Conseil des ministres : la SONABHY, le BUMIGEB et le CCVA retirés de l’assiette de privatisation

Le Président de la Transition, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a présidé, jeudi 25 avril 2024, le Conseil des ministres délocalisé à Bobo-Dioulasso dans les Hauts-Bassins. Selon le ministre d’Etat, Porte-parole du gouvernement, Jean Emmanuel Ouédraogo, le Conseil a examiné des dossiers et adopté plusieurs rapports importants pour la bonne marche de la Nation.

Pour le compte du Ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN), le Conseil a adopté un rapport portant suspension du transfert des ressour-ces aux communes pour l’acquisition de vivres et du cartable minimum. Selon le ministre en charge de l’éducation, Jacques Sosthène Dingara, cette décision fait suite aux difficultés constatées dans l’acquisition et aux retards dans la distribution des vivres pour les cantines scolaires et du cartable minimum au profit des élèves. Ainsi, en prenant cette décision, l’Etat veut procéder à une meilleure allocation des vivres et du cartable minimum. « De façon souveraine, le gouvernement a pris ses responsabilités en décidant de suspendre le transfert des ressources financières à l’ensemble des communes et de procéder à une acquisition directe », a expliqué M. Dingara. Le Conseil a également adopté un projet de loi portant modification de l’autorisation de privatisation d’entreprises à participation de fonds publics pour le compte du ministère du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et moyennes entreprises.

Le ministre en charge des transports, Roland Somda, a expliqué que le Conseil a proposé le retrait de trois structures de l’assiette de privatisation. Il s’agit de la Société nationale burki-nabè d’hydrocarbures (SONABHY), du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB) et du Centre de contrôle de véhicules automobiles (CCVA). Dans cette optique, le Conseil a adopté au titre du ministère des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, un rapport portant reprise de propriété d’actions de Burkina Contrôle SA, dans le capital du CCVA. « Partant de la nouvelle vision du gouvernement à refonder l’Etat et à réorganiser les secteurs stratégiques en vue d’une économie prospère et souveraine, le Conseil a décidé de la reprise des actions qui étaient jadis confiées à Burkina Contrôle », a précisé Roland Somda. Au titre du ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective, le Conseil des ministres a décidé de la création d’un Centre de promotion de l’aviculture et de multiplication des animaux performants (CPAMAP). Le ministre délégué en charge des ressources animales, Amadou Dicko, a expliqué que le CPAMAP a pour mission d’améliorer le potentiel génétique des animaux d’élevage et le développement de l’aviculture sur le plan national.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Région de l’Est : une soixantaine de terroristes neutralisés par les 19e et 20e BIR

Les 19e et 20e Bataillons d’intervention rapide (BIR) ont mené ces derniers jours, deux opérations dans la région de l’Est qui leur ont permis de neutraliser une soixantaine de terroristes et de saisir de la logistique, a appris l’AIB auprès de sources sécuritaires.

Les 19e et 20e BIR ont mené avec succès les opérations « Kalari » et « Yilguemdé », les 22 et 23 avril 2024 dans la région de l’Est. Ainsi, le 22 avril dernier sur la base de renseignements, les vecteurs aériens vont découvrir une base en constitution dans la zone de Boungou. Les observations montrent deux groupes sous des arbres en plein entraînement de maniement aux armes. Toute la soirée, ils seront soigneusement surveillés jusqu’à à 1h du matin, le 23 avril. Les opérateurs aériens envoient un missile qui anéantit le premier groupe.

Des rescapés essaient de fuir, mais s’écroulent plus loin. Pendant ce temps, le deuxième groupe cherche refuge ailleurs. Mais, c’est peine perdue. Un deuxième missile les réduit en cendres. Selon nos sources, une soixantaine d’assassins ont rejoint l’enfer. Dans la même journée du 23 avril 2024, des criminels ont lancé une attaque sur une position des GUMI à Yourkoudguin dans la région du Centre-Est. Très vite, les vecteurs aériens arrivent dans la zone et rattrapent les assassins qui se sont scindés en deux groupes pour s’échapper. Un groupe croit être en sécurité dans un hameau abandonné au niveau de la forêt de Tiourel. Mais, ils seront foudroyés efficacement par plusieurs frappes. Le deuxième groupe de malfaiteurs se niche sous des arbres et près d’une rivière dans la forêt de Kabonga. Une puissante bombe va définitivement régler le sort d’un grand nombre d’entre eux. Leurs acolytes essaient de s’engouffrer en profondeur mais les frappes se multiplient jusqu’à leur anéantissement. Outre ces opérations de succès, les forces combattantes ont puni des terroristes qui interceptaient régulièrement les usagers de la route Douroula-Yé dans la région de la Boucle du Mouhoun.

Ainsi, ce 25 avril 2024 aux environs de 11h, un terroriste a stoppé un mini car pendant que son groupe était installé sous un arbre non loin de la route, ignorant qu’ils étaient observés depuis un moment. Ces malfaiteurs n’auront ni le temps de se reposer ni le temps de voir un missile s’abattre sur eux. Pendant qu’ils brûlaient avec leur logistique, le mini car a continué son chemin. Après la Boucle du Mouhoun, les opérations se sont poursuivies à Kéréboulé dans la région du Sahel. Les vecteurs aériens vont découvrir un important groupe de terroristes en train d’entreposer des explosifs et du carburant. Leur planification va tourner court avec la pluie de bombes qui va s’abattre sur eux. La base terroriste naissante est réduite à néant pendant que les opérations se poursuivent dans d’autres zones.

Agence d’information du Burkina

SNC 2024 : « La barre a été placée très haut », Betamou Fidèle Tamini

La 21e édition de la Semaine nationale de la Culture (SNC) se tient du 27 avril au 4 mai prochains à Bobo-Dioulasso sur le thème « Culture, mémoire historique et sursaut patriotique pour un Burkina nouveau ». A 48 heures du top de départ de l’évènement, le président du comité national d’organisation, Betamou Aymar Fidèle Tamini, dans une interview qu’il a accordée au quotidien Sidwaya, jeudi 25 avril 2024, revient sur les grandes lignes des préparatifs de la biennale culturelle.

Sidwaya (S) : A 48 heures de l’ouverture de la 21e édition de la SNC, quel est l’état d’esprit du président de comité national d’organisation que vous êtes et de l’ensemble de son équipe ?

Betamou Aymar Fidèle Tamini (B.A.F.T) : C’est un président rassuré d’une très bonne tenue de cette 21e édition de la SNC. Je suis rassuré du bilan qui a été présenté lors d’une réunion tenue hier (ndlr mercredi 24 avril 2024) avec l’ensemble des commissions. Que ce soit la commission Foire, celle chargée de la cérémonie d’ouverture, ou celle chargée des jurys, tout le monde, aujourd’hui est prêt. Nous n’attendons que les troupes qui doivent rejoindre Bobo-Dioulasso d’un moment à l’autre. Peut-être qu’il restera quelques petits réglages pour permettre la tenue optimale des activités.

S : Où en êtes-vous avec les préparatifs ?

B.A.F.T : A ce jour, nous pouvons sans risque de se tromper, dire que nous sommes à 98% de réalisation des activités programmées. Nous n’attendons que les artistes qui doivent arriver des régions. Aujourd’hui, les différents sites d’hébergement sont prêts pour les accueillir et pour ce qui est de la restauration les dispositions ont été prises.

S : Quelles sont les innovations entreprises pour une belle fête culturelle ?

B.A.F.T : Il y a plusieurs innovations cette année et je n’en citerai que quelques-unes. Déjà il faut signifier qu’à travers la commission thème et littérature nous organiserons deux colloques dont le premier, sur le thème de l’édition et le second sur le quarantenaire de la SNC. La SNC a 40 ans cette année et nous recevrons d’éminents communicateurs et panelistes au cours de cette édition pour nous entretenir sur un certain nombre de thèmes. Il vous souviendra aussi que de par le passé, les festivaliers se sont plaints de l’accès difficile aux sites, surtout celui de la Foire. Cette année nous proposons des badges de plusieurs standings, plusieurs entrées selon les différents types de badges et nous avons renforcé le système de contrôle pour permettre une fluidité lors de l’accès au site. Nous avons maintenu la technologie de contrôle avec les « codes QR » pour permettre de vérifier l’authenticité des badges utilisés sur le site. Une autre innovation c’est le « call center » que nous avons institué cette année avec des équipes qui y travaillent 24 heures sur 24 pour prendre en charge les préoccupations des festivaliers. Où que vous êtes, il suffit d’appeler ou d’aller sur whatsapp sur les numéros qui ont été communiqués ou encore par mail. Immédiatement, il y a une équipe qui prend en charge vos préoccupations. Fini les soucis tels que « où avoir un logement ?» « Où avoir un véhicule ?» « Où trouver un site touristique ? ». Toutes les difficultés sont gérées en temps réel pour permettre aux festivaliers d’avoir un séjour assez agréable à Bobo-Dioulasso. Cette innovation nous a permis de prendre en charge beaucoup de préoccupations. Un mois avant l’évènement le « call center » était déjà fonctionnel. Nous avons aussi conçu le catalogue des différentes compétitions. Il y a des résidences de création. Cheick Tidiane Seck du Mali est là actuellement et avec des artistes burkinabè et de la sous-région pour des résidences de création et des formations. J’avoue qu’il y a beaucoup d’innovations cette année et nous ne pouvons qu’en être fiers.

S : De par le passé des conditions difficiles d’hébergement et de restauration ont souvent été évoquées. Pouvez-vous rassurer que ces genres de désagréments sont derrière nous ?

