Au cœur des profondes mutations urbaines que connaissent les grandes villes du Burkina Faso, la question de la mobilité demeure un enjeu stratégique majeur. Face à une croissance démographique soutenue, à l’étalement urbain et à la pression accrue sur les infrastructures, l’Etat engage une réforme ambitieuse du transport public. Dans cette dynamique, la Société de transport en commun (SOTRACO) s’affirme désormais comme le pilier de la politique nationale de mobilité, portée par une vision inclusive, moderne et résolument tournée vers le développement durable.
L’acquisition récente de 530 nouveaux bus marque un tournant décisif dans cette dynamique de transformation. Déployés dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité (IPEQ) et du Projet de mobilité urbaine du grand Ouaga (PMUGO), ces nouveaux équipements traduisent la volonté du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, de positionner le transport public comme un pilier structurant de la politique sociale et éducative. A travers le renforcement significatif de la flotte de la SOTRACO, l’Etat répond à un double objectif : faciliter l’accès des élèves et des étudiants aux établissements scolaires et universitaires, et améliorer durablement la fluidité de la mobilité urbaine.
Aujourd’hui, la SOTRACO assure la desserte de plusieurs centres urbains, notamment Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya et Dédougou, avec une extension progressive annoncée vers Banfora, Kaya, Tenkodogo, Koupéla, Fada N’Gourma, Gaoua et Manga, et à terme d’autres localités. L’ambition est claire : offrir une alternative crédible au transport informel, réduire les coûts de déplacement pour les ménages et garantir un service public de transport fiable, sécurisé et économiquement accessible. Pour les populations urbaines confrontées aux embouteillages et aux contraintes quotidiennes de déplacement, le transport collectif s’impose ainsi comme une réponse concrète, durable et adaptée aux besoins.
Cette montée en puissance s’accompagne d’une réforme majeure de la gouvernance de l’entreprise. En portant son capital de 800 millions à 5 milliards de francs CFA, détenu à 100% par l’Etat burkinabè, la SOTRACO consolide son statut d’entreprise publique stratégique. Cette consolidation financière renforce sa capacité d’investissement, accroit son autonomie opérationnelle et lui offre les marges nécessaires pour engager des réformes internes structurantes.
Un maillon essentiel de la construction des villes
Elle ouvre également la voie à une structuration plus rigoureuse des services, avec un accent particulier sur la planification des lignes, la maintenance préventive, la modernisation des équipements et, à terme, la digitalisation des systèmes de billetterie et d’abonnement.
La dimension sociale de cette initiative reste l’un des points centraux de la vision gouvernementale. En rapprochant les élèves et les étudiants de leurs établissements, le transport public contribue à réduire les inégalités d’accès à l’éducation. Pour de nombreux ménages, le bus s’impose comme une solution fiable, sécurisante et financièrement accessible. Cette amélioration de l’offre participe à la lutte contre l’absentéisme scolaire, à la réduction des risques liés aux déplacements et à la structuration d’un cadre de mobilité adapté aux jeunes apprenants. Ainsi, la mobilité devient un facteur clé de cohésion sociale et d’égalité des chances.
Au-delà des enjeux sociaux et éducatifs, la SOTRACO s’affirme comme un acteur de la transition écologique. La mise en circulation de bus modernes contribue à réduire l’usage excessif des moyens de déplacement individuels, à limiter les émissions de gaz à effet de serre, à diminuer les accidents de la route et à optimiser la gestion des flux urbains. L’entreprise participe ainsi à l’amélioration de la qualité de vie en milieu urbain et à une utilisation plus rationnelle de l’énergie.
Certes, des défis demeurent, notamment la régularité du service, la discipline d’exploitation, la formation continue des agents, l’entretien durable du parc et l’appropriation progressive du transport collectif par les populations. Mais, les bases sont désormais solides pour permettre à la SOTRACO d’assumer pleinement son rôle d’entreprise publique citoyenne, au service du développement urbain.
A travers cette dynamique, la SOTRACO ne se contente plus de transporter des usagers. Elle incarne un véritable projet de société, alliant équité sociale, modernité et durabilité. Instrument d’intégration sociale, levier économique et acteur de l’aménagement urbain, elle s’impose comme un maillon essentiel de la construction de villes plus inclusives, plus fluides et plus résilientes.
En investissant dans la modernisation du transport public, l’Etat fait le choix d’une mobilité au service du progrès. Chaque bus mis en circulation incarne une vision nationale qui se matérialise : une mobilité améliorée, une éducation renforcée et une société plus solidaire. Un pas décisif vers un Burkina Faso en mouvement.
DCRP/MATM





