Coopération transfrontalière : le Burkina Faso et le Togo, main dans la main, contre le paludisme

Le ministre de la Santé du Burkina Faso, Robert Lucien Jean Claude Karkougou, a donné le top départ de cette campagne de prévention du paludisme saisonnier.

Les ministres burkinabè et togolais de la Santé ont lancé, le lundi 20 juillet 2026, à Cinkansé, la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier.

Le Burkina Faso et le Togo font front commun contre le paludisme. Le ministre burkinabè de la Santé, Robert Lucien Jean Claude Kargougou et son homologue togolais, Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi, ont lancé conjointement, le lundi 20 juin 2026, à Cinkansé, ville frontalière, la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier. Ils ont admi-nistré, l’un après l’autre, le médicament aux enfants, dans une famille togolaise.

La première phase de cette campagne va du 23 au 26 juillet 2026 et concerne les enfants du 3 à 59 mois. Selon le ministre de la Santé du Burkina Faso, Robert Lucien Jean Claude Kargougou, cette cérémonie traduit la volonté commune de faire de la santé des po-pulations des deux Etats, un véritable levier d’intégration et de développement. Pour lui, le secteur de la santé constitue l’un des piliers les plus solides de la coopération entre le Togo et le Burkina Faso. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la vision des dirigeants des deux pays de placer la coopération entre les Etats africains au cœur de l’action publique.

« Cette vision nous invite à construire des solutions africaines aux défis africains de solidarité, de responsabilité partagée et d’intégration régionale. Nos frontières ne constituent pas les barrières pour les maladies. Elles sont des espaces de vie, de mobilité, d’échanges et de solidarité », a-t-il déclaré.

Pas de passeport pour un moustique

Le ministre togolais de la Santé, Jean Marie Tessi :« un enfant qui va de part et d’autre de la frontière mérite la même attention et la même chance de survie ».

Le ministre Kargougou a souligné que face au paludisme, le Burkina Faso et le Togo partagent le même adversaire, si non le même ennemi. « Ni le moustique vecteur ni le parasite responsable de la maladie ne distingue un enfant burkinabè d’un enfant togolais. Dès lors, notre réponse ne peut être que commune », a-t-il insisté. Le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi, a également indiqué que les frontières, loin d’être des murs, sont des passerelles.

« La maladie ne demande de passeport, le moustique ne connait ni borne frontalière ni poste de contrôle, ni limite administrative », a-t-il fait observer. Pour le ministre Tessi, les réponses doivent aussi être mobiles autant que les populations. Selon lui, la frontière est devenue un espace de protection, et la coopération un instrument de santé publique. C’est pourquoi, il a précisé que le Togo et le Burkina Faso ont choisi d’agir ensemble pour sauver davantage de vies. Il a souligné que le palu-disme demeure dans la sous-région est l’un des défis les plus persistants, les plus coûteux et les plus injustes.

Car, a poursuivi le ministre togolais de la Santé, il affaiblit les familles, perturbe la scolarité des enfants, réduit la productivité des communautés, et arrache, trop souvent, la vie. Pourtant, a-t-il dit, le paludisme n’est pas une fatalité parce qu’il y a des outils efficaces, des stratégies de professionnels de santé et de partenaires engagés. Ce qui faut, à son avis, c’est davantage plus de coordination, d’anticipation et d’intégration des réponses car lorsque les populations vivent, se déplacent et construisent leur quotidien de part et d’autre d’une même frontière, les politiques sanitaires ne peuvent être pensées en vase clos.

Anselme KAMBIRE

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