A Tikaré, dans la province du Bam, région des Koulsé, la reconquête du territoire se conjugue désormais avec le retour progressif des populations dans leurs villages d’origine. Dans cette zone longtemps éprouvée par les attaques terroristes, les forces amies ont uni leurs efforts pour repousser l’ennemi et consolider les positions reconquises. En trois ans, 37 villages et hameaux de cultures ont été réinstallés, tandis qu’une quinzaine d’Engins explosifs improvisés (EEI) ont été désamorcés et une base terroriste de fabrication d’EEI démantelée. Des centaines de terroristes neutralisées. Derrière ces acquis se dessine une autre force : celle des communautés. Vivres, carburant, matériels, corvées et entretiens des axes, les populations apportent leur pierre à la reconquête nationale. De la tanière du Tigre (emblème officiel de la BAC) aux champs retrouvés, en passant par les zones pastorales, Tikaré donne ainsi à voir une symbiose entre combattants et communautés, portée par un engagement patriotique qui accompagne la consolidation et la stabilisation des localités reconquises.
Jeudi 30 juillet 2026. 8h58mn. Nous sommes à la porte de Tikaré, en compagnie des forces combattantes. Un check-point des forces amies immobilise notre véhicule. Nous déclinons notre identité. Un élément lance un coup de fil depuis la base. A l’issue des échanges, il nous cède le passage. L’axe est fluide. Le ciel menace de décharger le contenu de ses nuages.
A l’entrée de la ville, à droite, des ruines du plus grand site de Personnes déplacées internes (PDI) complètement vidé de ses occupants. Plus loin, toujours à droite, même constat. Plusieurs huttes, tentes, maisons en banco, latrines … orphelines de leurs propriétaires. « Nous sommes en réflexion pour les démolir pour qu’ils ne servent pas de nids des personnes mal intentionnées », indique le commissaire du Commissariat de police du district (CPD) de Tikaré, le lieutenant de police, L.K., par ailleurs 2e vice-président de la délégation spéciale.
Les PDI ont tous regagné leurs villages d’origine après quatre années de déplacement forcé. Leurs localités ont été reconquises et stabilisées par les forces combattantes

constituées des éléments de la Brigade anti criminalité (BAC) et du CPD de Tikaré ainsi que des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Tous les sites des PDI érigés dans les six secteurs de la ville sont vides.
« Actuellement, nous avons peu de PDI dans la commune… », confirme le préfet et Président de la délégation spéciale (PDS) de Tikaré, B.N. Selon lui, son département compte 36 villages administratifs dont 30 avaient été déguerpis suite aux attaques terroristes. Actuellement, poursuit-il, 29 villages ont été réinstallés grâce aux efforts consentis par les forces amies et les communautés.
« L’un des villages n’est pas encore réinstallé pour raison de prudence », justifie l’édile.
L’hôtel de ville grouille déjà de monde. Une distribution de vivres en « gestation ». Deux magasins viennent d’être approvisionnés par trois camions-remorques flambants neufs du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR). Une dizaine de camions continuent leur chemin. Destination : Séguénéga, région de Yaadga.
L’espoir de vie renaît dans cette bourgade de 52 262 âmes (2022), reparties sur une superficie de 344 km2. « Nous rendons grâce à Dieu. Avec les actions des combattants, le calme revient à Tikaré, la paix est née et on retrouve le sourire », déclare Benjamin Nikiéma. La majorité des activités ont repris. Le commerce bat son plein. M.S., 50 ans, est polygame de deux femmes et père de dix enfants. Avec la quiétude retrouvée, ce boutiquier mène normalement sa vente de produits divers.
« Il y a trois ans de cela, à chaque instant, on abandonnait nos boutiques pour fuir. Cela est devenu un mauvais souvenir depuis deux années. On part chercher des marchandises à Kongoussi sans problème », se réjouit-il. C’est pourquoi, le cinquantenaire remercie les forces combattantes pour leur sacrifice.
