Soudan : paix, où es-tu ?

Après près de trois ans d’exil à Port Soudan, le gouverne-ment soudanais, dirigé par Kamel Idris, a officiellement fait son retour à Khartoum, le dimanche 11 janvier 2026. Cette réinstallation fait suite à la reconquête de la capitale, en mars 2025, par les forces loyalistes du général Abdel Fattah al-Burhan au détriment des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dogolo dit Hemedti.

Si le « come-back » de l’exécutif dans la capitale soudanaise marque une étape symbolique pour le rétablissement de l’Etat, la guerre pour le contrôle du pouvoir, qui oppose les deux camps, est loin d’être finie.

Les combats continuent de faire rage au quotidien avec malheureusement leurs lots de morts, de blessés et de déplacés. Des chiffres publiés par des organisations de défense des droits de l’Homme font état de plus de 150 000 morts et de plus de 12 millions de déplacés aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Ces personnes en détresse manquent du minimum vital, alors que l’aide humanitaire n’est pas fameuse. En 2025, seuls
36 % des 4,2 milliards de dollars nécessaires à l’aide humanitaire ont été financés, à en croire l’Organisation des nations unies (ONU).

Autant dire que la situation humanitaire est catastrophique au Soudan, alors que le bout du tunnel n’est pas encore proche. L’armée régulière et les FSR ont juré de s’avoir à l’usure, si bien que les négociations pour la paix peinent à produire des résultats. L’ingérence de pays étrangers, qui pour soutenir les forces loyalistes, qui pour aider les FSR, compliquent davantage la résolution de cette guerre qui a considérablement détruit le Soudan. Des pays comme l’Egypte, la Turquie et l’Erythrée soutiennent l’armée soudanaise, tandis que les Emirats arabes unis appuient les FSR. Les divergences des acteurs régionaux dans ce conflit ne sont pas de nature à faciliter la quête de paix.

Pour un conflit qui a débuté en avril 2023, on espère de tout cœur la fin des hostilités, dans ce pays au lourd passé et dont l’actualité n’est guère ravissante. Depuis son accession à l’indé-pendance en 1956, le Soudan est plongé dans une instabilité sociopolitique qui a sérieu-sement plombé son dévelop-pement et le maintien dans le cercle des Etats pauvres sur le continent. Ce pays a connu de nombreux coups d’état et des guerres civiles dont la série se poursuit avec le combat des généraux en cours.

Tous ces conflits ont contribué à fragiliser et à faire reculer davantage le pays qui est presque au bord du gouffre. Le Soudan, qui vit actuellement au rythme des crépitements des armes, s’apparente à un champ de ruines. Les Soudanais doivent donc travailler à briser ce cycle de violences pour que leur pays ne soit pas condamné à tenir éternellement une mauvaise réputation.

Kader Patrick KARANTAO

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