Commerce illicite: la traque des contrebandiers et des fraudeurs

C’est grâce à ces fouilles minutieuses des marchandises…

La peur du Burkinabè d’acheter et de consommer des produits périmés, avariés ou prohibés sans le savoir se dissipe de plus en plus. Les saisies régulières de ces produits grâce aux actions conjuguées de lutte contre la fraude de la douane, de la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) et de la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) en disent long. Comment se mène cette bataille acharnée sur le terrain pour préserver la santé des Burkinabè et assainir l’économie nationale ? Immersion dans les opérations de controles et de saisies.

Sur l’axe Tenkodogo-Cinkansé, à la sortie Est de la ville de Tenkodogo, le flux permanent des véhicules gros porteurs est perceptible. Nous sommes dans l’après-midi du lundi 23 mars 2026. Il est environ 15h, lorsque nous arpentions l’axe en direction de la cité de Rialé. En ce mois de mars, la chaleur est accablante. A environ 15 km de la ville, des citernes, des cars, des minicars et des remorques sont stationnés en file indienne.

L’on se croirait sur une aire de stationnement. Ces véhicules sont immobilisés pour les formalités douanières au poste de contrôle de la brigade mobile des douanes de Tenkodogo. Les gabelous, sans répit, sont à la tâche : contrôle des documents de transport, des déclarations douanières, des factures commerciales, des pièces d’identité des conducteurs, etc. Tous les véhicules passent au « scanneur » des douaniers afin de détecter la présence d’éventuelles marchandises frauduleuses, prohibées, non déclarés ou des objets de contrebande.

Baquette en fer à la main, un agent contrôleur, l’air serein, transperce des sacs pour s’assurer qu’il n’y a pas d’autres produits dissimulés à l’intérieur. « Que ce soient des camions en partance pour le Togo ou qui en reviennent, ils sont tous fouillés », confie le chef d’escouade du poste de contrôle de la brigade mobile des douanes de Tenkodogo, Constant Bazié. Toutefois, indique- t-il, il arrive que les fraudeurs forcent la barrière. « Immédiatement, le siège est alerté de la situation et des agents interceptent ledit véhicule. Souvent, cela se fait à travers des courses-poursuite », fait savoir le chef de la brigade mobile des douanes de Tenkodogo, Kalifassoro Sanou.

De jour comme de nuit, ces actions se mènent en vue de réduire considérablement la fraude en mettant la main sur les contrevenants. A la direction générale des douanes à Ouagadougou, l’importance des marchandises saisies et entreposées, à l’arrière du bâtiment principal, témoigne de l’ampleur du phénomène. Le 24 février 2026, 19 tonnes de sucre, 6 449 cartons d’huile de moteur, 313 amphétamines, 3 744 cartons de biscuits, 24 kg de chanvres indien y étaient entassés.

A cela, s’ajoute un véhicule rempli de 5 000 plaquettes d’œufs et un autre contenant du cyanure dissimulé dans du clinker, 5 295 bâtons d’explosifs, 1366 cartons de boissons alcoolisées et énergisantes et bien d’autres produits prohibés. La valeur de l’ensemble de la saisie est estimée à 1,062 milliard F CFA. Le constat est le même à la direction régionale de l’industrie, du commerce et de l’artisanat du Nakambé ce lundi 23 mars 2026. Là encore, sont entreposés des produits contrefaits et interdits de commercialisation.

…que les agents de la douane détectent les cas de fraude.

Il s’agit de la cigarette, de la boisson alcoolisée, des pagnes contrefaits, des produits pharmaceutiques, des amandes de karité, des cartons de fil de coton importés, des sachets plastiques. « Ces saisies ont été opérées lors des sorties de terrain sur les axes et dans les marchés », informe le chef de service contrôle par intérim à la direction régionale, Zakaria Badjelle. Le 8 mai 2026 à Koudougou, dans deux entrepôts d’une entreprise, plus de 1 000 tonnes de sel périmé et reconditionné sont saisies par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF).

Déclenchée à la suite d’une dénonciation, l’enquête conduite par le coordinateur national de la CNLF révèle que l’entreprise reconditionne du sel périmé, depuis deux ans, dans de nouveaux emballages, avec des dates de péremption falsifiées qu’elle introduit sur le marché. Ce sel impropre à la consommation servait également de matière première dans la fabrication d’autres épices pour être commercialisées. Il ressort également qu’à l’aide des machines, le sel est broyé et mélangé à d’autres substances chimiques pour en sortir du cube Maggie blanc. Et cela, dans des conditions d’hygiène précaires préjudiciables à la santé des consommateurs.