Réouverture des formations sanitaires fermées

Les agents de santé du Centre médical (CM) de Tikaré reconnaissent aussi la combativité des forces amies. « Grâce à elles, nous arrivons à bien mener nos activités. En cas d’urgence, la nuit, elles accompagnaient les patients au CM pour des soins. En cas d’évacuation sur Kongoussi, la nuit, elles escortaient les patients », félicite l’infirmière responsable par intérim du CM, M.S. Aussi, le personnel soignant accorde une attention particulièrement aux combattants blessés ou malades.
La commune dispose de sept formations sanitaires, quelques-unes sont encore fermées. Cette fermeture, selon elle, entraine une pression accrue sur les centres de santé fonctionnels, notamment les maternités. C’est pourquoi, l’infirmière plaide pour leur réouverture rapide.
La Circonscription d’éducation de base (CEB) de Tikaré envisage aussi la réouverture, à la rentrée scolaire prochaine, de ses 26 écoles fermées, selon le responsable du Bureau de statistique éducative (BSE), E.O. Actuellement, 12 écoles publiques sont fonctionnelles dans la CEB. « On a déjà tenu une rencontre avec des personnes ressources des villages réinstallés pour évaluer les impacts des écoles fermées.
Car, la majorité de ces écoles a été saccagée par les terroristes et les intempéries. On a même initié des réhabilitations endogènes, en attendant, l’aide du ministère », rassure E.O. Il se réjouit déjà du fait que sur 396 élèves présentés aux examens du Certificat d’études primaires (CEP), session 2026, 386 ont été admis, soit un taux de succès de 97,47%.
L’activité pastorale est en pleine reconstitution à Tikaré. K.S., 52 ans, polygame (deux femmes) et père de 12 enfants, possède une vingtaine de bovins et une dizaine de petits ruminants. Il a payé un lourd tribut de cette crise, avec 40 ovins embouchés qui ont été emportés par les terroristes.
« Il y a de cela trois ans, il était difficile de pâturer au-delà d’un km de la ville. Aujourd’hui, mes animaux dorment en brousse sans crainte », témoigne-t-il.
Le soleil s’incline … Cap sur le marché de ce village situé à quelques kilomètres de la ville, qui vient de rouvrir ses portes à peine deux mois après trois années de fermeture forcée. C’est le jour de marché.

La plupart des points de vente ont ouvert. L’affluence est de taille. H.G. répare les vélos. Il a regagné son village natal, depuis 80 jours, après avoir trouvé refuge à Rambo en 2023. « Ici, tout se passe bien. La sécurité y est… », confie-t-il. I.O., lui, vend des prêt-à-porter et des rideaux. Il fréquente le marché depuis un mois et est PDI retournée depuis deux mois après un séjour forcé de trois ans à Rouko. « Le marché fonctionne bien. Il n’y a pas de problème. On remercie Dieu. Nous sommes très contents », rassure-t-il, sourire aux lèvres. Un check-point filtre les entrées et sorties du village.
Le crépuscule s’annonce.
Direction : la base de la BAC surnommée : « Ti-n-Zaouâtene », installée à quelques kilomètres de la ville. Nous traversons un autre village. Les enfants jouent au foot.
Guerre pour la souveraineté
A l’approche de la tanière, le combattant Sultan lance l’éclair (ouvre la voie). La QRF (Quick reaction force : force de réaction rapide) est informée. Cette force assure la protection de la base et est l’appui feu des unités en position avancée. 18h54mn. A la base, nous sommes installés sur un lit en bois de deux places et un matelas d’une place. C’est un trophée de guerre après avoir démantelé une base terroriste. Nous apprenons une attaque terroriste déjouée non loin aux environs de 17h.
« Vigilance recommandée, mode combat activé. Restez sur vos gardes, évitez tout déplacement inutile, mettez tous vos échos en mode veille, activez les unités fantômes », lancent les chefs de section, Zoulou et commandant Wourou-Wourou, à leurs unités en position avancée.
Nous passons une première nuit au côté du chef de détachement, Zoulou, à la belle étoile. Toute la nuit, les talkies walkies ne cessent d’émettre et de recevoir des messages. Difficile de fermer l’œil dans cet environnement. C’est pourtant le quotidien de nos braves boys depuis une décennie de guerre pour la souveraineté. Toute la nuit, Zoulou reste scotché à sa tablette qui quadrille sa zone d’intervention et ses radios émetteurs-récepteurs. Notre nuit a été blanche. Le drone d’attaque Akinci (Kaziba) semble troubler la quiétude de l’ennemi en écoutant ses messages interceptés.

