La situation sécuritaire demeure volatile dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), malgré la signature, en décembre 2025, d’un accord de paix entre le Président Félix Tshisekedi et son homologue du Rwanda, Paul Kagamé, sous une médiation américaine. Les armes continuent d’y crépiter, fragilisant davantage l’espoir d’un retour à la paix, attendu depuis belle lurette. C’est dans ce climat d’incertitude que le mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda voisin, a posé un acte de nature à laisser espérer un début de sortie de crise dans l’Est de la RDC, où il occupe des localités entières.
Sous la pression de Washington, qui n’a de cesse d’appeler à une désescalade, le M23 a consenti à quitter, en ce début de semaine, plusieurs localités de la province du Sud-Kivu, y compris son chef-lieu, Sangé. Le mouvement rebelle retourne à sa position, avant la prise d’Uvira, autre ville du Sud-Kivu, évoquant un repositionnement, un acte de bonne foi dans le cadre du processus de paix. Cette situation tient lieu de revirement important sur le théâtre des combats et intervient étrangement après les sanctions américaines contre l’ancien Président Joseph Kabila, présenté comme un soutien de l’ombre du M23.
La décision de Washington à l’égard de l’ex-chef de l’Etat congolais a-t-il inquiété le groupe rebelle, au point de l’amener à reculer de sa position, ce qui confirmerait du reste ses liens avec Joseph Kabila ? En tous les cas, la posture du M23 surprend agréablement tous ceux qui militent pour un retour durable de la paix dans l’Est de la RDC. Il faut se rendre tout de même à l’évidence, que le chemin à parcourir est encore long pour une pacification de cette partie du pays en proie à l’insécurité depuis quasiment trois décennies.
Le M23 a tissé des racines dans l’Est de la RDC où d’autres localités sont encore sous son autorité, au détriment de l’armée congolaise, équipée mais en manque d’organisation. Il va falloir poursuivre les négociations pour amener ce groupe, qui a repris du service depuis 2021 après une période d’inaction, à libérer les villes occupées et à déposer définitivement les armes. Le défi est de taille, à un moment où un problème de confiance est en train de se poser dans le camp du M23. Le groupe armé commence à mettre en doute la médiation des Etats-Unis, accusés d’être plus tolérant envers le gouvernement congolais, avec qui des accords sur les minerais critiques ont été signés. Cette récrimination pourrait compromette cette nouvelle marche difficile vers la paix, que l’on espère toujours dans l’Est de la RDC.
On en est arrivé à un point où la conquête de la paix est devenue un idéal dans cette partie du pays, mais gardons espoir. Les populations ont tant souffert des affres de cette interminable guerre, qu’il faille mettre tout en œuvre pour pacifier l’Est de la RDC. Au regard des avancées diplomatiques considérables qu’il a pu obtenir sur le dossier, Washington pourrait réussir là où la communauté internationale, dans son ensemble, a échoué. Voir le bout du tunnel dans l’Est de la RDC est bien possible, pour peu que les rebelles et leur supposé parrain, le Rwanda, se résolvent à aller au-delà de leurs intérêts égoïstes, pour privilégier le retour à la paix.
Kader Patrick KARANTAO