Le premier contrôle à la frontière

Ces exemples sont légions, témoignant de l’engagement de la douane, la CNLF et la BMCRF dans leur combat contre la fraude pour la protection de la santé des consommateurs et l’amélioration du climat des affaires et de la mobilisation des recettes nationales. En effet, la lutte contre la fraude commence depuis les frontières. Du poste juxtaposé de Cinkansé au bureau des douanes de deuxième catégorie de Dakola, il ressort que les contrebandiers dissimulent de diverses manières les produits prohibés ou avariés dans des contenants des marchandises.

Autre stratégie, ils empruntent des pistes détournées pour traverser les frontières par des moyens divers. « Les frontières sont un peu poreuses. On ne peut pas sécuriser toute la bande », confie le chef de bureau des douanes de deuxième catégorie de Dakola, Laurent Marie Gansoré. Selon lui, lorsque les marchandises arrivent du Ghana, la prise en charge commence par l’identification. Elle consiste à connaitre la quantité et le poids.

« Avec ces éléments, on enclenche le processus de contrôle documentaire pour s’assurer que ladite marchandise répond aux papiers qui vont avec. Ensuite, nous faisons le contrôle physique et les documents sont transmis à un transitaire pour faire la déclaration. On peut avoir une déclaration pour le transit ou une mise à la consommation pour tout ce qui est du produit communautaire.

Ces camions attendent d’être contrôlés au poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé.

Une fois la déclaration faite, un vérificateur est chargé d’étudier le dossier dans le fond avec les documents joints afin de s’assurer de la qualité de la marchandise », explique-t-il. Ainsi, munis de techniques et de savoir-faire, doublé d’un flair, le vérificateur inspecte les coins et recoins du moyen de transport en vue de s’assurer qu’il n’y a pas de produits de fraude. Passer toutes ces étapes, le camion est mis sous balise. Ce dispositif, fait-il savoir, est satellitaire et permet de suivre la marchandise pendant son transit.

« On peut le suivre en temps réel pour connaître sa position et savoir s’il y a de la manipulation en cours de route ou pas », renchérit M. Gansoré. Ainsi, les marchandises peuvent être dédouanées à Dakola ou à Cinkansé. Il explique que le dédouanement dans les bureaux frontaliers concerne les produits de grande consommation, notamment le riz, l’huile d’une certaine quantité. En ce qui concerne les marchandises venant de la Chine, des Etats-Unis ou de l’Europe, les droits sont payés dans les bureaux intérieurs comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Pour le directeur de la surveillance du territoire, Tégawendé André Zagré, le suivi satellitaire fait que toutes les marchandises respectent la réglementation douanière. Cependant, lorsque la main est mise sur des produits frauduleux, un procès-verbal de saisie est rédigé et les produits sont stockés en attendant de faire suivre la procédure. « Si on a l’occasion de mettre la main sur le contrevenant, on le transfert à la police pour la suite de la procédure », confirme le chef de bureau adjoint du poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé, Lucien Valéa.

Et, lorsque les documents ne correspondent pas à ce qui est présenté comme marchandise, celle-ci est bloquée jusqu’à ce que lesdits documents soient appropriés. Mais, il peut arriver que des produits fraudés traversent la frontière sans qu’on le sache du fait du flux important. « Par jour, c’est plus de 700 véhicules qui sont contrôlés. Il est donc difficile de tout fouiller », reconnait M. Valéa. C’est le cas au poste de contrôle de Dakola.

« Vu l’importance du trafic, on ne peut pas tout contrôler, mais l’on fait la gestion et l’analyse des risques pour cibler les marchandises qui peuvent être à risque », explique le directeur de la surveillance du territoire, Tégawendé André Zagré.

Sur la plateforme, en moyenne 300 camions par jour qui sont contrôlés. « Mais, on peut atteindre 500 voire 600 camions par jour selon l’affluence », témoigne le chef de bureau des douanes de deuxième catégorie de Dakola, Laurent Marie Gansoré. Toutefois, poursuit-il, si quelque chose leur échappe, le long de la voie, la brigade de ligne et la brigade mobile des douanes font également des contrôles.

En effet, dans un rayon de 10 km d’un poste frontalier, existe une brigade de ligne, en arrière-plan qui veille à sécuriser tout ce qui sort du bureau. Passer cette étape, la brigade mobile prend la relève.

