
Le nouveau ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, Moumoni Zoungrana, a rencontré, le vendredi 6 février 2026, la communauté éducative, respectivement à Koupéla et à Tenkodogo dans la région du Nakambé pour une prise de contact.
Près d’un mois après son entrée au gouvernement, le Ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique (MESFPT), Moumouni Zoungrana, est sur le terrain pour une prise de contact avec le personnel déconcentré de son département. Le vendredi 6 février 2026, après Zorgho, dans la région d’Oubri, il a rencontré les acteurs de l’éducation de Koupéla et de Tenkodogo, dans le Nakambé. Dans la cité de Zoungrantenga, le nouveau ministre a été sans langue de bois avec la communauté éducative de Tenkodogo, lors de cette première sortie.
« J’ai le devoir de vous parler, les yeux dans les yeux », a-t-il dit. Puis, il a demandé aux participants aux échanges de ne pas tenir compte de son parcours scolaire, académique et professionnel. « Je ne fais pas la confusion entre la réussite de ma carrière professionnelle et celle de la mission qui m’a été confiée. Le CV ne veut rien dire sans vous », a-t-il fait observer. Moumouni Zoungrana a ensuite surfé sur l’esprit de famille pour réussir sa mission. « Je suis venu, parce que je suis l’un de vous. Je suis venu parce que je crois en l’éducation. L’oiseau a beau voler, il va revenir sur terre. Ma famille, c’est ici. Vous avez votre frère. Si vous le laisser dans la nature, moi je n’ai rien à dire », a-t-il déclaré.
Puis, il a pris l’exemple sur lui-même : « Je suis ministre. Je donne toujours des cours. Je participe aux encadrements et aux soutenances », avant d’ajouter : « quoi qu’il en soit, nous devons travailler ensemble ». Cela requiert, à son avis, un changement d’état d’esprit. « Je veux que s’il y a victoire, qu’elle soit collective », a-t-il poursuivi. « Nous voulons un changement radical », a-t-il affirmé. Dans ce sens, il s’est dit persuadé que ce changement aura lieu à condition que les bons leviers, dont l’éducation, soient activés.
« Etre justes et équitables »
Il s’est dit d’autant plus convaincu que le Président Ibrahim Traoré a pris l’éducation comme étant le pilier central de sa gouvernance. « Je suis venu vous demander d’être en ordre de bataille. Avec la dynamique actuelle, je suis convaincu que des gens vont quitter leur pays pour venir chercher de l’emploi au Burkina », a-t-il affirmé. Le ministre de l’Enseignement secondaire s’est également adressé à tous ceux qui assument une responsabilité administrative quelle qu’elle soit. « Je demande aux proviseurs d’être les responsables de la famille dans leur établissement, même si vous n’avez pas les solutions aux problèmes posés », a-t-il conseillé.
Il a dit aussi aux responsables régionaux et provinciaux d’avoir la même attitude. « Je demande aux responsables impliqués dans les examens d’être justes et équitables. Choisissez les hommes qu’il faut à la place qu’il faut », a-t-il supplié. Puis avec le cœur, il a lâché : « ce que je veux, c’est que nos enfants ne traversent plus la méditerranée pour aller être traités de voleurs, de violeurs, de tous les maux d’Israël ».
A peine a-t-il fini son intervention que les préoccupations se sont succédé les unes après les autres. Le représentant des établissements privés veut un accompagnement financier et la formation continue de leurs enseignants. Celui des partenaires sociaux plaide pour les enfants des enseignants tombés du fait de terrorisme comme pupilles de la Nation alors que le corps enseignant veut savoir à quand le Bac UEMOA. Un autre souhaite l’institution d’une indemnité.
Un Bac, un emploi
En réponse, le ministre Zoungrana a fait savoir qu’il va être difficile d’accompagner financièrement des structures quoique l’éducation soit un tout. Il a souligné que pour la conférence pédagogique des enseignants du public, cela coûte plus de 3 milliards F CFA au budget de l’Etat, a fortiori si l’on adjoint ceux du privé. En ce qui concerne les pupilles de la Nation, Moumouni Zoungrana a indiqué que le ministère en charge de la solidarité recense toutes les victimes. « Si vous avez des cas, faites-le savoir », a-t-il dit.
S’agissant du Bac UEMOA, il a laissé entendre que le Burkina veut un Bac qui permet aux lauréats d’avoir un emploi. « Au moment où des gens cotisent se soutenir, certains donnent de leur salaire pour le pays. Je vais aller en Conseil des ministres dire : nous, on veut des indemnités. Je vais ressembler à quoi ? », a-t-il questionné avant d’ajouter : « je vous aime bien. Mais le moment n’est pas propice ».
Plus tôt à Koupéla, dans un échange empreint de convivialité, le ministre chargé de l’Enseignement secondaire a encouragé l’ensemble des acteurs du monde éducatif secondaire pour le travail qu’ils accomplissent au quotidien et leur a surtout fait part de la nouvelle vision de son département. Ce cadre d’échanges a permis au premier responsable chargé de l’enseignement secondaire du Kourittenga, Dieudonné Belemsigri et d’autres acteurs du domaine, d’étaler les difficultés auxquelles font face les établissements secondaires de la province.
« A travers cet échange avec le ministre, nous sommes convaincus qu’il y aura beaucoup d’investissements pour que l’éducation soit ce socle sur lequel, nous allons bâtir notre avenir », a laissé entendre le directeur provincial. A cet effet, le ministre a rassuré les enseignants de sa disponibilité de travailler à minimiser les difficultés dans ce domaine. « Je connais les difficultés que vous traversez, car j’ai été aussi enseignant et j’ai du respect pour vous qui êtes sur le terrain. Je suis là pour vous servir et je souhaite que nous travaillions main dans la main », a-t-il ajouté.
Anselme KAMBIRE
Silga Amédée