Jour 2 ! Vendredi 31 juillet.
Le programme : mission de patrouille et de veille dans les champs de quelques villages réinstallés. Le commandant Wourou-Wourou est le chef d’équipe. Nous nous accrochons derrière son engin. Un VDP prend la tête de la rame. Direction : un premier village. Nous visitons le champ de S.O., 30 ans, multipare de cinq enfants. Elle cultive du sorgho blanc et de haricot sur une superficie d’un hectare. Ses cultures présentent une bonne physionomie. Sourire aux lèvres, elle remercie Dieu et les FDS pour leur réinstallation après quatre années de refuge à Pittenga (Rouko). A un jet de pierre, se trouve le champ de deux hectares de A.O., où il a emblavé du mil et du haricot.
Lui-aussi s’est réfugié à Pittenga durant quatre ans avant de regagner son village depuis trois mois. Cap sur un deuxième village. A.S., 61 ans, est un polygame de deux femmes, avec à la clé onze enfants. Depuis deux mois et demi, il a abandonné ses huttes de fortune érigées à Yirim pour regagner sa terre natale. Daba en main, il cultive du mil, du maïs et du haricot sur environ 1,25 hectare. Lui et sa famille s’attèlent au sarclage des cultures en phase de montaison. « Nous sommes venus un peu tard trouver que l’herbe a envahi nos champs. Et, comme on n’a pas de moyens pour pulvériser, on n’a pas pu exploiter de vaste espaces », fait-il savoir. Regagner son village est déjà un motif de satisfaction. Pour lui, le reste n’est qu’une question de longévité.
« Que Dieu bénisse nos soldats »
M.S., 70 ans, PDI retournée de Téma-Bokin, prête main forte à ses fils dans leur champ d’un hectare où ils emblavent du mil et du haricot. « Ce sont les FDS qui sont venues nous rassurer de revenir que notre village est reconquis… », laisse entendre la septuagénaire, sourire aux lèvres. Elle dit vivre paisiblement depuis ses deux mois de séjour. « Vous avez

troqué vos vies contre les nôtres. Que Dieu vous épargne de la honte », prie la grand-mère, croix au cou, en indexant les éléments de la BAC. Nous traversons un autre village. Ici, l’ennemi avait établi sa base de fabrication des Engins explosifs improvisés (EEI) dans un appartement luxueux d’un fils de la localité, avant d’être neutralisé par le tigre.
Dans cet autre village, les populations ont été réinstallées à quelques jours de la fête de Tabaski après quatre ans de déplacement forcé. A.S., 52 ans et sa famille (une femme et trois enfants) reprennent l’exploitation de leur champ. Pour cette campagne agricole, il produit du haricot et du sorgho blanc sur 1,5 hectare. « Je pourrai désormais nourrir convenablement ma famille », espère-t-il. Son voisin S.S., 40 ans, habite chez lui depuis 75 jours après 36 mois de refuge à Yirim. L’époux de deux femmes et père de six enfants produit du haricot, du mil, du maïs et de l’aubergine sauvage sur un hectare.
Il compte agrandir son champ la campagne humide prochaine et ne tarit pas d’éloges à l’endroit du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré et des forces combattantes.
Dans un village voisin, S.G., 52 ans, possède un champ de trois hectares où il exploite le mil, le haricot et du poids de terre. Pulvérisant les herbes, le monogame de six enfants espère récolter cinq sacs de 100 kg de mil, cinq sacs de 100 kg de haricot et trois sacs de 100 kg de poids de terre.
« Ma famille pourrait désormais manger à sa faim et le surplus sera vendu aux Ouagalais », ironise-t-il, sourire aux lèvres. Il a rejoint son village, il y a de cela 35 jours suite à l’appel rassurant de la sécurité. Il traduit toute sa reconnaissance aux plus hautes autorités. H.G., 45 ans, multipare de six enfants, est en train de semer du haricot et du poids de terre sur son champ d’un hectare. Pour cette campagne humide, sa famille exploite au total sept hectares avec plusieurs spéculations.