Toujours en alerte

A la brigade mobile des douanes de Tenkodogo, plus de place pour stocker les marchandises saisies. Les trois magasins de la brigade sont pleins. Des centaines de cartons de boissons, des tonnes de sucre, des dizaines de bidons d’huile, des tonnes de sachets plastiques y sont entassés. Des camions toujours chargés de marchandises sont visibles.

C’est le même décor à la brigade mobile des douanes de Manga, dans le Nazinon. Là, en plus des milliers de cartons de boissons alcoolisées stockés dans des magasins, des dizaines de « véhicules kamikazes » sont stationnés. Ce résultat est à mettre à l’actif du renseignement, selon le responsable de la brigade Raymond Bagré. « Nous fonctionnons sur la base des renseignements.

Avec ces centaines de camions qui passent sur l’axe, la fraude peut nous passer sous les yeux. Ainsi, quand on reçoit l’alerte, on fait l’analyse du risque et si des éléments ne concordent pas avec la déclaration, le véhicule est convoyé à la brigade mobile pour des contrôles plus approfondis », détaille Kalifassoro Sanou. Au-delà des principaux axes routiers, les fraudeurs se frayent un passage sur des pistes détournées. « Nous menons la lutte sur ces voies. Il nous arrive de mettre la main sur certains.

Ainsi, de janvier en mars 2026, nous sommes à 13 affaires contentieuses d’un montant d’environ 1,7 milliard F CFA. Ce sont des éléments qui confortent notre position quant à lutter efficacement contre la fraude », rassure Laurent Marie Gansoré. Il explique que

« Déjà, en ce premier trimestre de cette année 2026, plus de 2
milliards FCFA ont été mobilisés », indique le chef de bureau adjoint du poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé, Lucien Valéa.

lorsqu’une une saisie est faite, l’amende est fonction du type d’infraction. Cependant, quand il s’agit de la drogue, des armes, des explosifs, des médicaments, le procès-verbal est fait et le contrevenant est remis à la justice pour suite à donner.

« La fraude est réelle du fait de notre proximité avec le Ghana, car il y a des produits prohibés au Burkina Faso qui ne le sont pas au Ghana. Vu le brassage entre les populations, certaines s’adonnent au trafic de ces produits. Pour la plupart des cas d’embuscade que nous menons, c’est sur renseignement. Le seul bémol est que les fraudeurs ont aussi des informateurs qui leur donnent la position des agents lorsqu’ils sont en mouvement.

Qu’à cela ne tienne, au premier trimestre de l’année 2026, il y a eu une saisie importante de 5 295 bâtons d’explosifs et environ 120 kg de chanvre indien », confie le chef de la brigade mobile des douanes de Manga, Raymond Bagré, ajoutant que l’espace de surveillance de cette brigade va de la zone de Zabré à Sapouy, en passant par Zécco, Dakola, Guiaro et Léo et s’étend sur toute la bande sud du pays.

« Nous demandons l’accompagnement et le soutien constant des populations pour réussir la lutte contre la fraude », souhaite le chef de la Brigade mobile des douanes de Tenkodogo, Kalifassoro Sanou.

Des équipes sont donc reparties sur les différents axes. Pour un bilan d’étape, le directeur de la surveillance du territoire, Tégawendé André Zagré souligne qu’au premier trimestre de l’année 2026, la douane a fait un excédent de 11 milliards F CFA. Cela, soutient-il, grâce à la lutte acharnée contre la fraude pour assainir le marché pour que le commerce légal se porte mieux. Malgré cette lutte, la fraude persiste. Des produits fraudés et impropres à la consommation se retrouvent toujours dans les grandes villes.

La CNLF et la BMCRF dans la danse

A côté de la douane, la CNLF et la BMCRF poursuivent la traque des contrebandiers. Dans les entrepôts, les magasins, les boutiques, les marchés et les yaars, elles dénichent des produits ne respectant pas le prix du marché, ceux périmés ou interdits à la commercialisation.

La CNLF, selon son coordonnateur national, Mohamadi Compaoré, s’investit dans la lutte contre la tromperie des consommateurs, contre l’incivisme fiscal et les produits périmés ou avariés. « Des opérateurs économiques tentent toujours de passer entre les mailles du filet pour ne pas se conformer », relève-t-il. De ce fait, sur la base de renseignements, la CNLF mène des investigations jusqu’à la saisie des marchandises. Les amendes sont fixées en fonction du degré d’infraction.