B.A.F.T : Nous pouvons dire que ces désagréments sont un lointain souvenir. Nous avons pris conscience de cette difficulté. Généralement les plaintes portent sur les questions d’hygiène sur les sites. Cette année nous y avons accordé une attention particulière. Nous hébergions les artistes dans des écoles, mais aujourd’hui la tendance est à éviter ces genres de sites d’hébergement. Nous avons identifié des sites d’hébergement. Nous avons par exemple le site de l’Ex-ENEP où les dortoirs des stagiaires sont libres et seront occupés par les artistes. Nous avons également identifié le site de l’OCADES et d’autres sites qui présentent de très bonnes commodités d’accueil. Notre objectif est de minimiser au grand maximum les insatisfactions liées à l’hébergement. Il faut reconnaitre aussi que nous n’avons jusque-là pas les infrastructures nécessaires pour l’accueil vu le nombre important de personnes que nous accueillons. Nous sommes obligés de trouver des solutions intermédiaires en attendant d’avoir la solution définitive qui est la Cité des artistes. Il y a eu déjà la pose de la première pierre, nous avons eu une dotation budgétaire cette année pour conduire un certain nombre d’activités et progressivement nous espérons que cette Cité voit le jour pour nous permettre de prendre définitivement en charge cette question d’hébergement. Finis l’accueil des artistes dans des salles de classe, mais je laisse toutefois des réserves parce que nous ne pouvons pas affirmer à 100% que nous ne recourrons pas à une salle de classe. Même s’il arrivait que nous allions vers des salles de classe nous veillerons à ce qu’il y ait les commodités d’accueil.

S : Une année entre la dernière édition et la présente. Ne doit-on pas craindre une édition au rabais ?

B.A.F.T : A travers déjà les innovations que je vous ai citées vous devez comprendre que c’est une édition pour laquelle la barre a été placée très haut. Ce rapprochement de deux éditions s’explique par le fait que 2023 a été une édition de régularisation pour permettre à la biennale culturelle de revenir à son cycle normal, les années paires. Ce qui permet également au ministère de souffler parce que nous avons le FESPACO un autre grand évènement culturel qui se tient en année impaire.

S : Parlez-nous des différentes composantes de la biennale cette année.

B.A.F.T : Qui parle de la SNC parle de grandes cérémonies telles que l’ouverture, une clôture, la nuit des partenaires et la nuit des lauréats. C’est aussi de très grandes activités à l’image du Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL) en catégories adulte et jeune, les foires artisanale et commerciale au siège de la SNC. Nous avons également le village des communautés, l’une des très grandes attractions de la SNC, où cette année nous prévoyons d’accueillir autour de 45 communautés, dont 31 communautés nationales et 14 étrangères. Il faut aussi citer l’espace du stade Wobi qui abrite les compétitions en sports traditionnels. Sans oublier l’activité littéraire et bien d’autres.

S : Le Niger est le pays invité d’honneur à cette édition. Qu’est-ce qui a valu ce choix ?

B.A.F.T : Pourquoi le Niger ? Déjà parce que c’est un pays-frère et ami qui a sensiblement les mêmes valeurs culturelles que nous. C’est aussi un pays membre de l’AES (ndlr l’Alliance des Etats du Sahel). On ne pouvait avoir mieux dans le contexte actuel. Nous saluons ce pays de passage qui, d’ailleurs, a annoncé une forte délégation conduite par son ministre en charge de la culture.

S : Quel appel avez-vous à l’endroit de la population bobolaise en général, et aux festivaliers en particulier ?

B.A.F.T : A l’endroit de la population de Bobo-Dioulasso c’est la demande de rééditer ce qu’elle sait bien faire, être mobilisée, hospitalière. C’est également demander aux festivaliers de respecter les différentes mesures sécuritaires, sanitaires proposées et à fréquenter les grands sites de la SNC dont la foire et le GPNAL. Nous allons appeler tout le monde à Bobo-Dioulasso à faire le déplacement du stade Sangoulé-Lamizana pour la cérémonie d’ouverture qui connaitra un grand spectacle et surtout la présence du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. Si tout cela est fait, je pense que nous aurons une très belle édition de la SNC.

Interview réalisée par Alpha Sékou BARRY alphasekoubarry@gmail.com

Benonezigouwala SOMDA (Stagiaire)

Lauréat de la SNC Bobo 2023 : la troupe Songtaaba de Andemtenga crée l’exploit en chœur populaire

A l’occasion de la 20e édition de la Semaine nationale de la culture SNC Bobo 2023, la troupe Songtaaba de Andemtenga, une commune de la province du Kourittenga (Koupèla) a créé la sensation en remportant le Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL) dans la catégorie chœur populaire. Créée en 2006, la troupe était à sa première participation à la biennale de la culture burkinabè.

Le pagne traditionnel noué et la poitrine ceint d’un bandeau, le foulard « liwli pendé » recouvrant la natte traditionnelle et le collier pendant sur la poitrine, des dames, dans une coordination de gestes, miment la femme à la meule. Pendant ce temps, les hommes, traditionnellement vêtus et coiffés du chapeau de Saponé, daba ou arc en main, entre deux pas de danses, jouent au cultivateur ou au chasseur. Le tout contenu dans une corde de voix poétique au rythme de tam-tam, bendré, lounga et autre kundé. Cette mise en scène de la vie au village, lors des compétitions du Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL) de la 20e édition de la Semaine nationale de la culture SNC Bobo 2023, est de la troupe Songtaaba de Andemtenga, une commune de la province du Kourittenga. La mélodie, soutenue par une percussion du terroir relevée à travers deux compositions reposait sur de registres différents. « D’entrée de jeu, nous avons joué le thème se rapportant au patriotisme et à la combativité dans un genre assez populaire », a expliqué le responsable de la troupe, Maurice Kaboré, par ailleurs assistant culturel de la commune de Andemtenga. « Ensuite, nous avons enchaîné dans un registre soutenu, accompagné de chant poétique, le wanda ramba, c’est-à-dire les circoncis, interpelant par-là les uns et les autres au patriotisme », a ajouté Maurice Kaboré.

Une première provinciale

Salomé Béré, une des chanteuses de la troupe : « La SNC apporte un plus à la valorisation de la musique traditionnelle ».

La troupe Songtaaba fait ainsi sensation dans la catégorie chœur populaire, sur la tribune d’émulation de la maison de la Culture Mgr Anselme Ttianma Sanon. Elle s’adjuge, pour sa première participation à la biennale de la culture burkinabè, le GPNAL. « Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. C’est une fierté partagée par toute la troupe car ce sacre se révèle être le premier de la province en art du spectacle et particulièrement dans la catégorie chœur populaire », a témoigné le responsable. Une fierté manifestement exprimée par Salomé Béré, une des chanteuses de la troupe. « Ce prix vient récompenser un travail accompli durant des années. Il valorise notre commune, voire toute la province et ceci montre que la SNC apporte un plus à la valorisation de la musique traditionnelle », a-t-elle estimé. Et Maurice Kaboré de rappeler que cette prestation devait être jouée en 2020. « Il faudrait aussi souligner que l’autre atout de la troupe reste la chance, car nous n’avons pas subi de défection de membres quand bien même la troupe a élu domicile à Koupèla du fait de l’insécurité afin de pouvoir continuer les répétitions », a rappelé l’assistant culturel. Et l’année 2023, fut l’année du sacre pour cette troupe composée d’étudiants, de ménagères, de fonctionnaires, de commerçants et de cultivateurs. Fierté du Kourittenga, la troupe a été sollicitée à plusieurs occasions au niveau provincial et à Ouagadougou, à l’occasion du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO).

Manque de ressources

Une donne que le directeur provincial en charge de la culture, Wendlasida Amédé Silga, inscrit dorénavant dans la stratégie de promotion des artistes et groupes artistiques du Kourittenga. « Koupèla est une ville animée et tous les lauréats, à l’image de la troupe Songtaaba de Andemtenga, seront dorénavant les premiers à être sollicités », a indiqué Amédé Silga. Créée en 2006, la troupe Songtaaba de Andemetenga est adossée à l’Association jeunesse et promotion (AJB) et poursuit des objectifs comme l’autopromotion des jeunes, la promotion de la cohésion sociale, des droits de l’enfant, de l’hygiène et de l’assainissement. Elle officie ainsi à travers une diversité d’activités culturelles. En effet, selon le responsable de la troupe, en plus du chœur populaire, le théâtre, la danse traditionnelle, le slam et la musique moderne y sont joués. « Les collectivités locales ont un pauvre regard sur les activités culturelles, aussi elles préfèrent investir par exemple dans le sport », a déploré l’assistant culturel de la commune qui estime que la culture œuvre pourtant à la paix. La rénovation des instruments et accessoires de musique et l’habillement d’après lui, coûtent excessivement cher à la troupe dont la difficulté majeure est le manque de ressources. « Le montant remis aux lauréats n’est pas suffisant mais nous prenons en compte la situation que traverse le pays en ce moment », a confié Bernard Naré, un des instrumentistes de la troupe.

Rémi ZOERINGRE

Et si nous enfilions plutôt des gilets blancs ?

Quand dans une famille, les enfants ne s’entendent pas, se regardent en chiens de faïence et se détestent sincèrement, cette famille n’a plus besoin d’avoir des ennemis pour se soucier de son avenir. Elle est déjà sur la voie de la destruction, l’autodestruction ! Quand dans une famille, le riche benjamin empiète sur le droit d’ainesse du frère pauvre et foule au pied les principes de bienséance et de bienveillance qui vont avec, que faut-il vraiment attendre de la fratrie de l’incurie ? Quand dans cette même famille, les parents sont complices et complaisants envers leurs enfants nantis, puis négligents et indifférents envers les indigents, que y-a-t-il de plus urgent que l’argent ? Quand il y a une faille dans le mur, pourquoi s’étonner que le lézard s’y prélasse et s’y délecte ? Parfois, ce n’est pas parce qu’on a raison qu’on doit en abuser. Ce n’est pas parce qu’on est fort qu’on est à l’abri du tort. A chaque fois que je vois Iron Bibi, je vois la force. Une force qui défie même le monde. En effet, Iron Bibi est l’Homme le plus fort du monde dans sa catégorie sportive, mais c’est une force saine qui ne cherche pas à abuser des autres. C’est une force qui ne cherche pas à violenter les autres.