« Que Dieu bénisse nos soldats », implore-t-elle, toute joyeuse. Selon le PDS Nikiéma, 99% des populations de Tikaré exploitent leurs champs pour cette campagne agricole. Les doléances de ces PDI retournées se résument à la dotation en semences, engrais, vivres, cheptels, à la réhabilitation des écoles, centres de santé et pompes, au labour gratuit des champs. Le soleil s’incline vers l’horizon. Direction : « Ti-n-Zaouâtene ». Nous passons une deuxième nuit dans les mêmes conditions.
« Activez les unités fantômes… »
Toutes les unités (cobra, zoulou, fantôme) sont supervisées à distance. 2h33mn. « Quelle est la température à vos niveaux », se renseigne un commandant de guerre. « Température stable », réplique un chef de poste.
« Ok ! Restez vigilants et focalisés. Le message est valable à tous les cobra et Zoulou », instruit-il. 5h01mn. « A toutes les unités en place, restez en mode veille. Activez les unités fantômes… », resonne dans les radios émetteurs-récepteurs. C’est l’heure privilégiée de l’ennemi pour attaquer.
6h03mn. Jour 3 ! Samedi 1er août. Mission : patrouille dans un dispositif surnommé : « le Mur de Berlin ou Faso Mêbo » et une supervision de deux postes avancés (Cobra 200 et 210). Le dispositif fait frontière avec les lignes de combat des détachements de Séguénéga et Kongoussi. Nous sortons avec l’équipe d’assaut, QRF, motorisée, armée jusqu’au dent. Le moral est au top. « Un combattant, c’est l’amour. Il faut avoir l’amour de la patrie pour aimer autrui », se convainc Sultan. La supervision consiste à galvaniser les équipes,

remonter leur moral et augmenter le niveau de vigilance, selon le commandant Wourou-wourou. Consignes de départ : moins de communication, vigilance recommandée. Sultan lance l’éclair. En cours de route, des détonations. L’équipe s’immobilise pour inspecter. Il s’agit des manœuvres des unités amies (BIR 8, 14 et 16).
La rame est reconstituée et nous traversons un village. Ici, pendant que les hommes cultivent les champs, les femmes font la lessive à la pompe. Quant aux enfants, ils gardent les troupeaux et font un « barbecue » avec des rats voleurs extirpés matinalement de leurs cachettes. « Cobra 200, pour votre bonne collaboration, pouvons-nous venir vers vous ?», sollicite le chef de la mission. « Affirmatif », réplique le commandant Abeille. Un dispositif sécuritaire est mis en place pour la visite du Mur de Berlin.
« Corrigez l’alignement. Faites le scannage. Occupez les flancs des contacts. Préparez l’obus… », instruit le commandant Wourou-wourou. A l’issue de la visite, il transmet le message d’encouragement de la hiérarchie et des plus hautes autorités du pays. « Bien reçu », répond le chef de poste adjoint, Awoyo. Direction : Cobra 210. Nous demandons, une fois de plus, l’autorisation pour pénétrer sa zone de feu. Ici, le check-point est dirigé par le Sage. Même exercice. Des jeunes guerriers pompés de motivation. Après les échanges, nous rebroussons chemin. En changeant de voie, nous débouchons dans un autre village. Là, tout le monde est préoccupé par les travaux champêtres. Une fois à la base, place au débriefing : pas d’incident.
23 villages réinstallés courant l’année 2026

Dans la tanière du tigre, la cohésion entre les forces force l’admiration. « Il n’y a pas de super combattant ici », indique Zoulou. Une seule famille combat un seul ennemi. « Nous planifions les gardes et les missions de patrouille, de veille et d’infiltration ensemble. La BAC nous a appris les techniques de combat », se réjouit le chef VDP de Tikaré. Même son de cloche pour Zoulou.