Elles tiennent compte des dommages que pourraient causer la merchandise sur le plan environnemental, commercial, des taxes douanières et fiscales. « Si le contrebandier reconnait sa faute, le règlement transactionnel peut se faire. Au cas où l’incriminé conteste, le règlement passe à la phase contentieuse. Il est donc remis à la justice pour la suite de la procédure », souligne le coordonnateur national du CNLF. Le combat au premier trimestre de l’année 2026, affirme-t-il, a permis d’encaisser 561 millions F CFA au profit du budget de l’Etat.

Quant à la BMCRF, son combat concerne la veille des prix des produits sur le marché. Dans cette dynamique, les agents des directions régionales en charge du commerce sillonnent les marchés des villages pour le constat. « Nous effectuons des sorties inopinées en vue de veiller à la fragmentation économique, à la lutte contre la fraude, la commercialisation des produits périmés, le contrôle des prix des produits de grande consommation », renchérit le chef de service de contrôle économique et de la répression des fraudes de Manga, Soumaila Lonfo.

Il relate qu’au cours des sorties, les commerçants véreux prennent la poudre d’escampette. Seule la marchandise est saisie. « On n’a même pas l’occasion de connaitre son identité »,

« Les aliments périmés perdent leur valeur nutritionnelle » , précise la diététicienne, Yasmine Zerbo.

regrette M. Lonfo. Par contre, dans les boutiques, le fraudeur est convoqué pour s’expliquer et est amendé. « On l’informe que ladite marchandise est saisie », poursuit le chef de service contrôle par intérim de la direction régionale de l’industrie, du commerce et de l’artisanat du Nakambé, Zakaria Badjelle.

En plus de la croisade de la douane, la CNLF et la BMCRF contre le phénomène, il y a la Ligue des consommateurs du Burkina Faso (LCB) qui travaille à l’éveil des consciences des consommateurs. Pour son président (NDLR : au moment de l’entretien, le 2 avril 2026, Dasmané Traoré, pour réussir la lutte, il faut être exigeant. « On doit avoir cette volonté de vérifier la date de péremption pour s’assurer de la validité du produit.

Aussi, à vue d’œil, on peut détecter un produit sain d’un produit qui ne l’est pas », soutient-il. En cas de produit suspect, informe-t-il, le consommateur appelle sur le numéro vert de la Ligue. Et après vérification, la douane, la police, la gendarmerie, la BMCRF ou la CNLF est saisie sur la présence du produits contrefait sur le marché. « Il revient à l’autorité de faire la saisie ou de le retirer du marché au grand bonheur des consommateurs », rassure le président.

La santé publique en danger

Toutefois, selon M. Traoré, aujourd’hui, la digitalisation vient compliquer la situation du consommateur, tout lui est vendu moins cher sur les plateformes. « Tant qu’il n’y a pas eu une vérification de la qualité de ces produits, nous ne pouvons pas d’emblée dire que le produit n’est pas de bonne qualité. Nous sommes donc obligés, après des plaintes, d’acheter ces produits pour les faire analyser. C’est à l’issue de cela que nous pouvons informer les autorités sur la qualité et celle-ci agit », explique Dasmané Traoré.

Malheureusement, la consommation de ces produits périmés, avariés ou prohibés représente un risque sanitaire majeur. En effet, selon la diététicienne Yasmine Zerbo, les produits périmés peuvent engendrer une intoxication alimentaire avec des allergies chez certaines personnes. « La consommation d’huiles périmées peut entraîner des lésions hépatiques et augmenter le risque de maladie cardiaque et peuvent provoquer des symptômes allergiques », indique-t-elle.

Pour elle, les aliments qui vieillissent perdent leur valeur nutritionnelle, et leur consommation peut également entraîner une carence en certains nutriments, avec des effets à long terme sur la santé. « Manger des aliments moisis peut provoquer des réactions allergiques, des problèmes respiratoires, des dommages neurologiques et produire des substances toxiques pouvant provoquer des maladies graves », poursuit-elle.

Selon le chef de Bureau des douanes de deuxième catégorie de Dakola, Laurent Marie Gansoré, c’est en moyenne 300 camions par jour qui sont contrôlés au poste.