Même en état de self-défense, il doit certainement penser à la proportionnalité de sa réplique. Parce qu’on ne tue pas un moustique avec un canon même quand on subit la piqûre de la funeste bestiole. On peut donc être fort, détenir tous les records, mais rester humble. On peut être un agneau et avoir un cœur de lion. On peut être un lion et se comporter comme un agneau. Mais le plus important est que seule la sagesse est l’unité de mesure de la grandeur. Quand dans un pays comme le nôtre, la guerre nous ravit le sentiment d’appartenance à une seule Nation et nous divise, quel que soit le camp dans lequel nous sommes, c’est l’intégrité dans son intégralité qui en souffre. Quand dans un pays en crise comme le nôtre, on se fait la guerre en allant à la guerre juste pour satisfaire à nos guéguerres, finalement qui est le véritable ennemi de la Nation ? Il y en a même qui pensent qu’ils ont toujours raison, pendant que leur vis-à-vis trouve qu’ils ont toujours tort. Dans ce tohu-bohu national, il n’y a point d’arbitre, malgré les méfaits qui entachent la partie. Dans les tribunes sombres des radicaux supporters convaincus, pendant que les uns prient pour la victoire, les autres invoquent les déboires en fonction de leurs espoirs ou de leurs ressentis. On ne peut pas prier pour la paix en ayant des attitudes ou des comportements belliqueux. On ne peut pas se combattre et en découdre avec l’ennemi. Et parlant d’ennemi, on peut cacher un ennemi en soi sans le savoir. Il suffit de voir en l’autre l’axe du mal absolu pour se rendre compte qu’en réalité, c’est la poutre de notre œil qui nous barre la vue sur les qualités des incriminés aux abois.

L’exubérance de l’égo conduit au chaos, parce que l’égo est la seule prison où le prisonnier est son propre geôlier. Mais comment faire pour sortir de l’ornière quand nos contradictions cachent nos intentions de sédition ? Comment brandir sa bonne foi quand nos avis sont vissés dans le moule du manichéiste qui peint tout en noir en se prévalant d’être dans la lumière ? Etre toujours d’accord et être toujours contre sont les deux extrémités de l’absurdité. Le patriotisme ne se proclame pas et l’apatridie ne se décrète pas. Quand on aime son pays on le traite avec attention comme on prend soin d’une partie de soi ; on s’oublie même pour laisser être la patrie. Quand on ne l’aime pas, on peut tout faire pour paraître dévoué à sa cause, mais à l’épreuve des actes, trahira la parodie. Nous devons mener le combat en nous-mêmes, étouffer les échos de l’égo qui nous hallucine la raison. Il faut se départir de l’ire qui attire le pire sous la case ancestrale.

Il faut avoir le courage de se surpasser, de se dépasser pour oser embrasser celui ou celle qui nous a embarrassé ou tracassé. Il nous faut inventer notre voie, celle de la paix qui se conquiert plus qu’elle ne s’acquiert. Il faut faire le saut périlleux qui sauve dans l’antre de la fratrie du doute en osant croire que la chute se fera dans les mains des siens. Il faudra ôter le gilet rouge qui renvoie au sang, suscite et incite à la violence pour enfiler le gilet blanc de la paix qui appelle à la tolérance malgré les différences. La rancœur et la rancune ne sont opportunes dans notre infortune actuelle. C’est une question d’abandon de soi. C’est une question de volonté. C’est une préoccupation vitale. Dans le panier à crabes, il y aura toujours des crocs-en-jambe de petits esprits malfaisants. Mais, il faudra savoir les tenir en laisse en avançant de pied ferme, sans perdre pied, l’arme au pied. Nous sommes les grains d’un même panier et rien ne sert de chercher à séparer le bon grain de l’ivraie. A l’épreuve de la plongée des dignes, les légèretés de l’intégrité flotteront sur l’aire de vérité. On peut toujours donner une chance à la paix des cœurs sans manquer de fermeté contre les trouble-fêtes qui s’entêtent !

Clément ZONGO clmentzongo@yahoo.fr

Albert Lombo Dayo, chef de canton de Dédougou : « Il faut qu’on revienne à nos valeurs et traditions »

Militaire de formation, Albert Lombo Dayo, est depuis le 5 juin 2004, le chef de canton de Dédougou, chef-lieu de la région de la Boucle du Mouhoun. Après 39 ans de service dans l’armée burkinabè, du haut de ses 20 ans de règne à la destinée de Dédougou, cet ancien militaire (il est à la retraite depuis 2020), œuvre pour la conservation de la culture bwa dans son cantonnât. Une équipe du journal de tous les Burkinabè s’est entretenue avec ce garant des us et coutumes dans le cadre de la rubrique du journal : L’invité de la Rédaction. Pendant environ une heure, dans un langage franc, le 12e chef de canton de Dédougou s’est prêté aux questions de l’équipe du quotidien Sidwaya.

Sidwaya (S) : Quel est le ressort territorial du canton de Dédougou ?

Chef de canton de Dédougou : (C.C.D) : Le canton de Dédougou a vu le jour dans les années 1898. Il y a eu le premier chef de canton de Dédougou du nom de Yimali, celui qui a accueilli les Blancs. Le canton de Dédougou, de nos jours, compte 39 villages. Le découpage administratif a fait qu’on parle de 37 villages. Mais en réalité, Moundasso et Tionkuy sont des villages à part entière, mais conformément au découpage administratif, ils sont rattachés à des secteurs. Je suis le douzième chef de canton, intronisé le 5 juin 2004.

S : En tant que chef de canton, quels sont vos rôles et responsabilités envers la communauté ?

C.C.D : Mes rôles et responsabilités envers les communautés, c’est d’abord d’œuvrer à leur bien-être, notamment social, économique et culturel.

S : Vous êtes un militaire à la retraite après 39 ans de service. Comment arriviez-vous à concilier cette fonction de militaire et la casquette de gérant des us et coutumes, quand vous étiez en activité ?

C.C.D : Il y a lieu ici de remercier la hiérarchie militaire qui m’a permis en son temps d’être en activité tout en exerçant mes obligations de chef de canton. Ce n’était pas évident. Connaissant le règlement militaire, il y avait certaines activités que l’on ne pouvait pas mener compte tenu du statut de militaire. Mais grâce à la compréhension de mes chefs, j’ai pu tirer mon épingle du jeu en alliant responsabilités de militaire et de chef coutumier. Pour me faciliter la tâche, j’ai bénéficié d’une affectation, après mon intronisation en 2005, au camp Nazi-Boni de Dédougou où j’ai été nommé chef de service.

S : Vous êtes le président d’une association de chefs coutumiers appelé Massathon. Qu’est-ce qui a prévalu à sa création ?

C.C.D : Le Massathon est né du fait qu’il fallait que les chefs coutumiers de la région de la Boucle du Mouhoun se connaissent pour mieux régler les différents problèmes qui se posent à eux. En se mettant ensemble, nous pouvions faire beaucoup de choses. C’est ce qui a prévalu à la mise en place de cette association qui compte 42 cantons.

S : Comment gérez-vous les tensions interethniques et intercommunautaires dans votre canton ?

C.C.D : Nous n’avons pas encore connu de conflits interethniques. Il y a eu la crise à Passakongo qui est un cas isolé, mais on ne peut pas généraliser. La langue et les dents sont ensemble dans la bouche, mais il arrive des fois qu’il y ait des malentendus. Les Peulhs de Passakongo sont dans ce village depuis longtemps. Leurs grands-parents sont nés là-bas et sont enterrés là-bas. Moi, je ne considère pas cela comme un conflit interethnique. Le calme est revenu et ils vivent toujours ensemble à Passakongo. Même entre nous, dans la communauté bwa, il y a des malentendus, même dans la famille, cela ne peut pas manquer. Le cas de Passakongo auquel vous faites certainement allusion, pour moi, n’est donc pas un conflit que l’on peut considérer comme un conflit ethnique.

S : Quelle est la place de la femme dans la gouvernance de votre canton ?

C.C.D : La femme est la maman, la sœur et l’épouse. Elle a une place dans le développement économique. Dans nos sociétés, elle doit pourvoir aux besoins de la famille. L’homme donne le mil et le reste est à la charge de la femme pour que la nourriture soit faite. De ce fait, elle joue un grand rôle.

S : Il y a quelques années, vous avez donné le surnom « Hadouba » à une ancienne ministre de la Femme. Pourquoi ce nom de baptême ?

C.C.D : C’est au ministre Laurence Marshall Ilboudo que nous avons donné ce surnom. Hadouba est la sœur du fondateur de Dédougou qui est Koué. Elle est restée aux côtés de son frère Koué et a œuvré avec lui pour que le village de Bankuy puisse exister. C’est moi qui ai donné ce surnom à Laurence Marshall Ilboudo au regard des actions qu’elle posait en son temps pour l’épanouissement de la femme et pour sa combativité à l’image de la sœur du père fondateur de Dédougou.

S : Quelles relations entretenez-vous avec les autres chefs coutumiers concernant les questions d’intérêt national ?

C.C.D : Nous avons au Burkina Faso le Conseil supérieur de la chefferie coutumière présidé par le Mogho-Naaba. Pour les questions d’intérêt national, nous sommes consultés et nous donnons notre point de vue sur ce qui peut être bénéfique pour la Nation.

S : Certains chefs coutumiers sont aussi des acteurs politiques. Quelle analyse en faites-vous ?

C.C.D : La fonction du chef par essence est politique. Il y a des choses qui allaient passer inaperçues à l’Assemblée nationale s’il n’y avait pas de chefs coutumiers là-bas. On ne peut pas décider pour le bonheur des populations en oubliant les chefs traditionnels. Je pense qu’à l’avenir, il faut songer à désigner des chefs coutumiers à l’Assemblée nationale sans passer par des élections. Il suffit de demander au Conseil supérieur de la chefferie qui pourra désigner des gens à cet effet. Sur les questions de grande importance, ils doivent donner leur avis. Par exemple, l’homosexualité n’existe pas dans nos valeurs traditionnelles.

S : Les cantons de Banfora et Fada N’Gourma connaissent des situations de bicéphalisme. Quelle appréciation en faites-vous ?

