écouter ce qui ne peut être dit en sa présence. Toutefois, il faut signaler que le musulman ne suit pas son frère de manière aveugle.
Le musulman suit des principes et des règles. Ce n’est pas parce que tu es notre frère musulman que même dans ton injustice, nous devons te suivre. Nous avons le devoir de te recadrer. C’est pourquoi le Prophète nous avait prévenu en disant : « Viens en aide à ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé ». On lui demanda : « Ô Envoyé de Dieu ! l’opprimé, nous viendrons à son aide ; mais l’oppresseur, comment l’aiderons-nous ? » Il leur répondit : « Vous l’empêcherez d’opprimer, et c’est de cette façon que vous l’aiderez ». Aidez son frère, c’est s’aider soi-même puisque c’est un des moyens d’accès à l’aide d’Allah. Il ne faudrait, effectivement, pas oublier que « Dieu vient à l’aide du serviteur aussi longtemps qu’il aide son frère ».
Même en cas de discorde entre eux, cela ne saurait aller loin quand on sait que le Prophète a dit : « Il n’est pas permis à un musulman d’être fâché avec son frère en religion plus de trois jours ! » On se saurait, alors, comprendre que comme épreuve les déchirures que connait le monde musulman. Par ailleurs, la fraternité musulmane demeure même après la mort. Après la mort, un frère ou une sœur a toujours des droits sur ses frères et sœurs vivants. Allah dit à ce sujet : « Et [il appartient également] à ceux qui sont venus après eux en disant : « Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi ; et ne mets dans nos cœurs aucune rancœur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux »
(S59 V10).
Enfin, rappelons ce verset de l’unité de la Oummah aux musulmans afin qu’ils comprennent que leur élévation ou leur affaiblissement résident dans sa mise
en œuvre : « Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d’Allah et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous » (S03 V103). Les musulmans du Burkina Faso me semblent une masse dormante, une force inconsciente de ses potentialités.
Il lui suffit de vivre la plénitude de la fraternité pour qu’aucune montagne ne résiste devant eux.
Seigneur Allah, fais-nous vivre la plénitude de la fraternité comme Tu l’a instituée.
NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir
de présence.
Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI
La puissance de la Croix de Jésus Christ
A partir de dimanche prochain, dimanche des rameaux et de la Passion, la Croix va occuper une place prépondérante, en cette fin du carême, notamment le Vendredi Saint. Et quand on sait qu’elle n’est ni une image ni une parabole, mais l’incarnation d’un fait historique, il y a de quoi se demander pour Jésus a-t-il fait le choix d’une telle voie pour le salut du monde ?
Dressée comme l’un des supplices les plus cruels de l’humanité dont les
Romains étaient devenus experts, la croix servait à châtier des criminels, brigands ou pirates non citoyens romains, ou encore des esclaves, des prisonniers de guerre ou des condamnés politiques, à tel point que la cruci fixion est décrite par les sources romaines comme le « summum supplicium », le « pire des supplices ». Si tel était le cas, pourquoi infliger un tel châtiment à un innocent, Jésus de Nazareth au sujet de qui l’un des deux bandits crucifiés en même temps que lui déclare : « Pour nous, c’est juste : après ce que
nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal » (Luc 23,41). Autrement dit, il meurt de façon injuste ! C’est scandaleux.
Le scandale de la Croix C’est évident ! Le sens biblique de scandale à moins à voir avec l’acception actuelle du mot qui signifie « une grave affaire à caractère immoral où sont impliquées des personnes que l’on considérait comme honorables, dignes de
confiance ». Par contre, à partir de son étymologie latine, scandalum, « ce sur quoi on trébuche », on comprend mieux le scandale de la Croix en parlant du Christ
que les Juifs refusaient de reconnaître comme le messie et qui de ce fait, constituait pour eux un scandale tant il était différent de l’idée qu’ils s’en faisaient.
Saint Paul s’en écrie : « Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu » (1Co 1,18).
En d’autres termes, que Dieu se soit révélé dans un crucifié prendra toujours les hommes à contre-pied de leurs idées sur Dieu et sur l’homme. Dans la conception grecque en effet, Dieu, être rationnel par excellence, constitue la norme suprême de l’intelligence et de l’harmonie, tandis que chez les Juifs, il est le Tout Autre, l’inaccessible, le Tout-Puissant, créateur et maître de l’histoire. Un tel Dieu, incarné en Jésus Christ, peut-il mourir, crucifié sur une Croix ? Voilà donc le scandale. Et pourtant, insiste saint Paul : « Nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes » (1Co 1, 23).
Une manière de dire que cet homme crucifié est l’ultime parole où Dieu se fait connaître et
qu’en lui repose le salut du monde. L’expression de la puissance de la Croix Ce faisant, la Croix de Jésus vient contester l’échelle des valeurs du monde et renverser nos critères d’efficacité, de puissance et autres, mais aussi toute tentative d’enfermer Dieu dans un système de pensée. Dans ce sens, saint Paul peut se permettre cette expression explosive : « La folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes » (1Co, 1,25).
Pour dédramatiser un peu ce scandale, il faut réaliser que Jésus n’a pas choisi la Croix et la mort, ce sont les hommes qui les ont choisies pour Lui. Jésus a choisi l’Amour. Ce choix de l’Amour jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême, quel qu’en soit le prix à payer, explique qu’il ait librement accepté la mort atroce sur la croix, et donc le don total de Lui-même. Il en a une vive conscience puisqu’il déclare lui-même : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jean 15,13).
Ainsi, les mérites de Jésus, qui se sacrifie pour ses frères, rejaillissent sur toute l’humanité. L’amour du Christ pour chaque être humain ne calcule pas ce qu’il obtiendra en récompense. Il ne s’inquiète même pas de savoir si son amour sera bien compris. Il incarne l’amour de gratuité. Si Jésus ne cherchait que son propre épanouissement, il ne se
serait jamais laissé crucifier puisqu’il est sans péché alors que ce qui le tenait cloué au gibet, ce sont les péchés de l’humanité.
En fin de compte, l’icône de la gratuité est le Christ en croix, ce Christ qui se donne, ce Christ qui est Dieu. Il a choisi l’Amour du Père. Un Amour qui s’est concrétisé par une obéissance parfaite au dessein bienveillant de Celui-ci : faire participer ainsi tous les hommes à sa Vie et à son bonheur éternel. Ce qui est l’exact opposé de la mort et de la souffrance.
Pour tout dire, ce n’est pas seulement la croix qui fait scandale, c’est tout l’Évangile, avec son appel à l’amour, au renoncement à soi-même, au refus de l’accumulation des richesses, à l’exigence du pardon, à l’amour des ennemis … Tant il est vrai que les souffrances du Christ ne sont pas seulement un évènement du passé que sa résurrection et sa vie auprès du Père lui auraient fait oublier, comme un mauvais souvenir. L’expérience qu’il a faite de la souffrance, des larmes, de la prière suppliante de l’homme aux prises avec l’angoisse et la peur de mourir, lui permet de comprendre nos faiblesses dans l’épreuve.
Nul ne peut désormais se dire solitaire ou abandonné dans sa peine. Car il n’y a pas d’humain qui souffre dans le monde sans que le cœur du Christ ne vibre à sa souffrance. Et il veut que le cœur de tous ceux qui se réclament de lui et portent en eux la marque de sa croix vibre de la même manière : à l’unisson du sien ; pour Dieu et pour l’homme, Amour jusqu’au bout quoiqu’il en coûte. Et la croix en devient le signe. Aussi constitue-t-elle le Signe par excellence de notre foi chrétienne catholique.
Abbé Paul DAH




