Le Burkina Faso a commémoré, ce 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes. Cette journée en mémoire des luttes historiques des femmes pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, constitue à la fois un moment de réflexion et d’engagement collectif en faveur de la dignité et de l’autonomisation des femmes, avec une forte dose de festivités de diverses natures.
Mais au pays des Hommes intègres, les éditions 2025 et 2026 ont pris une tournure particulière. En effet, dans la dynamique nationale de refondation portée par la Révolution progressiste populaire (RPP) impulsée par le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, la célébration du 8-Mars rime désormais avec travail, production et investissements au profit des femmes. Autrement dit, un 8-Mars qui traduit la volonté politique de placer la femme au cœur du développement national et de la reconstruction du Burkina Faso.
C’est dans cet esprit que plusieurs initiatives structurantes ont été engagées à travers le pays pour renforcer l’autonomisation économique des femmes. A l’occasion de cette commémoration, des périmètres maraîchers modernes ont été aménagés et remis aux organisations féminines à Gaoua dans la région du Djôrô, à Dori dans le Liptako, à Poédogo dans le Yaadga, à Komtoèga dans le Nakambé et à Tiakané dans le Nazinon. Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité d’une première expérience qui s’est avérée concluante avec les femmes du village de Zongo à Loumbila, l’année dernière.
Fort du succès de cette phase pilote, le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a décidé d’étendre progressivement le programme à toutes les régions afin de faire de l’autonomisation des femmes, un véritable levier de développement local et national. Dans son message adressé aux femmes, il s’est également engagé sur deux autres volets, à savoir la transformation à petite échelle des produits locaux par les femmes et l’orientation des jeunes filles vers l’enseignement technique et professionnelle pour moderniser les outils de transformation de ces produits locaux.
Au-delà de l’appui économique, la commémoration du 8-Mars 2026 est marquée par un important volet de réflexion. Dans plusieurs régions, les coordinations régionales des organisations féminines ont organisé des conférences et cadres d’échanges sur la place de la femme dans la famille et dans la nouvelle société burkinabè en construction. Ces rencontres offrent l’occasion de débattre du rôle des femmes dans la promotion du vivre-ensemble, de la paix, de la cohésion sociale et de la reconquête du territoire dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et humanitaires. Cela est d’autant plus capital que les femmes burkinabè demeurent des piliers de la résilience nationale.
Dans les familles, les communautés et les activités économiques, elles incarnent une force silencieuse mais déterminante, nourrissant les ménages, éduquant les enfants, soutenant les efforts de solidarité et participant activement à la reconstruction du tissu social.
Dans cette perspective, le thème national de cette année : « Bâtir une paix durable au Burkina Faso : quelle contribution des femmes et des jeunes filles à la promotion du vivre-ensemble ? », prend tout son sens. Il rappelle que la paix et le développement ne peuvent être durablement bâtis sans la participation pleine et entière des femmes, comme pour apporter de l’eau au moulin du Président Thomas Sankara qui disait : « Concevoir un projet de développement sans la participation de la femme, c’est de se servir des quatre doigts de la main, alors qu’on en a dix ».
Toutefois, ces opportunités offertes par le gouvernement doivent être pleinement saisies afin que, dans la discipline et avec un esprit collectif, les femmes puissent produire de la richesse, renforcer la sécurité alimentaire et améliorer les conditions de vie des familles comme l’ont prouvé les femmes de Zongo. Le défi reste donc de s’approprier ces acquis, transformer ces opportunités en réussites et occuper pleinement la place qui est la leur dans la construction du Burkina Faso nouveau.
Par Assetou BADOH