C.C.D : Généralement, il s’agit de personnes qui pensent qu’avec l’argent, on peut tout faire. Nous avons vu des gens qui ont dit que s’ils aident le chef et après il devient fort, on pourra le contrôler. C’est une injure à la chefferie. Souvent il faut préserver l’essentiel et cet essentiel c’est ce que nos ancêtres nous ont légué. Tout le monde connait les voies par lesquelles un chef traditionnel peut être intronisé. Mais si on outrepasse ces voies pour regarder le pouvoir financier de l’individu pour l’introniser, cela ne peut jamais marcher. Le cas de Fada est regrettable, mais il y a quelque chose en vue au niveau du Conseil supérieur de la chefferie coutumière pour palier ce dysfonctionnement.

S : Vous êtes intervenu, en collaboration avec le chef de Canton de Gaoua, dans l’apaisement de la crise de chefferie à Banfora qui n’a toujours pas eu de dénouement heureux. Qu’est-ce qui coince ?

C.C.D : Il y a eu un problème de succession à la suite du décès de Héma Fadougo que j’ai connu très bien, car nous avons travaillé ensemble dans les activités du Conseil supérieur de la chefferie. Quand la crise de succession est survenue, ils sont allés voir le président du Faso qui les a orientés vers la chefferie coutumière. Ils sont allés voir le Mogho Naaba qui les a instruits de voir le chef de canton de Bobo-Dioulasso. C’est ainsi que le chef de canton de Bobo-Dioulasso a fait appel aux chefs de l’Ouest, notamment ceux de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins, du Sud-Ouest et des Cascades. Nous avons envoyé une délégation à Banfora pour mieux comprendre les choses. Après, nous sommes allés rencontrer les protagonistes. A l’issue de tout ce que nous avons pu collecter comme informations, nous avons désigné le chef légitime. Nous avons écrit et apposé nos signatures pour le reconnaitre. Quand il y a des rencontres, nous collaborons avec ce dernier.

S : Le gouvernement a institué la journée des coutumes et traditions pour le 15 mai de chaque année. Que pensez-vous d’une telle initiative ?

C.C.D : C’est une très belle chose. Pourquoi les autres communautés et pas nous. Le 15 mai, vous allez voir ce qu’on va faire concrètement dans le canton de Dédougou. Il y a beaucoup de rites que nous avons abandonnés. Il faut que l’on revienne à nos racines. Si vous voyez que les jeunes sont dans la déperdition, c’est surtout lié à l’abandon de ces valeurs.

S : Le Burkina Faso est frappé depuis 2015 par une crise terroriste. Certains pointent du doigt l’abandon des valeurs traditionnelles. Etes-vous de cet avis ?

C.C.D : C’est vrai. C’est parce que nous avons abandonné nos traditions. Autrefois, deux à six personnes ne pouvaient pas venir dans un village et dire aux gens de déguerpir. Le village est fondé sur quelque chose de solide. Et si cette chose est négligée, elle vous néglige aussi. Il faut qu’on revienne à nos valeurs. Avant, il suffisait de quelques incantations, et vous verrez des abeilles qui viendront faire leur travail. Aujourd’hui, qui peut le faire encore ? Nous avons tellement vilipendé nos traditions et voilà la conséquence aujourd’hui. Autrefois, cela ne pouvait pas se faire. Les ennemis, s’ils boivent même l’eau du village ou mangent un grain de maïs, ils ne vont pas s’en sortir. Je ne dis pas que les autres communautés religieuses sont mauvaises. Elles sont même très utiles au pays aussi. Mais nos valeurs et nos traditions sont très importantes aussi. Même le prénom d’un enfant n’était pas donné au hasard.

S : On vous dit impliqué dans les actions de lutte contre le terrorisme. Que faites-vous concrètement dans ce sens ?

C.C.D : Lutter contre le terrorisme, c’est trop dit. Mais nous sensibilisons surtout les jeunes à ne pas se laisser aller dans la facilité. Un jeune qui s’enrôle comme terroriste, même s’il a l’argent, il le dépense où ? Parce qu’il est tous les jours en brousse. Il est mieux de revenir pour que nous vivions ensemble. Les milliers de vies perdues dans l’Alliance des Etats du Sahel profitent à qui ? Il faut que les jeunes reviennent à la raison. Et cette raison, c’est revenir vivre en famille. Nous pouvons toujours nous pardonner et reprendre la vie.

S : Au regard de votre engagement, ne craignez-vous pas pour votre vie ?

C.C.D : Je suis un citoyen comme les autres. Si c’est le terrorisme qui doit me faire partir, les ancêtres sont là. Je crois fortement au spirituel, et chaque matin il faut demander à Dieu et aux mânes de nos ancêtres de veiller sur nous. Le terrorisme nous est imposé. Ce qui fait qu’on ne peut pas dormir, on n’a pas la quiétude, on ne peut même plus voyager comme l’on souhaite.

S : Quels rapports entretenez-vous avec les FDS et les VDP dans cette lutte contre le terrorisme ?

C.C.D : Nous avons de bons rapports avec les Forces combattantes. Leur combat est le nôtre. En tant que responsable coutumier, nous travaillons pour la quiétude et l’épanouissement des populations de notre ressort. Et nous soutenons ce combat que les FDS et les VDP mènent en cette situation d’insécurité. Tant que nous pouvons apporter un plus pour gagner cette lutte, nous n’allons pas hésiter. Nous n’avons pas d’autres choix parce que nous ne pouvons pas tous fuir à la recherche de refuges à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Notre souhait est que la sécurité revienne dans notre pays le plus tôt possible afin que les populations puissent vaquer librement à leurs occupations.

S : Vous vous êtes beaucoup impliqué dans la réinstallation et la promotion de l’emploi au profit des Personnes déplacées internes (PDI) …

Assisté de son porte-parole, le chef coutumier bwa s’est prêté à toutes les questions de l’actualité nationale, internationale et sportive de l’équipe de Sidwaya.

C.C.D : Effectivement, pour les PDI qui sont habituées au travail de la terre, nous avons pu trouver des lopins de terre à cet effet. Je profite remercier les chefs de village du canton de Dédougou qui nous ont facilité cette tâche en mettant à notre disposition ces lopins de terre pour les PDI. En tous les cas, les PDI qui ont manifesté le besoin de terre en ont eu.

S : Dans la dynamique de reconquête progressive du territoire national, de nombreux PDI sont reparties dans leur village dans le canton de Dédougou. Comment appréciez-vous cette action des FDS et des VDP ?

C.C.D : C’est à saluer et à encourager. Nous devons même nous impliquer fortement pour cette reconquête du territoire parce que chaque jour que Dieu fait nous avons les PDI à nos portes avec leurs doléances parce qu’elles n’ont pas trouvé à manger, ou elles ont des enfants malades qu’elles n’arrivent pas à soigner. Si les FDS, avec le concours de tout le monde arrivent donc à reconquérir le territoire, toutes ces personnes pourront regagner leurs localités. Et on sera tous soulagés.

S : Que peut-on faire pour davantage accélérer cette reconquête ?

C.C.D : C’est un problème de moyens sinon les solutions ne manquent pas. Par exemple, de nombreuses personnes déplacées sont disposées à se faire former pour l’auto-emploi. Mais encore faut-il qu’on puisse les réinsérer après leur formation. Aussi d’autres sont prêtes à aller au front si on leur trouvait les armes pour combattre. Mais vous convenez avec moi qu’on ne peut avoir les moyens pour donner des armes à tout le monde.

S : En 2022, le Burkina Faso a enregistré deux coups d’Etat. Aujourd’hui, c’est le capitaine Ibrahim Traoré qui est au pouvoir …

C.C.D : En tant que militaire, il y a des moments où il faut faire un choix. La manière dont le colonel Damiba menait le combat était trop lente de mon point de vue. Les terroristes gagnaient plus de terrain. Avec le chef de l’Etat actuel qui était au front, c’est un homme de terrain qui sait comment les choses s’y passent. Il a donc une autre vision de la lutte, et aujourd’hui, cette lutte a pris d’autres tournures. Et nous voyons les retombées. Le combat que le capitaine a engagé porte ses fruits aujourd’hui. Il y a souvent des erreurs d’appréciation, mais à mon humble avis, le combat engagé pour la reconquête du territoire est à apprécier à sa juste valeur. A un moment donné donc de sa vie, même si l’on doit mourir pour une cause juste, je crois qu’il ne faut pas hésiter. Ce ne serait pas une mort inutile. Ceux qui sont morts en défendant le pays en ces moments difficiles ne sont pas morts pour rien. Ce sont eux nos héros nationaux. Ils ont fait le sacrifice suprême pour leur pays. Et c’est cela un homme à mon avis. Mourir pour les autres, mourir pour que les autres puissent exister, c’est une mort noble.

S : Comment appréciez-vous les réformes politiques et institutionnelles entreprises par les nouvelles autorités de la Transition ?

C.C.D : Toutes ces réformes sont louables. Par exemple, si vous prenez le phénomène de la corruption, pour un minimum de service, il faut faire un geste comme on le dit, pour faire avancer les choses. Et nous sommes en partie responsables parce que ‘’je veux que mon travail soit vite et bien fait’’. C’est le fait d’être pressé qui nous amène à corrompre les agents de l’Etat. Si quelqu’un vient déposer son dossier et on lui donne rendez-vous dans deux ou trois jours après pour le traitement ; si toi tu soudoies l’agent et tu as ton dossier le même jour, les autres seront ainsi tentés de faire comme toi. Et c’est la porte ouverte à la corruption.

S : Quel commentaire faites-vous des velléités d’actes de déstabilisation de la Transition ?

C.C.D : Il faut simplement les démasquer et les combattre. Nous aspirons à un retour de la paix et de la quiétude. On ne peut plus permettre que ces personnes sapent les efforts qui sont faits dans ce sens. Je ne vois pas ce qu’on peut encore faire si cette transition n’aboutit pas. Si on rate ce virage-là, c’est fini ! Et si des gens n’ont pas compris cela, et ils continuent à saper les efforts, il faut les mettre hors d’état de nuire. Il faut que l’ancien colon comprenne que l’Africain d’aujourd’hui est différent de celui d’hier.

