
Les fidèles musulmans du Burkina entament, ce mercredi 18 février 2026, le jeûne du Ramadan. Pendant cette période de pénitence, le Dr Mohammad Ishaq Kindo, président du conseil des Oulémas du mouvement Sunnite du Burkina invite les fidèles musulmans à multiplier les actions de solidarité et à prier pour la paix dans le pays.
Sidwaya (S) : Qui est habilité à faire le jeûne musulman ?
Dr Mohammad Ishaq Kindo (M.I.K.) : Le jeûne est l’un des cinq piliers de l’islam. C’est une période au cours de laquelle, le musulman doit s’abstenir de manger, de boire et d’entretenir des relations sexuelles du matin au soir. C’est une obligation dans le mois du Ramadan dont le but est de permettre à celui qui jeûne d’avoir la crainte de Dieu. Tout musulman en âge de puberté, qu’il soit homme ou femme doit pratiquer le jeûne, s’il est en bonne santé. Une femme en période de menstrues ou une personne qui est en voyage peut ne pas jeûner comme le conseille l’islam. Mais, il lui est recommandé de faire un rattrapage après. C’est un engagement qui procure la bénédiction au fidèle s’il obéit à toutes les règles. Sans excuse valable, ne pas respecter le jeûne constitue un pêché pour le musulman.
S : Comment le musulman doit se préparer pour affronter cette période de jeûne ?
M.I.K. : Il est recommandé selon la parole du prophète Mohamed Paix et salut sur lui (PSL), de percevoir la lune avant de commencer le jeûne. Le cas contraire, il est conseillé de boucler les 30 jours du mois en cours avant de jeûner. Tout musulman doit contribuer d’abord à rechercher la lune. Même si un seul musulman digne de confiance dit qu’il a perçu la lune, les musulmans peuvent entamer le jeûne. Au contraire pour la fin du jeûne, il faut que deux personnes dignes de confiance disent l’avoir perçue pour qu’on fête le ramadan. Passée cette étape, chaque musulman doit prendre un engagement de jeûner pendant les 30 jours, s’il est en bonne santé. Il doit en outre se préparer à abandonner les mauvaises habitudes.
Il doit éviter de faire du mal, de prononcer de mots maladroits, de trahir. Il doit être plus prudent et surtout éviter tout le mal. Rien ne sert de se priver de la nourriture si le musulman continue de faire du mal. C’est un moment pour celui qui jeûne d’apprendre à pardonner. Même si quelqu’un le provoque, il ne doit pas riposter. C’est un moment d’éducation, de redressement du fidèle musulman. Pour réussir, il doit simplement s’éloigner des vices de la société, notamment dans ses propos, son regard. Cette période est une formation qui permettra au fidèle musulman d’adopter de bons comportements, d’être généreux, de pardonner, d’éviter de faire du mal.
S : Est-ce que la pratique du jeûne exige du musulman, des moyens financiers ?
M.I.K. : Le prophète Mohamed a dit : Avant de débuter le jeûne, le musulman doit manger et pour rompre, il doit manger. Cependant, même si le musulman ne gagne pas à manger, il peut néanmoins se mettre dans le jeûne. La rupture également peut se faire avec de l’eau simple. Dans ce dernier cas, si au cours de la journée, la personne estime que la faim peut lui porter un préjudice sur la santé, l’islam l’autorise à rompre mais avec une obligation de rattraper après.
S : Qu’en est-il de ceux qui, au cours de la période abusent trop avec la nourriture, lors de la rupture ?
M.I.K. : Il faut sensibiliser les gens sur cet état de fait. L’objectif du jeûne est de permettre au musulman de réduire la nourriture qu’il consomme. Réduire sa consommation présente même des avantages pour le jeûneur sur le plan de sa santé. Malheureusement, le constat est que certains abusent surtout lors de la rupture. Il y a des gens qui mangent plus pendant la période du jeûne que d’ordinaire. Le paradoxe est que d’autres mêmes prennent du poids. Pendant ce temps, leurs proches n’ont rien à manger. Il est recommandé d’être plus généreux et de faire du bien à ses proches. C’est une période de pénitence. Au temps du prophète (PSL), il n’a jamais gaspillé la nourriture. La rupture se faisait juste avec des dattes et de l’eau.
S : Est-ce que le musulman en jeûne peut offrir son sang ?
M.I.K. : S’il s’agit d’un prélèvement pour effectuer des examens, cela ne gâte pas son jeûne. Mais s’il veut offrir son sang en quantité pour sauver un malade, il doit simplement rompre avec une obligation de rattraper. Dans le même ordre, s’il est en jeûne, il ne doit pas non plus recevoir une transfusion sanguine. Dans tous les cas, les prescriptions prévoient des circonstances atténuantes pour ces cas d’urgences : rompre le jeûne tout simplement avec un engagement de rattraper.
S : Quels conseils avez-vous à prodiguer aux fidèles musulmans pour qu’ils réussissent leur jeûne ?
M.I.K. : Nous invitons tous les musulmans à s’engager à fond, afin de récolter les bienfaits de ce moment de pénitence. Au cours du mois, il y a une des nuits qu’on appelle nuit du destin. Les bénédictions de la seule nuit équivalent aux bénédictions de 83 ans pour le musulman. Cela appelle le fidèle à être fier de la période et à implorer Dieu pour qu’il le bénisse. C’est un mois de bénédictions, de bienfaits qui recommande à tous, des efforts pour en profiter. Il lui faut être plus généreux, ensuite faire plus de bien dans son entourage. Pour preuve, c’est le moment durant lequel, le prophète multipliait ses actes de générosité.
Le Burkina Faso est dans un contexte particulièrement difficile, avec plus de personnes vulnérables. J’invite donc, les Burkinabè à multiplier les actes de solidarité pour soulager ceux qui sont dans le besoin. J’invite les dirigeants des mosquées à prendre des dispositions et à mieux s’organiser pour que les prières se passent dans de bonnes conditions. Nous devons donc prier pour que Dieu, le Tout puissant accomplisse nos vœux et apporte la paix au Burkina.
Adama SEDGO





