
L’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique organise un atelier de formation sur les narratifs relatifs aux systèmes alimentaires africains sur le thème : « Comprendre et recadrer les récits alimentaires africains », les 28 et 29 août 2025, à Dakar, au Sénégal, au profit d’une vingtaine de journalistes africains.
Il y a des narratifs dominants dans des médias africains et internationaux qui ne
valorisent pas les systèmes alimentaires africains et qui renforcent la dépendance alimentaire du continent. L’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) veut contribuer à inverser cette tendance. Conformément à cet objectif, elle orga-
nise un atelier de formation sur le thème : « Comprendre et recadrer les récits alimentaires africains », les 28 et 29 août 2025 à Dakar, au Sénégal, au profit d’une vingtaine de journalistes du Burkina Faso, du Cameroun, du Ghana, du Nigéria, de Sénégal, du Togo et de la Tunisie.

D’une manière spécifique, cette session vise à renforcer la capacité des journalistes à analyser de manière critique et à rendre compte des systèmes alimentaires africains au-delà des discours dominants sur l’agriculture industrielle, à identifier et combler les lacunes et les biais dans la couverture médiatique actuelle de la sécurité alimentaire en Afrique. Et ce, en promouvant un récit contextualisé et ancré localement. Elle vise également à renforcer le rôle des médias dans la promotion de la souveraineté alimentaire, de l’agroécologie et des solutions africaines dans le discours public et politique.
Pour atteindre ces objectifs, les journalistes auront droit à plusieurs communications sur
« Les discours que nous avons entendus », « Déconstruire les récits dominants », « Cadrer les récits pour plus d’impact », « Intégrer l’agroécologie et la souveraineté alimentaire dans les reportages médiatiques », « Développement pratique d’une histoire ».
Selon le coordonnateur des systèmes alimentaires à l’AFSA, Andrew Adem, les systèmes alimentaires africains sont à un tournant décisif, car tout le monde veut en assurer le contrôle.
Le rôle central des petits producteurs
Et face à ce risque qui menace la souveraineté du continent, il importe qu’il y ait une prise de conscience collective sur la nécessité pour l’Afrique de contrôler ses systèmes alimentaires et de mettre fin à sa dépendance alimentaire.

Pour M. Adem, les journalistes ont un grand rôle à jouer dans cette mobilisation sociale des citoyens, des politiques pour la souveraineté alimentaire de l’Afrique, la transition agroécologique. Le directeur exécutif de CICODEV Africa, Amadou Kanouté, a salué la tenue de cette session, surtout à la veille du Forum sur les systèmes alimentaires africains, qui se tient, du 31 août au 5 septembre 2025, à Dakar, au Sénégal. Il a rappelé le rôle central des journalistes professionnels pour contrebalancer le discours dominant sur les systèmes alimentaires africains.
L’Afrique ne pourra atteindre sa souveraineté alimentaire en ne mettant pas au centre de ses politiques ceux qualifiés de petits producteurs et qui occupent 95% des terres agricoles, produisent 60% de l’alimentation africaine et emploient 2/3 de la population rurale. La souveraineté alimentaire du continent réside également dans les systèmes semenciers paysans contrairement aux récits dominants, a-t-il ajouté. Ces semences traditionnelles africaines, en plus de répondre aux besoins alimentaires des populations,
sont beaucoup plus résilientes face au changement climatique, a renchéri le chargé de programme à l’AFSA pour l’Afrique de l’Ouest, Famara Diedhiou.
Pour lui, loin d’être des caisses de résonnance des narratifs dominants, les médias africains

devraient avoir une vue large sur les systèmes alimentaires du continent, interpeler les décideurs sur les enjeux y relatifs, tout en leur rappelant la nécessité d’intégrer la perspective agroécologique dans les politiques agricoles.
Les participants à cet atelier, à l’image de la journaliste agricole camerounaise, Odeline Stella Endom, ont salué cette initiative de l’AFSA. « C’est une très belle opportunité qui va nous permettre de mieux documenter nos productions avec des arguments techniques plus précis et vérifiés », a-t-elle confié.
Tout en traduisant sa gratitude à l’AFSA pour l’intérêt pour le journalisme agricole, elle a invité les journalistes africains à rester fidèles à l’engagement en faveur de l’agriculture biologique, de la souveraineté alimentaire. Mme Endom a souhaité qu’à la suite de cette formation, il y ait des productions collaboratives entre journalistes, mais aussi une mise à disposition des moyens pour soutenir les productions de contenus sur les systèmes alimentaires africains.
Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com
(Depuis Dakar, Sénégal)