S : Dans le cadre de la souveraineté alimentaire, les autorités de la Transition ont lancé l’Offensive sylvo-agro-pastorale et halieutique 2023-2025. Quelle peut être la contribution du chef de canton de Dédougou à ce vaste programme ?

C.C.D : Notre contribution, c’est de mettre l’espace nécessaire à la disposition des acteurs pour la réussite de ce programme. Vous savez que certaines zones de la Boucle du Mouhoun, bien arrosées, ne sont pas accessibles pour raison d’insécurité. La réussite de ce programme est donc aussi tributaire de la libération de ces zones. C’est un bon signal que le président de la Transition a donné par cette Offensive pour atteindre l’autosuffisance alimentaire.

S : La Transition a également initié l’entreprenariat communautaire par actionnariat populaire. Comment appréciez-vous cette initiative de développement endogène ?

C.C.D : C’est un modèle économique louable. Et c’est pourquoi j’ai souhaité une séance de travail avec les initiateurs de ce programme afin d’expliquer aux différents chefs de village du canton cet actionnariat communautaire. Une fois compris, vous verrez qu’il y aura une adhésion massive. Personnellement, je n’ai pas encore souscrit. J’attendais de le faire avec les 39 chefs de village après la séance de travail avec le responsable de l’Agence pour la promotion de l’actionnariat communautaire (APEC) de Dédougou, porteuse de ce programme.

S : Comment avez-vous accueilli la création de l’AES ?

C.C.D : Quand vous êtes dans une organisation et à un moment donné vos intérêts ne sont plus sa priorité, c’est à vous de prendre vos responsabilités. Ici, les trois chefs d’Etat ont décidé de s’assumer en créant l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Il faut aussi que les gens se souviennent que la CEDEAO (ndlr, Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) a été créée par des militaires. L’AES pour moi va donner à réfléchir à ceux qui se servent de la CEDEAO pour manipuler nos chefs d’Etat. Il faut des décisions et actions courageuses comme celle de la création de l’AES. On va en souffrir, mais nous acceptons cette souffrance, pas pour nous, mais pour nos enfants et nos arrières enfants. C’est parce que nous aimons la facilité que nous avons été depuis des décennies maintenus dans la précarité.

S : Pensez-vous que cette Alliance a des chances de succès ?

C.C.D : Ces trois pays ont intérêt à ce que l’AES survive. Ils doivent être solidaires. Même si un des membres venait à quitter, les autres membres doivent tenir mordicus.

S : Le 28 janvier dernier, ces trois pays ont claqué la porte à la CEDEAO. D’aucuns pensent qu’une telle décision aggraverait la souffrance des populations de ces pays. Etes-vous de cet avis ?

C.C.D : On va souffrir, mais on va s’en sortir. Ces pays dits développés aujourd’hui ont dû souffrir à un moment de leur existence pour être ce qu’ils sont aujourd’hui. Pendant la seconde Guerre mondiale, ce ne sont pas les Africains qui ont sauvé la France ? Nous avons fait la guerre pour ce pays qui ne nous le reconnait pas aujourd’hui. Pire, c’est cette même France qui passe par la CEDEAO pour nous asservir. Comment pouvez-vous comprendre qu’après plus 60 ans d’indépendance notre monnaie soit toujours fabriquée hors de nos Etats ? Même pour acquérir des armes pour notre propre sécurité, il faut l’accord de la France. Vous pensez qu’on doit toujours rester dans cette servitude ?

S : Le dernier sommet de la CEDEAO tenu à Abuja au Nigeria, le 24 février dernier, a décidé de la levée des sanctions infligées au Niger. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

C.C.D : La CEDEAO était obligée, contrainte parce qu’en infligeant ces sanctions, cette organisation croyait maintenir de force le Niger. Les pays membres se sont rendu compte que plus cela dure, plus les conséquences devenaient catastrophiques. Dans le cadre de ces sanctions, le Bénin a fermé son port au Niger. Mais ceux qui vivent du port ont souffert de cette fermeture. Ce n’est pas le Niger seul qui a été sanctionné, mais les milliers des personnes qui vivent des activités du port. Le Niger ne transite pas ses marchandises gratuitement au port. Il paye pour ces transactions, et dès que le port a été fermé, c’est de l’argent qui était perdu pour le Bénin.

S : Pensez-vous qu’avec cette levée de sanctions, ces pays doivent réintégrer la CEDEAO ?

C.C.D : Quand un homme crache, il ne ramasse pas. Quand on dit qu’on ne veut pas quelque chose, on l’assume jusqu’au bout. Pour moi, quoi qu’il en soit, ces trois pays ne doivent donc plus faire machine arrière.

S : Quelle discipline sportive aimez-vous le plus ?

C.D.D : J’aime le football.

S : Les clubs de Dédougou peinent à jouer la 1re et la 2e division du championnat national de football du Burkina Faso. Comment pourriez-vous l’expliquer ?

C.C.D : C’est regrettable. Je les reçois chaque fois au palais pour leur dire de se mettre ensemble. C’est bon d’avoir plusieurs équipes dans une ville, mais si vous devez défendre les couleurs de la ville, mettez-vous ensemble. On prend les meilleurs, on forme une équipe et on joue. Mais les gens ne comprennent pas cela. Au contraire, ils se combattent. Cela ne peut pas marcher.

S : Les Etalons du Burkina Faso ont été éliminés en 8es de finale de la Coupe d’Afrique des nations. Comment avez-vous trouvé la prestation de notre onze national ?

C.C.D : J’ai difficilement digéré cette élimination. J’ai mal dormi ce jour. Je voyais le Burkina Faso en finale contre la Côte d’Ivoire.

S : Avez-vous de l’espoir avec le nouvel entraineur qui vient d’être nommé à la tête de la sélection ?

C.C.D : Brama Traoré ? Je le connais bien. J’ai de l’espoir. Nous avons des potentialités ici. Il faut les essayer. Ce n’est pas tout ce qui vient d’ailleurs qui est bon. Le choix de Brama Traoré est un très bon choix. Mais il faut l’unanimité autour des dirigeants de notre football. J’aime bien notre 11 national. Les éditions à venir, il faut que nous gagnions la coupe.

S : Quel message avez-vous à lancer aux Burkinabè ?

La photo de famille qui a sanctionné la fin de l’entretien avec le responsable des coutumes de Dédougou.

C.C.D : Je vais leur dire de garder espoir. Le combat qui est engagé, c’est sûr que nous allons le gagner. Il faut également accepter perdre par moment, car ceux qui sont en face aussi sont déterminés. Rien que la semaine dernière, j’ai perdu mon petit fils dans les combats, et j’ai encore un autre petit fils en formation pour être, les jours à venir, sur le front. On ne peut pas refuser d’y aller parce qu’on a perdu un fils. On va toujours y aller. Ceux qui sont au front se battent pour nous, nos enfants et nos arrières petits fils. Nous prions les mânes de nos ancêtres d’extirper des rangs de nos vaillants combattants tous ceux qui ont des agendas cachés et qui viennent se faire enrôler au titre des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Entretien réalisé par La Rédaction de Sidwaya/Bobo

Conseil des ministres : la SONABHY, le BUMIGEB et le CCVA retirés de l’assiette de privatisation

(Bobo-Dioulasso, 25 avril 2024). Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE a présidé ce jeudi, le Conseil des ministres délocalisé à Bobo-Dioulasso dans les Hauts-Bassins. Selon le Ministre d’Etat, Porte-parole du gouvernement, Jean Emmanuel OUEDRAOGO, le Conseil a examiné des dossiers et adopté plusieurs rapports importants pour la bonne marche de la Nation.

Pour le compte du ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales (MENAPLN), le Conseil a adopté un rapport portant suspension du transfert des ressources aux communes pour l’acquisition de vivres et du cartable minimum.

Selon le ministre en charge de l’éducation, Jacques Sosthène DINGARA, cette décision fait suite aux difficultés constatées dans l’acquisition et aux retards dans la distribution des vivres pour les cantines scolaires et du cartable minimum au profit des élèves.

Ainsi, en prenant cette décision, l’Etat veut procéder à une meilleure allocation des vivres et du cartable minimum. « De façon souveraine, le gouvernement a pris ses responsabilités en décidant de suspendre le transfert des ressources financières à l’ensemble des communes, et de procéder à une acquisition directe », a expliqué M. DINGARA.

Le Conseil a également adopté un projet de loi portant modification de l’autorisation de privatisation d’entreprises à participation de fonds publics pour le compte du ministère du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et moyennes entreprises.

Le ministre en charge des Transports, Roland SOMDA a expliqué que le Conseil a proposé le retrait de trois structures de l’assiette de privatisation. Il s’agit de la Société nationale burkinabè d’Hydrocarbures (SONABHY), du Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB) et du Centre de Contrôle de Véhicules automobiles (CCVA).

Dans cette optique, le Conseil a adopté au titre du ministère des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, un rapport portant reprise de propriété d’actions de Burkina Contrôle SA, dans le capital du CCVA. « Partant de la nouvelle vision du gouvernement à refonder l’Etat et à réorganiser les secteurs stratégiques en vue d’une économie prospère et souveraine, le conseil a décidé de la reprise des actions qui étaient jadis confiées à Burkina Contrôle », a précisé Roland SOMDA.

Au titre du ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective, le Conseil des ministres a décidé de la création d’un Centre de promotion de l’aviculture et de multiplication des animaux performants (CPAMAP). Le ministre délégué en charge des ressources animales, Amadou DICKO, a expliqué que le CPAMAP a pour mission d’améliorer le potentiel génétique des animaux d’élevage et le développement de l’aviculture sur le plan national.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Coopération bilatérale : Le Premier ministre en visite de travail et d’amitié en Iran

Son Excellence Monsieur le Premier ministre, Dr Apollinaire Joachimson KYÉLÈM de TAMBÈLA, effectue une visite de travail et d’amitié en République islamique d’Iran, du 24 avril au 1er mai 2024.