« Nous avons de très bons rapports avec les VDP et les éléments du commissariat de Tikaré. Nous sommes tous confondus dans les postes de combat », dit-il. Pour le commandant Wourou-wourou, cette collaboration va au-delà de leur zone d’intervention impliquant certaines forces militaires basées à Séguénéga, Kongoussi, Bourzanga, etc., à travers le Groupement des forces de sécurisation du Nord (GFSN). Cette complicité porte fruit. Au bilan, aux dires du lieutenant Zoulou, 37 villages et hameaux de cultures ont été réinstallés en trois ans, dont 23 villages réinstallés courant l’année 2026, une quinzaine d’EEI désamorcés et une base terroriste de fabrication des EEI démantelée. Des centaines de terroristes ont été neutralisées.
Après la réinstallation, place à la consolidation et la stabilisation des villages. Dans toutes les localités visitées, des postes défensifs sont tenus par les éléments du CPD et les VDP pour éviter toute infiltration de l’ennemi. Le Mur de Berlin, lui, est défendu par la BAC et des VDP. Pour le commissaire de Tikaré, ces résultats sont aussi à l’actif des communautés. A titre indicatif, le commissaire fait cas de l’opération : un citoyen, un litre d’essence pour soutenir les FDS et VDP qui a permis de collecter 3 592 500 F CFA correspondant à huit barriques de 200 litres d’essence, le 26 février 2026.

A travers le comité de soutien aux FDS et VDP, les populations viennent de cotiser plus de 4 millions F CFA pour l’acquisition d’un matériel stratégique au profit des forces amies, selon un membre de la veille citoyenne de Tikaré, I.S. Un geste salué par le commandant de la BAC-Ouaga, le commissaire principal de police, Moïse Kaboré. De même, il y a l’érection de la nouvelle base du tigre par des populations de 20 villages réinstallés. « Nous avons déterminé le site et la population a déblayé le terrain, apporté le matériel (bois, secco, bâches, sachets) et construit les abris en une semaine.
Elles ont même construit un petit local pour la conservation de certains matériels », témoigne le lieutenant. Le 28 juillet dernier, les communautés ont débarrassé l’un des axes qui mène à Tikaré de ses arbustes et arbres pour augmenter la visibilité, selon I.S. Le 31 juillet, nous avons été témoin de la réhabilitation de la voie qui mène à la base. Les autorités coutumières, elles, se consacrent à la sensibilisation des populations contre tout acte de démoralisation des unités combattantes.
« Dans tout le canton de Zitenga, nous implorons régulièrement les mânes des ancêtres qu’ils protègent les FDS et VDP et ramènent la paix au Faso », indique le chef de Tikaré. Le porte-parole du chef de canton de Zitenga et président du comité de soutien aux FDS et

VDP, déclare qu’à chaque alerte d’attaques terroristes, les garants des us et coutumes font des rites et sacrifices pour anéantir l’ennemi. Il appelle donc à l’union sacrée entre toutes les communautés dans la lutte contre l’hydre terroriste.
En tous cas, la détermination des forces amies et l’engagement patriotique des communautés de Tikaré contre l’ennemi forcent l’admiration. Chaque Burkinabè est donc interpellé à emboiter leur pas pour éradiquer définitivement le terrorisme au pays des Hommes intègres. Notre mission dans la tanière du tigre s’achève dans la soirée du samedi 1er août. Nous replions avec une relève partielle pour regagner Ouagadougou, sous une pluie torrentielle.
Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com
Moïse Kaboré, commandant de la BAC-Ouaga
« Nous sommes en train de voir le bout du tunnel »
Sidwaya (S.) : Réputée lutter contre le grand banditisme et toute forme de criminalité en zone urbaine, votre unité se retrouve en première ligne contre le terrorisme. Pourquoi ?
Moïse Kaboré (M.K.) : Parmi les missions dévolues à la Brigade anti criminalité (BAC), figure la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes en milieu urbain comme en campagne. Nous sommes appelés à apporter notre contribution dans cette lutte. Aussi, dans la dynamique insufflée par le chef suprême des armées, le camarade capitaine Ibrahim Traoré, toutes les forces sont engagées dans cette lutte avec une répartition de zones de compétences. Et, depuis 2023, la BAC-Ouaga opère dans la zone de Tikaré.
S : Quelles sont vos missions sur ce front anti-terroriste ?