Au regard de tout cela, le directeur général de l’agence nationale pour la sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé, Elie Kabré, estime que les pratiques frauduleuses mettent en échec tous les efforts déployés par les autorités en charge de la santé. « Je suis heureux de voir de quelle catastrophe notre pays est de plus en plus soustrait grâce aux saisies de part et d’autre », apprécie -t-il.

A cet effet, il salue les efforts qui sont faits pour pouvoir mettre hors d’état de nuire ces personnes qui jettent en pâture la santé publique pour le gain. « Nous devons nous mobiliser autour de toutes les forces qui se battent pour notre sécurité physique, mais aussi pour notre sécurité sanitaire », fait comprendre M. Kabré. Estimant que la fraude est en recul au regard des actions menées, il invite à être toujours vigilants, au regard de l’ingéniosité de ses pratiquants.

« Nous devons nous adapter pour pouvoir toujours déceler les irrégularités », conseille pour sa part, Dasmané Traoré. Face à cette gangrène qui persiste, désormais, la douane, la CNLF et la BMCRF présentent les contrevenants à la presse et confisquent les moyens de déplacements en plus de la saisie des marchandises. Une manière pour eux de dissuader d’éventuels fraudeurs à ne pas mener cette activité.

C’est du moins l’appel lancé par un fraudeur de médicaments contrefaits, arrêté le 5 mars 2026 lors d’un contrôle des gabelous à Zorgho. Il a été présenté à la presse le 6 mars 2026. Celui-ci reconnait son tort et demande pardon à la population. « C’était pour moi une occasion pour me faire de l’argent. J’ignorais que cette activité est dangereuse pour la

« Nous faisons régulièrement des saisies et elles concernent principalement les bâtons d’explosifs », confie le chef de la Brigade mobile des douanes de Manga, Raymond Bagré. milliards FCFA ont été mobilisés », indique le chef de bureau adjoint du poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé, Lucien Valéa.

santé des populations. Je promets changer de métier », témoigne-t-il. A cet effet, il lance également un appel à ses coéquipiers de changer de métier qui leur permettra de gagner dignement leur vie en digne Burkinabè.

Même son de cloche pour Boureima Soré, interpelé lors d’un contrôle de prix de la BMCRF, le 13 mai 2026. Pour non-respect des prix du ciment, ce grossiste a été convoqué au siège. Il promet de respecter la règlementation en vigueur et invite ces collègues à arrêter la spéculation autour du ciment. Du reste, la population est aussi invitée à accompagner les acteurs de lutte contre la fraude par des dénonciations de mauvaises pratiques.

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com


Ce que dit la loi en matière de fraude

La loi n°016 du 27 avril 2017 portant organisation de la concurrence au Burkina Faso, régit la liberté des prix, la saine concurrence et la protection du consommateur. Elle a pour objet de préserver et de favoriser la concurrence et de protéger le consommateur. A son article 41, elle stipule que tout vendeur de biens, tout prestataire de service doit, par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur les prix, les limitations éventuelles de la responsabilité contractuelle et les conditions particulières de la vente. L’article 52 interdit à l’importation ou à l’exportation des produits contrefaisants destinés au commerce. Les infractions de la présente loi relatives aux tromperies et falsifications et à la sécurité du consommateur sont punies d’une amende de 500 000 à 500 000 000 F CFA et d’un emprisonnement d’un an à cinq ans ou de l’une de ces deux peines seulement.

F.B.


Un scanner pour renforcer la lutte

En vue de renforcer l’efficacité dans la lutte contre la fraude, il ressort que la mise à la disposition d’un scanner dans les postes de contrôle des douanes serait d’une grande importance. Dans ce sens, le ministère de l’Economie et des Finances, avec l’appui de la Chambre de commerce et d’industrie, prévoit d’installer un scanner au bureau des douanes de 2e catégorie de Dakola, mais qui se fait toujours attendre. Vivement l’installation de cet appareil qui devra faciliter le contrôle des marchandises, contribuer à réduire considérablement la fraude.

F.B.


Un groupe WhatsApp pour stimuler les agents dans la lutte contre la fraude

Un gabelou a créé un groupe WhatsApp en vue de motiver ses collègues à accentuer la lutte contre la fraude. Chaque jour, il diffuse les saisies qui sont opérées. Dans ces publications, il présente les techniques d’opération, stimulant ainsi tous les agents et renforçant leur vigilance. Une manière pour lui d’appeler ses collègues à ne pas baisser la garde dans la traque des contrebandiers qui produit des résultats probants.

F.B.

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