Au cours de sa visite, le Chef du Gouvernement rencontrera plusieurs personnalités iraniennes dont le Président iranien, Ebrahim RAÏSSI, pour discuter des questions d’ intérêt commun, à savoir la défense, l’économie et les finances, les échanges commerciaux, la promotion des investissements.

Les deux parties discuteront aussi des questions de l’artisanat, de l’industrie, de l’agriculture, de la santé, etc.

Il est à souligner que, lors de cette visite de travail et d’amitié, le Premier ministre assistera aux cérémonies d’ouverture du 2ème Forum économique  Iran Afrique et de Iran Expo 2024.

Dr KYÉLÈM de TAMBÈLA livrera également une communication dans une université iranienne et assistera à une série d’évènements culturels et touristiques pour mieux comprendre la culture et l’histoire iraniennes.

Dans son agenda, il est prévu aussi une rencontre avec la communauté burkinabè vivant en République islamique d’Iran.

Cette visite de travail et d’amitié est une occasion pour renforcer les relations bilatérales entre le Burkina Faso et l’Iran et elle ouvrira de nouvelles perspectives de coopération.

DCRP/Primature

Moussa Alex Sawadogo : l’expérience de la Chine pourrait nous aider à redynamiser le cinéma africain

(Note de l’éditeur : Cet article reflète le point de vue de l’interviewé et pas nécessairement celui de CGTN.)

 

Le cinéma est un exemple prometteur de la diversification de la coopération entre la Chine et l’Afrique à travers les partenariats stratégiques entre institutions. Alors que se tient du 18 au 26 avril le Festival international du film de Beijing, le délégué général du FESPACO, Moussa Alex Sawadogo, partage son point de vue sur le potentiel et les perspectives d’un partenariat entre le FESPACO et le Festival international du film de Beijing. Selon lui, l’expérience de la Chine pourrait aider à redynamiser le cinéma africain.

Dans son analyse, M. Sawadogo estime que le développement de l’industrie du cinéma nécessite la collaboration de plusieurs partenaires, ainsi que l’apprentissage mutuel entre les différents acteurs du secteur. A cet effet, il émet le vœu que la collaboration entre le FESPACO et le Festival international du film de Beijing puisse permettre aux professionnels africains et chinois d’apprendre les uns des autres en participant aux activités respectives des deux institutions. Dans le même temps, M. Sawagodo souligne la force du cinéma chinois, notamment en matière de production, de diffusion et de distribution. Il estime qu’une collaboration entre la Chine et l’Afrique dans le domaine du cinéma pourrait revitaliser le cinéma en Afrique, et permettre aux Africains de renouer avec eux-mêmes.

Source: CGTN Français

 

Xi Jinping inspecte la municipalité de Chongqing dans le Sud-Ouest de la Chine

Le président chinois Xi Jinping, également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois et président de la Commission militaire centrale, a inspecté lundi et mardi la municipalité de Chongqing, dans le Sud-Ouest de la Chine.

Au cours de l’inspection, M. Xi a visité un parc de centre logistique international, un quartier dans l’arrondissement de Jiulongpo et un centre d’opération et de gouvernance de la ville numérique.

Il s’est informé des efforts déployés par la municipalité pour accélérer le développement du Nouveau Corridor commercial international terre-mer dans l’Ouest de la Chine, mener des projets de rénovation urbaine, garantir et améliorer le bien-être de la population et renforcer la modernisation de la gouvernance de la ville.

Source: CGTN Français

 

Haros sur ces « tapages nocturnes »

Dans les grandes villes du Burkina Faso, il est fréquent que des citoyens se plaignent de nuisances sonores occasionnées par leurs voisinages. A Ouagadougou, par exemple, les services de la Police municipale ont reçu en 2023, au total 1 509 plaintes pour nuisances sonores des débits de boissons, des lieux de cultes et des ateliers (soudures, peinture, couture …). La révélation a été faite lors d’une conférence de presse animée en début d’année 2024 par le président de la délégation spéciale, Maurice Konaté. Les nuisances sonores les plus incriminées sont celles émanant des débits de boisson. A ce sujet, les riverains plaignants évoquent le fait que la musique provenant de ces « maquis indésirables » les empêche de dormir. Selon eux, les mêmes bruits ne permettent pas non plus à leurs enfants d’étudier à certaines heures de la journée.

Généralement, l’affaire commence par des négociations avec le tenancier, avant d’aboutir à des interpellations, voire des procès. L’on a aussi assisté à des cas où des débits incriminés ont été fermés avant d’être rouverts avec les mêmes nuisances. Il arrive que les propriétaires desdits débits de boissons brandissent des autorisations qu’ils auraient obtenues des autorités compétentes. Par conséquent, selon eux, personne ne peut les empêcher d’exercer leur activité, oubliant royalement que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. L’on remarque que ces nuisances sonores peuvent être désavantageuses pour les promoteurs de ces débits de boisson. En effet, certaines personnes qui fréquentent les maquis y vont pour la boisson et non forcément pour la musique, surtout si celle-ci est très tapageuse.

Pour ces personnes, la musique assourdissante, est un motif largement suffisant pour éviter ces genres d’endroit. De ceux-là, sont ces gens qui peuvent recevoir des appels « sérieux » à tout moment qui n’iront donc jamais dans un maquis où ils auront du mal à décrocher certains appels. Peut-être qu’il existe de nombreux clients qui adorent les maquis où la musique est à son paroxysme que ceux qui préfèrent les maquis « calmes ». Toute chose qui expliquerait la prolifération de ces genres de débits de boisson. Mais de grâce, que l’on évite de les installer au milieu des maisons d’habitation, surtout si l’on n’est pas en mesure de circonscrire le champ d’impact du son. La loi est pourtant claire là-dessus. En effet, selon des dispositions du Code de l’environnement, les nuisances sonores au Burkina Faso constituent une infraction, particulièrement un délit. La première loi contre le bruit et les nuisances sonores a été publiée en 1992. Celle-ci a progressivement été renforcée. D’après les dispositions de ladite loi, « aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme dans un lieu public ou privé ». En tout état de cause, les autorités municipales, pour une question de tranquillité publique, doivent prendre leurs responsabilités. Elles doivent agir et/ou sévir. Il y va de la promotion des valeurs sociales et du vivre-ensemble.

Alban KINI alban_kini@yahoo.fr

Education : le capitaine Ibrahim Traoré, enseignant d’une matinée à l’école « B » de Péni

En partance pour Banfora, le Président de la Transition, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a marqué une halte inopinée, mardi 23 avril 2024, au complexe scolaire A, B et D de la commune de Péni. Cette escale a été une occasion pour le président de la Transition d’échanger et de communier avec les enseignants et les tout-petits de ce complexe scolaire, très surpris et véritablement heureux de ce moment historique qui restera sans doute gravé dans leur mémoire.

Accueilli par les élèves et un corps enseignant enthousiastes, le capitaine Ibrahim Traoré s’est mis dans la peau d’un maître dans la classe de CP1 de l’école « B » de Péni. Au programme, un cours sur les valeurs de citoyenneté, de solidarité et un appel au travail et au respect des parents. « Restez disciplinés, sages et soyez de bons citoyens », a conseillé le chef de l’Etat. Il a également invité les élèves à être solidaires et à demeurer de vrais patriotes. En entonnant en chœur l’hymne national, le Ditanyè, l’hymne de la victoire avec le président de la Transition, les élèves de la classe de CP1 démontrent déjà leur prédisposition à défendre la Nation et à grandir en bons citoyens, respectueux des valeurs de notre pays. Après les élèves, le capitaine Ibrahim Traoré a échangé avec le corps enseignant. Pour le président de la Transition, cette visite à l’école primaire publique de Péni est une opportunité de se rapprocher encore plus des acteurs de l’éducation pour mieux toucher les réalités. « La Nation compte sur vous », a indiqué le chef de l’Etat qui les a également invités à inculquer des valeurs civiques aux enfants. « Les enfants passent plus de temps avec vous. C’est à vous donc de leur inculquer un certain nombre de valeurs », a soutenu le capitaine Ibrahim Traoré. Il a saisi l’occasion pour traduire ses remerciements et ses encouragements aux enseignants pour le travail abattu au quotidien pour la formation et l’éducation des enfants burkinabè.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

SNC 2024 : « tout est fin prêt », rassure Fidèle Tamini

Le Comité national d’organisation (CNO) de la 21e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC) a présenté à la presse l’état des préparatifs de la SNC 2024, le mercredi 24 avril 2024 à Bobo-Dioulasso. Le président du comité d’organisation, Aymar Fidèle Tamini, a rassuré que tout est fin prêt pour que la biennale, prévue du 27 avril au 4 mai prochain, se déroule dans de bonnes conditions.

Tout est fin prêt fin pour que la 21e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC) se déroule dans les meilleures conditions possibles du 27 avril au 4 mai 2024 à Bobo-Dioulasso. C’est l’assurance donnée par le président du comité national d’organisation de la SNC 2024, Aymar Fidèle Tamini, au cours d’un point de presse, ce mercredi 24 avril 2024. Le comité national d’organisation, installé le 5 mars 2024, a travaillé d’arrache-pied pour que tout puisse bien se passer, a poursuivi M. Tamini. « A ce jour, on peut affirmer sans risque de se tromper que tout est fin prêt. En effet, depuis l’installation du comité national d’organisation, les différentes commissions se sont véritablement mises à la tâche. A l’étape actuelle, le niveau d’avancement des préparatifs de la biennale est assez satisfaisant, sinon très rassurant », s’est réjoui Fidèle Tamini. A l’entendre, le niveau d’avancement du travail effectué par les différentes commissions est satisfaisant.

