Après avoir bombardé sans discontinuer l’Iran avec un « tapis de bombes » l’année dernière avec le soutien des B52 américains, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, s’est rendu à l’évidence. Son objectif ultime dans le Golfe persique, à savoir la destruction totale du programme nucléaire iranien, est loin d’être atteint. Pire, ce pays dispose de missiles balistiques de très longue portée, capables de faire mal à l’Etat hébreu en cas de guerre ouverte entre les deux pays.
Car, et malgré la guerre des chiffres qui a suivi la dernière confrontation entre Israéliens et Iraniens, on s’est rendu compte que Israël a perdu beaucoup plus de ses compatriotes que lors de toutes les guerres avec le monde arabe depuis sa création en 1948. Des chiffres qui ont heurté la conscience nationale en Israël alors que de nombreuses affaires judiciaires pendent au nez de Netanyahou.
Il lui faut donc coûte que coûte terminer le travail, et, dans l’état actuel des forces en présence, seul un appui conséquent des USA peut le lui permettre. Il a donc agité « l’épouvantail » Trump qui a constaté que le sable persan pouvait être très mouvant pour lui, au point qu’il parle de nos jours « d’accord possible » avec le régime de Téhéran.
Pour cause, l’équation apparaît simple et complexe à la fois étant entendu que c’est le statut de Jérusalem et la création d’un Etat palestinien qui constituent les points d’achoppement.
Un problème culturel et philosophique qui demande une réponse intelligente loin de la politique du muscle actuelle. Car, à ce jeu personne ne sortira vainqueur en raison de l’équilibre de la terreur qui tend à s’installer. L’Iran a dit être ouvert à toutes les éventualités y compris une riposte musclée contre des intérêts américains en cas d’attaque. Une hypothèse qui embraserait le monde entier avec des conséquences insoupçonnées. Les jeux sont loin d’être faits dans ce poker menteur qui s’apparente de plus en plus à la roulette russe. Avec cette fois-ci cinq balles au lieu d’une seule dans le barillet.
En fait, Trump est contraint à la reculade non seulement du fait de la force des Iraniens, mais aussi en raison d’une conjoncture politique nationale défavorable pour lui. Son coup du Venezuela ayant tourné à la tragi-comédie avec le reniement de sénateurs de son propre camp, et les Européens étant peu enclins à lui déplier le tapis rouge au Groenland, le président américain craint pour sa destitution par les institutions républicaines du pays très pointilleuses sur le respect de la constitution. Or, Trump a violé celle-ci en « débarquant » au Venezuela sans en avertir la Chambre des représentants, un « crime de lèse-majesté » qui lui a valu des critiques acerbes.
Avec une économie qui porte les stigmates de la perte d’influence en Amérique latine et un endettement croissant vis-à-vis de l’extérieur et de la Chine en particulier, on comprend l’« amour » soudain de Trump pour l’Afrique, contrairement à son premier mandat. Après avoir été briefé par les milieux bancaires et financiers sur l’immense potentiel du continent, le voilà plus « africanophile » que quiconque au point de vouloir « jeter » son allié rwandais pour s’occuper lui-même du coffre-fort congolais. Mieux, il lorgne désormais du côté de l’ouest africain en misant sur son poulain Tinubu comme cheval de Troie.
Boubakar SY