M.K : Notre première mission était d’éviter que la ville ne tombe dans les mains de l’ennemi, puisqu’il avait déguerpi tous les villages et progressait vers Tikaré-centre. Une fois la ville entièrement sécurisée, nous avons repoussé l’ennemi et gagné du terrain. Aujourd’hui, nous avons reconquis tous les villages et hameaux de culture de la commune de Tikaré et réinstallées les populations. Actuellement, nous sommes en phase de consolidation et de stabilisation de ces localités reconquises. Le combat entre dans sa phase décisive. Nous menons des actions dynamiques en recherchant l’ennemi, là où il s’est retranché pour lui livrer le combat de telle sorte qu’il n’ait même plus la possibilité de s’organiser et de revenir faire du mal.
S : Avez-vous bénéficié de soutiens des communautés ?
M.K : Affirmatif ! Nous avons été très bien accueillis par ces populations. Nous vivons en parfaite symbiose. Nous avons vu une très forte mobilisation autour de nous, sous le leadership des autorités locales, telle que la municipalité. A plusieurs reprises, ces populations nous ont soutenus, en termes de matériels, de carburant, de vivres et de corvées. Elles viennent de nous doter d’un matériel important. Les populations ont contribué également à la mise en place de notre base. Nous leur traduisons toute notre gratitude.
S : Que peut-on retenir de cette guerre ?
M.K : L’urgence opérationnelle avec laquelle les localités ont été reconquises et le retour des populations déplacées. Nous avons réinstallé 23 villages depuis le début de l’année 2026. Au total, nous sommes à 37 localités reconquises depuis notre présence dans cette zone. Je salue encore la mémoire des hommes tombés les armes à la main dans ce combat. Ce sont des martyrs. L’engagement patriotique sans faille des populations est aussi un fait marquant dans cette lutte.
S : Quel est votre message à l’endroit des forces combattantes ?
M.K : Je les félicite et les encourage à persévérer dans ce combat noble. Le serpent agonise et nous devons lui donner le coup fatal. L’ennemi est assez affaibli. Nous mènerons des actions, à court terme, pour finir définitivement avec ce problème de terrorisme. Chaque combattant doit toujours garder les yeux rivés sur l’objectif qui est d’en finir une bonne fois pour toute avec le terrorisme. Le camarade capitaine Ibrahim Traoré a su engager toutes les forces dans la lutte. Nous sommes en train de voir le bout du tunnel.
Interview réalisée par
Emil SEGDA
Tandem fraternel combattants-communautés !
A Tikaré, l’esprit de fraternité et de solidarité entre les forces amies et les communautés n’est plus à démontrer. Il est difficile aux combattants de traverser une localité sans bénéficier des acclamations ou des dons en guise de reconnaissance aux actes posés. Les tout-petits scandent « IB » en tant que chef suprême des armées à leurs passages. Cette marque de reconnaissance spontanée galvanise davantage nos « boys » dans leur lutte pour la souveraineté.
E.S.
Zoulou : la « bête noire » des terroristes
Très discret et doté d’un sens élevé d’écoute et de concertation avec les combattants, les leaders d’opinion et les autorités locales, ce combattant est beaucoup apprécié au sein des populations. Il est certes, méconnu, mais son nom parle de lui en termes de courage et de combativité. Considéré comme la « bête noire » des terroristes, il a réinstallé 23 villages en deux semaines et 37 villages, courant le premier semestre 2026, depuis son arrivée en mars 2026.
Ancien élément du Groupement des unités mobiles d’intervention (GUMI), il a laissé ses marques dans les zones hostiles telles que Bogandé, Yamba, Gossina avant d’être muté à la BAC en mars 2026. Depuis lors, il mène un combat féroce contre les forces du mal pour libérer son pays du joug de l’impérialiste. Le lieutenant Zoulou, chef du détachement BAC de Tikaré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a pour nom de guerre Zeus Le Père, une divinité de l’antiquité grecque, qui signifie le Dieu de la guerre et de la foudre. Tenant solidement son lieu, lui et ses hommes ont su redonner dignité aux populations de Tikaré. « Chaque combattant doit privilégier l’intérêt supérieur de la Nation », se convainc Zeus Le père.
E.S