Quelques retouches avant le jour-J

Le samedi 6 avril dernier, a poursuivi Aymar Fidèle Tamini, le comité a tenu une Assemblée générale (AG) avec l’ensemble des présidents et vice-présidents de commissions. « On a pu faire le point des tâches des différentes commissions. Dans l’ensemble, le bilan est jugé satisfaisant au vu des résultats de chaque commission », a-t-il apprécié. Il a précisé qu’il reste des petites retouches à faire avant le jour-J, ajoutant que le comité est toujours à pied d’œuvre pour minimiser les difficultés qui peuvent survenir au vu de la grandeur de la manifestation. Répondant aux questions des journalistes sur certains aspects de l’évènement, Fidèle Tamini a souligné que les logements ont été réservés aux artistes, et chaque troupe s’occupera de son transport. Aussi, il a affirmé que la sécurité a pris des mesures pour une meilleure sécurisation de la manifestation. Sur ce, M. Tamini a invité les festivaliers à respecter les consignes sécuritaires.

A l’écouter, des dispositions ont été également prises pour éviter les bousculades sur le site de la foire. Ces différentes dispositions selon lui, s’inscrivent en droite ligne des nombreuses innovations introduites au niveau de certaines commissions. Quant à la cérémonie d’ouverture, elle se tiendra au stade Sangoulé-Lamizana et ne durera tout au plus qu’une heure 30 minutes, a-t-il laissé entendre. « Les festivaliers, sinon les populations, s’attendent à une fête des plus agréables et comme à toutes les éditions, l’accent est véritablement mis sur la cérémonie officielle d’ouverture. Nous avons l’espoir, sinon la conviction à l’heure actuelle qu’elle sera de belle facture », a souligné avec optimisme, Fidèle Tamini. La SNC 2024 mobilisera 1 535 artistes, 600 sociétés de masques pour la parade et plus de 700 000 festivaliers. Pour cette 21e édition de la SNC, le pays invité d’honneur est la République du Niger. Les ministères en charge de la culture du Mali, de la Guinée, du Brésil, de la Russie et de la Corée du Nord y sont également conviés.

Adaman DRABO

Bénonézigouwala SOMDA (Stagiaire)

Protection des données à caractère personnel : le rapport 2022 remis au président de l’ALT

La présidente de la Commission de l’informatique et des libertés(CIL), Halguièta Nassa, a remis le rapport 2022 de son institution au Président de l’Assemblée législative de Transition(ALT), Ousmane Bougouma, au cours d’une audience, hier mercredi 24 avril 2024, à Ouagadougou. A sa suite, le chef du Parlement a également échangé avec une délégation de l’ONG américaine HWPL, conduite par Daehee Yeom ainsi que l’ambassadeur de Tunisie au Burkina, Mounir Jomni.

Le rapport public 2022 de la Commission de l’informatique et des libertés (CIL) est disponible. Conformément à la réglementation en vigueur, ce rapport public a été remis au président de l’Assemblée législative de Transition (ALT), hier mercredi 24 avril 2024, à Ouagadougou, au cours d’une audience. « La Commission doit rendre compte de l’exercice de ses missions, chaque année, par une remise officielle aux autorités du pays », a déclaré la présidente de la CIL, Halguièta Nassa. La première responsable de la CIL a, en outre, indiqué que ce présent rapport rend compte des grandes actions de la Commission, en rapport avec la sensibilisation et la formation qu’elle a menées auprès de la population burkinabè. A ce titre, a signifié Halguièta Nassa, ce sont 15 375 personnes qui ont été touchées. Des actions de régulation et de contrôle, a ajouté la présidente de la CIL, ont également été menées auprès des responsables en charge du traitement des données à caractère personnel. Ainsi, a-t-elle laissé entendre, 191 dossiers ont été traités au cours de l’année 2022. En plus de cela, la CIL, aux dires de sa présidente, reçoit des plaintes de citoyens burkinabè qui se sentent lésés sur les plateformes numériques ou dans l’exercice de leurs fonctions. Dans ce sens, 575 plaintes portant essentiellement sur l’usurpation d’identité, l’arnaque ont été reçues. Après la présidente de la CIL, c’était au tour du représentant de l’ONG américaine Heavenly Culture world Peace Restoration of Light (HWPL), Daehee Yeom, d’être reçu par le chef du Parlement burkinabè. A sa sortie d’audience, il a expliqué que HWPL est une organisation internationale, membre officiel des Nations unies et qui œuvre pour la paix, à travers le monde. Il a ajouté que HWPL, dans cette dynamique, mène des activités de promotion du dialogue interreligieux entre ses leaders pour l’harmonie religieuse et l’éducation à la paix. Cela, a soutenu Daehee Yeom, pour permettre aux peuples d’avoir un esprit de paix. « HWPL travaille avec les leaders dans le monde. L’éducation à la paix peut apporter un impact positif pour la paix dans le monde », a soutenu Daehee Yeom.

A l’écouter, il s’agit, à travers sa rencontre avec le Président de l’ALT, Ousmane Bougouma, d’introduire les activités de son organisation au Burkina. « C’est un outil capable de stopper tout type de guerre », a-t-il martelé. La dernière personnalité à être reçue par le chef du Parlement burkinabè est l’ambassadeur de la Tunisie au Burkina, Mounir Jomni. A sa sortie d’audience, le diplomate tunisien a declaré que le renforcement de la coopération bilatérale entre son pays et le Burkina a été au centre des échanges. « J’ai eu l’occasion d’informer M. Bougouma de la nouvelle dynamique de notre coopération ainsi que les préparatifs de l’organisation de la 8e session de la commission mixte qui se tiendra les 1er au 2 juillet 2024, à Ouagadougou et le projet d’organiser un forum entre les hommes d’affaires des deux pays », a souligné l’ambassadeur de la Tunisie au Burkina, Mounir Jomni. Il a également affirmé avoir évoqué avec le président de l’ALT, les possibilités de renforcement de la coopération entre les institutions parlementaires de la Tunisie et du Burkina afin de renforcer les liens d’amitié entre les deux pays.

Soumaïla BONKOUNGOU

Haadiyatou NACANABO (Stagiaire)

Aéroport de Bobo-Dioulasso : des audits de certification pour répondre aux normes internationales

L’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) a lancé, le lundi 22 avril 2024 à Bobo-Dioulasso, des audits de certification de l’aérodrome international de Bobo-Dioulasso. Ces audits visent à permettre à l’aéroport de la ville de Sya d’être aux normes et pratiques édictées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Les autorités de la Transition entendent donner un nouveau souffle à l’aéroport international de Bobo-Dioulasso. Après les rénovations qui permettent aujourd’hui à l’aéroport d’être fonctionnel 24h/24, des initiatives se développent pour qu’il soit aux normes et pratiques recommandées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Pour ce faire, l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) a lancé, le lundi 22 avril 2024, des audits de sa certification. Les audits font partie d’un processus qui a commencé en 2022 et qui vont durer 2 semaines. Au cours des 14 jours, les experts, formés par l’Unité régionale de supervision de l’aviation civile (URSAC) de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA), vont passer en revue plusieurs aspects essentiels. Il s’agit notamment de la compétence et l’expérience du personnel, de la conformité des installations, des services et des équipements aux normes internationales, de l’efficacité des procédures opérationnelles en matière de sécurité et de sûreté ou de la mise en place de systèmes de gestion de la sécurité robustes et efficaces. C’est un processus qui, à terme, va permettre de délivrer un certificat qui attestera que l’aéroport réunit les conditions d’une exploitation dans les meilleures conditions de sécurité et qu’il dispose de tout ce qu’il faut pour se maintenir sur toute la durée de la certification.

La certification, une exigence de l’OACI

A l’ouverture des travaux, le coordonnateur de l’équipe de pilotage de la certification de l’aérodrome de Bobo, Alexis Zongo, a souligné que la certification de l’aéroport est une exigence de la réglementation nationale et de l’Organisation de l’aviation civile internationale afin de mettre ces aéroports dans les normes de sécurité. Pour le représentant du directeur général de l’ANAC, Adama Zongo, la certification des aérodromes, bien plus qu’une simple formalité administrative, est un processus « rigoureux et indispensable » pour garantir que les infrastructures aéroportuaires du Burkina Faso et les procédures répondent aux normes en matière de sécurité et de qualité telles qu’édictées par l’OACI. « La certification de l’aérodrome de Bobo-Dioulasso est un enjeu majeur, non seulement pour le Burkina Faso, mais également elle traduit la volonté des plus hautes autorités d’être respectueuses des engagements pris à l’endroit de l’OACI et des organisations régionales », a dit Adama Zongo.

Il a invité les parties prenantes à mettre un point d’honneur sur la transparence, la coopération et la communication tout au long de ces audits. « C’est dans une telle dynamique qu’il sera possible de relever les défis et identifier les opportunités d’amélioration aux fins de garantir le succès de ce processus et assurer la sécurité et l’efficacité au sein des installations et infrastructures de l’aéroport international de Bobo-Dioulasso », a-t-il poursuivi. Le représentant du directeur général de l’ANAC a ainsi traduit la reconnaissance et la gratitude de la communauté aéronautique nationale aux plus hautes autorités de la Transition pour leur volonté politique d’imprimer à l’aéroport international de Bobo-Dioulasso un regain de dynamisme en termes de fonctionnalité et d’opportunités d’affaires.

Adaman DRABO

Bénonézigouwala SOMDA (Stagiaire)

Société de nutrition agroalimentaire : le complexe avicole lance ses activités

Le ministre délégué chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, a présidé l’inauguration officielle de la Société de nutrition agroalimentaire (SONU-AGRO) implantée à Bassemyam dans la commune de Komsilga, le mercredi 25 avril 2024.

