L’offensive communicationnelle !

La communication est la clé, dit-on souvent, pour exprimer le rôle important qu’elle joue dans la vie des hommes, dans nos sociétés. Mais, comment communiquer et sur quoi communiquer ? Comme toute serrure, il faut utiliser la bonne clé. Mais communiquer, ce n’est pas que parler, crier et même piailler sur tous les toits son avis, son ressenti. Souvent, les mots sont des maux quand ils portent la mauvaise intention. C’est curieusement renversant de voir que des hommes intelligents mettent leurs connaissances au service de la désinformation, de la manipulation et de la promotion du chaos.

Depuis que les réseaux sociaux sont devenus un fourre-tout de cas sociaux, notre société est en péril ; le péril de l’autodestruction, l’écroulement de nos valeurs ; le troque de l’humanité contre l’animosité dans toute sa bestialité. C’est ainsi que le sourire de la haine est parfois plus beau que le regard sincère de la colère vraie ; l’hypocrisie a fini par s’ériger en personnalité. On peut se cacher derrière les touches d’un clavier pour détruire le monde et espérer en un lendemain meilleur en enfer. Il suffit de cliquer pour tout faire basculer et même renverser le cours des choses.

Il suffit de liker pour valider même les plus grandes bêtises du moment. Nous sommes dans le sensationnel, ce monde n’a plus besoin de rationnel. Il est infesté de sentinelles aux doigtés parfois criminels, inventeurs de fausses nouvelles et prédicateurs d’apocalypse. Pour ces accrocs au service de la désinformation, à défaut de construire le Faso, il faut travailler à dénier le réel, à tout balayer du revers de la main et à même souhaiter que le pire l’emporte sur les efforts consentis.

Le Burkina Faso s’est polarisé ; il y a ceux qui prient de tout cœur pour que la paix revienne et il y a ceux-là dont le seul rêve est de voir leur propre patrie sombrer avec ceux dont ils ne sont pas en odeur de sainteté. Le mal est profond, la rancœur se porte bien, la gangrène est entretenue au frais ou au chaud dans l’intimité des cœurs blessés ou joyeux.
La révolution ne peut pas plaire à tout le monde ! Aucune révolution n’a fait l’unanimité, malgré la qualité de la mentalité qui en découle.

La révolution ne plaît pas, parce qu’elle bouscule tout sur son passage ! La Révolution dérange parce qu’elle ne se conforme pas aux vieilles habitudes et marche parfois sur les convenances avec une certaine audace. C’est drôle de voir certains peindre tout en noir en prévoyant le fatidique bigbang de la fin fatale. C’est dommage de voir le fossé s’agrandir sans que les esprits ne prennent de la hauteur. Mais le constat est là ; patent et flagrant, le reste n’est qu’une question d’acuité visuelle, d’honnêteté intellectuelle et de pragmatisme.
Bref, il suffit de bien regarder les circonvolutions de la révolution en termes de réalisations pour faire preuve de pondération. Il suffit de jeter un coup d’œil sans complaisance autour de soi et à travers les chiffres du réel pour se raviser.

C’est pourquoi, il faut continuer à communiquer par l’action et les faits pour donner l’information juste et renforcer le capital-sympathie de cette Révolution. Il faudra aussi avoir le courage de sanctionner même dans les rangs de cette transition pour brandir la bonne foi et montrer patte blanche. Il faudra intensifier l’offensive communicationnelle pour montrer au Burkinabè que l’on peut aller en guerre contre l’ennemi et contre une partie de soi-même sans sacrifier son intégrité ; sans jamais renoncer à l’idéal imprescriptible de l’indépendance vraie. Le statu quo de la divergence fratricide survivra peut-être ; la haine de sang subsistera peut-être, mais le Burkina Faso aura mené le grand et bon combat pour sa libération au nom des génération à venir. Parce qu’aucune révolution ne se trame sans intrigue, sans incompréhension, sans anicroche.

La révolution nous impose parfois ses perceptions par action et par omission ; elle nous impose parfois ses convictions et ses ambitions ; elle force même parfois notre adhésion, parce que la vision pour une nation commande parfois des œillères pour la bonne progression de l’attelage. On ne peut donc pas enclencher une révolution et flirter avec tous les concepts de la liberté dans l’absolu. On ne peut pas être en révolution et prévoir des déviations à la moindre obstruction. Même le révolutionnaire doit être assez discipliné pour marcher dans les sillons de sa propre vision au risque d’échouer. On ne peut pas bouleverser la société sans toucher les mentalités ; on ne peut pas être en révolution et avoir la permission d’aller dans un autre sens que celui de la libération totale des mentalités et des capacités de la Nation.

 

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

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