Après 20 ans de « combat sans relâche », la Société de nutrition agroalimentaire (SONU-AGRO) est maintenant opérationnelle. Le lancement officiel des activités de ce complexe avicole situé à Bassemyam, dans la commune rurale de Komsilga, est intervenu, le mercredi 25 avril 2024 dans ladite localité. Selon la promotrice de la SONU-AGRO, Alimata Sawadogo, par ailleurs directrice générale de l’entreprise, l’inauguration de la société est un sentiment de satisfaction morale de devoir accompli. « J’ai atteint 80% de mon objectif », a-t-elle déclaré. Implanté sur un terrain d’une superficie de 2 hectares acquis en 2004, le complexe semi-industriel est composé d’une unité de production semi-automatisée d’aliments pour animaux, d’un abattoir de volailles respectant les normes de sécurité sanitaires et d’une ferme avicole. La capacité de production journalière est d’environ 75 tonnes d’aliments et 250 volailles abattues à l’heure. « Nous disposons d’une salle de transformation de la volaille et de tables de découpe avec obus ainsi que des chambres froides pour la conservation », a précisé la directrice générale de la société. Le coût total des investissements pour la première phase s’élève à environ 1,5 milliard F CFA. Il est attendu au terme du projet un investissement de 3,5 milliards F CFA. Sur le plan des ressources humaines, le complexe dispose d’une trentaine de jeunes, qualifiés et professionnels, selon la promotrice. En termes de perspectives, elle envisage de consolider son positionnement national et d’étendre sa production à l’aliment pour poisson. Néanmoins, Mme Sawadogo a soulevé des difficultés liées notamment à l’indisponibilité de certains produits vétérinaires, l’importation frauduleuse de produits aviaires, l’inaccessibilité de certains clients à la suite de la crise sécuritaire. Au regard de ces contraintes, elle a invité le gouvernement à continuer à protéger le marché national et de développer une politique permettant un écoulement de la production. Alimata Sawadogo a traduit sa reconnaissance aux partenaires techniques et financiers, amis et parents, car à son avis, le présent complexe est le fruit de la conjugaison de leurs œuvres.

Faible production avicole

Le ministre délégué chargé des Ressources animales et halieutiques, Amadou Dicko, a indiqué que le secteur de l’élevage constitue un pilier fondamental pour l’économie burkinabè. L’aviculture en particulier occupe une place prépondérante dans la vie quotidienne. Avec un cheptel aviaire estimé à plus de 46 millions de sujets et une contribution de 6% au produit intérieur brut agricole, l’aviculture est une source majeure d’emplois et de revenus pour les populations rurales et urbaines. Cependant, malgré ce potentiel, la production avicole n’a contribué qu’à 27% des disponibilités en protéines animales sur la période 2013-2019. Cette faible contribution et la consommation moyenne d’œufs (19 œufs par an et par personne au Burkina contre 160 à l’échelle mondiale) sont des défis à relever, a indiqué le ministre.

Les autorités ont visité les différents compartiments de la SONU-AGRO.

Il a précisé que cette situation est due à la faiblesse des investissements dans la filière, l’insuffisance des infrastructures de transformation et de mise en marché et la faible organisation des acteurs de la filière. C’est dans ce contexte selon lui, que le ministère en charge des ressources animales a inscrit la filière avicole parmi les priorités de l’offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 dont l’objectif est d’atteindre la souveraineté alimentaire et nutritionnelle. Pour le ministre, avec l’inauguration de ce complexe avicole, il s’agit d’une étape décisive qui est franchie. Tout en assurant du soutien de son département à accompagner l’entreprise, il a félicité la promotrice pour son initiative qui permet de renforcer la chaine de valeur de la filière avicole en amont et en aval. M. Dicko a, par ailleurs, invité les opérateurs économiques burkinabè à s’investir dans le secteur afin de pouvoir atteindre l’autosuffisance souhaitée. « L’élevage souffre de financement et l’Etat seul ne peut pas mener toutes les interventions pour satisfaire la demande », a-t-il dit. Le président du conseil interprofessionnel des entreprises du Burkina, Lassiné Diawara, parrain de la cérémonie, a salué la détermination et l’engagement de la promotrice qui, malgré les facteurs exogènes défavorables, a pu concrétiser son projet. Elle est un modèle qui inspire la jeunesse, particu-lièrement les femmes, a notifié M. Diawara.

Aly SAWADOGO

Ligue 1/21e journée : statu quo sur le podium

La Ligue 1 a disputé ses matches de la 21e journée les 22 et 23 avril dernier sur plusieurs stades. Statu quo sur le podium toujours dominé par l’AS Douanes.

La Ligue 1 était au rendez-vous les 22 et 23 avril sur plusieurs stades à travers le pays pour le compte de sa 21e journée. Au stade municipal Issoufou-Joseph- Conombo, l’AS Douanes s’est imposée (3-1) face à l’ASEC de Koudougou grâce à des buts de Clavert Kiendrebéogo (17e), Omar Kaboré (49e) et Salif Bagaté (90e+6). L’unique réalisation de l’équipe de la cité du Cavalier rouge a été inscrite par Anicet Atangana (87e). Grâce à cette victoire de suite, les Gabelous demeurent aux commandes de la Ligue 1. En déplacement à Bobo-Dioulasso, sa dauphine, l’AS SONABEL, s’est également imposée face à RAHIMO FC par la plus petite des marques grâce à une réalisation de Yves Junior Koutiama (1e). Même score en faveur de Vitesse FC dans son opposition face à l’Union sportive des forces armées (USFA). Le but des Guépards d’Accart-ville est signé Tidiane Bagayan (38e). Dans sa réception au stade municipal de Ziniaré, le SC Majestic est venu à bout du Racing club de Bobo (RCB) par la plus petite des marques. Grâce à cette victoire de suite, l’équipe de Amado Traoré demeure toujours sur le podium. Après son nul à la dernière journée, KOZAF enregistre sa 3e victoire de la saison. Face à Royal FC, l’équipe du président Kassoum Ouédraogo dit Zico a pris le dessus en s’imposant 1 but à 0. Malgré cet exploit, KOZAF demeure toujours la lanterne rouge mais désormais à deux longueurs des Tigres de Diarradougou. Au stade Wobi, l’ASFB est tombée (0-2) face à SALITAS FC. Enfin, Sporting FC, réduit à 10 depuis la première période, a battu (1-0) le Rail club du Kadiogo (RCK) sur le terrain du centre technique de la FBF. Au sortir de cette journée, seulement 12 buts ont été inscrits avec 8 victoires dont 4 à l’extérieur.

Ollo Aimé Césaire HIEN


Tous les résultats de la journée

USFA # Vitesse FC : 0-1

EFO # ASFA-Y : 1-0

RAHIMO FC # AS SONABEL : 0-1

SC Majestic # RCB : 1-0

KOZAF # ROYAL FC : 1-0

RCK # Sporting FC : 0-1

AS Douanes # ASEC-K : 3-1

ASFB # SALITAS FC : 0-2

 

Reconquête du territoire : les Eaux et Forêts se réorganisent pour plus de résultats

Une session extraordinaire de la Conférence annuelle du personnel des eaux et forêts sur le thème : « Sécurisation des massifs forestiers et reconquête du territoire national, quelle réarticulation du dispositif du cadre paramilitaire des eaux et forêts ? » s’est tenue, mercredi 24 avril 2024, à Ouagadougou.

Environ 2 mois après la dissolution de l’Unité spéciale d’intervention des eaux et forêts, le 28 février dernier, l’heure est à la réorganisation de ce corps paramilitaire. Le ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement a organisé, à cet effet, la première session extraordinaire de la conférence annuelle du personnel des eaux et forêts, mercredi 24 avril 2024, à Ouagadougou. Au sein de ce cadre d’échanges institutionnelle, les forestiers ont été invités à se pencher sur le thème : « Sécurisation des massifs forestiers et reconquête du territoire national, quelle réarticulation du dispositif du cadre paramilitaire des eaux et forêts ?». Le ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, Roger Baro, a rappelé que c’est à la suite d’une recommandation de la 1re conférence annuelle du personnel des eaux et forêts que ce corps a réaménagé son dispositif opérationnel en force combattante. Cela s’est traduit par la mise en place de 3 entités à savoir, les Cantonnements forestiers, l’Unité spéciale d’intervention des eaux et forêts et la Brigade régionale des eaux et forêts et les Brigades régionales de l’environnement, des forêts et de la faune. « Ce dispositif a connu un changement majeur à la suite de la dissolution de l’Unité spéciale. Cette nouvelle situation appelle à une réorganisation des eaux et forêts afin que ce corps continue à apporter sa contribution à la reconquête du territoire et la sécurisation des massifs forestiers », a-t-il poursuivi. Il a exhorté les participants à la rencontre à réfléchir sous l’angle des solutions afin de tirer les enseignements de la dissolution de l’Unité spéciale en se projetant sur l’avenir.

Une situation peu reluisante

Le ministre en charge de l’environnement, Roger Baro : « la dissolution de l’Unité spéciale appelle à une réorganisation des eaux et forêts afin que ce corps continue à apporter sa contribution à la reconquête du territoire et la sécurisation des massifs forestiers ».

« Il faut réfléchir pour trouver un nouveau dispositif qui va nous permettre de contribuer à la reconquête du territoire, à la consolidation des zones conquises notamment, les massifs forestiers et contribuer à la mise en œuvre de la politique nationale en matière de foresterie et de flore », a ajouté le ministre Baro. La situation des aires protégées est peu reluisante, si l’on en croit le chef du département en charge de l’environnement. « Les massifs forestiers sont actuellement envahis par les groupes terroristes et constituent pour ces derniers des repères, des refuges et sans doute des sources de revenus économiques à travers l’organisation du grand braconnage, du pâturage, de l’exploitation minière, etc. », a-t-il relevé. Il faut noter que cette menace vient s’ajouter aux pressions classiques telles que le braconnage, l’exploitation illégale du bois et des ressources halieutiques, le surpâturage, l’exploitation minière artisanale et anarchique et les empiètements agricoles. Le Directeur général des eaux et forêts, chef de corps Barnabé Kaboré, a remercié les représentants des Forces de défense et de sécurité ainsi que les personnes ressources pour leur contribution aux débats. Il a souligné que la conférence annuelle des eaux et forêts est consacrée par l’article 203 de la loi 063/2015/CNT du 15 septembre 2015 portant statut du cadre paramilitaire des eaux et forêts. Elle est un organe de concertation et de gestion participative relative aux questions importantes pour les eaux et forêts. « La diversité et la qualité des participants augurent des échanges francs qui déboucheront sur des solutions dont la mise en œuvre permettra d’assurer la reconquête des massifs forestiers et la reconquête du territoire national », a conclu Barnabé Kaboré.

Nadège YE